scholarly journals Le partenariat dans le développement local : tendances actuelles et perspectives de changement social.

2005 ◽  
Vol 35 (95) ◽  
pp. 239-255 ◽  
Author(s):  
Christiane Gagnon ◽  
Juan-Luis Klein

Dans un contexte de mondialisation de la sphère économique et de territorialisation du social, la notion de partenariat revêt une signification nouvelle. Après l'ère de la consultation et de la concertation, le partenariat à l'échelle locale s'impose de plus en plus comme une des formes sociales issues du changement social. Ce changement se caractériserait par un recentrage des rapports sociaux autour du territoire, par un consensus de tous les acteurs sociaux autour du partenariat local. Du moins est-ce une hypothèse que les auteurs développent à partir d'une approche centrée sur la régulation. La recension d'une centaine d'écrits sur le partenariat permet aux auteurs de tirer quelques exemples de partenariat dans les sociétés postindustrielles, de définir le rôle des acteurs sociaux, de faire une typologie des formes de partenariat à l'échelle locale et enfin d'énoncer les conditions pour un partenariat équitable. Enfin, les auteurs font état des défis que pose cette gestion « partenariale » du social pour les décideurs et pour les politiques de développement local.

2014 ◽  
Vol 26 (2) ◽  
pp. 165-182
Author(s):  
Hélène Martin

Basée sur une recherche de terrain menée de 2002 à 2006 à Agadir (Maroc), cet article se développe autour de la question suivante : comment comprendre qu’une rhétorique traditionaliste (un appel à la tradition) contribue à encourager et à légitimer l’entrepreneuriat féminin (à valoriser le changement social)? Au cours des années 2000, en effet, l’entrepreneuriat féminin a émergé socialement en étant renvoyé à des valeurs considérées comme à la fois féminines et traditionnelles. Présenté comme une réponse possible à une « crise » sociale, vue telle une crise des « valeurs culturelles », il a été opposé à différentes figures d’« hommes démissionnaires ». Cependant, les positions des entrepreneures dans la hiérarchie sociale, à savoir leurs différentes conditions d’existence, les plaçaient dans des rapports différenciés, plus ou moins transgressifs, à l’égard du travail et des valeurs « traditionnelles » qui légitimaient généralement l’entrepreneuriat féminin. L’auteure montre ainsi que les actrices et les acteurs aménagent la tradition et instrumentalisent des catégories identitaires, tout en s’inscrivant de manière contrastée dans des rapports sociaux structurants.


2005 ◽  
Vol 5 (2) ◽  
pp. 1-6
Author(s):  
Hélène Lee-Gosselin ◽  
Claudine Baudoux

Le thème « Femmes au travail » de ce numéro de Recherches féministess'inscrit dans une perspective de changement social qui s'opère dans les rapports sociaux de sexe, voire dans les catégorisations sociales, tant dans le domaine du travail que dans ses rapports avec le privé. Les articles soulignent une évolution certaine dans les questionnements et les méthodologies de recherches féministes, et proposent un regard nouveau sur des phénomènes de féminisation à partir de professions peu observées jusqu'à présent. Ils proposent aussi des stratégies pour prévenir ou combattre la discrimination systémique présente dans les lieux de travail. Le changement social s'impose comme dénominateur commun entre les articles : raffinement du cadre conceptuel des rapports sociaux de sexe (Daune-Richard et Devreux) ; réversibilité sexuelle de secteurs du marché du travail : féminisation de certaines professions au Québec, comme la médecine (Dufort) et la pharmacie (Collin) ; la féminisation de la main-d’œuvre vieillissante (Bellemare, Poulin-Simon et Tremblay) ; ou la masculinisation des postes de direction dans les établissements d'éducation (Baudoux) ; les représentations de jeunes femmes quant à leurs rôles sociaux dans l'avenir (Lortie-Lussier) ; des propositions pour corriger les grilles servant de base à l'évaluation des emplois (Gaucher).


2005 ◽  
Vol 2 (2) ◽  
pp. 1-13
Author(s):  
Huguette Dagenais

Dans cette introduction, l'auteure présente, en soulignant les convergences, les sept articles et notes de recherche consacrés respectivement au pouvoir dans les petits groupes mixtes (S. Landry), aux itinéraires familiaux et professionnels des femmes gestionnaires (C. Andrew, C. Coderre, A. Daviau et A. Denis) et des fermières (A.-M. Rieu), au féminisme chrétien du début du XXe siècle (M.-A. Cliche), à la théorisation de l'existence lesbienne (L. Chamberland), au développement d'une sémiotique féministe (M. Beauregard) et aux femmes dans le monde de la littérature (M.-J. des Rivières; P. Dionne et C. Théry). Malgré cette diversité de thèmes, de cadres théoriques et de méthodes, l'auteure note, en effet, des convergences dans l'attention portée à la dimension politique des rapports sociaux de sexe, tant au niveau micro que macrosocial, et dans la prise en compte par les chercheuses de la complexité des vies de femmes, du changement social et des résistances au changement. Elle termine en insistant sur la nécessité de préciser davantage les définitions et la terminologie désignant les divers niveaux, lieux et manifestations de pouvoir si l'on veut éviter la confusion dans l'évaluation du changement social.


2005 ◽  
Vol 8 (1) ◽  
pp. 75-97
Author(s):  
Marie France Labrecque

Après un bref historique de la colonisation dans la région du lac La Cocha, cet article analyse deux projets de développement qui s'y déroulent présentement : un projet générateur de revenus et l'autre visant l'implantation de réserves naturelles privées. L'auteure analyse ensuite les deux processus à la lumière des notions de « champ social» et de « développement durable ».


2003 ◽  
Vol 10 (2) ◽  
pp. 145-162 ◽  
Author(s):  
Marie-Andrée Couillard

Résumé Les rapports sociaux dans la société malaise pré-coloniale hypothèses et commentaires La plupart des travaux qui traitent du changement social dans la péninsule malaise s'appuient sur une conception souvent vague et même parfois erronée de la société malaise traditionnelle. Le terme féodal lui est fréquemment accolé, par contre on ferme généralement les yeux sur le rôle des esclaves dans l'ensemble des rapports sociaux. En reprenant les données historiques, l'article propose une interprétation nouvelle de ce qu'était cette société pré-coloniale. Cette vision remet en question deux aspects importants de ce que l'on a longtemps cru être la société malaise. D'une part le mode de subsistance, qui aurait été beaucoup plus varié qu'on l'a cru jusqu'à présent, d'autre part, le rapport entre la classe dirigeante et les villageois, qui aurait été plus flexible et moins oppressif qu'on ne le suppose généralement.


2002 ◽  
Vol 15 (1) ◽  
pp. 77-92 ◽  
Author(s):  
Louis MAHEU

Résumé L'auteur traite ici de conduites collectives de revendications de groupes de base, concernés par le développement des équipements collectifs et créant, par une pratique conflictuelle souvent tournée contre les appareils d'Etat, de nouvelles voies du changement social. Pour bien mettre en relief le sens de ces conduites collectives et de leurs principales composantes, l'auteur développe certains postulats relatifs au mode de production sociale du pouvoir politique et des orientations et des politiques mises en œuvre par les appareils étatiques, mode de production sociale sous-tendue par un certain arbitraire des rapports sociaux qui fondent le pouvoir politique et les orientations administratives et politiques des appareils d'État. Il est aussi proposé qu'une contradiction et un conflit apparaissent de plus en plus nettement dans les sociétés industrielles avancées au sujet des formes d'intervention de l'État se transformant graduellement en appropriation étatique du tissu social et de l'appropriation collective que recherchent des groupes sociaux luttant pour une socialisation et un autocontrôle de certaines aires du social et de formes d'utilisation des équipements sociaux.


2005 ◽  
Vol 11 (2) ◽  
pp. 23-42 ◽  
Author(s):  
Pierrette Bouchard ◽  
Jean-Claude St-Amant

Suite à une enquête par questionnaire auprès de plus de 2 200 filles et garçons québécois âgés de 15 ans, l'article présente un profil de certaines composantes de la «masculinité» chez le groupe de garçons. Pour ce faire, les réponses des garçons à chacune des questions sont comparées systématiquement à celles des filles. Ensuite, un deuxième profil de la «masculinité» est construit à partir, cette fois, des positions adoptées par une majorité de garçons, sans tenir compte des réponses données par les filles. Les résultats issus des deux méthodes d'analyse sont ensuite comparés. Sur le plan des rapports sociaux de sexe, la synthèse montre que ce sont plutôt les filles qui sont porteuses de changement social, autant pour elles-mêmes que pour les garçons qu'elles côtoient. Ces derniers restent près d'une définition plus conformiste de l'«identité masculine», mais certains indices d'évolution de leurs représentations peuvent être liés aux actions du mouvement des femmes.


2019 ◽  
Vol 58 (2) ◽  
pp. 143-150
Author(s):  
Pascale Molinier

La psychodynamique du travail a étendu les conditions sociales de la sublimation au travail ordinaire et à la dynamique de la reconnaissance. Selon Christophe Dejours, la reconnaissance porte sur le faire mais elle se capitalise dans le registre de l’être. Or ce que les femmes font est généralement confondu avec ce qu’elles sont. D’où un déficit chronique de reconnaissance de leurs contributions, bien sûr aggravé par les rapports sociaux de domination (voir l’effet Mathilda dans les sciences). Ce constat sera ici principalement argumenté à partir des analyses psychodynamiques du travail féminisé (les activités de care) qui se caractérisent par leur discrétion. De la sous-estimation du travail féminin, il résulte de nombreuses conséquences, tant sur le plan théorique que clinique : la sublimation dépend-elle nécessairement de la reconnaissance ? – on déplacera cette question autour de l’expressivité et de la voix.


1982 ◽  
Vol 37 (2) ◽  
pp. 246-254 ◽  
Author(s):  
Janusz Tazbir

M'étant interrogé, il y a quelques années, sur l'accueil réservé aux œuvres de Thomas More et sur leur diffusion en Pologne, j'ai tenté de définir les raisons pour lesquelles les utopies classiques n'avaient pas trouvé de résonance parmi les citoyens de la République nobiliaire. Elles sont multiples. Ainsi, presque toutes les représentations de la société idéale, depuis la Politique de Platon, les visions de More ou de Campanella, jusqu'aux utopies du siècle des Lumières, préconisent une ingérence très poussée dans la vie privée des citoyens, un contrôle continu exercé sur eux par des censeurs spécialement institués à cette fin, la soumission à des normes très rigoureuses de discipline sociale — en un mot, un fonctionnement de l'État qui est en contradiction flagrante avec les institutions de la Pologne des xvie-xviie siècles. Comme le remarque à juste titre Claude Backvis, l'utopie naît dans des conditions où elle ne peut en aucune mesure être réalisée. Elle réclame tout parce qu'elle n'est en mesure de rien obtenir ; son maximalisme vient de ce qu'on pense impossible de modifier, de quelque façon que ce soit, les rapports sociaux et politiques existants. C'est la raison pour laquelle la noblesse polonaise qui, à l'époque de la Renaissance, avait largement les moyens de transformer l'État, ne recherchait pas de compensation dans la création imaginaire d'un monde idéal, utopique. Plus tard, le conservatisme de l'État polonais, son hostilité déclarée à tout changement, s'opposèrent efficacement tant à la création de variantes polonaises qu'à la réception des versions étrangères de l'utopie.


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