scholarly journals Père au foyer : une nouvelle entrée au répertoire du masculin ?

Author(s):  
Myriam Chatot

Cadre de la recherche : En dépit de la promotion dans les représentations d’un partage égalitaire des tâches domestiques et des responsabilités parentales entre conjoints, les femmes sont encore largement responsables de la prise en charge des enfants et des tâches ménagères ; l’entrée d’un homme dans la situation de « père au foyer » représente une inversion des rôles traditionnels. Objectifs : L’objectif de cet article est de comprendre comment se recomposent les rôles de genre traditionnels dans les couples où le père est au foyer, en étudiant les relations qu’entretiennent ces pères et leurs conjointes aux rôles de pourvoyeurs de ressources et de pourvoyeurs de soins dans la famille, et plus largement à la masculinité et à la féminité. Méthodologie : Pour ce faire, nous nous appuierons sur une enquête quantitative menée en France auprès de vingt-cinq pères en couple hétérosexuel avec enfants, qui n’ont pas exercé d’activité salariée pendant au moins six mois, interrogés dans le cadre d’entretiens semi-directifs. Résultats : Les résultats suggèrent que les pères au foyer occupent une position hybride vis-à-vis des normes du genre, entre transgression assumée par l’adoption d’un rôle perçu comme féminin et réaffirmation de leur appartenance au genre masculin par la mise en avant d’activités ou de rôles marqués comme masculins. De même, si les conjointes sont assignées au rôle de pourvoyeuse de ressources dans ces couples, elles ne semblent pas délaisser pour autant le rôle de pourvoyeuse de soins. Conclusion : Ces pères semblent donc aménager le rôle de parent au foyer pour l’endosser selon une modalité masculine, en conciliant rôle de pourvoyeur de soins et de pourvoyeur de ressources, et en privilégiant les facettes masculines du rôle de pourvoyeur de soin. Contribution : Cette recherche exploratoire semble indiquer l’efficacité possible de mesures visant à impliquer davantage les pères par le biais de congés liés à la petite enfance.

2002 ◽  
pp. 145-158 ◽  
Author(s):  
Agnès Pitrou

RÉSUMÉ Les recherches qui traitent des relations entre les personnes âgées et leur famille se sont principalement centrées soit sur les services mutuels qui s'échangent lorsque les grands-parents sont encore actifs, soit sur la prise en charge de ces derniers par les enfants lorsqu'ils perdent leur autonomie. La réflexion menée dans l'article tente d'examiner dans quelle mesure les nouveaux processus du vieillissement et les transformations des structures familiales — en particulier leur instabilité — peuvent modifier ces rapports et le rôle qu'ils jouent, en particulier auprès des jeunes au cours de leur évolution. Le changement probable des conditions de vie et d'insertion des personnes âgées risquent-ils de transformer ces échanges intrafamiliaux ?


2009 ◽  
pp. 149-183 ◽  
Author(s):  
Rodrigue Landry

Résumé Nous introduisons ici le concept d’autonomie culturelle. Après l’avoir défini et en avoir décrit les composantes, nous analysons trois défis que doivent relever les communautés francophones et acadiennes soucieuses d’acquérir une autonomie culturelle réelle. Les institutions éducatives deviennent la pierre angulaire d’un processus de prise en charge institutionnelle qui circonscrit leur projet politique d’autonomie culturelle. Le premier défi consiste à viser « au-delà de l’article 23 » en vue d’assurer le développement global et relativement complet des institutions éducatives de langue française, lequel englobe non seulement les écoles publiques, mais aussi les services à la petite enfance et l’éducation postsecondaire. Le deuxième défi consiste à viser « au-delà de la diglossie », ce qui signifie que s’il faut faire du français une langue publique dans les institutions, il est tout autant impératif d’assurer une « proximité socialisante » en français qui puisse favoriser la transmission intergénérationnelle de la langue. Enfin, nous exposons dans leurs grandes lignes certains défis d’aménagement linguistique liés au Plan d’action pour les langues officielles du gouvernement fédéral.


2014 ◽  
Vol 29 (S3) ◽  
pp. 654-654
Author(s):  
C. Alexandre ◽  
G. Gozlan ◽  
M.-O. Krebs ◽  
I. Amado

Les jeunes adultes consultant dans les services de psychiatrie générale présentent parfois des symptômes psychotiques associés à un développement atypique (troubles comportementaux dans l’enfance, troubles des apprentissages, etc.). Ces patients constituent un enjeu pour les équipes de psychiatrie adulte : la prise en charge apparaît souvent peu efficiente (intolérance aux traitements, difficulté à établir un projet de réinsertion, etc.). Pour ces cas complexes de « psychoses de l’adolescent », nous proposons dans notre unité de remédiation cognitive (C3RP) une investigation approfondie et multidisciplinaire de la période développementale, de la petite enfance jusqu’à l’émergence des premiers symptômes psychotiques. Cette relecture sémiologique nous permet d’affiner le diagnostic et de proposer un parcours de soin individualisé, combinant des traitements pharmacologiques et des prises en charge rééducatives. Nous présentons ici le cas de Mademoiselle C., jeune femme pour laquelle le diagnostic de schizophrénie a été porté initialement. L’examen neuropsychologique et l’entretien psychiatrique centré sur la petite enfance, associés aux examens biologiques, anatomiques et génétiques nous ont permis de repenser le diagnostic comme un trouble du développement avec symptômes psychotiques dans un contexte d’anomalie génétique de novo (microduplication 17p13.3). Un traitement pharmacologique adapté (aripiprazole, méthylphénidate et S-citalopram) ainsi qu’une rééducation logico-mathématique ont été associés à des programmes de remédiation cognitive (cognition froide et cognition sociale). Pour les aspects attentionnels, exécutifs et mnésiques le programme CRT avec une adaptation spécifique au cursus universitaire a été suivi. En parallèle, le SAMSAH Prepsy a pu ajuster au quotidien les conditions de son apprentissage et l’aider à la réalisation d’une formation d’assistante de librairie. Pour ces jeunes patients complexes avec nécessité cruciale d’un parcours de réhabilitation, la conjonction d’une remédiation et d’un service d’accompagnement au quotidien est décisive pour l’accomplissement des projets professionnels et personnels.


2002 ◽  
pp. 41-48 ◽  
Author(s):  
Birgit Arve-Parès

RÉSUMÉ En Suède, la politique familiale se présente comme une politique de prévention et d'intégration sociale basée sur des principes d'égalité et de justice sociale. Elle place au premier rang la protection de l'enfant, l'objectif étant non pas de faire naître des enfants en plus grand nombre (même si la baisse du taux de fécondité a été enrayée à partir de 1990), mais de mettre à leur disposition des conditions favorables à leur épanouissement et à leur insertion. Le développement des équipements d'accueil de la petite enfance et les mesures permettant de concilier travail et vie familiale s'inscrivent dans cette perspective. Le congé parental, que les pères utilisent de plus en plus, renforce, dans les comportements et les mentalités, la prise en charge plus égalitaire de la responsabilité familiale par les hommes et les femmes, dans la société et dans la famille. La récession économique n'a pas infléchi la tendance, tout en faisant apparaître plus fortement la dépendance des politiques familiales par rapport aux politiques d'emploi et de régulation du marché du travail.


Une table ronde consacrée à ce thème a réuni huit personnes impliquées dans l’évolution récente des CLSC, particulièrement en ce qui concerne leur activité médicale et sanitaire. Les CLSC entendent promouvoir une nouvelle conception de la santé (et non de la maladie). Si leurs débuts ont été difficiles (conflits entre les groupes professionnels, les administrateurs, les usagers, le gouvernement), ils semblent avoir acquis leur vitesse de croisière. Les CLSC produisent des pratiques vraiment nouvelles, dans les modalités de la pratique médicale, la prise en charge communautaire de la santé, la santé familiale et infantile, la santé au travail, etc. La table ronde décrit de nombreuses initiatives dans ces domaines qui toutes mettent l’accent sur la participation de la population, l’approche globale, multidisciplinaire et déprofessionalisante des problèmes identifiés. Si les CLSC sont encore en nombre restreint (80 sur 250 prévus), si leur budget ne représente même pas celui du principal hôpital de Montréal ($63 millions), leur influence n’en est pas moins de plus en plus déterminante sur l’ensemble du réseau des établissements sanitaires et sociaux, ainsi que sur les organisations professionnelles médicales. Pour toutes ces raisons, les CLSC représentent un enjeu politique de taille et la volonté du gouvernement d’assurer leur développement est très incertaine. Il importe que la population se mobilise pour exiger la poursuite de la réforme socio-sanitaire dont ils sont le symbole.


2010 ◽  
Vol 35 (1) ◽  
pp. 49-83 ◽  
Author(s):  
Claude Berghmans ◽  
Cyril Tarquinio ◽  
Lionel Strub

L’objet de cette recherche est de délimiter le domaine de la méditation en tant que prise en charge thérapeutique dans le champ de la psychologie de la santé. Les auteurs portent leur intérêt sur le courant le plus prolifique de ces dernières années en termes de recherche : la méditation en pleine conscience. L’objectif est de définir le concept de méditation et de pleine conscience, pour ensuite porter l’attention sur les psychothérapies qui en découlent, et les études cliniques effectuées dans ce domaine. La méditation en pleine conscience constitue un champ de recherche très prometteur pour la psychologie de la santé dans le cadre des prises en charge thérapeutique. Au regard des nombreuses études cliniques, les auteurs constatent que les techniques MBSR, MBCT appliquées à la pleine conscience s’avèrent pertinentes et apportent un résultat en terme d’amélioration de la santé en général. Toutefois, les recherches sur la pleine conscience n’en sont encore qu’à leur début. Des approches plus rigoureuses sur le plan méthodologique et des développements conceptuels plus affinés s’avèrent nécessaires.


2013 ◽  
Vol 84 (1) ◽  
pp. 71-85
Author(s):  
Jacques Faure

Le débat sur la date optimale de prise en charge d’une dysmorphie maxillo-faciale est loin d’être clos, les choix possibles sont le traitement très précoce avant la denture mixte, pendant la petite enfance; seulement en denture mixte stable; seulement en denture adulte complète; en croissance achevée ou quasi-achevée. Les options d’intervention précoce sont pénalisées par la difficulté d’un diagnostic à poser très tôt (parfois impossible à porter en l’absence de tout signe d’appel annonçant une très forte dysmorphie évolutive), la difficulté d’un pronostic à long terme toujours imprécis, l’insuffisante de la maturité psychologique requise, le manque de moyens d’ancrage, la nécessité de toutes façons d’un traitement en deux étapes donc plus long, le caractère de « test thérapeutique » qui, en cas d’échec, induira déception et perte de confiance. Les options de traitement plus tardif sont plus sécurisantes pour l’orthodontiste comme pour le patient, mais elles constitueraient pour certains une perte de chance et une condamnation a priori à plus d’extractions et plus d’orientations chirurgicales. La présentation d’un cas de classe III hyperdivergente où les hésitations à intervenir à divers stades de croissance, conduisent finalement à un traitement chirurgical tardif, illustre bien pour nous ce problème du choix de la date d’intervention.


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