scholarly journals Bilans de satisfaction dans les coopératives de travail québécoises

2008 ◽  
Vol 6 (2) ◽  
pp. 141-153 ◽  
Author(s):  
Yvan Comeau

Résumé Cet article fait état d'une recherche portant sur le bilan que font des personnes de leur expérience dans les coopératives de travail. Les résultats obtenus démontrent que la coopération du travail satisfait généralement les personnes rencontrées. En effet, ces entreprises sont bien perçues à cause de la propriété collective et lorsque se manifestent des rapports sociaux de coopération. Dans la perspective de la démocratisation des services sociaux, la formule coopérative pourrait être bien acceptée par les productrices et les producteurs. Toutefois, la question de la participation des usagers aux structures opérationnelles de représentation demeure posée.

Aporia ◽  
2019 ◽  
Vol 11 (1) ◽  
pp. 41-55 ◽  
Author(s):  
Pierre Pariseau-Legault ◽  
Marie-Hélène Goulet ◽  
Anne G. Crocker

L’autorisation judiciaire de soins se situe au carrefour de considérations cliniques et juridiques. Malgré une efficacité contestée, des études récentes démontrent une augmentation du recours à cette mesure d’exception à l’échelle internationale. La présente analyse est inspirée d’une rencontre des théories foucaldienne et goffmanienne. Elle s’appuie sur les résultats d’une méta-ethnographie visant à mieux saisir les enjeux associés à ses usages, à partir des points de vue des acteurs impliqués lors de son application. Les résultats de cette analyse critique de discours décrivent l’autorisation judiciaire de soin en tant que jeu de rôle complexe ayant des effets multiples sur l’identité de la personne visée et sur ses rapports sociaux. À l’ère d’une justice souvent décrite par sa force thérapeutique, ces observations soulèvent plusieurs questionnements à l’égard de la visée et des effets de l’autorisation judiciaire de soins sur la personne, ainsi que de ses usages par différents intervenants du domaine de la santé et des services sociaux.


2008 ◽  
Vol 10 (2) ◽  
pp. 123-133 ◽  
Author(s):  
Paul-Antoine Bien-Aimé ◽  
Louis Maheu

Résumé Les gestionnaires du social auraient réussi à tayloriser les services sociaux. L'analyse des pratiques permet de réfuter cette proposition, car la relation observée entre le producteur et l'usager des services constitue un espace de création d'informations qui sont, dans certains cas, réinvesties dans les rapports sociaux pour alimenter des interventions novatrices. Des paramètres essentiels de la taylorisation n'ont pu être vérifiés. Le rejet de la thèse de la taylorisation n'induit pas l'adhésion à des affirmations volontaristes qui attribuent aux praticiens une capacité généralisée d'échapper aux contraintes installées par des gestionnaires tentés par l'autoritarisme.


2005 ◽  
Vol 24 (2) ◽  
pp. 235-261 ◽  
Author(s):  
Gilles Dussault

En 1966, la Commission d'enquête sur la santé et le bien-être social commençait ses travaux. Ses recommandations allaient conduire à la création d'un régime universel d'assurance-maladie en 1970 et, à partir de l'année suivante, à une réorganisation en profondeur du système de distribution de soins et de services sociaux. Bien que le recul ne soit pas encore suffisant pour évaluer tous les effets de ces mesures, il est tout à fait approprié d'en commencer l'analyse. C'est à un tel exercice que s'est livré Frédéric LESEMANN dans Du pain et des services (1981). Le titre est volontairement provocateur et est à l'image de la thèse que l'auteur développe. L'ouvrage veut soulever un débat sur le sens et les enjeux de la réforme sanitaire au Québec. On s'explique mal d'ailleurs qu'on ait si peu écrit sur la question, compte tenu de l'importance des ressources humaines et financières investies dans cette réforme, aussi de ses dimensions politiques et de ses conséquences sur la vie quotidienne des citoyens. Il faut reconnaître que la sociologie de la santé et des institutions et occupations qui lui sont reliées est peu développée chez nous comparativement à la Grande-Bretagne et aux États-Unis, par exemple, où l'intérêt pour les aspects socio-économiques de la santé est considérable. Je doute toutefois que le livre de Lesemann — malgré l'intérêt et le caractère percutant de l'analyse qu'il propose — donne lieu à un débat qui déborde les cercles spécialisés. En effet, son analyse en termes de rapports de classe éloignera plus d'un lecteur par son langage et son approche plutôt hermétique. Le livre vaut quand même qu'on s'y attarde et qu'on examine sérieusement la thèse que son auteur défend. Essentiellement, Lesemann avance qu'au-delà des intentions généreuses des réformateurs, ce sont des enjeux de classe qui ont orienté les choix et décisions qui ont été à la base de la réorganisation des services socio-sanitaires au Québec. Pour lui, « du pain et des services », c'est bien le panem et circenses du pouvoir impérial romain déclinant; c'est l'État qui cherche à endormir la population sous le couvert de « répondre aux besoins de la clientèle », comme le disent les technocrates. Lesemann corrige et précise qu'il s'agit plutôt de «gérer les rapports sociaux » (p. 5)


Author(s):  
Pierre Racine

À partir de la dynamique de résistance des intervenants à la gestion technocratique des services sociaux, l’auteur analyse comment les professionnels identifient les contradictions et les enjeux de leur pratique. Il montre les limites de certaines caractéristiques de la conception professionnelle de l’intervention comme idéologie de gestion et fait émerger une dimension manquante de ce modèle d’intervention : la prise en compte des rapports sociaux. Dans une hypothèse de construction, il montre comment une épistémologie de l’intervention plus axée sur les théories de l’action pourrait être une réponse plus adéquate aux problèmes posés.


2019 ◽  
Vol 58 (2) ◽  
pp. 143-150
Author(s):  
Pascale Molinier

La psychodynamique du travail a étendu les conditions sociales de la sublimation au travail ordinaire et à la dynamique de la reconnaissance. Selon Christophe Dejours, la reconnaissance porte sur le faire mais elle se capitalise dans le registre de l’être. Or ce que les femmes font est généralement confondu avec ce qu’elles sont. D’où un déficit chronique de reconnaissance de leurs contributions, bien sûr aggravé par les rapports sociaux de domination (voir l’effet Mathilda dans les sciences). Ce constat sera ici principalement argumenté à partir des analyses psychodynamiques du travail féminisé (les activités de care) qui se caractérisent par leur discrétion. De la sous-estimation du travail féminin, il résulte de nombreuses conséquences, tant sur le plan théorique que clinique : la sublimation dépend-elle nécessairement de la reconnaissance ? – on déplacera cette question autour de l’expressivité et de la voix.


1982 ◽  
Vol 37 (2) ◽  
pp. 246-254 ◽  
Author(s):  
Janusz Tazbir

M'étant interrogé, il y a quelques années, sur l'accueil réservé aux œuvres de Thomas More et sur leur diffusion en Pologne, j'ai tenté de définir les raisons pour lesquelles les utopies classiques n'avaient pas trouvé de résonance parmi les citoyens de la République nobiliaire. Elles sont multiples. Ainsi, presque toutes les représentations de la société idéale, depuis la Politique de Platon, les visions de More ou de Campanella, jusqu'aux utopies du siècle des Lumières, préconisent une ingérence très poussée dans la vie privée des citoyens, un contrôle continu exercé sur eux par des censeurs spécialement institués à cette fin, la soumission à des normes très rigoureuses de discipline sociale — en un mot, un fonctionnement de l'État qui est en contradiction flagrante avec les institutions de la Pologne des xvie-xviie siècles. Comme le remarque à juste titre Claude Backvis, l'utopie naît dans des conditions où elle ne peut en aucune mesure être réalisée. Elle réclame tout parce qu'elle n'est en mesure de rien obtenir ; son maximalisme vient de ce qu'on pense impossible de modifier, de quelque façon que ce soit, les rapports sociaux et politiques existants. C'est la raison pour laquelle la noblesse polonaise qui, à l'époque de la Renaissance, avait largement les moyens de transformer l'État, ne recherchait pas de compensation dans la création imaginaire d'un monde idéal, utopique. Plus tard, le conservatisme de l'État polonais, son hostilité déclarée à tout changement, s'opposèrent efficacement tant à la création de variantes polonaises qu'à la réception des versions étrangères de l'utopie.


2017 ◽  
Vol 124 (1) ◽  
pp. 33-42
Author(s):  
Anne Roulin-Perriard ◽  
Jean-Pierre Tabin
Keyword(s):  

Sign in / Sign up

Export Citation Format

Share Document