scholarly journals City slum

Author(s):  
Charles Tousignant ◽  
Nora Morales

Depuis plus de dix ans qu’elle est connue des services sociaux, la famille Grouillant est considérée par les institutions comme « un milieu criminogène ». En fait, il y a eu au cours de ces dix dernières années, de nombreuses interventions auprès des Grouillant. Toutes ont plus ou moins échoué. Le dossier Grouillant se présente sous forme d’une volumineuse liasse de huit pouces de documents, d’évaluations, de lettres, de notes, etc. Cette écriture brute reflète la quotidienneté de l’exercice du contrôle social par les institutions. Or dans toute leur authenticité, ces documents plaident plutôt pour la famille Grouillant que pour la pratique du travail social. C’est un travail social judiciarisé qui fonctionne sur le mode du secret, à travers des documents confidentiels, à travers le huis clos de réunions entre intervenants d’où sont totalement exclus les principaux concernés : les Grouillant. Dans la mesure où le contrôle social qui caractérise ce type de travail social plus que tout autre s’exerce en permanence sur la quotidienneté, il est essentiel de le prendre sur le vif, de le laisser discourir dans toute sa vérité nue. C’est ce que propose cet article qui, dans un deuxième acte, nous permet de rencontrer les Grouillant dans leur vie de tous les jours.

2020 ◽  
Vol 54 (1) ◽  
pp. 17-26
Author(s):  
Marie-Claire Thery-Hugly ◽  
Esther Azoulay
Keyword(s):  

Vieillir : entre âge civil et ressenti, il y a un monde. Cet article cherche à comprendre ce que signifie « être vieux » aujourd’hui : c’est devenu une décision. Les séniors se sentent jeunes et font tout pour le rester, leur demande esthétique a évolué, connaître leurs attentes nous permet d’y répondre de manière satisfaisante. La vieillesse se modernise !


2019 ◽  
Vol 48 (1) ◽  
pp. 23-44
Author(s):  
Sarah Dufour ◽  
Marie-Ève Clément ◽  
Tristan Milot ◽  
Sophie Léveillé

Il y a dix ans, le ministère de la Santé et des Services sociaux précisait dans ses orientations que chaque région du Québec devait être couverte par un programme d’intervention destiné aux parents négligents, ou à risque de l’être, et de leurs enfants, par le biais de collaborations entre partenaires des réseaux formels (CSSS et centres jeunesse) et informels (organismes de la communauté). Cet article présente une analyse de la première phase de déploiement du programme-cadre en négligence, intitulé Alliance, implanté dans la région de Montréal. Plus particulièrement, il vise à présenter l’expérience de mise en oeuvre d’Alliance dans quatre territoires contrastés sur le plan géographique, de leur diversité ethnoculturelle et de leur histoire antérieure de partenariat dans l’offre de services aux familles. Trois sources de données par territoire ont été analysées : une entrevue de groupe, une fiche bilan des activités de mise en oeuvre et un plan de réalisation local. Une analyse intra et inter-cas reposant sur une stratégie de triangulation des données a permis de cerner les dynamiques à l’oeuvre dans chacun des territoires à l’étude. Deux enjeux névralgiques au coeur des expériences territoriales de mise en oeuvre d’Alliance ont ainsi été mis en lumière : l’appropriation du programme-cadre par les acteurs et leur mobilisation en vue de l’implanter. La comparaison des récits territoriaux a également permis de dégager la gradation des territoires selon ces deux enjeux et de proposer des recommandations en vue d’optimiser le déploiement.


2005 ◽  
Vol 41 (2) ◽  
pp. 49-70
Author(s):  
Jean-Pierre Bélanger

Depuis vingt ans au Québec, il y a une sorte de continuité dans les préoccupations gouvernementales en ce qui concerne l'organisation du système des services de santé et des services sociaux au Québec. La Commission Castonguay avait été mise en place avec le souci d'éviter que les coûts d'éventuels services publics universels et gratuits ne deviennent trop élevés. Presque vingt ans plus tard, on mettra sur pied la Commission Rochon, justement parce qu'on n'aura pas réussi entre-temps à contrôler la croissance des coûts des différentes composantes du réseau. La présente analyse propose de remonter aux sources pour comprendre les motivations des différents acteurs, notamment pour mieux cerner l'influence du gouvernement fédéral dans cette évolution. Elle met aussi au jour les différentes motivations politiques du gouvernement provincial et met en exergue les changements de cap importants qui sont survenus à la suite du rapport Lalonde en 1974. L'analyse historique nous amène enfin à la Commission Rochon. Celle-ci aura permis de mieux cerner les principes sociaux qui agitent actuellement la société québécoise et d'essayer d'en tirer les conséquences possibles pour l'évolution future du réseau des services de santé et des services sociaux au Québec, au moins pour la prochaine décennie. Il restera à voir en effet comment les objectifs de politiques et de services proposés par la commission seront retenus et véritablement mis en oeuvre.


2003 ◽  
Vol 48 (1) ◽  
pp. 1-15
Author(s):  
Renée B. Dandurand

Résumé À l’aide d’une recherche menée auprès de jeunes familles de trois quartiers montréalais différenciés selon le statut socio-économique, l’article présente le point de vue des parents sur les services sociaux. Certaines caractéristiques s’en dégagent : quand il n’est pas ignoré, le professionnel du travail social est représenté comme une figure ou bien d’assistance ou bien de surveillance. Sont ensuite définis quatre espaces d’intervention qui délimitent les marges de manoeuvre entre lesquelles agissent actuellement les travailleurs sociaux. Deux notions centrales guident l’analyse : l’autonomie des familles, de même que la solidarité, privée et publique, qui les entoure.


2005 ◽  
Vol 8 (3) ◽  
pp. 319-349
Author(s):  
Claude Beauchamp

Dans la société canadienne-française traditionnelle, le leadership était assez simple. Il était constitué du curé et des notables locaux, ordinairement le médecin et le notaire. Aujourd'hui, la situation est beaucoup plus complexe et les élites traditionnelles sont loin d'avoir le même pouvoir d'attraction. En milieu rural, elles ont perdu de l'influence au profit du gérant de la caisse populaire ou de l'instituteur, par exemple. Dans les milieux plus industrialisés, le syndicalisme a, lui aussi, favorisé chez nous l'émergence de nouvelles élites. Il n'est pas rare de voir le président d'un syndicat local sollicité pour occuper un poste au conseil municipal ou à la commission scolaire. De plus en plus, les officiers syndicaux exercent une influence, non seulement dans l'usine, mais aussi dans la municipalité, parfois même dans la région. À un autre échelon, nous retrouvons les permanents syndicaux. Peu nombreux il y a quelques années, ils sont aujourd'hui environ deux cents dans la seule Confédération des syndicats nationaux et ils sont répartis dans les principaux centres industriels de la province. Ces permanents syndicaux exercent un véritable leadership, d'abord sur les officiers et les membres des syndicats avec lesquels ils ont particulièrement à travailler, ensuite dans leur propre milieu, car eux aussi sont souvent sollicités pour assumer des responsabilités dans leur paroisse ou dans leur municipalité. Nous croyons que l'étude de ces nouvelles élites constitue une voie privilégiée pour expliquer l'évolution du Canada français. Elle nous permet de la saisir dans son dynamisme interne, en nous adressant à ceux-là qui sont non seulement les témoins de cette évolution mais qui la provoquent et l'orientent. Nous avons choisi de nous intéresser plus particulièrement aux permanents syndicaux. Parmi ceux-ci, nous retrouvons deux groupes : ceux qui ont accédé à cette fonction après avoir fait des études supérieures, généralement un cours universitaire ; ceux qui viennent de la base, ceux qui ont travaillé en usine ou dans des chantiers de construction, ont occupé diverses fonctions à l'intérieur de leur syndicat et qui, par la suite, furent libérés pour devenir permanents syndicaux. Il ne sera question ici que de ces derniers. Quelques permanents syndicaux sont au service de certains syndicats locaux dont les effectifs sont assez considérables mais la plupart sont à l'emploi, soit d'une fédération ou d'un conseil central, soit de la Confédération des syndicats nationaux comme telle. Le permanent syndical peut s'occuper de l'organisation de nouveaux syndicats, de la négociation des conventions collectives, de la discussion des griefs, de la préparation et de la direction des grèves ; il peut aussi être affecté à divers services comme le Service d'éducation. Il est habituellement agent d'affaires, organisateur ou conseiller technique. La plupart des permanents sont attachés à une fonction particulière, mais d'autres voient à l'ensemble des problèmes touchant la vie syndicale. Nous avons centré notre recherche sur les seuls permanents syndicaux d'origine ouvrière travaillant à l'intérieur des cadres de la Confédération des syndicats nationaux. Nous avons aussi limité notre échantillon aux permanents syndicaux travaillant à Montréal et à Québec. Ne disposant pas d'une longue période de temps pour effectuer ces entrevues, celles-ci ont été faites auprès des permanents qui pouvaient nous consacrer quelques heures sans trop de délais. Nous devons dire qu'ils étaient plutôt rares ; nous avons pu en rencontrer cinq à Montréal et quatre à Québec. L'âge de ces permanents varie entre trente-deux et soixante-sept ans. Six d'entre eux sont originaires d'un milieu industriel et urbain, les trois autres sont fils de cultivateurs. Leur degré d'instruction est en moyenne plus élevé que celui de l'ensemble des gens de leur génération. Le plus vieux a quitté l'école après la cinquième année, deux après la sixième, mais les autres ont fait une dixième année ou, encore, quelques années du cours classique. Presque tous ont pu parfaire leur instruction, surtout à la suite de leur participation à diverses associations, particulièrement à la Jeunesse ouvrière catholique ou au syndicalisme. Comme permanents syndicaux, ils ont de plus participé, chaque année, à diverses sessions d'étude. Tous nos informateurs ont commencé à travailler assez tôt : l'un à douze ans, les autres avant dix-sept ans. C'est dire que tous connurent pendant au moins quelques années, certains même pendant quinze ou vingt ans, la vie de travail en usine ou dans des chantiers de construction. Tous furent membres actifs d'une ou plusieurs associations avant de devenir permanents syndicaux. Et ils sont unanimes pour dire que ces diverses expériences ne sont pas étrangères à leurs préoccupations actuelles. Trois furent membres de la Jeunesse ouvrière catholique : un fut responsable au plan diocésain et un autre au plan national. La plupart s'occupèrent activement de syndicalisme, huit ayant été membres d'un syndicat, dont sept officiers. Un de nos informateurs fut, pendant quelques années, permanent pour le mouvement créditiste « Vers Demain ». Quelques-uns furent officiers d'une caisse populaire ; un autre participa à la formation d'une coopérative de consommation. Nous aborderons successivement les thèmes suivants : les comportements et les activités des permanents syndicaux, leurs motivations, leur perception de la société canadienne-française, quelques problèmes de la classe ouvrière, la mentalité des travailleurs, la signification du syndicalisme.


2011 ◽  
Vol 2 (3) ◽  
pp. 78-96
Author(s):  
André Jacob

Au Canada et au Québec, traiter des questions liées à la diversité culturelle et au racisme a été un défi pour les gouvernements depuis les années soixante. Auparavant et jusqu'à présent, une grande partie des responsabilités en termes de développement ethnoculturel sensible des services publics (services sociaux, des programmes de formation en travail social, etc.) ont été laissés aux mains d’organismes de charité non-lucratifs. Cependant, peu à peu, depuis les années soixante, le gouvernement fédéral et le gouvernement provincial, ont dû développer des politiques et des programmes d'action. Au Québec, le travail social a fait partie du débat face à deux grands courants politiques, l’un canadien basé sur le multiculturalisme, et l’autre québécois basé sur l'interculturalisme. L'article vise à donner une perspective historique sur la façon dont le travail social a dû faire face à des contradictions différentes. In Canada and Quebec, dealing with issues related to cultural diversity and racism has been a challenge for the governments since the sixties. Before and up to our days, a large part of responsabilities in terms of developping ethnocultural sensitive public services (social services, training programs in social work, etc.) have been left in the hands of non profit and charity organizations. But, little by little, since the sixites then, both governements, federal and provincial had to develop politics and programs of action. In Quebec, social work has been part of the debate facing two mainstream politics, the canadian one based on multiculturalism and, in Quebec, on interculturalism. The article intends to give a historical perspective on how social work had to deal with different contradictions.


2008 ◽  
Vol 10 (2) ◽  
pp. 123-133 ◽  
Author(s):  
Paul-Antoine Bien-Aimé ◽  
Louis Maheu

Résumé Les gestionnaires du social auraient réussi à tayloriser les services sociaux. L'analyse des pratiques permet de réfuter cette proposition, car la relation observée entre le producteur et l'usager des services constitue un espace de création d'informations qui sont, dans certains cas, réinvesties dans les rapports sociaux pour alimenter des interventions novatrices. Des paramètres essentiels de la taylorisation n'ont pu être vérifiés. Le rejet de la thèse de la taylorisation n'induit pas l'adhésion à des affirmations volontaristes qui attribuent aux praticiens une capacité généralisée d'échapper aux contraintes installées par des gestionnaires tentés par l'autoritarisme.


2008 ◽  
Vol DMTCS Proceedings vol. AJ,... (Proceedings) ◽  
Author(s):  
Alistair Savage

International audience We show that the category of representations of the Euclidean group $E(2)$ is equivalent to the category of representations of the preprojective algebra of the quiver of type $A_{\infty}$. Furthermore, we consider the moduli space of $E(2)$-modules along with a set of generators. We show that these moduli spaces are quiver varieties of the type considered by Nakajima. These identifications allow us to draw on known results about preprojective algebras and quiver varieties to prove various statements about representations of $E(2)$. In particular, we show that $E(2)$ has wild representation type but that if we impose certain combinatorial restrictions on the weight decompositions of a representation, we obtain only a finite number of indecomposable representations. Nous montrons que la catégorie des représentations du groupe d'Euclide $E(2)$ est équivalente à la catégorie des représentations de l'algèbre préprojective de type $A_{\infty}$. De plus, nous considérons l'espace classifiant de modules de $E(2)$ avec un ensemble de générateurs. Nous montrons que ces espaces sont de variétés de carquois de Nakajima. Cette identification nous permet d'utiliser des résultats des algèbres préprojectives et des variétés de carquois pour prouver des affirmations sur des représentations de $E(2)$. En particulier, nous montrons que le type de représentations de $E(2)$ est sauvage mais si nous imposons des restrictions aux poids d'une représentation, il y a seulement un nombre fini de représentations qui ne sont pas décomposables.


2015 ◽  
Vol 32 (1-2) ◽  
pp. 167-186 ◽  
Author(s):  
Oscar Labra ◽  
Anaïs Lacasse

Cet article examine les représentations sociales du VIH/sida de 11 étudiants (six femmes et cinq hommes) de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue ayant participé à deux groupes de discussion stratifiés selon le sexe. Cette étude visait deux objectifs : 1) décrire les représentations sociales du VIH/sida des étudiants, et 2) décrire l’incidence des représentations sociales de ces étudiants sur leur façon de comprendre et d’agir par rapport au VIH/sida. Le discours des participants révèle une attitude positive et une ouverture envers les personnes vivant avec le VIH/sida (PVVIH/sida). Celles-ci sont représentées comme étant des personnes résilientes. Ainsi, cette capacité de résilience nous permet d’affirmer l’hypothèse que les PVVIH/sida peuvent aujourd’hui passer à un nouvel état stable plutôt que de mourir de la maladie comme il y a 30 ans. Cela montre le caractère dynamique de la représentation sociale du VIH/sida dans le temps. Nos résultats montrent aussi chez les participants une différence marquée concernant les mécanismes de prévention. Pour les hommes, cela passe par l’utilisation de préservatifs, pour les femmes, par la confiance en leurs partenaires sexuels. L’étude conclut que les représentations sociales du VIH/sida font partie de la vie quotidienne des étudiants. Elles sont culturellement construites et partagées. L’étude montre la nécessité de concevoir des campagnes de prévention plus assidues avec des messages différenciés selon le sexe chez les jeunes qui pourront mieux prendre en compte la dimension culturelle de ce phénomène.


2014 ◽  
Vol 19 (2) ◽  
pp. 164-179 ◽  
Author(s):  
Isabelle Chouinard

L’identité professionnelle constitue une source d’enjeux constants en travail social. Si les services sociaux tendent à être méconnus, voire dévalorisés, par la population (Stephensen, et collab., 2000), un sentiment de non-reconnaissance est fréquemment ressenti chez les travailleurs sociaux, allant jusqu’à provoquer un haut taux de détresse et de retrait au travail (Pelchat, et collab., 2004). Par-delà les contraintes externes qui pèsent sur elle, l’identité professionnelle relève néanmoins d’un enjeu plus fondamental au sein de la profession. Sa professionnalité se fondant sur une dimension relationnelle hautement abstraite, symbolique et complexe, la pratique professionnelle et les contributions propres au travail social demeurent difficilement compréhensibles pour plusieurs. Cet article s’attarde à problématiser la dimension relationnelle du travail social et à proposer quelques pistes de réflexion pouvant mieux cerner l’origine des difficultés qui y sont reliées.


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