scholarly journals Les formes de résistance politique des sans-emploi

2002 ◽  
pp. 73-85 ◽  
Author(s):  
Pascale Dufour

RÉSUMÉ Le propos de cet article est d'interroger les discours de sans-emploi pris dans deux systèmes sociaux fortement contrastés (le Québec et la France), à partir du concept de formes de résistance politique. Autant dans les récits de pratiques que dans les représentations sociales de la réalité, les relations entre les populations situées hors du marché du travail et les institutions chargées de les réinsérer s'expriment sous la forme d'une résistance qui va au-delà de la débrouillardise. Quatre formes distinctes de résistance sont répertoriées, qui expriment chacune un rapport spécifique au travail, à l'État et au marché. Si le niveau individuel d'analyse nous renseigne sur l'univers cognitif des sans-emploi, il nous permet également de dégager des tendances globales. Ainsi, certaines formes de résistance politique traduisent la volonté, individuelle ou collective, de participer au changement social.

2015 ◽  
Vol 32 (1-2) ◽  
pp. 167-186 ◽  
Author(s):  
Oscar Labra ◽  
Anaïs Lacasse

Cet article examine les représentations sociales du VIH/sida de 11 étudiants (six femmes et cinq hommes) de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue ayant participé à deux groupes de discussion stratifiés selon le sexe. Cette étude visait deux objectifs : 1) décrire les représentations sociales du VIH/sida des étudiants, et 2) décrire l’incidence des représentations sociales de ces étudiants sur leur façon de comprendre et d’agir par rapport au VIH/sida. Le discours des participants révèle une attitude positive et une ouverture envers les personnes vivant avec le VIH/sida (PVVIH/sida). Celles-ci sont représentées comme étant des personnes résilientes. Ainsi, cette capacité de résilience nous permet d’affirmer l’hypothèse que les PVVIH/sida peuvent aujourd’hui passer à un nouvel état stable plutôt que de mourir de la maladie comme il y a 30 ans. Cela montre le caractère dynamique de la représentation sociale du VIH/sida dans le temps. Nos résultats montrent aussi chez les participants une différence marquée concernant les mécanismes de prévention. Pour les hommes, cela passe par l’utilisation de préservatifs, pour les femmes, par la confiance en leurs partenaires sexuels. L’étude conclut que les représentations sociales du VIH/sida font partie de la vie quotidienne des étudiants. Elles sont culturellement construites et partagées. L’étude montre la nécessité de concevoir des campagnes de prévention plus assidues avec des messages différenciés selon le sexe chez les jeunes qui pourront mieux prendre en compte la dimension culturelle de ce phénomène.


2009 ◽  
Vol 22 (1) ◽  
pp. 69-83
Author(s):  
Carmen Susana Tornquist

Résumé Cet article présente une recherche en cours qui analyse les représentations sociales d’événements tels les accidents de la circulation routière dans une ville brésilienne. Le trafic urbain y est considéré comme un scénario central de la vie urbaine contemporaine, sorte de « lieu de passage » constitutif de l’espace public, où les sujets établissent des relations fugaces mais significatives de leurs représentations de l’Autre marquées par l’identification ou par le conflit et la violence. Le texte analyse les représentations de genre et générationnelles présentes dans les statistiques dites de « violence du trafic urbain » dans une perspective socioanthropologique et féministe, en envisageant les relations entre le modèle brésilien de développement et d’urbanisation, fortement privatisé et centré sur la route, et l’arrivée des femmes sur le marché du travail et de la mobilité urbaine.


2019 ◽  
Vol 46 (2) ◽  
pp. 146-167
Author(s):  
Christine Barras ◽  
Altay Manço

L’article se compose de trois parties. En premier lieu, nous présentons les défis de l’école actuelle face à une logique d’exclusion qu’elle applique souvent pour des raisons qui devraient être déconstruites et analysées. Nous rappelons les valeurs défendues par l’école nouvelle au siècle dernier pour refonder les principes de l’inclusion scolaire, ainsi que montrer le poids des représentations sociales qui font obstacle à ces principes. Un modèle théorique, réalisé dans le cadre d’une recherche fondamentale interuniversitaire, illustre cette logique en se fondant sur les représentations des enseignants à la lumière de considérations sociologiques. En deuxième partie, nous présentons des exemples de projets novateurs, en y décelant, de notre place de chercheur, ce qui appartient à la démarche inclusive et permet de dénouer des situations dominées par un non-dit pesant qui fait obstacle au vivre-ensemble. Enfin, nous amenons une discussion en articulant, dans deux tableaux synthétiques, les projets présentés avec le modèle théorique, ce qui nous permet de dégager trois facteurs pour mettre en place un projet inclusif dans un établissement scolaire confronté à des difficultés telles que la stigmatisation ou le décrochage scolaire.


2008 ◽  
Vol 67 (2) ◽  
pp. 119-123 ◽  
Author(s):  
Grégory Lo Monaco ◽  
Florent Lheureux ◽  
Séverine Halimi-Falkowicz

Deux techniques permettent le repérage systématique du système central d’une représentation sociale: la technique de la mise en cause (MEC) et le modèle des schèmes cognitifs de base (SCB). Malgré cet apport, ces techniques présentent des inconvénients: la MEC, de par son principe de double négation, et les SCB, de par la longueur de passation. Une nouvelle technique a été développée: le test d’indépendance au contexte (TIC). Elle vise à rendre compte des caractères trans-situationnel ou contingent des éléments représentationnels, tout en présentant un moindre coût cognitif perçu. Deux objets de représentation ont été étudiés auprès d’une population étudiante. Les résultats révèlent que le TIC paraît, aux participants, cognitivement moins coûteux que la MEC. De plus, le TIC permet un repérage du noyau central identique à celui offert par la MEC.


2019 ◽  
pp. 183-188
Author(s):  
Claude Wacjman

Ce travail montre comment les représentations sociales à propos de l’autisme se répandent et gagnent peu à peu de nombreuses strates dans la société. Il s’agit ici de considérer l’influence de l’écologie sur des aspects de la politique internationale portée par la voix d’une lycéenne suédoise auto-proclamée autiste, suivant des mécanismes complexes intra ou extra familiaux faisant penser à des phénomènes d’écriture automatique, tels que nous les avons connus par le passé. Opposée à toute manœuvre favorisant le réchauffement climatique, elle intervient dans différentes instances politiques. C’est un super pouvoir dû à son autisme qui la motive.


Sign in / Sign up

Export Citation Format

Share Document