scholarly journals Rapports sociaux et vieillissement de la population active

2002 ◽  
Vol 27 (2) ◽  
pp. 57-68 ◽  
Author(s):  
Hélène DAVID

Résumé Dans cet article, nous verrons comment le vieillissement de la population active se différencie de celui de la population totale. Cela peut sembler aller de soi, puisque la population active exclut les plus jeunes et les plus âgés. Mais comme la population active ne comprend que les deux-tiers de la population considérée en âge de travailler, il est nécessaire 66 SOCIOLOGIE ET SOCIÉTÉS, VOL. XXVII, 2 d'examiner de plus près les mécanismes qui structurent cette exclusion du marché du travail. Ces mécanismes relèvent à la fois des rapports sociaux à l'échelle de toute la société et de ceux qui structurent plus spécifiquement le monde du travail et de l'emploi. Cette analyse permettra d'affirmer que le vieillissement de la main-d'œuvre active est un enjeu majeur pour les décennies à venir et qu'il est nécessaire de prendre acte de son insertion dans les rapports sociaux afin de déplacer le débat du terrain démographique à celui des enjeux sociaux concernant les critères de répartition des ressources entre les différents groupes sociaux.

Author(s):  
Stijn Baert ◽  
Bart Cockx ◽  
Niels Gheyle ◽  
Cora Vandamme

Récemment, une étude menée par des sociologues de l'Université de Gand révélait que des candidats locataires ayant un nom à consonance étrangère, ou s'exprimant avec un accent étranger, avait plus de mal à trouver un logement à Anvers et à Gand. De telles discriminations existent-elles aussi sur le marché de l'emploi ? C'est ce que ce numéro de Regards Economiques cherche à établir. Plus précisément, l'étude présentée dans ce numéro vise à déterminer si les employeurs flamands traitent de manière égale les candidatures à l'emploi des jeunes diplômés aux noms à consonance turque et à consonance flamande.Pour ce faire, les chercheurs ont répondu à des offres d'emploi réelles en envoyant des candidatures fictives dont la seule différence majeure était le nom du candidat (à consonance soit flamande soit turque, les Turcs représentant la plus importante minorité ethnique à Gand et la seconde à Anvers, les deux villes auxquelles les candidats fictifs étaient domiciliés).Il ressort de cette étude qu'une inégalité de traitement existe sur le marché du travail en Flandre. Les jeunes diplômés aux noms à consonance turque ont moins de chance d'être invités à un entretien d'embauche que les jeunes diplômés aux noms à consonance flamande : en moyenne, ils doivent envoyer 44 % de candidatures en plus s'il souhaite recevoir le même nombre de réponses positives. Ceci est particulièrement vrai s'ils sont peu qualifiés et candidats à des postes pour lesquels il n'existe pas de pénurie de main-d'œuvre. En revanche, la discrimination disparaît dans les secteurs où il y a pénurie de main d'œuvre.Une telle discrimination est non seulement inacceptable d'un point de vue éthique, mais elle a également d'importantes répercussions sur le plan économique. En raison des énormes défis posés par le vieillissement de la population, il est important de pouvoir compter sur tous les groupes de la population. En outre, ce type d'exclusion en début de carrière peut avoir des conséquences à long terme.Comment remédier à ce problème ? Plusieurs politiques sont proposées : (1) des campagnes de sensibilisation; (2) le recours à un système de candidatures anonymes; (3) faire respecter la loi par le contrôle plus systématique de la discrimination et par l'imposition de sanctions en cas de détection; (4) l'instauration de quotas de recrutement en faveur des personnes issues de l'immigration. Comme l'expliquent les auteurs de l'étude, aucune de ces politiques n'est exempte d'effets pervers. Il convient donc de les doser et de les combiner au mieux pour réduire la discrimination de façon effective sur le marché de l'emploi.


2013 ◽  
Vol 19 (1) ◽  
pp. 185-223 ◽  
Author(s):  
Amélie Champagne ◽  
Romaine Malenfant ◽  
Guy Bellemare ◽  
Louise Briand

Plusieurs publications, ces dernières décennies, s’intéressent aux difficultés importantes qui accompagnent l’insertion professionnelle des jeunes. En effet, il appert que les difficultés d’insertion dans le secteur privé soient importantes, notamment pour les jeunes sans diplôme et possédant peu ou pas d’expérience du marché du travail. Mais qu’en est-il en ce qui concerne le secteur de l’économie socialeƒ? Les valeurs et les objectifs de développement de ces entreprises favoriseraient-ils une expérience d’intégration au marché du travail positive pour les jeunes peu scolarisés? Le présent article se centre sur les pratiques de gestion de la main-d’oeuvre jeune du point de vue de ces derniers et de celui de leurs employeurs. Deux recherches sont mises en dialogue afin de préciser et de comparer les dimensions qui exercent un rôle significatif dans la consolidation ou la rupture du lien d’emploi des jeunes. Le paradigme du don est également mobilisé dans l’analyse des rapports sociaux qui semblent caractériser les entreprises d’économie sociale.


2006 ◽  
Vol 6 (1) ◽  
pp. 25-43 ◽  
Author(s):  
Celia Rojas-Viger

Résumé La féminisation de la migration est une des caractéristiques de la mondialisation contemporaine. Elle concerne l’ensemble des sociétés, dont le Canada et le Québec. Ce phénomène touche les différents groupes ethniques, l’ensemble des classes sociales, les non-professionnels comme les professionnels. Cependant, il existe très peu d’études documentant le processus d’insertion et les conditions de vie des femmes scolarisées, possédant déjà à leur arrivée une formation universitaire. Pourtant, l’admission des premières Latino-Américaines, présentant un niveau scolaire élevé, en tant qu’immigrantes canadiennes date de 1968. Afin de combler ce vide, le présent article se propose, à partir de deux recherches ethnographiques, de présenter ces femmes, leurs conditions sociales et les défis qu’elles doivent affronter, tant durant leur réinsertion académique en milieu universitaire qu’après l’obtention de leurs diplômes, pour s’insérer sur le marché du travail. Nous nous intéresserons plus particulièrement à la société pluriethnique montréalaise dans laquelle l’ethnicisation des rapports sociaux prévaut.


Author(s):  
Stijn Baert ◽  
Bart Cockx ◽  
Niels Gheyle ◽  
Cora Vandamme

Récemment, une étude menée par des sociologues de l'Université de Gand révélait que des candidats locataires ayant un nom à consonance étrangère, ou s'exprimant avec un accent étranger, avait plus de mal à trouver un logement à Anvers et à Gand. De telles discriminations existent-elles aussi sur le marché de l'emploi ? C'est ce que ce numéro de Regards Economiques cherche à établir. Plus précisément, l'étude présentée dans ce numéro vise à déterminer si les employeurs flamands traitent de manière égale les candidatures à l'emploi des jeunes diplômés aux noms à consonance turque et à consonance flamande.Pour ce faire, les chercheurs ont répondu à des offres d'emploi réelles en envoyant des candidatures fictives dont la seule différence majeure était le nom du candidat (à consonance soit flamande soit turque, les Turcs représentant la plus importante minorité ethnique à Gand et la seconde à Anvers, les deux villes auxquelles les candidats fictifs étaient domiciliés).Il ressort de cette étude qu'une inégalité de traitement existe sur le marché du travail en Flandre. Les jeunes diplômés aux noms à consonance turque ont moins de chance d'être invités à un entretien d'embauche que les jeunes diplômés aux noms à consonance flamande : en moyenne, ils doivent envoyer 44 % de candidatures en plus s'il souhaite recevoir le même nombre de réponses positives. Ceci est particulièrement vrai s'ils sont peu qualifiés et candidats à des postes pour lesquels il n'existe pas de pénurie de main-d'œuvre. En revanche, la discrimination disparaît dans les secteurs où il y a pénurie de main d'œuvre.Une telle discrimination est non seulement inacceptable d'un point de vue éthique, mais elle a également d'importantes répercussions sur le plan économique. En raison des énormes défis posés par le vieillissement de la population, il est important de pouvoir compter sur tous les groupes de la population. En outre, ce type d'exclusion en début de carrière peut avoir des conséquences à long terme.Comment remédier à ce problème ? Plusieurs politiques sont proposées : (1) des campagnes de sensibilisation; (2) le recours à un système de candidatures anonymes; (3) faire respecter la loi par le contrôle plus systématique de la discrimination et par l'imposition de sanctions en cas de détection; (4) l'instauration de quotas de recrutement en faveur des personnes issues de l'immigration. Comme l'expliquent les auteurs de l'étude, aucune de ces politiques n'est exempte d'effets pervers. Il convient donc de les doser et de les combiner au mieux pour réduire la discrimination de façon effective sur le marché de l'emploi.


Author(s):  
Vincent Bodart ◽  
Laurence Jacquet ◽  
Bruno Van der Linden

Les négociations salariales dans le cadre de l’accord interprofessionnel 2003-2004 vont prochainement débuter. Ce numéro de Regards Economiques se penche sur les enjeux, les raisons et les modalités de la modération salariale en Belgique. 1.   Les enjeux Face à l’arbitrage entre salaire et emploi étayé ci-dessous, notre point de vue est qu’il faut davantage mettre l’accent sur le développement de l’emploi que sur la croissance des salaires. Cette priorité à l’emploi s’explique par le rôle de celui-ci dans l’insertion sociale et par le souci de sauvegarder une sécurité sociale efficace face au choc du vieillissement de la population et en présence de notre fort endettement public. Nous sommes bien conscients que l’emploi doit vérifier certaines caractéristiques pour être un vecteur d’insertion sociale. Même si nous n’abordons pas ces aspects ici, la négociation collective et la législation relatives aux conditions de travail sont donc essentielles elles aussi. 2.   Les raisons L’analyse d’un éventail de données statistiques livrent plusieurs enseignements. Primo, ils rappellent que le niveau du coût salarial en Belgique est parmi les plus élevés en Europe. Secundo, il semble bien que la croissance du coût salarial en Belgique ait pu effectivement être maîtrisée depuis l’entrée en vigueur de la loi de 1996 relative à la promotion de l’emploi et à la sauvegarde préventive de la compétitivité. Les coûts salariaux unitaires ont cependant progressé plus rapidement que dans les pays voisins, provoquant ainsi une détérioration de la compétitivité de l’économie belge. Tertio, les performances d’emploi de la Belgique s’améliorent mais demeurent extrêmement préoccupantes pour une série de groupes de la population (travailleurs moins qualifiés, travailleurs de nationalité non européenne, travailleurs âgés). Toutes les études disponibles pour la Belgique aboutissent à la même conclusion : le niveau macroéconomique de l’emploi varie négativement avec celui des coûts salariaux. Cette relation est la résultante d’effets tantôt positifs, tantôt négatifs. Cette conclusion pourrait donc s’inverser si les coûts salariaux baissaient fortement. On n’en est cependant pas là. La modération du coût salarial n’est certainement pas la panacée pour répondre à la situation préoccupante des groupes de population mentionnés à l’instant. La stimulation de l’offre d’emploi que cette modération favorise est cependant un complément indispensable à un ensemble de mesures structurelles bien coordonnées (relèvement des qualifications les plus basses, poursuite des actions ciblées sur des sous-régions particulièrement meurtries, abandon des freins à la mobilité des travailleurs, révision du profil salarial en fonction de l’âge ou de l’ancienneté, accroissement de l’écart entre revenu en emploi et revenu d’allocation en jouant sur la (para-)fiscalité, etc.). Les perspectives conjoncturelles peu brillantes pour le futur immédiat renforcent la nécessité d’une modération salariale. On sait en effet qu’en ces périodes assez déprimées sur le plan de l’embauche, les plus qualifiés vont davantage prospecter les marchés du travail où ils sont en quelque sorte "sur-qualifiés". Promouvoir une offre d’emplois dynamique dans tout l’éventail des qualifications est alors une manière de limiter ce phénomène dont seuls les plus qualifiés tirent un parti clair. 3.   Les modalités Depuis l’accord interprofessionnel de 1999-2000, la norme salariale est avant tout devenue "indicative". Elle est une recommandation des partenaires sociaux réunis au niveau national à l’égard des partenaires des négociations sectorielles et d’entreprise. Compte tenu des faits observés en Belgique depuis le premier choc pétrolier et des analyses réalisées depuis, il est fort plausible que se coordonner sur une norme, même fruste, est préférable à une absence de coordination. Pour que la modération salariale contribue le plus largement possible au développement de l’emploi, des aménagements complémentaires au système actuel nous semblent nécessaires. Ceux-ci se situent à trois niveaux. Pour favoriser la création d’emploi, il est primordial que les importants allégements structurels de cotisations sociales contribuent pleinement à la réduction du coût du travail. On recommande donc de maîtriser la croissance des salaires bruts afin que les baisses de cotisation structurelles allègent le coût salarial et stimule l’emploi. Cette maîtrise aurait une réciproque en ce sens que la réforme fiscale et les allégements de cotisations personnelles au bas de l’échelle salariale ne devraient pas être récupérées par les employeurs lors de la négociation du niveau des salaires bruts. Ces réformes pourraient alors pleinement jouer leurs rôles de soutien aux bas revenus et d’incitation à la recherche d’emploi et à la participation au marché du travail. L’indexation automatique assure tous les salariés contre le risque généré par des mouvements de prix et constitue à ce titre un mécanisme à préserver. Il faut toutefois souligner qu’en cas de hausse de prix des produits importés, l’appauvrissement collectif qui en résulte risque d’être aggravé par l’indexation automatique. Lorsque des biens importés qui ont un poids significatif dans l’"indice-santé" connaissent des hausses substantielles et durables de prix, il faudrait veiller à la suspension de l’indexation automatique des salaires sur ces prix et trouver d’autres modalités pour répondre à la dégradation de la situation socio-économique de certains groupes en présence de tels chocs. Tant la modération salariale que les allègements de la parafiscalité doivent faire l’objet d’une coordination au niveau européen. Sans une coordination forte au sein de l’UE, les dispositions prises au niveau de chaque Etat seront sous-optimales.


2005 ◽  
Vol 29 (2) ◽  
pp. 391-404
Author(s):  
Gilles Grenier

Ce texte fait une analyse de quatre types de transformations qui ont affecté le marché du travail canadien et qui continueront à le faire au cours du prochain siècle. Premièrement, sur le plan de la démographie, le marché du travail s'est caractérisé par le vieillissement de la population et par l'abaissement de l'âge à la retraite. Deuxièmement, la répartition sectorielle des emplois a beaucoup changé, avec une forte augmentation de la part relative du secteur des services au détriment de celle du secteur des biens. Troisièmement, le chômage a fortement augmenté au cours des dernières décennies. Quatrièmement, la répartition du revenu et de la richesse a évolué vers un accroissement des inégalités. Ces changements sont étudiés dans un contexte canadien, mais on observe des tendances semblables dans d'autres pays industrialisés. Le texte essaie ensuite défaire des projections pour l'avenir. On identifie trois facteurs importants qui pourraient changer la nature du marché du travail dans les premières décennies du vingt et unième siècle. Premièrement, il y aura moins de jeunes qui se joindront au marché du travail et le taux d'activité des femmes n'augmentera pas aussi vite qu'il ne l'a fait dans le passé, ce qui fait que le marché du travail sera moins encombré. Deuxièmement, suite aux besoins reliés au vieillissement de la population, il devrait y avoir de l'emploi pour les jeunes qui se joindront au marché du travail. Troisièmement, le rythme des changements structurels devrait diminuer dans l'avenir. Le marché du travail de demain, quoique très différent de celui d'aujourd'hui, pourrait donc être caractérisé par une plus grande stabilité.


2000 ◽  
Vol 22 (2) ◽  
pp. 343-355
Author(s):  
Nicole Mosconi

Les femmes ont aujourd’hui plus de chances que les hommes de sortir du système scolaire avec une formation générale. Mais la segmentation du marché du travail entre emplois masculins valorisés et emplois féminins dévalorisés se répercute au niveau du système de formation initiale dans une forte ségrégation des garçons et des filles entre filières et cursus différents (littéraires et tertiaires pour les filles, scientifiques et techniques industriels pour les garçons). La poussée de la scolarisation féminine tend à introduire une division verticale dans le groupe des filles entre celles qui ont un niveau égal ou supérieur au baccalauréat et celles qui ont un niveau inférieur. La manière dont s’organisent les différences de formation professionnelle et d’insertion entre les sexes renvoie aux rapports sociaux de sexe qui sont structurés comme un système de division et de domination entre groupes de sexe.


2005 ◽  
Vol 5 (2) ◽  
pp. 1-6
Author(s):  
Hélène Lee-Gosselin ◽  
Claudine Baudoux

Le thème « Femmes au travail » de ce numéro de Recherches féministess'inscrit dans une perspective de changement social qui s'opère dans les rapports sociaux de sexe, voire dans les catégorisations sociales, tant dans le domaine du travail que dans ses rapports avec le privé. Les articles soulignent une évolution certaine dans les questionnements et les méthodologies de recherches féministes, et proposent un regard nouveau sur des phénomènes de féminisation à partir de professions peu observées jusqu'à présent. Ils proposent aussi des stratégies pour prévenir ou combattre la discrimination systémique présente dans les lieux de travail. Le changement social s'impose comme dénominateur commun entre les articles : raffinement du cadre conceptuel des rapports sociaux de sexe (Daune-Richard et Devreux) ; réversibilité sexuelle de secteurs du marché du travail : féminisation de certaines professions au Québec, comme la médecine (Dufort) et la pharmacie (Collin) ; la féminisation de la main-d’œuvre vieillissante (Bellemare, Poulin-Simon et Tremblay) ; ou la masculinisation des postes de direction dans les établissements d'éducation (Baudoux) ; les représentations de jeunes femmes quant à leurs rôles sociaux dans l'avenir (Lortie-Lussier) ; des propositions pour corriger les grilles servant de base à l'évaluation des emplois (Gaucher).


2004 ◽  
Vol 32 (1) ◽  
pp. 77-105 ◽  
Author(s):  
Susan A. McDaniel

RésuméNécessaire à la décision politique, la prévision des effets qu’aura le vieillissement démographique sur la société doit débrouiller un écheveau de changements économiques, démographiques, politiques et sociaux. Pour comprendre le jeu de ces facteurs, l’auteur analyse, à partir de faits concrets, des transformations socioéconomiques qui, sur fond d’évolution de la pyramide des âges, modulent la relation entre vieillissement et politiques, influençant le rapport à l’activité rémunérée aux divers âges de la vie, les transitions entre études et marché du travail, les visages de la retraite, la productivité du travail, l’équilibre des régimes de retraite, les idées politiques (montée du néolibéralisme, recul du principe de redistribution et de la protection sociale), les formes familiales, la distribution de la richesse. De nombreuses données canadiennes illustrent cet essai.


1975 ◽  
Vol 7 (4) ◽  
pp. 415-425 ◽  
Author(s):  
A Lipietz

La dimension spatiale de l'articulation des modes de production, dans leurs différentes branches, est la constitution d'espaces régionaux inégalement développés. Sur cette base matérielle se développent à leur tour une nouvelle division du travail et de nouveaux schémas d'accumulation, différents selon les régions (‘centres’ ou ‘périphéries’). Au stade du capital monopoliste, celui-ci peut organiser à l'échelle interrégionale des ‘circuits de branche’ profitant au maximum des fractionnements du marché du travail. Cependant la localisation des activités économiques rencontre des contraintes extra-économiques, et notamment la propriété foncière. Non seulement le prix du sol n'est pas un guide suffisant du développement pour l'allocation de l'espace, mais encore la structure juridique de la propriété du sol, garantie des rapports sociaux hérités du passé, fait obstacle aux formes monopolistes d'appropriation de l'espace. C'est à ces deux niveaux que s'impose l'action de l'État dans l'aménagement du territoire.


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