scholarly journals La formation professionnelle des femmes en France

2000 ◽  
Vol 22 (2) ◽  
pp. 343-355
Author(s):  
Nicole Mosconi

Les femmes ont aujourd’hui plus de chances que les hommes de sortir du système scolaire avec une formation générale. Mais la segmentation du marché du travail entre emplois masculins valorisés et emplois féminins dévalorisés se répercute au niveau du système de formation initiale dans une forte ségrégation des garçons et des filles entre filières et cursus différents (littéraires et tertiaires pour les filles, scientifiques et techniques industriels pour les garçons). La poussée de la scolarisation féminine tend à introduire une division verticale dans le groupe des filles entre celles qui ont un niveau égal ou supérieur au baccalauréat et celles qui ont un niveau inférieur. La manière dont s’organisent les différences de formation professionnelle et d’insertion entre les sexes renvoie aux rapports sociaux de sexe qui sont structurés comme un système de division et de domination entre groupes de sexe.

2013 ◽  
Vol 19 (1) ◽  
pp. 185-223 ◽  
Author(s):  
Amélie Champagne ◽  
Romaine Malenfant ◽  
Guy Bellemare ◽  
Louise Briand

Plusieurs publications, ces dernières décennies, s’intéressent aux difficultés importantes qui accompagnent l’insertion professionnelle des jeunes. En effet, il appert que les difficultés d’insertion dans le secteur privé soient importantes, notamment pour les jeunes sans diplôme et possédant peu ou pas d’expérience du marché du travail. Mais qu’en est-il en ce qui concerne le secteur de l’économie socialeƒ? Les valeurs et les objectifs de développement de ces entreprises favoriseraient-ils une expérience d’intégration au marché du travail positive pour les jeunes peu scolarisés? Le présent article se centre sur les pratiques de gestion de la main-d’oeuvre jeune du point de vue de ces derniers et de celui de leurs employeurs. Deux recherches sont mises en dialogue afin de préciser et de comparer les dimensions qui exercent un rôle significatif dans la consolidation ou la rupture du lien d’emploi des jeunes. Le paradigme du don est également mobilisé dans l’analyse des rapports sociaux qui semblent caractériser les entreprises d’économie sociale.


2016 ◽  
Vol 9 (1) ◽  
pp. 94-115
Author(s):  
Michèle Tallard ◽  
Catherine Vincent

Les institutions paritaires peuvent être analysées comme des formes spécifiques de relations entre les organisations patronales et syndicales dont l’objet est la gestion d’éléments de la relation salariale déléguée par l’État, ce dernier gardant un rôle plus ou moins important de contrôle. L’objectif de cet article est d’analyser les mutations dans les formes d’engagement des organisations patronales dans la gouvernance des institutions paritaires de la protection sociale et de la formation professionnelle. Ces mutations, qui trouvent leur origine dans les transformations du système productif (montée des activités de service au détriment des activités industrielles), dans celles du marché du travail (précarisation, individualisation…) ainsi que dans les reconfigurations de l’État-providence, ébranlent les institutions paritaires. L’analyse part d’une réinterprétation dans le contexte français des analyses de Streeck (1991), pour réévaluer, à l’aune des logiques d’influence et de cohésion, les formes de construction historique de la stratégie patronale de la régulation paritaire – au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour la protection sociale et au tournant des années 1970 pour la formation professionnelle continue. L’articulation de ces deux logiques éclaire également les transformations de la conception du paritarisme portée par le patronat. Toutefois, ce renouvellement stratégique est insuffisant pour protéger la régulation paritaire de l’intervention étatique qui cherche à en faire un appendice de l’action étatique.


2006 ◽  
Vol 6 (1) ◽  
pp. 25-43 ◽  
Author(s):  
Celia Rojas-Viger

Résumé La féminisation de la migration est une des caractéristiques de la mondialisation contemporaine. Elle concerne l’ensemble des sociétés, dont le Canada et le Québec. Ce phénomène touche les différents groupes ethniques, l’ensemble des classes sociales, les non-professionnels comme les professionnels. Cependant, il existe très peu d’études documentant le processus d’insertion et les conditions de vie des femmes scolarisées, possédant déjà à leur arrivée une formation universitaire. Pourtant, l’admission des premières Latino-Américaines, présentant un niveau scolaire élevé, en tant qu’immigrantes canadiennes date de 1968. Afin de combler ce vide, le présent article se propose, à partir de deux recherches ethnographiques, de présenter ces femmes, leurs conditions sociales et les défis qu’elles doivent affronter, tant durant leur réinsertion académique en milieu universitaire qu’après l’obtention de leurs diplômes, pour s’insérer sur le marché du travail. Nous nous intéresserons plus particulièrement à la société pluriethnique montréalaise dans laquelle l’ethnicisation des rapports sociaux prévaut.


2009 ◽  
Vol 10 (1) ◽  
pp. 49-65
Author(s):  
Diane Vanasse

RÉSUMÉ Avant de mettre en place un système permanent d’enquête sur l’évolution des carrières de ses diplômés, l’École des Hautes Études Commerciales juge utile de faire le point sur celles des diplômés du passé. L’analyse de données d’enquête montre qu’à leur entrée sur le marché du travail, les bacheliers et les licenciés, de 1941 à 1980, se dirigent essentiellement vers le secteur privé. En excluant les cabinets d’experts-comptables où 50%, en moyenne, des diplômés entrent à titre de stagiaires afin de compléter leur formation professionnelle, les secteurs d’activité économique qui embauchent le plus de finissants sont le secteur manufacturier, le secteur financier ainsi que le secteur commercial. Le genre de postes auxquels accèdent les diplômés des H.É.C. a changé au cours de la période étudiée : le diplômé est employé de plus en plus comme analyste en divers domaines de la gestion, comme conseiller en administration, alors qu’autrefois, il s’insérait plus souvent dans la hiérarchie de direction de l’entreprise.


2019 ◽  
Vol 46 (2) ◽  
pp. 73-91 ◽  
Author(s):  
Julie Larochelle-Audet

Vingt ans après l’adoption de la Politique d’intégration scolaire et d’éducation interculturelle (Ministère de l’Éducation, 1998), sa transposition dans les programmes de formation initiale en enseignement fait l’objet d’un bilan mitigé (Larochelle-Audet, Magnan, Potvin et D’Arrisso, 2018). Alors que des discours racistes se banalisent dans l’espace public (Potvin, 2008, 2016), les lacunes constatées dans la formation mettent en question les limites de ces orientations pluralistes. Cet article se penche en particulier sur les conceptions et les usages de la notion de diversité ethnoculturelle dans la formation en enseignement, et plus largement dans l’institution éducative québécoise. Il présente les résultats d’une analyse secondaire de données initialement collectées dans le cadre d’une recherche de maîtrise auprès de neuf professeures de trois universités francophones (Larochelle-Audet, 2014a). À partir d’outils conceptuels du féminisme matérialiste, des fragments permettant de voir les rapports sociaux de race sont assemblés de manière à révéler comment ces rapports sont à la fois dissimulés et réifiés par cette notion. Cet exercice de mise en visibilité s’intéresse successivement à la diversité ethnoculturelle comme contenu de formation, comme propriété de certains groupes de personnes et, enfin, comme voile s’inscrivant dans une logique d’effacement du racisme (Dhume, El Massioui et Sotto, 2016).


2018 ◽  
Vol 31 (1) ◽  
pp. 179-197
Author(s):  
Isabelle Collet

En Suisse romande, des recommandations fédérales incitent l’institution scolaire à travailler pour l’égalité des sexes. Pourtant, ce thème ne fait pas partie des objectifs d’enseignement. Par ailleurs, l’éducation à l’égalité des sexes a fait une entrée timide à l’école. Bien que les « éducations à » portent en elles un projet d’émancipation, la manière dont elles sont mises en œuvre (en particulier en ciblant surtout la lutte contre les stéréotypes) ne permet pas une conscientisation des élèves ou des enseignantes et des enseignants sur la source des inégalités femmes-hommes. L’auteure veut montrer qu’un cours de pédagogie féministe critique auprès du futur personnel enseignant au primaire en formation initiale permet de sortir de cette impasse. Son approche cherche à transformer les étudiantes et les étudiants en les faisant réfléchir sur le genre et les rapports sociaux de sexe à l’œuvre dans les classes, afin qu’à leur tour il leur soit possible d’y éveiller leurs élèves.


2009 ◽  
Vol 34 (3) ◽  
pp. 689-709 ◽  
Author(s):  
Marcelle Hardy ◽  
Louise Ménard

Résumé Cet article traite des effets des stages pour les élèves de quatre programmes professionnels offerts en alternance travail-études en s’appuyant sur les témoignages des élèves, de leurs enseignants et de leurs tuteurs en entreprise. Les expériences de stage sont d’abord regroupées dans le modèle traditionnel ou le modèle expérientiel de la typologie de l’expérience de travail. Ensuite, les effets se différencient en six catégories : apprentissages à l’école et en entreprise, préparation au marché du travail, socialisation professionnelle, apprentissage technique, développement personnel et orientation professionnelle. La discussion et la conclusion permettent de dégager quelques conditions stimulant ou limitant l’apprentissage des élèves.


Sign in / Sign up

Export Citation Format

Share Document