scholarly journals Quand une forme de travail en cache une autre. Le travail social n’est pas taylorisable

2008 ◽  
Vol 10 (2) ◽  
pp. 123-133 ◽  
Author(s):  
Paul-Antoine Bien-Aimé ◽  
Louis Maheu

Résumé Les gestionnaires du social auraient réussi à tayloriser les services sociaux. L'analyse des pratiques permet de réfuter cette proposition, car la relation observée entre le producteur et l'usager des services constitue un espace de création d'informations qui sont, dans certains cas, réinvesties dans les rapports sociaux pour alimenter des interventions novatrices. Des paramètres essentiels de la taylorisation n'ont pu être vérifiés. Le rejet de la thèse de la taylorisation n'induit pas l'adhésion à des affirmations volontaristes qui attribuent aux praticiens une capacité généralisée d'échapper aux contraintes installées par des gestionnaires tentés par l'autoritarisme.

2003 ◽  
Vol 48 (1) ◽  
pp. 1-15
Author(s):  
Renée B. Dandurand

Résumé À l’aide d’une recherche menée auprès de jeunes familles de trois quartiers montréalais différenciés selon le statut socio-économique, l’article présente le point de vue des parents sur les services sociaux. Certaines caractéristiques s’en dégagent : quand il n’est pas ignoré, le professionnel du travail social est représenté comme une figure ou bien d’assistance ou bien de surveillance. Sont ensuite définis quatre espaces d’intervention qui délimitent les marges de manoeuvre entre lesquelles agissent actuellement les travailleurs sociaux. Deux notions centrales guident l’analyse : l’autonomie des familles, de même que la solidarité, privée et publique, qui les entoure.


2008 ◽  
Vol 6 (2) ◽  
pp. 141-153 ◽  
Author(s):  
Yvan Comeau

Résumé Cet article fait état d'une recherche portant sur le bilan que font des personnes de leur expérience dans les coopératives de travail. Les résultats obtenus démontrent que la coopération du travail satisfait généralement les personnes rencontrées. En effet, ces entreprises sont bien perçues à cause de la propriété collective et lorsque se manifestent des rapports sociaux de coopération. Dans la perspective de la démocratisation des services sociaux, la formule coopérative pourrait être bien acceptée par les productrices et les producteurs. Toutefois, la question de la participation des usagers aux structures opérationnelles de représentation demeure posée.


Aporia ◽  
2019 ◽  
Vol 11 (1) ◽  
pp. 41-55 ◽  
Author(s):  
Pierre Pariseau-Legault ◽  
Marie-Hélène Goulet ◽  
Anne G. Crocker

L’autorisation judiciaire de soins se situe au carrefour de considérations cliniques et juridiques. Malgré une efficacité contestée, des études récentes démontrent une augmentation du recours à cette mesure d’exception à l’échelle internationale. La présente analyse est inspirée d’une rencontre des théories foucaldienne et goffmanienne. Elle s’appuie sur les résultats d’une méta-ethnographie visant à mieux saisir les enjeux associés à ses usages, à partir des points de vue des acteurs impliqués lors de son application. Les résultats de cette analyse critique de discours décrivent l’autorisation judiciaire de soin en tant que jeu de rôle complexe ayant des effets multiples sur l’identité de la personne visée et sur ses rapports sociaux. À l’ère d’une justice souvent décrite par sa force thérapeutique, ces observations soulèvent plusieurs questionnements à l’égard de la visée et des effets de l’autorisation judiciaire de soins sur la personne, ainsi que de ses usages par différents intervenants du domaine de la santé et des services sociaux.


2011 ◽  
Vol 2 (3) ◽  
pp. 78-96
Author(s):  
André Jacob

Au Canada et au Québec, traiter des questions liées à la diversité culturelle et au racisme a été un défi pour les gouvernements depuis les années soixante. Auparavant et jusqu'à présent, une grande partie des responsabilités en termes de développement ethnoculturel sensible des services publics (services sociaux, des programmes de formation en travail social, etc.) ont été laissés aux mains d’organismes de charité non-lucratifs. Cependant, peu à peu, depuis les années soixante, le gouvernement fédéral et le gouvernement provincial, ont dû développer des politiques et des programmes d'action. Au Québec, le travail social a fait partie du débat face à deux grands courants politiques, l’un canadien basé sur le multiculturalisme, et l’autre québécois basé sur l'interculturalisme. L'article vise à donner une perspective historique sur la façon dont le travail social a dû faire face à des contradictions différentes. In Canada and Quebec, dealing with issues related to cultural diversity and racism has been a challenge for the governments since the sixties. Before and up to our days, a large part of responsabilities in terms of developping ethnocultural sensitive public services (social services, training programs in social work, etc.) have been left in the hands of non profit and charity organizations. But, little by little, since the sixites then, both governements, federal and provincial had to develop politics and programs of action. In Quebec, social work has been part of the debate facing two mainstream politics, the canadian one based on multiculturalism and, in Quebec, on interculturalism. The article intends to give a historical perspective on how social work had to deal with different contradictions.


2014 ◽  
Vol 19 (2) ◽  
pp. 164-179 ◽  
Author(s):  
Isabelle Chouinard

L’identité professionnelle constitue une source d’enjeux constants en travail social. Si les services sociaux tendent à être méconnus, voire dévalorisés, par la population (Stephensen, et collab., 2000), un sentiment de non-reconnaissance est fréquemment ressenti chez les travailleurs sociaux, allant jusqu’à provoquer un haut taux de détresse et de retrait au travail (Pelchat, et collab., 2004). Par-delà les contraintes externes qui pèsent sur elle, l’identité professionnelle relève néanmoins d’un enjeu plus fondamental au sein de la profession. Sa professionnalité se fondant sur une dimension relationnelle hautement abstraite, symbolique et complexe, la pratique professionnelle et les contributions propres au travail social demeurent difficilement compréhensibles pour plusieurs. Cet article s’attarde à problématiser la dimension relationnelle du travail social et à proposer quelques pistes de réflexion pouvant mieux cerner l’origine des difficultés qui y sont reliées.


2008 ◽  
Vol 8 (2) ◽  
pp. 51-71 ◽  
Author(s):  
Léa Diotte ◽  
Louis Favreau

Résumé Le Québec de la fin des années 50 souffre d'un grave déficit démocratique. La Révolution tranquille n'est pas encore présente, bien qu'à l'ordre du jour. De leur côté, les services sociaux enregistrent de graves défaillances institutionnelles. Les pratiques sociales de la période 60-70 sont d'autant plus importantes à comprendre que les intervenants vont instaurer, du moins les plus jeunes d'entre eux devenus des professionnels, de nombreux changements. De quasi-intrus qu'ils étaient hier, plusieurs d'entre eux occupent aujourd'hui des postes de direction dans les services sociaux publics ou un leadership d'influence dans le secteur communautaire. L'article qui suit illustre le parcours d'intervenants sociaux et de leurs institutions d'appartenance sur une quinzaine d'années (de la fin des années 50 jusqu'en 1973) dans l'Outaouais québécois. Il analyse2 aussi ce qui caractérise une transition au tournant des années 1965-1966 qui s'opère entre deux dynamiques correspondant à deux sous-périodes. Il conclut sur une mise en perspective du travail social des années 60 par rapport au travail social d'aujourd'hui, à l'aube de l'an 2000.


2004 ◽  
Vol 14 (2) ◽  
pp. 144-156 ◽  
Author(s):  
Alain Simonin

Résumé La notion d’espaces de transaction dans l’intervention sociale incite tous les acteurs engagés dans l’intervention, qu’ils soient « eux » ou « nous », à développer l’entreprise participative, l’innovation dans les politiques publiques, la citoyenneté inclusive. Le modèle du positionnement social permet de situer les nouveaux rapports sociaux émergents entre un pôle formel (agir sur le mode des régulations normatives), un pôle informel (agir sur le mode de l’expérience innovante) et un pôle mixte (agir sur le mode coopératif ou associatif). Le modèle a pour caractéristiques de légitimer les individus porteurs de projets dans leur aptitude à occuper l’espace public, de situer les projets dans le mouvement dialectique entre l’instituant et l’institué et de mettre en rapport les transactions avec les enjeux démocratiques et le respect de l’environnement. On peut définir trois domaines de compétences requises pour mener à bien ce processus de développement local. Ils correspondent aux trois fonctions que devrait assumer l’agent de développement : un rôle de « passeur », un rôle de « tiers médian », un rôle d’« ingénieur démocratique ».


2014 ◽  
Vol n° 36 (2) ◽  
pp. 121
Author(s):  
Laurence Bachmann ◽  
Sophie Rodari

2002 ◽  
Vol 13 (1) ◽  
pp. 27-47 ◽  
Author(s):  
Louis Favreau

Résumé En nous centrant sur des pratiques plus « généralistes » du travail social qui ont souvent émergé à sa périphérie (organisateurs communautaires de CLSC, agents de relations humaines, employés dans les organisations communautaires de santé et de services sociaux, etc.), nous souhaitons prolonger la réflexion amorcée dans la revue Nouvelles pratiques sociales voulant que le travail social ne soit pas à la remorque du changement social mais participe plutôt, avec d'autres, au renouvellement des pratiques (Mathieu, 1999). L'exemple du travail social pratiqué dans les champs de l'entraide économique, de l'insertion par le travail, du développement local et de l'économie sociale servira de démonstration. Cette démonstration sera précédée d'une analyse du travail social et de ses transformations depuis 40 ans (1960-2000), analyse qui nous amènera à conclure à la capacité de rebondir de la profession lors des crises successives (d'identité et de légitimité) que cette dernière a vécues et non à son repli identitaire.


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