scholarly journals Les années 60 dans l’Outaouais : les bouleversements annonciateurs de la réforme Castonguay-Nepveu

2008 ◽  
Vol 8 (2) ◽  
pp. 51-71 ◽  
Author(s):  
Léa Diotte ◽  
Louis Favreau

Résumé Le Québec de la fin des années 50 souffre d'un grave déficit démocratique. La Révolution tranquille n'est pas encore présente, bien qu'à l'ordre du jour. De leur côté, les services sociaux enregistrent de graves défaillances institutionnelles. Les pratiques sociales de la période 60-70 sont d'autant plus importantes à comprendre que les intervenants vont instaurer, du moins les plus jeunes d'entre eux devenus des professionnels, de nombreux changements. De quasi-intrus qu'ils étaient hier, plusieurs d'entre eux occupent aujourd'hui des postes de direction dans les services sociaux publics ou un leadership d'influence dans le secteur communautaire. L'article qui suit illustre le parcours d'intervenants sociaux et de leurs institutions d'appartenance sur une quinzaine d'années (de la fin des années 50 jusqu'en 1973) dans l'Outaouais québécois. Il analyse2 aussi ce qui caractérise une transition au tournant des années 1965-1966 qui s'opère entre deux dynamiques correspondant à deux sous-périodes. Il conclut sur une mise en perspective du travail social des années 60 par rapport au travail social d'aujourd'hui, à l'aube de l'an 2000.

2003 ◽  
Vol 48 (1) ◽  
pp. 1-15
Author(s):  
Renée B. Dandurand

Résumé À l’aide d’une recherche menée auprès de jeunes familles de trois quartiers montréalais différenciés selon le statut socio-économique, l’article présente le point de vue des parents sur les services sociaux. Certaines caractéristiques s’en dégagent : quand il n’est pas ignoré, le professionnel du travail social est représenté comme une figure ou bien d’assistance ou bien de surveillance. Sont ensuite définis quatre espaces d’intervention qui délimitent les marges de manoeuvre entre lesquelles agissent actuellement les travailleurs sociaux. Deux notions centrales guident l’analyse : l’autonomie des familles, de même que la solidarité, privée et publique, qui les entoure.


2011 ◽  
Vol 2 (3) ◽  
pp. 78-96
Author(s):  
André Jacob

Au Canada et au Québec, traiter des questions liées à la diversité culturelle et au racisme a été un défi pour les gouvernements depuis les années soixante. Auparavant et jusqu'à présent, une grande partie des responsabilités en termes de développement ethnoculturel sensible des services publics (services sociaux, des programmes de formation en travail social, etc.) ont été laissés aux mains d’organismes de charité non-lucratifs. Cependant, peu à peu, depuis les années soixante, le gouvernement fédéral et le gouvernement provincial, ont dû développer des politiques et des programmes d'action. Au Québec, le travail social a fait partie du débat face à deux grands courants politiques, l’un canadien basé sur le multiculturalisme, et l’autre québécois basé sur l'interculturalisme. L'article vise à donner une perspective historique sur la façon dont le travail social a dû faire face à des contradictions différentes. In Canada and Quebec, dealing with issues related to cultural diversity and racism has been a challenge for the governments since the sixties. Before and up to our days, a large part of responsabilities in terms of developping ethnocultural sensitive public services (social services, training programs in social work, etc.) have been left in the hands of non profit and charity organizations. But, little by little, since the sixites then, both governements, federal and provincial had to develop politics and programs of action. In Quebec, social work has been part of the debate facing two mainstream politics, the canadian one based on multiculturalism and, in Quebec, on interculturalism. The article intends to give a historical perspective on how social work had to deal with different contradictions.


2008 ◽  
Vol 10 (2) ◽  
pp. 123-133 ◽  
Author(s):  
Paul-Antoine Bien-Aimé ◽  
Louis Maheu

Résumé Les gestionnaires du social auraient réussi à tayloriser les services sociaux. L'analyse des pratiques permet de réfuter cette proposition, car la relation observée entre le producteur et l'usager des services constitue un espace de création d'informations qui sont, dans certains cas, réinvesties dans les rapports sociaux pour alimenter des interventions novatrices. Des paramètres essentiels de la taylorisation n'ont pu être vérifiés. Le rejet de la thèse de la taylorisation n'induit pas l'adhésion à des affirmations volontaristes qui attribuent aux praticiens une capacité généralisée d'échapper aux contraintes installées par des gestionnaires tentés par l'autoritarisme.


2014 ◽  
Vol 19 (2) ◽  
pp. 164-179 ◽  
Author(s):  
Isabelle Chouinard

L’identité professionnelle constitue une source d’enjeux constants en travail social. Si les services sociaux tendent à être méconnus, voire dévalorisés, par la population (Stephensen, et collab., 2000), un sentiment de non-reconnaissance est fréquemment ressenti chez les travailleurs sociaux, allant jusqu’à provoquer un haut taux de détresse et de retrait au travail (Pelchat, et collab., 2004). Par-delà les contraintes externes qui pèsent sur elle, l’identité professionnelle relève néanmoins d’un enjeu plus fondamental au sein de la profession. Sa professionnalité se fondant sur une dimension relationnelle hautement abstraite, symbolique et complexe, la pratique professionnelle et les contributions propres au travail social demeurent difficilement compréhensibles pour plusieurs. Cet article s’attarde à problématiser la dimension relationnelle du travail social et à proposer quelques pistes de réflexion pouvant mieux cerner l’origine des difficultés qui y sont reliées.


2002 ◽  
Vol 13 (1) ◽  
pp. 27-47 ◽  
Author(s):  
Louis Favreau

Résumé En nous centrant sur des pratiques plus « généralistes » du travail social qui ont souvent émergé à sa périphérie (organisateurs communautaires de CLSC, agents de relations humaines, employés dans les organisations communautaires de santé et de services sociaux, etc.), nous souhaitons prolonger la réflexion amorcée dans la revue Nouvelles pratiques sociales voulant que le travail social ne soit pas à la remorque du changement social mais participe plutôt, avec d'autres, au renouvellement des pratiques (Mathieu, 1999). L'exemple du travail social pratiqué dans les champs de l'entraide économique, de l'insertion par le travail, du développement local et de l'économie sociale servira de démonstration. Cette démonstration sera précédée d'une analyse du travail social et de ses transformations depuis 40 ans (1960-2000), analyse qui nous amènera à conclure à la capacité de rebondir de la profession lors des crises successives (d'identité et de légitimité) que cette dernière a vécues et non à son repli identitaire.


Author(s):  
Charles Tousignant ◽  
Nora Morales

Depuis plus de dix ans qu’elle est connue des services sociaux, la famille Grouillant est considérée par les institutions comme « un milieu criminogène ». En fait, il y a eu au cours de ces dix dernières années, de nombreuses interventions auprès des Grouillant. Toutes ont plus ou moins échoué. Le dossier Grouillant se présente sous forme d’une volumineuse liasse de huit pouces de documents, d’évaluations, de lettres, de notes, etc. Cette écriture brute reflète la quotidienneté de l’exercice du contrôle social par les institutions. Or dans toute leur authenticité, ces documents plaident plutôt pour la famille Grouillant que pour la pratique du travail social. C’est un travail social judiciarisé qui fonctionne sur le mode du secret, à travers des documents confidentiels, à travers le huis clos de réunions entre intervenants d’où sont totalement exclus les principaux concernés : les Grouillant. Dans la mesure où le contrôle social qui caractérise ce type de travail social plus que tout autre s’exerce en permanence sur la quotidienneté, il est essentiel de le prendre sur le vif, de le laisser discourir dans toute sa vérité nue. C’est ce que propose cet article qui, dans un deuxième acte, nous permet de rencontrer les Grouillant dans leur vie de tous les jours.


2019 ◽  
Vol 49 (2) ◽  
pp. 290-309
Author(s):  
Jacques Cherblanc ◽  
Guy Jobin

Ce texte présente une partie des résultats d’une recherche menée auprès des Intervenants et intervenantes en soins spirituels du Québec (ISS) qui travaillent dans les établissements de santé et de services sociaux du Québec. Il présente l’analyse des récits de pratique et de journées typiques de 23 ISS aux profils et pratiques diversifiés. Les ISS sont les successeurs des aumôniers ou animateurs de pastorale hospitalière, aussi appelés chaplains, et ont pour particularité de devoir offrir des services de soins spirituels à tout usager de l’institution de santé, quelle que soit son appartenance ou non à une organisation religieuse. C’est ainsi qu’ils offrent un accompagnement « spirituel » et non « religieux », cette distinction étant fondamentale pour eux. Or, pour démontrer leur pertinence et leur « utilité », les ISS doivent actuellement faire montre de la particularité de leur travail d’accompagnement spirituel (par rapport à la psychologie ou au travail social, par exemple), mais aussi de leur capacité à le faire quelles que soient les croyances du patient. Pour ce faire, ils ont élaboré un savoir pratique, basé sur leur expérience auprès des patients et des soignants, et ont, pour ce faire, élaboré une théorisation du spirituel pratiqué, présentée dans cet article. Cette théorie du spirituel pratiqué qui émerge de la pratique des ISS est constituée de six dimensions : les rituels, l’appartenance, les valeurs, la transcendance, l’identité et le sens.


2008 ◽  
Vol 51 (1) ◽  
pp. 83-94 ◽  
Author(s):  
Malcolm Carey

English The article explores the privatization of social work in both England and Canada. Although differences persist in the structural organization of social services in both countries, it is argued that such disparities are increasingly blurred by radical market reforms of the social work labour process (among other changes). French Cet article étudie la privatisation du travail social en Angleterre et au Canada. Même s'il subsiste des différences quant à l'organisation des services sociaux dans ces deux pays, cette étude soutient que ces différences s'estompent de plus en plus en raison des réformes de marché radicales qui s'opèrent notamment en ce qui concerne le traitement de la main-d'œuvre en travail social. Spanish Se explora la privatización en Inglaterra y Canadá. Aunque perduran las diferencias respecto a la organización estructural de los servicios sociales en ambos países, se arguye que tales diferencias se oscurecen cada vez más por las reformas radicales derivadas del mercado de los procesos laborales del trabajo social (entre otros cambios).


Author(s):  
Jane Aronson

RésuméL'étude qualitative sur l'efficacité des pratiques de service social menée par Anne Opie auprès des soignants naturels qui s'occupent de parents atteints de démence prend sa source dans la perception de l'auteure selon laquelle la rhétorique politique sur l'importance du soutien que l'État doit accorder à ces populations à haute incidence de stress trouve peu d'applications pratiques dans l'organisation des services sociaux et sanitaires en Nouvelle-Zélande. Opie relève deux discours opposés dans l'expérience des soignants et des travailleurs sociaux en matière de services de soutien. Le premier est un discours de gestion/organisation axé sur l'efficacité, des définitions étriquées des besoins et du bien-être, des images réductrices de la signification du soutien et des pratiques de travail social de plus en plus orientées sur la routine. Le second, relativement effacé, est un discours qui met en lumière l'aspect complexe de la tâche des soignants, ses transitions et sespertes, ainsi que la valeur d'un service substantial et efficace, intégrant une aide à la fois pratique et émotive accordée sur une base continue. Àpartir de données provenant des soignants, des travailleurs sociaux, d'autres intervenants du secteur de la santé et de gestionnaires, l'auteure étudie l'axe et l'importance des différentes approches d'évaluation des services sous-jacentes à ces deux discours. Que ce soit à titre de praticiens, de chercheurs, d'activistes ou d'éducateurs, nous avons tous beaucoup à apprendre de l'analyse nuancée faite par Opie d'un territoire semblable à celui du Canada et qui a évolué plus loin etplus rapidement vers une limitation des droits des soignants et des aînés vulnérables dont Us prennent soin, et vers une définition de plus en plus restrictive des activités formelles de soutien et de soin.


2008 ◽  
Vol 51 (5) ◽  
pp. 599-609 ◽  
Author(s):  
Sarah Wendt ◽  
Jane Boylan

English This article draws on two empirical studies, one with women who had experienced domestic violence and the other with children and young people in public care. It presents reflections by two feminist social workers on how poststructuralism influenced their research practices in social work. French Cet article fait appel à deux études empiriques; la première auprès de femmes victimes de violence conjugale et la seconde auprès d'enfants et d'adolescents pris en charge par les services sociaux. Il présente les réflexions de deux travailleuses sociales féministes sur la façon dont le poststructuralisme a influencé leurs recherches en travail social. Spanish Este artículo llama la atención sobre dos estudios empíricos, uno con mujeres que tuvieron experiencias de violencia doméstica y el otro con niños y gente joven con cuidados públicos. Presenta reflexiones de dos trabajadoras sociales feministas, sobre cómo el post-estructuralismo ha influenciado sus prácticas de investigación en trabajo social.


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