scholarly journals Entre travail et vie familiale : le modèle suédois

2002 ◽  
pp. 41-48 ◽  
Author(s):  
Birgit Arve-Parès

RÉSUMÉ En Suède, la politique familiale se présente comme une politique de prévention et d'intégration sociale basée sur des principes d'égalité et de justice sociale. Elle place au premier rang la protection de l'enfant, l'objectif étant non pas de faire naître des enfants en plus grand nombre (même si la baisse du taux de fécondité a été enrayée à partir de 1990), mais de mettre à leur disposition des conditions favorables à leur épanouissement et à leur insertion. Le développement des équipements d'accueil de la petite enfance et les mesures permettant de concilier travail et vie familiale s'inscrivent dans cette perspective. Le congé parental, que les pères utilisent de plus en plus, renforce, dans les comportements et les mentalités, la prise en charge plus égalitaire de la responsabilité familiale par les hommes et les femmes, dans la société et dans la famille. La récession économique n'a pas infléchi la tendance, tout en faisant apparaître plus fortement la dépendance des politiques familiales par rapport aux politiques d'emploi et de régulation du marché du travail.

2002 ◽  
Vol 30 (2) ◽  
pp. 95-112
Author(s):  
Hirosuke Kawanishi ◽  
Ross Mouer

Résumé Cet article part du constat à l’effet que le taux de syndicalisation a chuté entre 1975 et 1996, au Japon. Les auteurs soulignentle fait que l’impact de la technologie et la pression en faveur de l’efficacité sont deux facteurs importants de la segmentationdu marché du travail en trois groupes, soit la main-d’oeuvre centrale, la main-d’oeuvre semi-centrale et la main-d’oeuvre périphérique.Ils indiquent aussi que suite à la fusion des deux organisations syndicales centrales à la fin des années 1980, ladynamique de compétition idéologique qui prévalait dans les années 1960 et 1970, a disparu. D’après les auteurs, le syndicalismed’entreprise est devenu de plus en plus « aristocratique » et a négligé les intérêts d’un grand nombre de simples salariésappartenant à la main-d’oeuvre périphérique. Ils prévoient que le taux de syndicalisation va continuer à baisser à moins que desmesures ne soient prises pour s’occuper de ces salariés et du groupe en émergence des salariés appartenant à la main-d’oeuvresemi-centrale (les techniciens et les professionnels).


2014 ◽  
pp. 216-236 ◽  
Author(s):  
Annabelle Seery

Cet article vise à mettre en lumière le discours émergent de jeunes féministes québécoises sur le travail de reproduction et son articulation avec le travail rémunéré. À partir d’entretiens semi-directifs, nous exposons les constats que ces jeunes féministes font de ces deux pans de la division sexuelle du travail de même que les propositions qu’elles mettent de l’avant. Ainsi, elles dénoncent le partage toujours inégal du travail dit invisible et la course à la performance vécue par les mères. Elles doutent de la réussite de la conciliation famille-travail et remettent en question le travail rémunéré comme panacée pour l’émancipation des femmes. Suivant ces constats, les jeunes féministes rencontrées réfléchissent à des solutions : elles se questionnent sur de possibles compensations pour le travail de reproduction et sur le travail à temps partiel. Teintées par leur expérience du marché du travail actuel, de leur vision de la maternité et de la grande valeur qu’elles accordent à la famille, leurs idées visent une plus grande valorisation du travail accompli au sein des familles et une réorganisation du travail qui répondrait aux besoins et aspirations du plus grand nombre de femmes possible. Les idées des jeunes féministes rencontrées s’inscrivent à la fois dans un discours dominant du mouvement des femmes québécois et en rupture avec celui-ci.


2009 ◽  
pp. 149-183 ◽  
Author(s):  
Rodrigue Landry

Résumé Nous introduisons ici le concept d’autonomie culturelle. Après l’avoir défini et en avoir décrit les composantes, nous analysons trois défis que doivent relever les communautés francophones et acadiennes soucieuses d’acquérir une autonomie culturelle réelle. Les institutions éducatives deviennent la pierre angulaire d’un processus de prise en charge institutionnelle qui circonscrit leur projet politique d’autonomie culturelle. Le premier défi consiste à viser « au-delà de l’article 23 » en vue d’assurer le développement global et relativement complet des institutions éducatives de langue française, lequel englobe non seulement les écoles publiques, mais aussi les services à la petite enfance et l’éducation postsecondaire. Le deuxième défi consiste à viser « au-delà de la diglossie », ce qui signifie que s’il faut faire du français une langue publique dans les institutions, il est tout autant impératif d’assurer une « proximité socialisante » en français qui puisse favoriser la transmission intergénérationnelle de la langue. Enfin, nous exposons dans leurs grandes lignes certains défis d’aménagement linguistique liés au Plan d’action pour les langues officielles du gouvernement fédéral.


2014 ◽  
Vol 29 (S3) ◽  
pp. 654-654
Author(s):  
C. Alexandre ◽  
G. Gozlan ◽  
M.-O. Krebs ◽  
I. Amado

Les jeunes adultes consultant dans les services de psychiatrie générale présentent parfois des symptômes psychotiques associés à un développement atypique (troubles comportementaux dans l’enfance, troubles des apprentissages, etc.). Ces patients constituent un enjeu pour les équipes de psychiatrie adulte : la prise en charge apparaît souvent peu efficiente (intolérance aux traitements, difficulté à établir un projet de réinsertion, etc.). Pour ces cas complexes de « psychoses de l’adolescent », nous proposons dans notre unité de remédiation cognitive (C3RP) une investigation approfondie et multidisciplinaire de la période développementale, de la petite enfance jusqu’à l’émergence des premiers symptômes psychotiques. Cette relecture sémiologique nous permet d’affiner le diagnostic et de proposer un parcours de soin individualisé, combinant des traitements pharmacologiques et des prises en charge rééducatives. Nous présentons ici le cas de Mademoiselle C., jeune femme pour laquelle le diagnostic de schizophrénie a été porté initialement. L’examen neuropsychologique et l’entretien psychiatrique centré sur la petite enfance, associés aux examens biologiques, anatomiques et génétiques nous ont permis de repenser le diagnostic comme un trouble du développement avec symptômes psychotiques dans un contexte d’anomalie génétique de novo (microduplication 17p13.3). Un traitement pharmacologique adapté (aripiprazole, méthylphénidate et S-citalopram) ainsi qu’une rééducation logico-mathématique ont été associés à des programmes de remédiation cognitive (cognition froide et cognition sociale). Pour les aspects attentionnels, exécutifs et mnésiques le programme CRT avec une adaptation spécifique au cursus universitaire a été suivi. En parallèle, le SAMSAH Prepsy a pu ajuster au quotidien les conditions de son apprentissage et l’aider à la réalisation d’une formation d’assistante de librairie. Pour ces jeunes patients complexes avec nécessité cruciale d’un parcours de réhabilitation, la conjonction d’une remédiation et d’un service d’accompagnement au quotidien est décisive pour l’accomplissement des projets professionnels et personnels.


Author(s):  
Grace Kyoon-Achan ◽  
Robert J. Schroth ◽  
Julianne Sanguins ◽  
Rhonda Campbell ◽  
Daniella DeMaré ◽  
...  

Introduction Les caries de la petite enfance sont un problème de santé publique, et le fardeau considérable subi par les enfants autochtones met en lumière les inégalités en matière de santé buccodentaire au sein des populations au Canada. Les obstacles sont le manque d’accès aux soins de santé buccodentaire et l’absence d’une promotion de la santé buccodentaire culturellement adaptée. Cette étude visait à déterminer où et comment les parents, les familles et les membres des collectivités des Premières Nations et des Métis apprennent à prendre soin de la santé buccodentaire des jeunes enfants, et quelles idées et suggestions ils ont sur la façon de diffuser l’information et de promouvoir la santé buccodentaire des jeunes enfants au sein des collectivités autochtones. Méthodologie Les cercles de partage et les groupes de discussion ont mobilisé huit groupes de participants (n = 59) échantillonnés par choix dans quatre collectivités du Manitoba. Une approche relevant de la théorie ancrée a guidé l’analyse thématique des données enregistrées sur bande audio et transcrites. Résultats Les participants ont dit avoir tiré leurs connaissances sur la santé buccodentaire de parents, de la famille et d’amis, de fournisseurs de soins primaires, lors des programmes prénataux, dans les écoles et en ligne. Certains utilisaient des remèdes traditionnels. Les recommandations des participants ont été de transmettre de l’information qui soit culturellement adaptée par l’entremise de programmes et d’ateliers communautaires et prénataux, des écoles et des garderies, d’affiches, de dépliants envoyés par la poste et de communications téléphoniques (appels et textos) aux parents et aux familles, et au moyen des médias sociaux. Il a été recommandé, afin d’encourager une bonne hygiène buccale, de distribuer des produits d’hygiène buccale interactifs et attrayants pour les enfants. Conclusion De l’information et des ressources sur la santé buccodentaire fondées sur des données probantes et adaptées aux collectivités des Premières Nations et des Métis pourraient, si elles étaient fournies de façon stratégique, atteindre un plus grand nombre de familles et modifier la trajectoire actuelle de la santé buccodentaire des jeunes enfants.


2014 ◽  
Vol 29 (S3) ◽  
pp. 544-544 ◽  
Author(s):  
T. Loose ◽  
M. Guitteny ◽  
N. Cornet ◽  
F. Salome ◽  
V. Pialoux ◽  
...  

La qualité de vie des patients diabétiques est déterminée par un grand nombre de facteurs de type biologique, social et psychologique, qui interagissent ensemble. Le modèle biopsychosocial (BPS), élaboré par Engel dans les années 1980, est basé sur cette notion holistique et interactive. Plus récemment, cette conception a été opérationnalisée sous la forme d’un questionnaire hétéro-évaluatif qui comporte 20 items (outil INTERMED). Même si la notion de conception holistique du bien-être de l’individu diabétique est reconnue dans la pratique clinique, notamment hospitalière, peu de travaux s’intéressant, de manière expérimentale, au bénéfice de ce concept sont disponibles dans la littérature. L’étude présentée a inclus 28 patients diabétiques, hospitalisés en service d’endocrinologie. Chaque participant a donné son consentement écrit, s’est entretenu avec une investigatrice, et a rempli une échelle mesurant la qualité de vie (SF-36). 43 % d’entre eux présentent un haut niveau de complexité BPS, ce qui indique un besoin de prise en charge multidisciplinaire. À travers des analyses de corrélation, il a été démontré que chaque composante de la complexité est associée de manière négative, et statistiquement significative, à la qualité de vie perçue. De plus, la complexité globale permet de mieux expliquer la qualité de vie que la simple prise en compte de n’importe quel facteur local. En pratique, ces résultats soulignent la nécessité de prendre en charge les éléments psychosociaux auprès des patients afin d’assurer au mieux le vécu subjectif de leur état de santé. Des services, tels que la psychiatrie de liaison, deviennent ainsi essentiels dans l’offre de soin holistique et multidisciplinaire.


2008 ◽  
Vol 6 (1) ◽  
pp. 97-107
Author(s):  
François Rebourg

Résumé L'article décrit comment, à la fin des années 70, en France, la communauté sourde et le milieu professionnel concerné entrèrent en contact, via des gens de théâtre et des professionnels américains, avec une tout autre manière d'appréhender la surdité. Le changement passait par le recours des personnes sourdes, autant que possible, à la langue des signes, pour les relations qu'elles tissaient entre elles ou avec des professionnels. Ce changement de perspective eut un impact considérable sur les pratiques de prise en charge des personnes sourdes (en particulier les enfants). Mais les réactions des intervenants et des ressources concernées ne furent pas homogènes. Certains milieux psychothérapeutiques se montrèrent ouverts et renouvelèrent leurs pratiques. D'autres milieux institutionnels, traditionnellement impliqués dans le champ de la surdité, opposèrent de fortes résistances. Pour favoriser l'essor de la nouvelle approche, certains professionnels, dont l'auteur de l'article, créèrent, en mai 1988, le Groupe d'études spécialisées : thérapies et surdité (GESTES) qui devait soutenir un grand nombre de projets innovateurs.


Author(s):  
Yoonji Oh

Cadre de la recherche : Si le care (soin) relève du souci de l’autre, ce rôle est le plus souvent considéré comme une qualité féminine. En Corée du Sud, la belle-fille devient souvent l’aidante principale lorsque ses proches âgés ont besoin de soins de longue durée. Objectifs : La présente recherche a pour objectif de montrer le vécu des belles-filles aidantes principales à domicile de leurs proches âgés dépendants (surtout leur belle-mère), et de constater l’invisibilité de leur travail au sein de la famille et de la société. Méthodologie : Neuf entretiens semi-directifs en Corée du Sud avec des belles-filles issues de la génération du baby-boom ont été réalisés : quatre d’entre elles s’occupaient de leur belle-mère à domicile, et cinq avaient été en charge de soins de leur belle-mère jusqu’au décès de celle-ci. Résultats : Cette étude souligne les difficultés vécues par des aidantes principales au regard de la surcharge de leurs tâches, des conflits avec les personnes aidées, des problèmes liés aux maladies et du manque d’aide et de reconnaissance. Cette étude met également en lumière les « ressources individuelles » des aidantes qui leur permettent de trouver « un équilibre », notamment à travers un sentiment positif d’efficacité, la religion, la retenue des émotions, la distanciation et l’aménagement du quotidien, ainsi que des « ressources relationnelles » comme le soutien d’aidants secondaires et la relation entre aidante et aidée. Conclusions : L’étude montre que l’Assurance de soins de longue durée en Corée du Sud conduit les aidantes principales à entrer dans le marché du travail de care en tant qu’aide-soignante familiale pour être rémunérées; le système est cependant considéré comme anormal et est remis en question par les aidantes. Cet article conclut en s’interrogeant sur les impacts du care visible sur le renforcement du care invisible. Contribution : Cet article contribue à dévoiler les vécus singuliers des aidantes principales coréennes lors de la prise en charge à domicile de leurs parents âgés malades.


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