scholarly journals Le travail social au Québec (1960-2000) : 40 ans de transformation d'une profession

2002 ◽  
Vol 13 (1) ◽  
pp. 27-47 ◽  
Author(s):  
Louis Favreau

Résumé En nous centrant sur des pratiques plus « généralistes » du travail social qui ont souvent émergé à sa périphérie (organisateurs communautaires de CLSC, agents de relations humaines, employés dans les organisations communautaires de santé et de services sociaux, etc.), nous souhaitons prolonger la réflexion amorcée dans la revue Nouvelles pratiques sociales voulant que le travail social ne soit pas à la remorque du changement social mais participe plutôt, avec d'autres, au renouvellement des pratiques (Mathieu, 1999). L'exemple du travail social pratiqué dans les champs de l'entraide économique, de l'insertion par le travail, du développement local et de l'économie sociale servira de démonstration. Cette démonstration sera précédée d'une analyse du travail social et de ses transformations depuis 40 ans (1960-2000), analyse qui nous amènera à conclure à la capacité de rebondir de la profession lors des crises successives (d'identité et de légitimité) que cette dernière a vécues et non à son repli identitaire.

2003 ◽  
Vol 48 (1) ◽  
pp. 1-15
Author(s):  
Renée B. Dandurand

Résumé À l’aide d’une recherche menée auprès de jeunes familles de trois quartiers montréalais différenciés selon le statut socio-économique, l’article présente le point de vue des parents sur les services sociaux. Certaines caractéristiques s’en dégagent : quand il n’est pas ignoré, le professionnel du travail social est représenté comme une figure ou bien d’assistance ou bien de surveillance. Sont ensuite définis quatre espaces d’intervention qui délimitent les marges de manoeuvre entre lesquelles agissent actuellement les travailleurs sociaux. Deux notions centrales guident l’analyse : l’autonomie des familles, de même que la solidarité, privée et publique, qui les entoure.


2011 ◽  
Vol 2 (3) ◽  
pp. 78-96
Author(s):  
André Jacob

Au Canada et au Québec, traiter des questions liées à la diversité culturelle et au racisme a été un défi pour les gouvernements depuis les années soixante. Auparavant et jusqu'à présent, une grande partie des responsabilités en termes de développement ethnoculturel sensible des services publics (services sociaux, des programmes de formation en travail social, etc.) ont été laissés aux mains d’organismes de charité non-lucratifs. Cependant, peu à peu, depuis les années soixante, le gouvernement fédéral et le gouvernement provincial, ont dû développer des politiques et des programmes d'action. Au Québec, le travail social a fait partie du débat face à deux grands courants politiques, l’un canadien basé sur le multiculturalisme, et l’autre québécois basé sur l'interculturalisme. L'article vise à donner une perspective historique sur la façon dont le travail social a dû faire face à des contradictions différentes. In Canada and Quebec, dealing with issues related to cultural diversity and racism has been a challenge for the governments since the sixties. Before and up to our days, a large part of responsabilities in terms of developping ethnocultural sensitive public services (social services, training programs in social work, etc.) have been left in the hands of non profit and charity organizations. But, little by little, since the sixites then, both governements, federal and provincial had to develop politics and programs of action. In Quebec, social work has been part of the debate facing two mainstream politics, the canadian one based on multiculturalism and, in Quebec, on interculturalism. The article intends to give a historical perspective on how social work had to deal with different contradictions.


2008 ◽  
Vol 10 (2) ◽  
pp. 123-133 ◽  
Author(s):  
Paul-Antoine Bien-Aimé ◽  
Louis Maheu

Résumé Les gestionnaires du social auraient réussi à tayloriser les services sociaux. L'analyse des pratiques permet de réfuter cette proposition, car la relation observée entre le producteur et l'usager des services constitue un espace de création d'informations qui sont, dans certains cas, réinvesties dans les rapports sociaux pour alimenter des interventions novatrices. Des paramètres essentiels de la taylorisation n'ont pu être vérifiés. Le rejet de la thèse de la taylorisation n'induit pas l'adhésion à des affirmations volontaristes qui attribuent aux praticiens une capacité généralisée d'échapper aux contraintes installées par des gestionnaires tentés par l'autoritarisme.


2014 ◽  
Vol 19 (2) ◽  
pp. 164-179 ◽  
Author(s):  
Isabelle Chouinard

L’identité professionnelle constitue une source d’enjeux constants en travail social. Si les services sociaux tendent à être méconnus, voire dévalorisés, par la population (Stephensen, et collab., 2000), un sentiment de non-reconnaissance est fréquemment ressenti chez les travailleurs sociaux, allant jusqu’à provoquer un haut taux de détresse et de retrait au travail (Pelchat, et collab., 2004). Par-delà les contraintes externes qui pèsent sur elle, l’identité professionnelle relève néanmoins d’un enjeu plus fondamental au sein de la profession. Sa professionnalité se fondant sur une dimension relationnelle hautement abstraite, symbolique et complexe, la pratique professionnelle et les contributions propres au travail social demeurent difficilement compréhensibles pour plusieurs. Cet article s’attarde à problématiser la dimension relationnelle du travail social et à proposer quelques pistes de réflexion pouvant mieux cerner l’origine des difficultés qui y sont reliées.


2012 ◽  
Vol 77 ◽  
pp. 55-70
Author(s):  
Amélie Bourbeau

Entre l'adoption de la Loi de l'assistance publique, en 1921, et les travaux de la Commission Castonguay-Nepveu, en 1966-1971, l'Église catholique s'est retirée des débats publics et de l'animation de l'assistance non institutionnelle à Montréal. Une étude de l'attitude du clergé face à la mise en place d'un réseau laïc d'assistance, chapeauté par la Fédération des Oeuvres de charité canadiennes-françaises (FOCCF), et face à l'éclosion du travail social professionnel permet de mieux comprendre une sécularisation ambiguë, le résultat de l'adaptation du clergé montréalais au changement social et d'un déplacement de son champ d'action, de l'institution vers la communauté.


2008 ◽  
Vol 8 (2) ◽  
pp. 51-71 ◽  
Author(s):  
Léa Diotte ◽  
Louis Favreau

Résumé Le Québec de la fin des années 50 souffre d'un grave déficit démocratique. La Révolution tranquille n'est pas encore présente, bien qu'à l'ordre du jour. De leur côté, les services sociaux enregistrent de graves défaillances institutionnelles. Les pratiques sociales de la période 60-70 sont d'autant plus importantes à comprendre que les intervenants vont instaurer, du moins les plus jeunes d'entre eux devenus des professionnels, de nombreux changements. De quasi-intrus qu'ils étaient hier, plusieurs d'entre eux occupent aujourd'hui des postes de direction dans les services sociaux publics ou un leadership d'influence dans le secteur communautaire. L'article qui suit illustre le parcours d'intervenants sociaux et de leurs institutions d'appartenance sur une quinzaine d'années (de la fin des années 50 jusqu'en 1973) dans l'Outaouais québécois. Il analyse2 aussi ce qui caractérise une transition au tournant des années 1965-1966 qui s'opère entre deux dynamiques correspondant à deux sous-périodes. Il conclut sur une mise en perspective du travail social des années 60 par rapport au travail social d'aujourd'hui, à l'aube de l'an 2000.


2008 ◽  
Vol 8 (1) ◽  
pp. 235-244
Author(s):  
Louis Favreau

Résumé Dans ce texte, je formulerai cinq questions et hypothèses de réponse qui peuvent être considérées comme autant de pistes possibles pour l'avenir de l'intervention sociale pratiquée tant dans le secteur communautaire que dans le secteur public de la santé et des affaires sociales. Je formulerai ces propositions en les mettant en relation avec quelques enjeux clés de la période actuelle par où passe aujoud'hui le changement social : l'intervention sur la question de l'emploi, l'intervention dans l'économie et l'intervention sur des territoires à pertinence sociale, les « communautés locales1 », enjeux qui commandent tous l'intersectorialité de l'intervention.


Author(s):  
Charles Tousignant ◽  
Nora Morales

Depuis plus de dix ans qu’elle est connue des services sociaux, la famille Grouillant est considérée par les institutions comme « un milieu criminogène ». En fait, il y a eu au cours de ces dix dernières années, de nombreuses interventions auprès des Grouillant. Toutes ont plus ou moins échoué. Le dossier Grouillant se présente sous forme d’une volumineuse liasse de huit pouces de documents, d’évaluations, de lettres, de notes, etc. Cette écriture brute reflète la quotidienneté de l’exercice du contrôle social par les institutions. Or dans toute leur authenticité, ces documents plaident plutôt pour la famille Grouillant que pour la pratique du travail social. C’est un travail social judiciarisé qui fonctionne sur le mode du secret, à travers des documents confidentiels, à travers le huis clos de réunions entre intervenants d’où sont totalement exclus les principaux concernés : les Grouillant. Dans la mesure où le contrôle social qui caractérise ce type de travail social plus que tout autre s’exerce en permanence sur la quotidienneté, il est essentiel de le prendre sur le vif, de le laisser discourir dans toute sa vérité nue. C’est ce que propose cet article qui, dans un deuxième acte, nous permet de rencontrer les Grouillant dans leur vie de tous les jours.


2019 ◽  
Vol 49 (2) ◽  
pp. 290-309
Author(s):  
Jacques Cherblanc ◽  
Guy Jobin

Ce texte présente une partie des résultats d’une recherche menée auprès des Intervenants et intervenantes en soins spirituels du Québec (ISS) qui travaillent dans les établissements de santé et de services sociaux du Québec. Il présente l’analyse des récits de pratique et de journées typiques de 23 ISS aux profils et pratiques diversifiés. Les ISS sont les successeurs des aumôniers ou animateurs de pastorale hospitalière, aussi appelés chaplains, et ont pour particularité de devoir offrir des services de soins spirituels à tout usager de l’institution de santé, quelle que soit son appartenance ou non à une organisation religieuse. C’est ainsi qu’ils offrent un accompagnement « spirituel » et non « religieux », cette distinction étant fondamentale pour eux. Or, pour démontrer leur pertinence et leur « utilité », les ISS doivent actuellement faire montre de la particularité de leur travail d’accompagnement spirituel (par rapport à la psychologie ou au travail social, par exemple), mais aussi de leur capacité à le faire quelles que soient les croyances du patient. Pour ce faire, ils ont élaboré un savoir pratique, basé sur leur expérience auprès des patients et des soignants, et ont, pour ce faire, élaboré une théorisation du spirituel pratiqué, présentée dans cet article. Cette théorie du spirituel pratiqué qui émerge de la pratique des ISS est constituée de six dimensions : les rituels, l’appartenance, les valeurs, la transcendance, l’identité et le sens.


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