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2021 ◽  
Vol 18 (2) ◽  
pp. 293-303
Author(s):  
Justine Brisson

Bataille, Barthes et Foucault ont envisagé à un moment de leur vie de se soustraire à la communauté politique. Selon eux, la communauté politique — sous la forme élargie (nation, patrie, État, etc.) ou universelle (le genre humain) — ne permet pas la vie différenciée, tant dans ses rythmes que dans ses formes. Tous ont voulu se mettre à distance de la société en cherchant à s’arrimer à de nouvelles communautés, restreintes et électives. Ils ne conçoivent donc pas le retrait comme une voie solitaire. Barthes a fantasmé des communautés idiorrythmiques ; Foucault a réfléchi aux potentielles nouvelles façons de vivre dont les communautés homosexuelles pourraient être porteuses et Bataille s’est essayé à diverses tentatives de communautés secrètes, d’Acéphale au Collège de sociologie. Pourtant, toutes ces tentatives communautaires se sont révélées décevantes, dès lors qu’elles n’étaient plus simple fantasme ou utopie. Nous voudrions montrer que dès l’instant où il y a « calcification » d’une forme commune, il s’ensuit une atteinte au rythme individuel et à l’irréductible singularité que poursuit l’écrivain. Soit la communauté est rattrapée par la norme, ou appelée à se généraliser, et alors elle ne permet plus la vie différenciée. Soit elle est réinvestie par des relations de pouvoirs, et la figure d’un chef finit fatalement par émerger. Soit elle se dissout en l’absence d’une œuvre à produire ou d’une cause commune à laquelle s’arrimer. C’est ce que nous appellerons l’aporie de l’impossible communauté.


2020 ◽  
Vol 78 ◽  
pp. 04007
Author(s):  
Augustin Laëthier
Keyword(s):  

L’interprétation consensuelle des philologues modernes des Catégories d’Aristote, qui voudrait que la catégorie dialectique de la « qualité » corresponde au fondement de la classe grammaticale de l’adjectif, soulève des problèmes interprétatifs. Il s’agit d’interpréter à nouveaux frais les chapitres 1 et 8 de l’ouvrage d’Aristote afin de définir ce que nous appellerons la conception aristotélicienne de l’adjectivité, conception si différente de la nôtre qu’elle ne saurait être interprétée comme l’origine théorique de notre adjectif actuel.


2019 ◽  
Vol 3 (1) ◽  
pp. 56-70
Author(s):  
Michel Duchesneau

L’œuvre du compositeur Maurice Ravel (1875-1937) fait résonner un Orient singulier. Si on y découvre l’ombre scintillante du monde de la pacotille « fin de siècle », on y trouve aussi les couleurs chaudes et rêveuses que la littérature et la peinture ont données à un Orient imaginé depuis plus de deux siècles. Au cours de cet article, nous présenterons quelques aspects de l’œuvre de Ravel qui font appel à une culture de l’Orient basée sur le récit et l’imagination. C’est par un processus d’appropriation très particulier que le compositeur réalise certaines de ses œuvres les plus emblématiques et caractéristiques de ce que nous appellerons un orientalisme « poétique ». Nous puiserons nos exemples musicaux dans Shéhérazade (1903) et Ma Mère l’Oye (1910).


2019 ◽  
Vol 45 (2) ◽  
pp. 343-364
Author(s):  
Aurélien Djian
Keyword(s):  

L’ambition de cet article est double. Il s’agit d’abord de fixer le contexte philosophique qui sous-tend le débat entre Derrida et Marion en 1999, à l’Université de Villanova, et de réviser la perspective qui y est formulée selon laquelle le destin de la phénoménologie est intimement lié à une décision à prendre à l’égard du concept d’horizon : « il n’y a pas de phénoménologie sans horizon », affirme Derrida à Marion, il faut donc la dépasser ; « la dernière étape en vue d’une véritable phénoménologie serait d’abandonner le concept d’horizon », rétorque Marion à Derrida. Cette révision de perspective nous conduira alors, dans un second temps, à restituer, en se servant de l’histoire du concept d’horizon comme fil directeur heuristique, le sens de ce que nous appellerons l’histoire française de l’herméneutique phénoménologique, dont l’unité, par-delà la multiplicité des étiquettes, réside dans le partage d’une même définition de l’activité philosophique, comme tentative de laisser se montrer soi-même à partir de soi-même le phénomène par excellence, et, avec et contre le second Heidegger, d’une même exigence de dépassement de l’horizon, solidaire de la métaphysique moderne de la subjectivité. Le principe d’une telle reconstruction permettra enfin d’envisager la possibilité d’une histoire différenciée des concepts alternatifs de phénoménologie et d’horizon, qui reste à écrire.


2018 ◽  
Vol 5 (1) ◽  
pp. 50-60
Author(s):  
Nicola Bertoldi
Keyword(s):  

La théorie de Darwin est considérée par de nombreux historiens comme une véritable révolution scientifique, raison pour laquelle l’objectif de cet article est précisément de rendre compte des caractères révolutionnaires de cette théorie, dans le cadre d’une conception des révolutions scientifiques empruntée à l’œuvre de Thomas Kuhn. Cela implique, notamment, la définition d’un « paradigme darwinien », à la fois comme matrice disciplinaire et comme solution exemplaire à un problème donné. Dans un tel but, nous définirons la structure et le contenu de la théorie de Darwin, afin de mettre au jour la problématique qui pourrait être à la base d’un « paradigme darwinien », c’est-à-dire le problème de la complexité adaptative du vivant. Nous identifierons ensuite ce qui distinguerait ce paradigme des autres, si bien que le problème de la complexité ne saurait être posé et résolu que dans son cadre. Pour ce faire, nous nous concentrerons sur deux dichotomies : d’une part, celle entre fonctionnalisme et formalisme, d’autre part, celle entre naturalisme et idéalisme. En conclusion, nous mettrons au jour les limites de l’épistémologie kuhnienne pour l’analyse de la théorie de l’évolution, ce qui nous amènera à equisser les contours d’une approche alternative, que nous appellerons « ontologie historique ».


2017 ◽  
Vol 42 (3) ◽  
pp. 13-24
Author(s):  
GUILLAUME PINSON

À Québec et en Louisiane, dans le dernier tiers du xviiie siècle, sont fondés les premiers journaux de langue française d’Amérique du Nord, tandis que le lancement du Journal de Paris en 1777 fait entrer la France dans le temps de la quotidienneté médiatique. Progressivement se constituent, de Paris à Bruxelles et à Genève, de Montréal à la Nouvelle-Orléans en passant par New York, de grands axes de circulation de journalistes, de corpus et d’imaginaires, à la source du premier mouvement de mondialisation médiatique dans sa dimension francophone, qui culmine au milieu du xixe siècle. Ce que nous appellerons la « francosphère médiatique » a ainsi reposé sur des traits culturels et littéraires (par la conscience d’user d’une langue commune prestigieuse — le français — avec ses oeuvres, ses auteurs et ses imaginaires collectifs), historiques (par la dynamique d’une « destinée » commune qui unit les deux façades atlantiques) et technologiques (par le développement des réseaux télégraphiques continentaux, du chemin de fer, des lignes maritimes et, en 1866, du premier câble transatlantique). Cet article posera ainsi l’hypothèse qu’il a existé, au milieu du xixe siècle et au coeur de ce système interconnecté, une littérature-journal de la francophonie qui s’est manifestée poétiquement sous la forme de certains genres journalistiques. Le genre de la chronique en a constitué le pivot central (nous en proposerons la synthèse avec ses grands praticiens, en France, en Belgique et au Québec), mais notre réflexion s’ouvrira également au reportage, qui émerge dans le dernier tiers du siècle de part et d’autre de l’Atlantique, et qui traduit les grandes mutations qui affectent le journalisme avec les nouveaux protocoles de l’écriture de l’information. Notre article se terminera sur les grands éléments poétiques du reportage au Canada français, domaine encore peu fouillé par la recherche, et qui a pourtant vu des journalistes — Lorenzo Prince, Auguste Marion, Jules Fournier ou encore Gilbert Larue — connaître de grands succès populaires.


2017 ◽  
Vol 56 (2) ◽  
pp. 201-211
Author(s):  
Camille Muris-Prime
Keyword(s):  

Dans les lettres dites « du voyant », Rimbaud se donne comme tâche de « trouver une langue » engageant une réflexion sur ce qu'est la langue de création qui s'accompagne dans sa poésie d'une interrogation sur la qualité du matériau poétique qu'est le langage et sur sa forme: celle de la prose. Trouver une langue pour faire de la poésie c'est trouver la forme d'une parole polyphonique et presque polyglotte. Le « je est un autre » de Rimbaud résonne avec la formule de Derrida « Je n'ai qu'une langue mais ce n'est pas la mienne » pour la transformer en: « Je n'est qu'une langue, mais ce n'est pas moi. » La poésie rimbaldienne se définit comme un projet où le je est à la fois multiple et potentiel pour devenir ce « lieu mixte » dont parle Kristin Ross et mettre au point ce que nous appellerons une éthique de la traduction.


2016 ◽  
pp. 165-175
Author(s):  
Valentina Anacleria

Cet article questionne la situation de la littérature au temps de la mondialisation. Le désir du sinologue François Jullien de découvrir s’il y a encore la possibilité d’établir un dialogue entre les cultures — pas en termes d’identité, mais d’écart et de fécondité culturelle — a suscité ma curiosité. Comment la littérature et l’imaginaire des lecteurs sont-ils en train de se modifier ? Notre terrain d’observation privilégié sera celui de ce que nous appellerons l’écriture migrante, lorsque les écrivains immigrés utilisent la langue du pays d’accueil pour écrire leurs histoires. Ce sujet, à son tour, conduit aux questions du canon littéraire, de l’intertextualité et de l’interprétation comme base lexicale pour la réécriture d’un nouveau réseau de mots-clés de la littérature, à l’époque de la postmodernité.


2015 ◽  
Vol DMTCS Proceedings, 27th... (Proceedings) ◽  
Author(s):  
Rachel Karpman

International audience A <i>parametrization</i> of a positroid variety $\Pi$ of dimension $d$ is a regular map $(\mathbb{C}^{\times})^{d} \rightarrow \Pi$ which is birational onto a dense subset of $\Pi$. There are several remarkable combinatorial constructions which yield parametrizations of positroid varieties. We investigate the relationship between two families of such parametrizations, and prove they are essentially the same. Our first family is defined in terms of Postnikov’s <i>boundary measurement map</i>, and the domain of each parametrization is the space of edge weights of a planar network. We focus on a special class of planar networks called <i>bridge graphs</i>, which have applications to particle physics. Our second family arises from Marsh and Rietsch’s parametrizations of Deodhar components of the flag variety, which are indexed by certain subexpressions of reduced words. Projecting to the Grassmannian gives a family of parametrizations for each positroid variety. We show that each Deodhar parametrization for a positroid variety corresponds to a bridge graph, while each parametrization from a bridge graph agrees with some projected Deodhar parametrization. Soit $\Pi$ une variété positroïde. Nous appellerons <i>paramétrisation</i> toute application régulière $(\mathbb{C}^{\times})^{d} \rightarrow \Pi$ qui est un isomorphisme birégulier sur un sous-ensemble dense de $\Pi$. On sait que plusieurs constructions combinatoires donnent des paramétrisations intéressantes. Le but du présent article est d’investiguer deux familles de telles paramétrisations et de montrer, essentiellement, qu’elles coïncident. La première famille trouve son origine dans la <i>fonction de mesure des bords</i> de Postnikov. Le domaine de chaque paramétrisation est en ce cas-ci l’ensemble de poids des arêtes d’un réseau planaire pondéré. Nous nous concentrons sur une classe particulière de réseaux planaires, les <i>graphes de ponts</i>, ayant des applications à la physique subatomique. La deuxième famille provient des paramétrisations de Marsh et de Rietsch des composantes de Deodhar (indexées par certaines sous-expressions de mots réduits de permutations) de la variété de drapeaux. On obtient alors des paramétrisations de cellules de positroïdes en appliquant la projection à la grassmannienne. Nous montrons que chaque paramétrisation de Deodhar correspond à un graphe de ponts; d’autre part, chaque paramétrisation provenant d’un graphe de ponts s’accorde avec quelque paramétrisation de Deodhar.


2014 ◽  
Vol 1 (1) ◽  
pp. 30-47
Author(s):  
Gilles Mossière

Dans cet article, nous déchiffrons le début de la littérature de l’himalayisme à travers une analyse de Mont Everest (1942) de Joseph Peyré, et étudions comment ce roman s’articule sur un certain nombre de publications précédentes : entre autres, récits des premières expéditions britanniques à l’Everest, textes de David-Néel, et Matterhorn (1939) également de Peyré, puisque l’un des personnages principaux, le guide suisse Jos-Mari, figure aussi dans Mont Everest.Notre étude s’appuie sur la notion de « complexe scientifico-ludique » développée par Nicolas Giudici dans La Philosophie du mont Blanc (2000) et qui se définit comme le fondement du regard occidental sur la montagne depuis la fin du XVIIIesiècle. Nous examinons comment les aspects mystiques traditionnellement associés aux montagnes himalayennes entrent en rapport, et en conflit, avec ce « complexes cientifico-ludique », et finissent par définir ce que nous appellerons un « complexe mystico-ludique ».


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