scholarly journals Les innovations dans le champ du travail social

Author(s):  
Jean-Marie Gourvil

On ne peut pas comprendre les innovations qui apparaissent dans le champ social, dans les institutions qui dispensent des services sociaux, en utilisant uniquement les concepts de contrôle social ou de reproduction. Les services sociaux sont traversés par plusieurs logiques contradictoires, par des stratégies multiples. Les innovations qui apparaissent dans ce champ doivent être analysées en fonction de ces logiques multiples. Appareil de domination, système bureaucratique, lieu d’un pouvoir professionnel, les services sociaux sont aussi des lieux politiques où certaines stratégies des acteurs du social manifestent la pénétration de l’appareil d’État par les mouvements sociaux.

2003 ◽  
Vol 48 (1) ◽  
pp. 1-15
Author(s):  
Renée B. Dandurand

Résumé À l’aide d’une recherche menée auprès de jeunes familles de trois quartiers montréalais différenciés selon le statut socio-économique, l’article présente le point de vue des parents sur les services sociaux. Certaines caractéristiques s’en dégagent : quand il n’est pas ignoré, le professionnel du travail social est représenté comme une figure ou bien d’assistance ou bien de surveillance. Sont ensuite définis quatre espaces d’intervention qui délimitent les marges de manoeuvre entre lesquelles agissent actuellement les travailleurs sociaux. Deux notions centrales guident l’analyse : l’autonomie des familles, de même que la solidarité, privée et publique, qui les entoure.


2011 ◽  
Vol 2 (3) ◽  
pp. 78-96
Author(s):  
André Jacob

Au Canada et au Québec, traiter des questions liées à la diversité culturelle et au racisme a été un défi pour les gouvernements depuis les années soixante. Auparavant et jusqu'à présent, une grande partie des responsabilités en termes de développement ethnoculturel sensible des services publics (services sociaux, des programmes de formation en travail social, etc.) ont été laissés aux mains d’organismes de charité non-lucratifs. Cependant, peu à peu, depuis les années soixante, le gouvernement fédéral et le gouvernement provincial, ont dû développer des politiques et des programmes d'action. Au Québec, le travail social a fait partie du débat face à deux grands courants politiques, l’un canadien basé sur le multiculturalisme, et l’autre québécois basé sur l'interculturalisme. L'article vise à donner une perspective historique sur la façon dont le travail social a dû faire face à des contradictions différentes. In Canada and Quebec, dealing with issues related to cultural diversity and racism has been a challenge for the governments since the sixties. Before and up to our days, a large part of responsabilities in terms of developping ethnocultural sensitive public services (social services, training programs in social work, etc.) have been left in the hands of non profit and charity organizations. But, little by little, since the sixites then, both governements, federal and provincial had to develop politics and programs of action. In Quebec, social work has been part of the debate facing two mainstream politics, the canadian one based on multiculturalism and, in Quebec, on interculturalism. The article intends to give a historical perspective on how social work had to deal with different contradictions.


2008 ◽  
Vol 10 (2) ◽  
pp. 123-133 ◽  
Author(s):  
Paul-Antoine Bien-Aimé ◽  
Louis Maheu

Résumé Les gestionnaires du social auraient réussi à tayloriser les services sociaux. L'analyse des pratiques permet de réfuter cette proposition, car la relation observée entre le producteur et l'usager des services constitue un espace de création d'informations qui sont, dans certains cas, réinvesties dans les rapports sociaux pour alimenter des interventions novatrices. Des paramètres essentiels de la taylorisation n'ont pu être vérifiés. Le rejet de la thèse de la taylorisation n'induit pas l'adhésion à des affirmations volontaristes qui attribuent aux praticiens une capacité généralisée d'échapper aux contraintes installées par des gestionnaires tentés par l'autoritarisme.


2014 ◽  
Vol 19 (2) ◽  
pp. 164-179 ◽  
Author(s):  
Isabelle Chouinard

L’identité professionnelle constitue une source d’enjeux constants en travail social. Si les services sociaux tendent à être méconnus, voire dévalorisés, par la population (Stephensen, et collab., 2000), un sentiment de non-reconnaissance est fréquemment ressenti chez les travailleurs sociaux, allant jusqu’à provoquer un haut taux de détresse et de retrait au travail (Pelchat, et collab., 2004). Par-delà les contraintes externes qui pèsent sur elle, l’identité professionnelle relève néanmoins d’un enjeu plus fondamental au sein de la profession. Sa professionnalité se fondant sur une dimension relationnelle hautement abstraite, symbolique et complexe, la pratique professionnelle et les contributions propres au travail social demeurent difficilement compréhensibles pour plusieurs. Cet article s’attarde à problématiser la dimension relationnelle du travail social et à proposer quelques pistes de réflexion pouvant mieux cerner l’origine des difficultés qui y sont reliées.


2008 ◽  
Vol 8 (2) ◽  
pp. 51-71 ◽  
Author(s):  
Léa Diotte ◽  
Louis Favreau

Résumé Le Québec de la fin des années 50 souffre d'un grave déficit démocratique. La Révolution tranquille n'est pas encore présente, bien qu'à l'ordre du jour. De leur côté, les services sociaux enregistrent de graves défaillances institutionnelles. Les pratiques sociales de la période 60-70 sont d'autant plus importantes à comprendre que les intervenants vont instaurer, du moins les plus jeunes d'entre eux devenus des professionnels, de nombreux changements. De quasi-intrus qu'ils étaient hier, plusieurs d'entre eux occupent aujourd'hui des postes de direction dans les services sociaux publics ou un leadership d'influence dans le secteur communautaire. L'article qui suit illustre le parcours d'intervenants sociaux et de leurs institutions d'appartenance sur une quinzaine d'années (de la fin des années 50 jusqu'en 1973) dans l'Outaouais québécois. Il analyse2 aussi ce qui caractérise une transition au tournant des années 1965-1966 qui s'opère entre deux dynamiques correspondant à deux sous-périodes. Il conclut sur une mise en perspective du travail social des années 60 par rapport au travail social d'aujourd'hui, à l'aube de l'an 2000.


Author(s):  
Ina Motoi
Keyword(s):  

Ce bref texte se veut une réflexion critique sur les démarches de sensibilisation de masse mises de l’avant au Québec, dans le champ social, par quelques-uns des acteurs s’y retrouvant : l’État et ses agences, les institutions, les organismes, etc. En travail social, nous en faisons aussi pour influencer les gens et pour les « motiver » à changer d’attitude, de comportement ou de manière de penser par rapport à certaines problématiques. Selon quels critères pouvons-nous affirmer que nous faisons de la sensibilisation et non de la propagande ? Il s’agit ainsi de questionner la méthode utilisée par ces acteurs afin de l’appréhender et cela, à partir de certains messages mis en circulation. La comparer ainsi à celle de la propagande afin de voir si la sensibilisation n’est pas seulement un euphémisme de celle-ci, ce qui permettrait de la dissimuler et de rendre le concept même de propagande absent, inexistant, tabou. Cette omission est-elle une désinscription pour rendre la manipulation invisible ?


2018 ◽  
Vol 59 (1-2) ◽  
pp. 225-241
Author(s):  
Philippe Lyet ◽  
Yvette Molina

Cet article propose une analyse à partir d’une participation observante au sein d’une équipe de recherche québéco-française associant des chercheurs et des formateurs/chercheurs en travail social qui construisent des rapports différents à l’objet de la recherche. La dynamique ainsi présentée, dans une perspective de méta-analyse se présente comme un cas particulier de recherche conjointe multiréférentielle. Elle fait l’objet de débats entre les co-chercheurs et donne lieu à des convergences ou des compromis dans le cadre d’un espace interprétatif partagé et négocié. L’article permet de dégager quelques pistes d’analyse d’ordre éthique et politique en termes de reconnaissance d’autrui et de ses savoirs, ainsi que sur le plan collectif d’un champ social étudié. Ainsi, il situe cette recherche dans les problématiques des rapports entre les mondes de la recherche et du travail social.


2002 ◽  
Vol 13 (1) ◽  
pp. 27-47 ◽  
Author(s):  
Louis Favreau

Résumé En nous centrant sur des pratiques plus « généralistes » du travail social qui ont souvent émergé à sa périphérie (organisateurs communautaires de CLSC, agents de relations humaines, employés dans les organisations communautaires de santé et de services sociaux, etc.), nous souhaitons prolonger la réflexion amorcée dans la revue Nouvelles pratiques sociales voulant que le travail social ne soit pas à la remorque du changement social mais participe plutôt, avec d'autres, au renouvellement des pratiques (Mathieu, 1999). L'exemple du travail social pratiqué dans les champs de l'entraide économique, de l'insertion par le travail, du développement local et de l'économie sociale servira de démonstration. Cette démonstration sera précédée d'une analyse du travail social et de ses transformations depuis 40 ans (1960-2000), analyse qui nous amènera à conclure à la capacité de rebondir de la profession lors des crises successives (d'identité et de légitimité) que cette dernière a vécues et non à son repli identitaire.


Les interventions de sept participants à une table-ronde sur la pratique dans les Centres de services sociaux, permettent de saisir les contrôles bureaucratiques qui pèsent sur l’action des professionnels. Bureaucratisés, contrôlés, certains agents des services sociaux tentent cependant de développer des stratégies pour résister à cette déqualification, pour retrouver une certaine autonomie dans leur institution et créer des liens nouveaux avec les usagers des services. Deux textes en encart illustrent le discours non-officiel et les stratégies de ces acteurs du champ social.


Author(s):  
Daniel Dind

L’auteur souhaite apporter sa contribution dans le sens du dépassement de « l’impuissance et de la morosité » qui existe chez bon nombre de travailleurs sociaux. À l’aide d’éléments d’analyses théoriques et d’expériences collectives, il résume sa trajectoire professionnelle et militante. Cette dernière est marquée par des tentations de convergences entre l’action collective au niveau des usagers (= action communautaire) et celle au niveau des salariés des institutions sociales (= action syndicale). Il s’ensuit des réflexions sur la construction d’une mémoire collective commune entre le « mouvement ouvrier et syndical » et les « nouveaux mouvements sociaux ». L’article se termine par une histoire de cas : la lutte menée par les travailleurs sociaux dans le cadre de la réorganisation de l’assistance à Genève touchant tant le contenu que les conditions de travail.


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