scholarly journals Un nouveau champ de pratiques du travail social : agir dans les espaces de transaction

2004 ◽  
Vol 14 (2) ◽  
pp. 144-156 ◽  
Author(s):  
Alain Simonin

Résumé La notion d’espaces de transaction dans l’intervention sociale incite tous les acteurs engagés dans l’intervention, qu’ils soient « eux » ou « nous », à développer l’entreprise participative, l’innovation dans les politiques publiques, la citoyenneté inclusive. Le modèle du positionnement social permet de situer les nouveaux rapports sociaux émergents entre un pôle formel (agir sur le mode des régulations normatives), un pôle informel (agir sur le mode de l’expérience innovante) et un pôle mixte (agir sur le mode coopératif ou associatif). Le modèle a pour caractéristiques de légitimer les individus porteurs de projets dans leur aptitude à occuper l’espace public, de situer les projets dans le mouvement dialectique entre l’instituant et l’institué et de mettre en rapport les transactions avec les enjeux démocratiques et le respect de l’environnement. On peut définir trois domaines de compétences requises pour mener à bien ce processus de développement local. Ils correspondent aux trois fonctions que devrait assumer l’agent de développement : un rôle de « passeur », un rôle de « tiers médian », un rôle d’« ingénieur démocratique ».

2008 ◽  
Vol 10 (2) ◽  
pp. 123-133 ◽  
Author(s):  
Paul-Antoine Bien-Aimé ◽  
Louis Maheu

Résumé Les gestionnaires du social auraient réussi à tayloriser les services sociaux. L'analyse des pratiques permet de réfuter cette proposition, car la relation observée entre le producteur et l'usager des services constitue un espace de création d'informations qui sont, dans certains cas, réinvesties dans les rapports sociaux pour alimenter des interventions novatrices. Des paramètres essentiels de la taylorisation n'ont pu être vérifiés. Le rejet de la thèse de la taylorisation n'induit pas l'adhésion à des affirmations volontaristes qui attribuent aux praticiens une capacité généralisée d'échapper aux contraintes installées par des gestionnaires tentés par l'autoritarisme.


2019 ◽  
Vol 73 (4) ◽  
pp. 840-877 ◽  
Author(s):  
Olivier Brolis ◽  
François-Xavier Devetter

Cet article vise, en s’appuyant surL’Enquête Conditions de travail(2013), à construire une typologie des professions relevant d’un statut « ouvrier » ou « employé » à partir du niveau et du type de qualité de l’emploi qu’elles induisent. Cette approche de la qualité d’emploi par les professions apparaît importante pour trois raisons complémentaires : d’abord, parce que la nature de la profession s’avère déterminante au-delà des caractéristiques des individus qui l’occupent pour expliquer les écarts en termes de qualité de l’emploi; ensuite, du fait de l’importance de la nature des professions dans la détermination des règles encadrant le travail; et, enfin, en raison du rôle joué par les politiques publiques dans le soutien de la qualité dans certaines professions.Dans un premier temps, nous élaborons un faisceau de 15 indicateurs mesurant les différentes dimensions de la qualité d’emploi en combinant des variables relatives à la relation d’emploi (rémunération notamment), au niveau d’attractivité non matériel des tâches à effectuer (comme le degré d’autonomie ou nouer des rapports sociaux de qualité) ou, encore, les conditions de travail (notamment les contraintes liées au travail ou aux pénibilités vécues par les salariés comme les pénibilités physiques).Dans un second temps, nous menons, sur la base de ces 15 indicateurs, une classification ascendante hiérarchique qui fait apparaître huit classes de professions. Les lignes de fracture qui les opposent, permettent ensuite d’établir une hiérarchisation partielle des professions en termes de qualité de l’emploi.Enfin, nous précisons la composition de ces classes (professions concernées et caractéristiques sociodémographiques des individus) et soulignons une concentration de certains types de travailleurs au sein des professions de bonne ou de mauvaise qualité.


2014 ◽  
Vol n° 36 (2) ◽  
pp. 121
Author(s):  
Laurence Bachmann ◽  
Sophie Rodari

2018 ◽  
Vol 30 (2) ◽  
pp. 101-117
Author(s):  
Annie Dussuet

L’auteure propose une réflexion sur la sous-théorisation actuelle, par les féministes, du travail domestique non rémunéré. Dussuet retrace d’abord la conceptualisation de cette activité en termes de « travail domestique » et de rapports sociaux de production, durant les années 70 où elle occupe une place centrale dans le modèle d’activité des femmes. Puis, l’auteure montre les effets d’une analyse en termes de care, centrée sur le contenu du travail et l’engagement subjectif, à partir de la fin des années 80, pendant une période de montée de l’activité féminine salariée et d’externalisation de certaines tâches par les politiques publiques à la recherche de « gisements d’emploi ».


2010 ◽  
Vol 9 (2) ◽  
pp. 119-139
Author(s):  
Jean-Baptiste Leclercq

Résumé Cet article s’appuie sur une enquête de terrain menée dans le quartier de la Zona Norte de Grenade (Andalousie, Espagne) entre 1999 et 2006. Celle-ci a eu pour point de départ une mobilisation des chômeurs du quartier et s’est poursuivie à travers l’étude des politiques locales menées en aval dans le domaine de l’emploi, de la formation et de l’insertion. Les dispositifs qui ont succédé à ce mouvement s’appuient sur la construction de « publics cibles ». L’ethnicisation des rapports sociaux et d’autres catégorisations sont analysées à la lumière de la reconfiguration de l’État social : décentralisation, externalisation des politiques publiques au secteur associatif et activation de la protection sociale. Les discriminations sont considérées selon leur traitement et leur (co)production.


2018 ◽  
Vol 30 (1) ◽  
Author(s):  
Jean-Yves Desgagnés ◽  
Georges Goma-Gakissa ◽  
Lorraine Gaudreau

Au Québec, la recherche académique en travail social relative à la pauvreté apparaît, en ce début de 21esiècle, comme toujours, principalement agrippée à l’urbanité. Le contenu de cet article présente les résultats de deux recherches qualitatives exploratoires, de type recherche-action participative (RAP), menées en milieu rural québécois et s’étant intéressées à l’intervention sociale dans le champ de la pauvreté à partir des regards croisés de deux groupes d’acteurs en interaction, soit des expert.e.s du vécu (EV) et des expert.e.s de la pratique (EP). L’analyse des entretiens a permis de constater que cette intervention s’inscrivait dans une réalité sociale multidimensionnelle et complexe. À partir d’une mise en perspective inspirée de deux univers théoriques, l’analyse des données recueillies a révélé que l’intervention sociale sur la pauvreté en milieu rural constituait un espace de tension traversé par deux grandes logiques : celle des acteurs et celle des environnements (économique, politique et idéologique). Dans la logique des acteurs, l’enjeu de la définition de la situation (ou de la perception commune) qui détermine les actions à entreprendre est influencé principalement par la capacité des groupes d’acteurs (EV-EP) à dépasser leurs catégories auto-interprétatives. Dans la logique des environnements, deux semblent déterminants pour le succès ou l’échec de l’intervention sociale : l’environnement politique, tout particulièrement celui des politiques publiques du gouvernement du Québec, et l’environnement territorial, soit celui de la ruralité.


Author(s):  
Anne Perriard

Cadre de la recherche : Cet article cherche à saisir les processus de catégorisation et de hiérarchisation à l’œuvre dans des politiques sociales spécifiques Objectifs : En analysant la formulation et la mise en œuvre de politiques de l’emploi dans un canton suisse en direction de trois catégories de parcours de vie que le politique nomme les « jeunes adultes en difficulté », les « familles pauvres » ou les « chômeurs âgés », cet article propose d’explorer l’articulation des rapports sociaux d’âge et de genre qui participent à produire des figures de la dépendance problématique. Méthodologie : La recherche, conduite au sein de Pôle de recherche LIVES, s’appuie sur l’analyse de discours de deux groupes d’agent·e·s : d’une part les élu·e·s chargé·e·s d’élaborer les lois et d’autre part le personnel du travail social mettant en œuvre ces lois dans ses pratiques professionnelles. Il a été demandé aux personnes interviewées de décrire trois situations qui leur paraissaient emblématiques de leur travail auprès des trois catégories cibles de politiques sociales. Cette méthodologie a l’avantage de faire apparaître des catégories sociales absentes de la formulation des politiques. Résultats : L’analyse met en lumière que les formes de dépendance à l’État ne sont pas toutes perçues comme problématiques, certaines étant normalisées en fonction de leur conformité aux normes du parcours de vie traditionnel constitué de la triade formation-emploi-retraite. Conclusions : L’analyse montre que les significations données aux notions d’autonomie et d’indépendance varient en fonction de l’âge et du genre. Contribution : L’originalité de cet article réside dans le fait de réunir et de comparer trois catégories de l’intervention sociale qui représentent trois étapes du parcours de vie traditionnel.


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