scholarly journals Milieu rural et milieu ouvrier: deux classes virtuelles

2005 ◽  
Vol 6 (1) ◽  
pp. 47-57 ◽  
Author(s):  
Gérald Fortin

Les remarques qui suivent s'appuient sur plusieurs recherches portant soit sur le milieu rural, soit sur le milieu ouvrier. Mon intention n'est pas de résumer les résultats de ces recherches dont plusieurs sont encore inédites. Chacune d'entre elles, en effet, est trop partielle et trop circonstanciée pour permettre une vue globale de la situation des classes sociales au Canada français. Replaçant ces données dans leur contexte historique, je voudrais plutôt tenter de présenter les grandes tendances de l'évolution des classes sociales au Québec. L'histoire récente de la province de Québec a été marquée par un fait central, celui d'une industrialisation et d'une urbanisation très rapides. En moins de quarante ans, la population urbaine est passée de 40 à 70 pour cent de la population totale. Les travailleurs agricoles, qui représentaient le quart de la main-d’œuvre il y a vingt ans, ont vu leur importance diminuer jusqu'à 6 pour cent seulement. Par ailleurs, en moins de trente ans, le secteur tertiaire a doublé son importance relative et représente actuellement 55 pour cent de la main-d’œuvre. Un tel bouleversement de l'économie a transformé radicalement les assises objectives des classes sociales. L'importance relative des cultivateurs, des ouvriers et des cols blancs est en constante évolution et rend difficile la définition subjective que chacune de ces classes peut se faire d'elle-même. D'autant plus que l'industrialisation s'est accompagnée d'une élévation très rapide du niveau de vie et des possibilités de consommation. La prise de conscience de la fonction de consommation s'est donc faite en même temps que celle de la fonction de production. Par ailleurs, l'industrialisation s'est réalisée dans un contexte idéologique qui non seulement la méprisait mais la condamnait comme antithétique aux idéaux du groupe ethnique canadien-français. Cette idéologie, qui jusqu'à très récemment a été majoritaire et unitaire, était très fortement ruraliste et s'appuyait sur une conception pré-capitaliste de la société. Idéologie de l'ordre social, non seulement elle s'opposait au conflit de classe, elle niait même l'idée de classe et de conflit. Industrialisation rapide qui élève fortement le niveau de vie tout en s'opposant à une idéologie ruraliste pré-capitaliste, tel est le contexte qui nous permettra de mieux comprendre les difficultés de la classe agricole et de la classe ouvrière à s'actualiser au niveau de la conscience et de l'action collective.

2005 ◽  
Vol 8 (3) ◽  
pp. 319-349
Author(s):  
Claude Beauchamp

Dans la société canadienne-française traditionnelle, le leadership était assez simple. Il était constitué du curé et des notables locaux, ordinairement le médecin et le notaire. Aujourd'hui, la situation est beaucoup plus complexe et les élites traditionnelles sont loin d'avoir le même pouvoir d'attraction. En milieu rural, elles ont perdu de l'influence au profit du gérant de la caisse populaire ou de l'instituteur, par exemple. Dans les milieux plus industrialisés, le syndicalisme a, lui aussi, favorisé chez nous l'émergence de nouvelles élites. Il n'est pas rare de voir le président d'un syndicat local sollicité pour occuper un poste au conseil municipal ou à la commission scolaire. De plus en plus, les officiers syndicaux exercent une influence, non seulement dans l'usine, mais aussi dans la municipalité, parfois même dans la région. À un autre échelon, nous retrouvons les permanents syndicaux. Peu nombreux il y a quelques années, ils sont aujourd'hui environ deux cents dans la seule Confédération des syndicats nationaux et ils sont répartis dans les principaux centres industriels de la province. Ces permanents syndicaux exercent un véritable leadership, d'abord sur les officiers et les membres des syndicats avec lesquels ils ont particulièrement à travailler, ensuite dans leur propre milieu, car eux aussi sont souvent sollicités pour assumer des responsabilités dans leur paroisse ou dans leur municipalité. Nous croyons que l'étude de ces nouvelles élites constitue une voie privilégiée pour expliquer l'évolution du Canada français. Elle nous permet de la saisir dans son dynamisme interne, en nous adressant à ceux-là qui sont non seulement les témoins de cette évolution mais qui la provoquent et l'orientent. Nous avons choisi de nous intéresser plus particulièrement aux permanents syndicaux. Parmi ceux-ci, nous retrouvons deux groupes : ceux qui ont accédé à cette fonction après avoir fait des études supérieures, généralement un cours universitaire ; ceux qui viennent de la base, ceux qui ont travaillé en usine ou dans des chantiers de construction, ont occupé diverses fonctions à l'intérieur de leur syndicat et qui, par la suite, furent libérés pour devenir permanents syndicaux. Il ne sera question ici que de ces derniers. Quelques permanents syndicaux sont au service de certains syndicats locaux dont les effectifs sont assez considérables mais la plupart sont à l'emploi, soit d'une fédération ou d'un conseil central, soit de la Confédération des syndicats nationaux comme telle. Le permanent syndical peut s'occuper de l'organisation de nouveaux syndicats, de la négociation des conventions collectives, de la discussion des griefs, de la préparation et de la direction des grèves ; il peut aussi être affecté à divers services comme le Service d'éducation. Il est habituellement agent d'affaires, organisateur ou conseiller technique. La plupart des permanents sont attachés à une fonction particulière, mais d'autres voient à l'ensemble des problèmes touchant la vie syndicale. Nous avons centré notre recherche sur les seuls permanents syndicaux d'origine ouvrière travaillant à l'intérieur des cadres de la Confédération des syndicats nationaux. Nous avons aussi limité notre échantillon aux permanents syndicaux travaillant à Montréal et à Québec. Ne disposant pas d'une longue période de temps pour effectuer ces entrevues, celles-ci ont été faites auprès des permanents qui pouvaient nous consacrer quelques heures sans trop de délais. Nous devons dire qu'ils étaient plutôt rares ; nous avons pu en rencontrer cinq à Montréal et quatre à Québec. L'âge de ces permanents varie entre trente-deux et soixante-sept ans. Six d'entre eux sont originaires d'un milieu industriel et urbain, les trois autres sont fils de cultivateurs. Leur degré d'instruction est en moyenne plus élevé que celui de l'ensemble des gens de leur génération. Le plus vieux a quitté l'école après la cinquième année, deux après la sixième, mais les autres ont fait une dixième année ou, encore, quelques années du cours classique. Presque tous ont pu parfaire leur instruction, surtout à la suite de leur participation à diverses associations, particulièrement à la Jeunesse ouvrière catholique ou au syndicalisme. Comme permanents syndicaux, ils ont de plus participé, chaque année, à diverses sessions d'étude. Tous nos informateurs ont commencé à travailler assez tôt : l'un à douze ans, les autres avant dix-sept ans. C'est dire que tous connurent pendant au moins quelques années, certains même pendant quinze ou vingt ans, la vie de travail en usine ou dans des chantiers de construction. Tous furent membres actifs d'une ou plusieurs associations avant de devenir permanents syndicaux. Et ils sont unanimes pour dire que ces diverses expériences ne sont pas étrangères à leurs préoccupations actuelles. Trois furent membres de la Jeunesse ouvrière catholique : un fut responsable au plan diocésain et un autre au plan national. La plupart s'occupèrent activement de syndicalisme, huit ayant été membres d'un syndicat, dont sept officiers. Un de nos informateurs fut, pendant quelques années, permanent pour le mouvement créditiste « Vers Demain ». Quelques-uns furent officiers d'une caisse populaire ; un autre participa à la formation d'une coopérative de consommation. Nous aborderons successivement les thèmes suivants : les comportements et les activités des permanents syndicaux, leurs motivations, leur perception de la société canadienne-française, quelques problèmes de la classe ouvrière, la mentalité des travailleurs, la signification du syndicalisme.


2018 ◽  
Vol 80 (4) ◽  
pp. 17-21
Author(s):  
Matias DellaBella ◽  
Steven H. Schwartz ◽  
Leon Nehmad

Objet : Les tests de dépistage de la dépression clinique, une maladie très répandue et souvent invalidante, n’ont pas été étudiés dans les établissements de soins oculovisuels de première ligne. L’objet de la présente étude était de déterminer le pourcentage de patients d’une clinique de soins oculovisuels de première ligne en milieu urbain qui répondent positivement à l’outil de dépistage PHQ-2. Le PHQ-2 est un outil de dépistage ultra-court composé de deux questions concernant l’humeur et l’anhédonie. Méthodes : Les deux questions du PHQ-2 ont été posées (dans le cadre d’un questionnaire plus vaste qui comprenait des données sur le sexe, l’âge et l’origine ethnique) aux patients assis à la clinique de soins de première ligne du College of Optometry de la SUNY [University Eye Center] à Manhattan (New York). Au total, 739 questionnaires ont été remplis sur une période de deux mois, avec un pourcentage de réponse de 69 %. Tous les questionnaires ont été remplis de façon anonyme, et les questionnaires inachevés n’ont pas été inclus dans l’ensemble de données final. Résultats : Les données démographiques recueillies dans le cadre de cette étude reflètent celles de la population desservie par cette clinique; très diversifiée dans l’ensemble, avec une bonne représentation de chaque groupe d’âge. Treize pour cent de l’échantillon a reçu une cote de 3 ou plus, soit le seuil standard pour un résultat positif au PHQ‑2. Conclusions : Le taux de résultats positifs au PHQ-2 obtenu chez la population urbaine en soins oculovisuels de première ligne s’approche de celui que l’on trouve en médecine générale, ce qui suggère des taux semblables de dépression clinique. Par conséquent, le PHQ‑2 peut être un outil utile pour le dépistage de la dépression, mais il est important de faire un suivi en aiguillant les personnes vers un spécialiste de la santé mentale.


2021 ◽  
Author(s):  
◽  
Neptune Prince ◽  

En 2018, on estimait à 300 000 le nombre de bidonvilles existant dans le monde et à 42% la population qui y vivait. 80 % de l’effectif se trouvaient dans les pays du Sud. Situés dans des espaces délaissés proches des villes, les bidonvilles suscitent des interrogations tant comme fait urbain incontournable que comme des territoires à risques naturels et anthropiques. En Haïti comme dans les pays du Sud, l’augmentation de la population urbaine se traduit surtout par la croissance des bidonvilles : 17 en 1950 et environ 400 en 2020. Les travaux sur les bidonvilles sont très nombreux et investiguent surtout les questions de l’habitat, l’occupation foncière, la précarité, l’habitant. Mais peu de travaux et d’approches les mobilisent pour aborder la fabrication progressive des bidonvilles. Cette thèse interroge les modalités d’appropriation foncière, d’auto-fabrication et les modes d’habiter ainsi que le jeu d’acteurs dans l’évolution des bidonvilles par le biais des « tactiques habitantes1». Les observations, les collectes de données réalisées sur le quartier de Canaan, notre terrain d’étude, ainsi que l’analyse du processus de bidonvilisation de la RMP2ont permis de mettre en évidence des phases successives de ce que nous appelons « faire ville et/ou quartier a posteriori ». En effet, si les populations de ces territoires s’installent, auto-construisent leurs habitats ; on constate qu’au bout d’un temps relativement long, il y a une forme de « normalisation » voire de reconnaissance à postériori de ces quartiers par les pouvoirs publics. C’est le cas du quartier de « Saint-Martin », créé en 1925 et devenu la ville de « Delmas » en 1982. A contrario, les villes planifiées sont conçues à partir de la maitrise foncière, de l’aménagement de l’espace suivi par la viabilisation, des programmes de construction avant que les pouvoirs publics envisagent enfin d’installer la population. A l’inverse de ce processus, la création des « villes a posteriori » se fait à partir de l’établissement spontané des populations sur des terrains souvent déclassés, de l’auto organisation, de l’auto-construction d’habitat provisoire se consolidant graduellement au fur et à mesure des rentrées d’argent, etc. Les petits commerces de proximité et le déploiement des réseaux techniques urbains se développent progressivement avant que les pouvoirs publics interviennent pour formaliser « a posteriori » cette situation urbaine de fait. In fine, nous défendons la thèse de l’existence d’une inversion de modalité de « faire la ville » que nous désignons par « l’urbanisme inversé » qui correspond à ce que nous avons observé tant en Haïti qu’au Brésil et au Pérou. En effet, dans les 3 cas, certains bidonvilles deviennent au bout de 30 à 40 ans soit des territoires intégrés à la politique de la ville au même titre que les villes planifiées ou des quartiers ou des « villes a posteriori ».


Author(s):  
Jean Simard
Keyword(s):  
Il Y A ◽  

Résumé On a beaucoup exagéré les origines bretonnes du Québec. S’il est vrai qu’aux prémices du peuplement de la Nouvelle-France il y a des Bretons, il convient de préciser qu’ils ne sont pas les plus nombreux. En 1680, les Français qui ont déjà pris racine sur les rives du Saint-Laurent proviennent pour la plupart de Normandie et d’Île-de-France, les Bretons ne comptant que sept pour cent de cette population. S’agissant d’influence culturelle, il y a d’autres variables à considérer que les seules origines de la population. Comment expliquer par exemple la thèse de Gérard Morisset (1949) sur les sources bretonnes des maisons rurales de la région de Montréal, quand cette population venait d’ailleurs? Que penser aussi du succès qu’ont connu ici, au début du xxe siècle et plus tard, les chansons de Théodore Botrel, ce poète breton qui fonda en 1904 à Pont-Aven son pèlerinage, le pardon des Fleurs-d’Ajoncs, et qui eut l’honneur d’être publié dans les cahiers La Bonne Chanson (1939) de l’abbé Charles-Émile Gadbois, alors que les chansonniers parisiens de la libertaire butte Montmartre n’y étaient pas admis? N’y a-t-il pas lieu de considérer que les liens unissant le Québec à la Bretagne iraient plutôt dans le sens d’un discours construit par une Église québécoise conservatrice, qui voyait dans la Bretagne catholique, nationaliste et réfractaire de ce temps la seule mère patrie acceptable pour un peuple qui avait préféré la Conquête à la Révolution? Le Québec et la Bretagne catholiques ne menaient-ils pas alors un même combat de résistance de la marge ethnoreligieuse? L’analyse des traditions religieuses communes aux deux marges servira à soutenir l’idée que les prétendues origines bretonnes du Québec relèvent plus du discours défensif des élites clérico-nationalistes québécoises du début du xxe siècle que d’un examen attentif des faits.


2012 ◽  
Vol 32 (2) ◽  
pp. 102-113
Author(s):  
H. Coo ◽  
H. Ouellette-Kuntz ◽  
M. Lam ◽  
C.T. Yu ◽  
D. Dewey ◽  
...  

Introduction La détection précoce des troubles du spectre autistique (TSA) est importante, étant donné qu’une exposition rapide à des programmes d’intervention comportementale peut améliorer les résultats pour l’enfant. De plus, elle permet aux familles d’accéder rapidement à d’autres traitements et services de soutien. Méthodologie À l’aide d’une modélisation linéaire généralisée, nous avons examiné l’association entre les caractéristiques de l’enfant et de la famille et l’âge auquel 2 180 enfants ont reçu un diagnostic de TSA entre 1997 et 2005 dans six régions du Canada. Résultats Un diagnostic de trouble envahissant du développement non spécifié (TED-NS) ou de syndrome d’Asperger, le fait d’habiter en milieu rural, un diagnostic posé récemment et le fait d’être né à l’étranger étaient associés à un âge avancé au moment du diagnostic. Les enfants appartenant à une minorité visible ou ayant une sœur ou un frère atteint de TSA étaient plus nombreux à recevoir un diagnostic précoce. Toutefois, considérés dans leur ensemble, ces facteurs ne suffisent pas à expliquer la variation de l’âge au moment du diagnostic. Conclusion S’il est encourageant de constater que l’identité ethnoculturelle, le revenu du quartier, le fait d’habiter en milieu urbain ou rural et le sexe de l’enfant ne constituaient pas des facteurs majeurs contribuant aux disparités liées à l’âge auquel les enfants reçoivent un diagnostic de TSA, il y a tout de même lieu de poursuivre les recherches afin de déterminer les facteurs qui expliquent vraiment les différences observées. Les variations régionales des effets de plusieurs facteurs laissent croire que l’agrégation des données ne constitue peut-être pas une stratégie optimale si les conclusions visent à orienter les politiques et la pratique clinique à l’échelle locale.


Author(s):  
Michael Pereira ◽  
Pinaki Gandhi ◽  
Hena Park

Le nouveau régime du revenu mondial à faible taux d'imposition tiré de biens incorporels (global intangible low-taxed income [GILTI]), instauré dans le cadre de la réforme fiscale américaine de 2017, attribue le revenu de certaines sociétés étrangères excédant un rendement arbitraire de 10 pour cent aux biens incorporels et assujettit ce revenu à l'impôt américain à payer par certains particuliers actionnaires américains dans l'année où le revenu est gagné. Le présent article explique comment les citoyens américains qui résident au Canada et sont assujettis aux règles sur le GILTI peuvent contrer les effets négatifs du régime au moyen du choix visé à l'article 962 de l'<i>Internal Revenue Code</i>. Le choix permet aux particuliers actionnaires d'être imposés au taux d'imposition américain des sociétés de 21 pour cent (au lieu du taux d'imposition maximal des particuliers de 37 pour cent), de demander une déduction de 50 pour cent de l'inclusion du GILTI et de demander des crédits pour impôt étranger pour une partie des impôts canadiens des sociétés qui ont été payés. Grâce à ce choix, l'impôt mondial combiné des sociétés et des particuliers à payer peut demeurer essentiellement le même qu'avant l'adoption du GILTI. Par contre, une gestion moins efficace de l'exposition au GILTI peut donner un résultat très différent. Avec de bons conseils et informations, les dispositions relatives au GILTI pourront représenter, pour certains actionnaires américains, « beaucoup de bruit pour rien ». Cependant, pour les actionnaires américains des sociétés qui paient le taux d'imposition des petites entreprises, il y a un petit coût fiscal à l'inclusion du GILTI pour conserver l'avantage du report. Pour tous les actionnaires américains de sociétés canadiennes, il reste des questions qui n'ont pas été abordées et qui ajoutent complexité et incertitude à la préparation des déclarations de revenus américaines de ces particuliers.


1998 ◽  
Vol 11 (1) ◽  
pp. 81-94
Author(s):  
L. M. HOUDEBINE

La transgenèse animale a été réalisée avec succès pour la première fois il y a 17 ans. De nombreuses utilisations de cette technique existent pour la recherche fondamentale. Elles consistent à ajouter, à inactiver ou à remplacer spécifiquement des gènes dans les génomes des animaux. Ces expériences apportent une moisson d’informations incomparables sur le fonctionnement du génome et sur les mécanismes de régulation des fonctions biologiques. De nombreux modèles animaux sont également obtenus pour l’étude de maladies humaines. La production de protéines recombinantes dans le lait d’animaux transgéniques est en passe de devenir une réalité industrielle. Le transfert de certains organes (coeur, rein, poumon...) et cellules (pancréas, foie) de porcs transgéniques à l’espèce humaine est un objectif qui ne paraît plus inaccessible. Les applications de la transgenèse pour l’amélioration des productions animales sont encore à peu près inexistantes. Elles se cantonnent essentiellement à l’obtention de modèles pour des études de gènes et de fonctions biologiques particulières. La difficulté et le coût de la transgenèse chez les animaux domestiques sont une des causes essentielles de la lenteur des applications dans ce domaine. Toutefois, le transfert de gène dans des cellules foetales cultivées suivi de leur transfert dans des ovocytes énucléés devrait contribuer grandement à améliorer cette situation. La transgenèse appliquée directement aux animaux d’élevage pour obtenir de nouvelles lignées ayant des caractéristiques génétiques intéressantes a toutes les chances de s’imposer dans les années qui viennent. La transgenèse ne saurait toutefois se substituer aux autres techniques (sélection génétique, vaccination, maîtrise de la reproduction...) qui elles-mêmes font de rapides progrès pour améliorer la production animale. La transgenèse doit plutôt être considérée comme une technique supplémentaire pour améliorer les productions animales.


2019 ◽  
Vol 9 (6) ◽  
pp. 369-374
Author(s):  
A. Lenglet ◽  
F. Balen ◽  
S. Charpentier ◽  
A. Sourbes ◽  
D. Arcuset ◽  
...  

Introduction : Cette étude a pour objectif de connaître l’incidence et la nature des événements indésirables (EI) se produisant lors des transports interhospitaliers (TIH) des patients souffrant d’un syndrome coronarien aigu sans sus-décalage du segment ST (SCA non ST+). L’objectif secondaire est d’étudier les performances pronostiques des différentes évaluations de risque existantes de ces malades (score de GRACE, score de TIMI, grille de Fiancette et niveau de risque de la Société européenne de cardiologie [ESC]) dans la prédiction de ces EI. Méthode : Il s’agit d’une étude de cohorte multicentrique rétrospective. Du 1er novembre 2016 au 31 octobre 2017, les patients SCA non ST+ et bénéficiant d’un transport secondaire ont été inclus à partir des fiches de régulation de trois Samu du sud-ouest de la France. Les types d’EI ont été recueillis. Les différents scores ont été calculés pour chaque patient ainsi que leur performance pronostique (sensibilité, spécificité, valeurs prédictives positives [VPP] et négatives [VPN]). Résultats : Sur un an, 315 patients ont été inclus, et neuf patients (3 % ; IC 95 % : 1,3–5,3) ont présenté un EI. Soixante-dix-huit pour cent des événements recueillis n’ont pas engagé le pronostic vital des patients, et 40 % n’ont pas nécessité d’intervention thérapeutique nécessitant la présence physique d’un médecin. Aucun score n’est retrouvé statistiquement significatif dans la prédiction des EI. Toutefois, la stratification du risque de la ESC semble être la plus simple d’utilisation tout en assurant une valeur prédictive négative de 98 % (IC 95 % : 94–99). Conclusion : Il y a peu d’EI lors du transport des SCA non ST+. L’utilisation en régulation de l’évaluation du risque ischémique de la ESC pourrait réduire la surmédicalisation de ces malades au bénéfice des TIH.


Author(s):  
Razika Tahi ◽  
Farida Bouarab-Dahmani ◽  
Ali Khelid

Ces deux derniêres décennies, l'environnement social et culturel en Algérie a connu, dans les domaines de l'information et de la communication, un grand bouleversement avec l'apparition de nouvelles technologies. Les campus universitaires ont essayé de suivre cette mutation en se dotant de moyens informatiques didactiques adéquats et três performants (laboratoires multimédia, médiathêque, espace Internet, espace audiovisuel, etc). Puis, un Programme National de télé-enseignement três ambitieux a été mis en place par le Ministêre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, ce qui a permis de mettre en service, dès 2008, des cellules de télé- enseignement et de visioconférences dans un grand nombre d'universités. Cependant, malgré ces investissements importants en équipement sophistiqué, les usages des Technologies de l'Information et de la Communication dans l'Enseignement n'ont pas suivi le même rythme de croissance. Il y a une sous-utilisation de ces outils de travail qui sont de puissants outils à potentiel cognitif. Situation aggravée par les routines pédagogiques, administratives, bureaucratiques, et managériales qui ont engendré des inerties à tous les niveaux. Bien que théoriquement les TICE puissent être considéré comme un instrument pédagogique adapté au milieu universitaire, sa mise en pratique est assez difficile à mettre en oeuvre car elle nécessite des changements dans la gestion au sein de l'université. L'objet de cette communication concerne la visioconférence. Si cette derniêre doit correspondre théoriquement à un besoin réel dans l'enseignement au sein des universités algériennes, son usage n'en est rien dans la pratique. L'usage de la visioconférence en Algérie est des plus déconcertants. Aprês cinq ans de sa mise en service, les salles équipées du matériel adéquat sont encore sous utilisées et parfois même pas utilisées!! L'une des plus grandes contradictions entre les objectifs MESRS et l'usage de la visioconférence est que d'une part la tutelle désire diffuser l'enseignement à un três grand nombre d'étudiants (des milliers), et d'autre part les salles de visioconférence ne peuvent recevoir qu'un nombre limité d'étudiants (généralement inférieur à 100). Alors comment concilier cet objectif et l'usage de ce matériel ? Doit-on prendre le risque de faire des investissements supplémentaires alors que les premiers investissements n'ont pas été rentabilisés ? Nous ne croyons pas que ce serait une bonne solution, pour cela nous proposons dans cette communication, aprês la présentation d'un état des lieux de la visioconférence en Algérie (sur la base d'un sondage), des usages pouvant répondre aux besoins nationaux tout en tenant compte des potentialités humaines disponibles.


1987 ◽  
Vol 21 (11) ◽  
pp. 890-895 ◽  
Author(s):  
Irene Y. Tamai ◽  
Laurence Z. Rubenstein ◽  
Karen R. Josephson ◽  
Joyce A. Yamauchi ◽  
Brenda R. Morand ◽  
...  

The effects of computerized drug profiles and clinical pharmacist consultation in the internal medicine clinics at a Veterans Administration hospital were studied. Population included patients (n = 512) and physicians (n = 35) of three internal medicine clinics during an eight-week period. The first four weeks were the preintervention period. The second four weeks were the intervention period in which a clinical pharmacist attended one clinic (A) and provided drug profiles on all patients. Two other clinics (B and C) served as controls. During the intervention, patients in clinic A experienced a significant reduction in prescribing problems as identified by the pharmacist: 49 percent of patients before the intervention versus 9.4 percent after the intervention (p < 0.001). Patients in clinic B had no significant change in prevalence in the number of problems identified (39 versus 40 percent; NS), and patients in clinic C had a significant but less dramatic decrease (35 versus 22 percent; p < 0.05). The proportion of patients in clinic A with net decrease in the number of prescribed medications rose from 7.1 to 34.9 percent (p < 0.001), with a mean decrease of 0.3 medications per patient. No significant differences in number of prescribed medications were noted in clinics B or C. Accuracy of physician medication charting improved for patients in clinic A from 54 percent of charts with accurate drug lists before the intervention to 78.3 percent after the intervention (p < 0.001). No significant improvements were noted for clinics B and C. These results suggest that computerized drug profiles together with clinical pharmacist consultation can improve prescribing practices in a hospital outpatient department. Extracto Los autores estudiaron el efecto de proveer perfiles de medicamentos computerizados y consulta por un farmaceútico clínico en las clínicas de medicina interna de un hospital de la Administración de Veteranos. La población incluyó 512 pacientes y 35 médicos de tres cl***inicas de medicina interna durante un período de ocho semanas. Las primeras cuatro semanas fue el período de pre-intervención. Las siguientes cuatro semanas fue el período de intervención en el cual un farmaceútico clínico asistió a una clínica (A) y proveyó perfiles de medicamentos para todos los pacientes, mientras otras dos clínicas (B y C) sirvieron de control. Durante la intervención los pacientes en la clínica A experimentaron una reducción significativa en los problemas de prescripción según identificados por el farmaceútico: 49 por ciento de los pacientes antes de la intervención versus 9.4 por ciento después de la intervención. Los pacientes en la clínica B no experimentaron un cambio significativo en la prevalencia del número de problemas identificados. Los pacientes en la clínica C tuvieron una disminución significativa, pero menos dramática. La proporción de pacientes en la clínica A con una disminución neta en el número de medicamentos prescritos aumentó de 7.1 por ciento a 34.9 por ciento con una disminución media de 0.3 medicamentos por paciente. No se observó una diferencia significativa en el número de medicamentos prescritos en las clínicas B y C. La precisión de las notas de medicamentos del médico mejoraron para los pacientes en la clínica A. No se observó una mejoría significativa en las clínicas B y C. Estos resultados sugieren que los perfiles de medicamentos computerizados en adición a consulta por un farmaceútico clínico pueden mejorar los patrones de prescripción en un departamento para pacientes ambulatorios de un hospital. Resume L'étude analyse l'impact de fournir le dossier-médicament des patients et de consulter avec un pharmacien clinique en médecine interne à l'hôpital Veterans Administration. Cinq cent douze sujets ont participé ainsi que les médecins (n = 35) de trois cliniques en médecine interne pendant une période de huit semaines. Les quatre premières semaines constituaient la période pré-intervention. Pendant les dernières quatre semaines (période d'intervention), le pharmacien clinique a participé aux activités d'une clinique (A) et a fourni les dossiers-médicaments pour tous les patients, alors que les deux autres cliniques (B et C) ont servi de contrôle. Lors de la période d'intervention, il y a eu une baisse significative pour ce qui est des problèmes de prescription pour les patients de la clinique A (basé sur le critère modifié de King et Cheung): 49 pour cent des patients avant l'intervention versus 9.4 pour cent après (p < 0.001). Les patients de la clinique B n'ont eu aucun changement significatif dans la fréquence du nombre de problèmes identifiés (39 vs. 40 pour cent; NS), et les patients de la clinique C ont vu une réduction significative mais moins dramatique (35 vs. 22 pour cent; p < 0.05). La proportion de patients de la clinique A avec une baisse dans le nombre de médicaments prescrits est passé de 7.1 à 34.9 pour cent (p < 0.001), avec une réduction moyenne de 0.3 médicaments par patient. Aucune différence n'a été notée pour le nombre de médicaments prescrits dans les cliniques B ou C. La précision avec laquelle le médecin a complété les dossiers s'est ameliorée pour les patients de la clinique A allant de 54 pour cent des dossiers ayant une liste correcte de médicaments avant l'intervention à 78.3 pour cent après l'intervention (p < 0.001). Aucune amélioration significative n'a été observée pour les cliniques B et C. Ces résultats démontrent que les dossiers-médicaments de patients ainsi que les consultations par le pharmacien clinique peuvent améliorer les habitudes de prescription d'un département de cliniques externes d'un hôpital.


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