stress psychologique
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2019 ◽  
Vol 13 (3-4) ◽  
pp. 156-163
Author(s):  
M. Reich ◽  
C. Lemogne ◽  
S. Dauchy

Les théories profanes émises par les patients et certains ouvrages destinés au grand public alimentent l’idée que le stress psychologique peut influencer le risque de survenue de cancer. Les études consultées sur cette question semblent donner des résultats contradictoires. D’un côté, ces théories peuvent sembler étayées par les résultats d’études expérimentales portant sur les corrélats physiologiques du stress sur des voies neuro-immunoendocrinologiques (perturbations immunitaires, altération de l’axe hypothalamohypophyso- surrénalien), métaboliques et cellulaires (stress oxydatif, dégénérescence cellulaire) pouvant être impliquées dans la tumorigenèse. De l’autre, les études épidémiologiques prospectives fondées sur une méthodologie robuste ne trouvent généralement pas d’association entre exposition au stress et développement ultérieur d’un cancer. Par ailleurs, les méta-analyses suggèrent l’existence de biais de publication pouvant surestimer le poids des études « positives ». Quand bien même une association est retrouvée, le caractère observationnel des études épidémiologiques et donc la possibilité de facteurs de confusion empêchent d’établir un lien de causalité entre l’exposition au stress et un risque majoré de cancer. En ce qui concerne les mécanismes d’une éventuelle relation causale directe, il faut souligner la difficulté d’extrapoler à l’être humain des résultats obtenus chez d’autres animaux, et s’assurer de bien prendre en compte la présence de facteurs comportementaux confondants ou médiateurs comme une mauvaise hygiène de vie alimentaire, la consommation de tabac et d’alcool, les expositions professionnelles, etc. Selon les recommandations du National Cancer Institute (NCI, 2012), les connaissances actuellement disponibles ne permettent pas d’établir un lien de causalité entre stress et augmentation du risque de cancer. Si le professionnel de soin psychique ne doit donc pas cautionner ce lien hypothétique au risque de culpabiliser le patient, il gardera à l’esprit, d’une part, que le cancer peut en revanche générer un stress bien réel au quotidien chez les patients atteints par cette maladie et, d’autre part, que ces théories « profanes » peuvent parfois témoigner d’un mécanisme de défense contre ce stress.


Author(s):  
Jeavana Sritharan ◽  
Jill S. MacLeod ◽  
Christopher B. McLeod ◽  
Alice Peter ◽  
Paul A. Demers

Introduction Des études épidémiologiques canadiennes ont permis d’établir des liens entre certaines professions et le risque de cancer de la prostate, mais avec des données probantes limitées. Il n’y a pas de facteurs de risque évitables bien établis pour le cancer de la prostate, ce qui rend nécessaire l’examen approfondi des facteurs professionnels pour consolider les données existantes. Cette étude utilise des données sur les professions et sur le cancer de la prostate provenant d’une importante cohorte de surveillance en Ontario pour laquelle les données des demandes d’indemnisation des accidentés du tra¬vail sont jumelées aux bases de données administratives sur la santé. Méthodologie Nous avons examiné les professions des 1 231 177 travailleurs de sexe masculin du Système de surveillance des maladies professionnelles entre 1983 et 2015 et nous avons jumelé ces travailleurs au Registre des cas de cancer de l’Ontario afin de détecter et suivre les cas de diagnostics de cancer de la prostate. Nous avons utilisé des modèles de risques proportionnels de Cox pour calculer les rapports de risques (RR) ajus¬tés selon l’âge et des intervalles de confiance (IC) à 95 % pour estimer le risque de cancer de la prostate par groupe professionnel. Résultats Au total, 34 997 cas de cancer de la prostate ont été diagnostiqués parmi les travailleurs inscrits dans le Système de surveillance des maladies professionnelles. Dans l’ensemble, on a observé un risque élevé de cancer de la prostate chez les hommes tra¬vaillant dans les domaines de la gestion et de l’administration (RR = 2,17; IC à 95 % = 1,98 à 2,38), de l’enseignement (RR = 1,99; IC à 95 % = 1,79 à 2,21), du transport (RR = 1,20; IC à 95 % = 1,16 à 1,24), de la construction (RR = 1,09; IC à 95 % = 1,06 à 1,12), de la lutte contre les incendies (RR = 1,62; IC à 95 % = 1,47 à 1,78) et du travail policier (RR = 1,20; IC à 95 % = 1,10 à 1,32). Des résultats incohérents ont été observés en ce qui a trait aux emplois de bureau et à ceux du secteur agricole. Conclusion Les associations observées dans les professions de cols blancs, de la construction, du transport et des services de protection concordent avec les résultats d’études canadiennes antérieures. Nos résultats mettent l’accent sur la nécessité d’éva¬luer les expositions spécifiques aux divers emplois, le comportement sédentaire, le stress psychologique et le travail par quarts. La compréhension de certains facteurs de risque professionnels permettrait de mieux comprendre l’étiologie du cancer de la prostate et d’améliorer les stratégies de prévention.


2018 ◽  
Vol 39 (1) ◽  
pp. 57-74
Author(s):  
Alma Hafsi

L’objectif de l’étude est d’identifier les situations de travail les plus génératrices de stress professionnel chez des enseignants des collèges en Tunisie. Le cadre théorique mobilise les modèles du stress psychologique en milieu professionnel, en particulier celui de Karasek. Nous avons émis l’hypothèse que les conditions de travail des enseignants des collèges d’enseignement général engendreraient un stress professionnel. Cette hypothèse a été testée en administrant le JCQ de Karasek à 351 enseignants des trois types de collèges existants. Les résultats montrent que 18% d’entre eux s’estiment stressés. Toutefois, les enseignants des collèges professionnels sont moins exposés au stress que les autres, en raison d’une forte latitude décisionnelle et de contrôle dans la réalisation de leurs tâches.


2017 ◽  
Vol 44 (1) ◽  
pp. 25-35
Author(s):  
René Langevin ◽  
Angélique Laurent

Cette étude avait pour objectif d’évaluer systématiquement les effets d’un cours d’efficience cognitive (CEC) sur des étudiants de première année de l’Université de l’Alberta. Six variables ont été examinées en lien avec cet objectif, soit 1) le rendement académique, 2) le stress psychologique, 3) la motivation, 4) l’estime de soi, 5) les fonctions exécutives et 6) les stratégies d’apprentissage acquises dans le cadre du cours. À partir d’un devis quasi expérimental, nous avons choisi des questionnaires susceptibles de mesurer ces six variables chez dix (N=10) étudiants répartis entre un groupe expérimental (N=5) et un groupe témoin (N=5). Il s’agit des questionnaires suivants : 1) la Mesure du stress psychologique (MSP), 2) l’Échelle de Motivation dans les études (ÉMÉ), 3) l’Échelle Toulousaine d’estime de soi (ÉTES), 4) le Profil de gestion exécutive (PGEX) et 5) un questionnaire-maison mesurant la durabilité des stratégies d’apprentissage acquises pendant le CEC. Les passassions ont eu lieu au début du cours puis 11 mois après celui-ci. Les analyses statistiques ont indiqué un effet durable sur le groupe témoin quant à la variable 6 « stratégies d’apprentissage », c’est-à-dire une augmentation des stratégies d’apprentissage dans le cas des participants du groupe témoin. Ces résultats n’appuient pas ceux de Ruph (2001) sur l’efficacité du CEC et entraînent des constats discutés à la lumière des recherches dans le domaine.


2013 ◽  
Vol 28 (S2) ◽  
pp. 38-39
Author(s):  
H. Nabi

Le stress (psychologique) est de plus en plus considéré comme un facteur de risque important et potentiellement modifiable de maladies cardiovasculaires. Le stress peut intervenir à différentes étapes du processus de développement de ces maladies : de l’exposition aux facteurs de risque cardiovasculaires (sédentarité, hypertension, tabagisme, etc.) à la manifestation préclinique et à l’issue de la maladie (récurrence d’évènements et mortalité) en passant par le développement à long terme de l’athérosclérose. Le concept de stress a beaucoup évolué au cours du XXe siècle et il est généralement admis aujourd’hui qu’un état de stress survient « lorsqu’il y a déséquilibre entre la perception qu’une personne a des contraintes que lui impose son environnement et la perception qu’elle a de ses propres ressources pour y faire face ». Même si plusieurs travaux ont montré que des situations de stress aigu (catastrophes naturelles par exemple) peuvent agir comme un déclencheur d’évènements cardiaques chez des personnes atteintes d’athérosclérose, c’est sur l’impact du stress chronique sur ce risque que se concentre l’essentiel de la recherche de type épidémiologique. Le stress au travail, qui a fait l’objet de plusieurs conceptualisations (modèles de Karasek et de Siegrist), constitue l’un des modèles de stress chronique le plus étudié, avec la mise en évidence d’augmentation du risque de maladie coronarienne variant de 30 à 60 % chez les personnes exposées à ce stress. Parmi les mécanismes pathophysiologiques privilégiés pour expliquer l’effet de stress sur le risque cardiovasculaire figurent les dysfonctionnements du système nerveux autonome (p.ex. hausse de la presse artérielle, baisse de la variabilité du rythme cardiaque), endocrinien (p.ex. sécrétion importante de cortisol) et immunitaire (p.ex. sécrétion importante de cytokines). Bien que l’importance de la prise en charge du stress ait été soulignée dans les directives européennes en matière de prévention des maladies cardiovasculaires, son application en clinique semble assez limitée.


2009 ◽  
Vol 33 (2) ◽  
pp. 133-150
Author(s):  
Michael Robertson
Keyword(s):  

RésuméParmi les nombreuses modifications apportées à la psychothérapie interpersonnelle (PTI) et à toutes ses applications, c’est son utilisation dans le traitement du traumatisme psychologique qui s’avère le plus complexe. La littérature anglo-américaine définit habituellement le traumatisme psychologique comme étant le trouble de stress post-traumatique (TSPT). Malgré l’attention portée au TSPT par la littérature scientifique, le traumatisme psychologique engendre des perturbations profondes de l’humeur, de la régulation de l’affect, du concept de soi et de l’ajustement interpersonnel, ainsi qu’une profonde crise existentielle dans la vie des personnes qui en sont affligées. Aucune thérapie psychologique ne peut donc prétendre « traiter » tous les aspects d’un stress psychologique traumatique. En étant axée sur l’individu et sur l’expérience de son monde interpersonnel, la PTI offre un cadre assez large pour une intervention psychologique qui, bien que destinée à soulager la détresse, aborde des questions qui ne le sont habituellement pas dans d’autres traitements axés sur les symptômes. Dans cet article, l’auteur tente de mettre en évidence les arguments en faveur du recours à la PTI pour le traitement de traumatismes psychologiques et de TSPT, puis il présentera quelques exemples de son utilité dans un environnement clinique.


2007 ◽  
Vol 20 (2) ◽  
pp. 139-162 ◽  
Author(s):  
Marc Blais ◽  
Ursula Hess ◽  
Julie Bourbonnais ◽  
Julie Saintonge ◽  
Andrea Riddle

RÉSUMÉ L'article prend position au sujet du vieil adage: « un esprit sain dans un corps sain ». Des recherches empiriques démontrent qu'avoir un "corps sain dans un esprit sain" est tout aussi important. L'accumulation d'évidences empiriques souligne l'impact des stresseurs psychosociaux sur les affects négatifs et sur la santé mentale de même que leurs répercussions sur la santé physique. En plus, le construit de la motivation et les besoins innés d'autodétermination, de compétence et d'attachement jouent un rôle crucial dans la compréhension des antécédents et des conséquences du stress psychologique, ainsi que du bien-être et de la santé. Un nouveau modèle théorique, bilan de plus de dix ans de travaux théoriques, méthodologiques et empiriques, est appliqué à deux domaines de vie importants : la relation de couple et le travail.


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