scholarly journals Femmes au travail

2005 ◽  
Vol 5 (2) ◽  
pp. 1-6
Author(s):  
Hélène Lee-Gosselin ◽  
Claudine Baudoux

Le thème « Femmes au travail » de ce numéro de Recherches féministess'inscrit dans une perspective de changement social qui s'opère dans les rapports sociaux de sexe, voire dans les catégorisations sociales, tant dans le domaine du travail que dans ses rapports avec le privé. Les articles soulignent une évolution certaine dans les questionnements et les méthodologies de recherches féministes, et proposent un regard nouveau sur des phénomènes de féminisation à partir de professions peu observées jusqu'à présent. Ils proposent aussi des stratégies pour prévenir ou combattre la discrimination systémique présente dans les lieux de travail. Le changement social s'impose comme dénominateur commun entre les articles : raffinement du cadre conceptuel des rapports sociaux de sexe (Daune-Richard et Devreux) ; réversibilité sexuelle de secteurs du marché du travail : féminisation de certaines professions au Québec, comme la médecine (Dufort) et la pharmacie (Collin) ; la féminisation de la main-d’œuvre vieillissante (Bellemare, Poulin-Simon et Tremblay) ; ou la masculinisation des postes de direction dans les établissements d'éducation (Baudoux) ; les représentations de jeunes femmes quant à leurs rôles sociaux dans l'avenir (Lortie-Lussier) ; des propositions pour corriger les grilles servant de base à l'évaluation des emplois (Gaucher).

2014 ◽  
Vol 26 (2) ◽  
pp. 165-182
Author(s):  
Hélène Martin

Basée sur une recherche de terrain menée de 2002 à 2006 à Agadir (Maroc), cet article se développe autour de la question suivante : comment comprendre qu’une rhétorique traditionaliste (un appel à la tradition) contribue à encourager et à légitimer l’entrepreneuriat féminin (à valoriser le changement social)? Au cours des années 2000, en effet, l’entrepreneuriat féminin a émergé socialement en étant renvoyé à des valeurs considérées comme à la fois féminines et traditionnelles. Présenté comme une réponse possible à une « crise » sociale, vue telle une crise des « valeurs culturelles », il a été opposé à différentes figures d’« hommes démissionnaires ». Cependant, les positions des entrepreneures dans la hiérarchie sociale, à savoir leurs différentes conditions d’existence, les plaçaient dans des rapports différenciés, plus ou moins transgressifs, à l’égard du travail et des valeurs « traditionnelles » qui légitimaient généralement l’entrepreneuriat féminin. L’auteure montre ainsi que les actrices et les acteurs aménagent la tradition et instrumentalisent des catégories identitaires, tout en s’inscrivant de manière contrastée dans des rapports sociaux structurants.


2013 ◽  
Vol 19 (1) ◽  
pp. 185-223 ◽  
Author(s):  
Amélie Champagne ◽  
Romaine Malenfant ◽  
Guy Bellemare ◽  
Louise Briand

Plusieurs publications, ces dernières décennies, s’intéressent aux difficultés importantes qui accompagnent l’insertion professionnelle des jeunes. En effet, il appert que les difficultés d’insertion dans le secteur privé soient importantes, notamment pour les jeunes sans diplôme et possédant peu ou pas d’expérience du marché du travail. Mais qu’en est-il en ce qui concerne le secteur de l’économie socialeƒ? Les valeurs et les objectifs de développement de ces entreprises favoriseraient-ils une expérience d’intégration au marché du travail positive pour les jeunes peu scolarisés? Le présent article se centre sur les pratiques de gestion de la main-d’oeuvre jeune du point de vue de ces derniers et de celui de leurs employeurs. Deux recherches sont mises en dialogue afin de préciser et de comparer les dimensions qui exercent un rôle significatif dans la consolidation ou la rupture du lien d’emploi des jeunes. Le paradigme du don est également mobilisé dans l’analyse des rapports sociaux qui semblent caractériser les entreprises d’économie sociale.


2006 ◽  
Vol 6 (1) ◽  
pp. 25-43 ◽  
Author(s):  
Celia Rojas-Viger

Résumé La féminisation de la migration est une des caractéristiques de la mondialisation contemporaine. Elle concerne l’ensemble des sociétés, dont le Canada et le Québec. Ce phénomène touche les différents groupes ethniques, l’ensemble des classes sociales, les non-professionnels comme les professionnels. Cependant, il existe très peu d’études documentant le processus d’insertion et les conditions de vie des femmes scolarisées, possédant déjà à leur arrivée une formation universitaire. Pourtant, l’admission des premières Latino-Américaines, présentant un niveau scolaire élevé, en tant qu’immigrantes canadiennes date de 1968. Afin de combler ce vide, le présent article se propose, à partir de deux recherches ethnographiques, de présenter ces femmes, leurs conditions sociales et les défis qu’elles doivent affronter, tant durant leur réinsertion académique en milieu universitaire qu’après l’obtention de leurs diplômes, pour s’insérer sur le marché du travail. Nous nous intéresserons plus particulièrement à la société pluriethnique montréalaise dans laquelle l’ethnicisation des rapports sociaux prévaut.


2000 ◽  
Vol 22 (2) ◽  
pp. 343-355
Author(s):  
Nicole Mosconi

Les femmes ont aujourd’hui plus de chances que les hommes de sortir du système scolaire avec une formation générale. Mais la segmentation du marché du travail entre emplois masculins valorisés et emplois féminins dévalorisés se répercute au niveau du système de formation initiale dans une forte ségrégation des garçons et des filles entre filières et cursus différents (littéraires et tertiaires pour les filles, scientifiques et techniques industriels pour les garçons). La poussée de la scolarisation féminine tend à introduire une division verticale dans le groupe des filles entre celles qui ont un niveau égal ou supérieur au baccalauréat et celles qui ont un niveau inférieur. La manière dont s’organisent les différences de formation professionnelle et d’insertion entre les sexes renvoie aux rapports sociaux de sexe qui sont structurés comme un système de division et de domination entre groupes de sexe.


2002 ◽  
pp. 73-85 ◽  
Author(s):  
Pascale Dufour

RÉSUMÉ Le propos de cet article est d'interroger les discours de sans-emploi pris dans deux systèmes sociaux fortement contrastés (le Québec et la France), à partir du concept de formes de résistance politique. Autant dans les récits de pratiques que dans les représentations sociales de la réalité, les relations entre les populations situées hors du marché du travail et les institutions chargées de les réinsérer s'expriment sous la forme d'une résistance qui va au-delà de la débrouillardise. Quatre formes distinctes de résistance sont répertoriées, qui expriment chacune un rapport spécifique au travail, à l'État et au marché. Si le niveau individuel d'analyse nous renseigne sur l'univers cognitif des sans-emploi, il nous permet également de dégager des tendances globales. Ainsi, certaines formes de résistance politique traduisent la volonté, individuelle ou collective, de participer au changement social.


2005 ◽  
Vol 2 (2) ◽  
pp. 1-13
Author(s):  
Huguette Dagenais

Dans cette introduction, l'auteure présente, en soulignant les convergences, les sept articles et notes de recherche consacrés respectivement au pouvoir dans les petits groupes mixtes (S. Landry), aux itinéraires familiaux et professionnels des femmes gestionnaires (C. Andrew, C. Coderre, A. Daviau et A. Denis) et des fermières (A.-M. Rieu), au féminisme chrétien du début du XXe siècle (M.-A. Cliche), à la théorisation de l'existence lesbienne (L. Chamberland), au développement d'une sémiotique féministe (M. Beauregard) et aux femmes dans le monde de la littérature (M.-J. des Rivières; P. Dionne et C. Théry). Malgré cette diversité de thèmes, de cadres théoriques et de méthodes, l'auteure note, en effet, des convergences dans l'attention portée à la dimension politique des rapports sociaux de sexe, tant au niveau micro que macrosocial, et dans la prise en compte par les chercheuses de la complexité des vies de femmes, du changement social et des résistances au changement. Elle termine en insistant sur la nécessité de préciser davantage les définitions et la terminologie désignant les divers niveaux, lieux et manifestations de pouvoir si l'on veut éviter la confusion dans l'évaluation du changement social.


2002 ◽  
Vol 27 (2) ◽  
pp. 57-68 ◽  
Author(s):  
Hélène DAVID

Résumé Dans cet article, nous verrons comment le vieillissement de la population active se différencie de celui de la population totale. Cela peut sembler aller de soi, puisque la population active exclut les plus jeunes et les plus âgés. Mais comme la population active ne comprend que les deux-tiers de la population considérée en âge de travailler, il est nécessaire 66 SOCIOLOGIE ET SOCIÉTÉS, VOL. XXVII, 2 d'examiner de plus près les mécanismes qui structurent cette exclusion du marché du travail. Ces mécanismes relèvent à la fois des rapports sociaux à l'échelle de toute la société et de ceux qui structurent plus spécifiquement le monde du travail et de l'emploi. Cette analyse permettra d'affirmer que le vieillissement de la main-d'œuvre active est un enjeu majeur pour les décennies à venir et qu'il est nécessaire de prendre acte de son insertion dans les rapports sociaux afin de déplacer le débat du terrain démographique à celui des enjeux sociaux concernant les critères de répartition des ressources entre les différents groupes sociaux.


1975 ◽  
Vol 7 (4) ◽  
pp. 415-425 ◽  
Author(s):  
A Lipietz

La dimension spatiale de l'articulation des modes de production, dans leurs différentes branches, est la constitution d'espaces régionaux inégalement développés. Sur cette base matérielle se développent à leur tour une nouvelle division du travail et de nouveaux schémas d'accumulation, différents selon les régions (‘centres’ ou ‘périphéries’). Au stade du capital monopoliste, celui-ci peut organiser à l'échelle interrégionale des ‘circuits de branche’ profitant au maximum des fractionnements du marché du travail. Cependant la localisation des activités économiques rencontre des contraintes extra-économiques, et notamment la propriété foncière. Non seulement le prix du sol n'est pas un guide suffisant du développement pour l'allocation de l'espace, mais encore la structure juridique de la propriété du sol, garantie des rapports sociaux hérités du passé, fait obstacle aux formes monopolistes d'appropriation de l'espace. C'est à ces deux niveaux que s'impose l'action de l'État dans l'aménagement du territoire.


2005 ◽  
Vol 8 (1) ◽  
pp. 75-97
Author(s):  
Marie France Labrecque

Après un bref historique de la colonisation dans la région du lac La Cocha, cet article analyse deux projets de développement qui s'y déroulent présentement : un projet générateur de revenus et l'autre visant l'implantation de réserves naturelles privées. L'auteure analyse ensuite les deux processus à la lumière des notions de « champ social» et de « développement durable ».


2005 ◽  
Vol 35 (95) ◽  
pp. 239-255 ◽  
Author(s):  
Christiane Gagnon ◽  
Juan-Luis Klein

Dans un contexte de mondialisation de la sphère économique et de territorialisation du social, la notion de partenariat revêt une signification nouvelle. Après l'ère de la consultation et de la concertation, le partenariat à l'échelle locale s'impose de plus en plus comme une des formes sociales issues du changement social. Ce changement se caractériserait par un recentrage des rapports sociaux autour du territoire, par un consensus de tous les acteurs sociaux autour du partenariat local. Du moins est-ce une hypothèse que les auteurs développent à partir d'une approche centrée sur la régulation. La recension d'une centaine d'écrits sur le partenariat permet aux auteurs de tirer quelques exemples de partenariat dans les sociétés postindustrielles, de définir le rôle des acteurs sociaux, de faire une typologie des formes de partenariat à l'échelle locale et enfin d'énoncer les conditions pour un partenariat équitable. Enfin, les auteurs font état des défis que pose cette gestion « partenariale » du social pour les décideurs et pour les politiques de développement local.


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