scholarly journals L’horizon et le destin de la phénoménologie

2019 ◽  
Vol 45 (2) ◽  
pp. 343-364
Author(s):  
Aurélien Djian
Keyword(s):  

L’ambition de cet article est double. Il s’agit d’abord de fixer le contexte philosophique qui sous-tend le débat entre Derrida et Marion en 1999, à l’Université de Villanova, et de réviser la perspective qui y est formulée selon laquelle le destin de la phénoménologie est intimement lié à une décision à prendre à l’égard du concept d’horizon : « il n’y a pas de phénoménologie sans horizon », affirme Derrida à Marion, il faut donc la dépasser ; « la dernière étape en vue d’une véritable phénoménologie serait d’abandonner le concept d’horizon », rétorque Marion à Derrida. Cette révision de perspective nous conduira alors, dans un second temps, à restituer, en se servant de l’histoire du concept d’horizon comme fil directeur heuristique, le sens de ce que nous appellerons l’histoire française de l’herméneutique phénoménologique, dont l’unité, par-delà la multiplicité des étiquettes, réside dans le partage d’une même définition de l’activité philosophique, comme tentative de laisser se montrer soi-même à partir de soi-même le phénomène par excellence, et, avec et contre le second Heidegger, d’une même exigence de dépassement de l’horizon, solidaire de la métaphysique moderne de la subjectivité. Le principe d’une telle reconstruction permettra enfin d’envisager la possibilité d’une histoire différenciée des concepts alternatifs de phénoménologie et d’horizon, qui reste à écrire.

2017 ◽  
Vol 56 (2) ◽  
pp. 201-211
Author(s):  
Camille Muris-Prime
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Dans les lettres dites « du voyant », Rimbaud se donne comme tâche de « trouver une langue » engageant une réflexion sur ce qu'est la langue de création qui s'accompagne dans sa poésie d'une interrogation sur la qualité du matériau poétique qu'est le langage et sur sa forme: celle de la prose. Trouver une langue pour faire de la poésie c'est trouver la forme d'une parole polyphonique et presque polyglotte. Le « je est un autre » de Rimbaud résonne avec la formule de Derrida « Je n'ai qu'une langue mais ce n'est pas la mienne » pour la transformer en: « Je n'est qu'une langue, mais ce n'est pas moi. » La poésie rimbaldienne se définit comme un projet où le je est à la fois multiple et potentiel pour devenir ce « lieu mixte » dont parle Kristin Ross et mettre au point ce que nous appellerons une éthique de la traduction.


1975 ◽  
Vol 27 (4) ◽  
pp. 819-826 ◽  
Author(s):  
Mikhail Dez
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Soit L un groupe abélien élémentaire d'ordre pn (p est un premier, n est un entier positif). Soient (a) le groupe cyclique d'élément a ∈ L, \A\\e nombre des éléments de l'ensemble A ᑕ L. Nous appellerons l'ensemble B ᑕ L racine du groupe L si pour tout a, {0} 9 ≠ a ∈ L, il existe b1, b2 ∈ B (b1 ≠ b2) tels que b 1 b2 ∈ (a). (A ce propos, il est évident que si B est une racine de L, l'ensemble Bst* = {bi* = sbi + t/bi ∈ B}, où sont donnés s, t ∈ L, (s) ≠ (0), (c'est-à-dire Bst* est le résultat de l'affinité de B) est également racine de L.) Nous appellerons la racine B minimum et désignerons |B| par β (L) si tout autre racine contient au minimum |B| éléments. Voici les exemples de racines minimum du L pour L = F2n, n = 1, 2, 3, 4, 5 et pour L = F33:


2015 ◽  
Vol DMTCS Proceedings, 27th... (Proceedings) ◽  
Author(s):  
Rachel Karpman

International audience A <i>parametrization</i> of a positroid variety $\Pi$ of dimension $d$ is a regular map $(\mathbb{C}^{\times})^{d} \rightarrow \Pi$ which is birational onto a dense subset of $\Pi$. There are several remarkable combinatorial constructions which yield parametrizations of positroid varieties. We investigate the relationship between two families of such parametrizations, and prove they are essentially the same. Our first family is defined in terms of Postnikov’s <i>boundary measurement map</i>, and the domain of each parametrization is the space of edge weights of a planar network. We focus on a special class of planar networks called <i>bridge graphs</i>, which have applications to particle physics. Our second family arises from Marsh and Rietsch’s parametrizations of Deodhar components of the flag variety, which are indexed by certain subexpressions of reduced words. Projecting to the Grassmannian gives a family of parametrizations for each positroid variety. We show that each Deodhar parametrization for a positroid variety corresponds to a bridge graph, while each parametrization from a bridge graph agrees with some projected Deodhar parametrization. Soit $\Pi$ une variété positroïde. Nous appellerons <i>paramétrisation</i> toute application régulière $(\mathbb{C}^{\times})^{d} \rightarrow \Pi$ qui est un isomorphisme birégulier sur un sous-ensemble dense de $\Pi$. On sait que plusieurs constructions combinatoires donnent des paramétrisations intéressantes. Le but du présent article est d’investiguer deux familles de telles paramétrisations et de montrer, essentiellement, qu’elles coïncident. La première famille trouve son origine dans la <i>fonction de mesure des bords</i> de Postnikov. Le domaine de chaque paramétrisation est en ce cas-ci l’ensemble de poids des arêtes d’un réseau planaire pondéré. Nous nous concentrons sur une classe particulière de réseaux planaires, les <i>graphes de ponts</i>, ayant des applications à la physique subatomique. La deuxième famille provient des paramétrisations de Marsh et de Rietsch des composantes de Deodhar (indexées par certaines sous-expressions de mots réduits de permutations) de la variété de drapeaux. On obtient alors des paramétrisations de cellules de positroïdes en appliquant la projection à la grassmannienne. Nous montrons que chaque paramétrisation de Deodhar correspond à un graphe de ponts; d’autre part, chaque paramétrisation provenant d’un graphe de ponts s’accorde avec quelque paramétrisation de Deodhar.


2020 ◽  
Vol 78 ◽  
pp. 04007
Author(s):  
Augustin Laëthier
Keyword(s):  

L’interprétation consensuelle des philologues modernes des Catégories d’Aristote, qui voudrait que la catégorie dialectique de la « qualité » corresponde au fondement de la classe grammaticale de l’adjectif, soulève des problèmes interprétatifs. Il s’agit d’interpréter à nouveaux frais les chapitres 1 et 8 de l’ouvrage d’Aristote afin de définir ce que nous appellerons la conception aristotélicienne de l’adjectivité, conception si différente de la nôtre qu’elle ne saurait être interprétée comme l’origine théorique de notre adjectif actuel.


1963 ◽  
Vol 2 (3) ◽  
pp. 352-355 ◽  
Author(s):  
Paul Johansen

Le calcul de la prime de l'assurance Incendie des bâtiments se trouve compliqué par le fait qu'il doit tenir compte, non seulement du bâtiment assuré, mais également des immeubles voisins.Si deux bâtiments sont suffisamment éloignés, le risque qu'un incendie se propage de l'un à l'autre est minime, mais le risque de contiguïté, et par conséquent d'incendie total, est d'autant plus grand que leur distance est plus faible.La mesure dans laquelle le risque de contiguïté doit être retenu pour la tarification est un des problèmes les plus importants que l'Actuaire a à résoudre en assurance Incendie.Pour qu'un incendie puisse s'étendre à d'autres bâtiments, le feu doit embrasser d'abord les éléments extérieurs du bâtiment assuré, c'est-à-dire les murs, la cheminée, la toiture ou les constructions en bois attenantes. Nous appellerons de tels incendies: incendies extérieurs par opposition à incendies intérieurs qui n'embrassent que le contenu du bâtiment et les aménagements intérieurs.Par risque propre d'un bâtiment nous entendons l'indemnité moyenne annuelle de sinistre, sous la condition que ce bâtiment ne soit pas exposé au risque de contiguïté d'autres immeubles.Le risque propre se divise en une fraction qui concerne les incendies intérieurs et une autre fraction concernant les incendies extérieurs, Le deuxième terme Re peut être exprimé par le produit de la probabilité d'un incendie extérieur et de l'indemnité moyenne de cet incendie, soit Les éléments de ce risque propre peuvent être observés pour différents groupes de risques, c'est-à-dire chaque groupe comprenant des bâtiments d'un même genre, par exemple en ce qui concerne leur construction, leur dimension ou leur destination.


2016 ◽  
pp. 165-175
Author(s):  
Valentina Anacleria

Cet article questionne la situation de la littérature au temps de la mondialisation. Le désir du sinologue François Jullien de découvrir s’il y a encore la possibilité d’établir un dialogue entre les cultures — pas en termes d’identité, mais d’écart et de fécondité culturelle — a suscité ma curiosité. Comment la littérature et l’imaginaire des lecteurs sont-ils en train de se modifier ? Notre terrain d’observation privilégié sera celui de ce que nous appellerons l’écriture migrante, lorsque les écrivains immigrés utilisent la langue du pays d’accueil pour écrire leurs histoires. Ce sujet, à son tour, conduit aux questions du canon littéraire, de l’intertextualité et de l’interprétation comme base lexicale pour la réécriture d’un nouveau réseau de mots-clés de la littérature, à l’époque de la postmodernité.


2005 ◽  
Vol 15 (2-3) ◽  
pp. 313-334
Author(s):  
René Carpentier ◽  
Claire Chamberland ◽  
Louise Laliberté ◽  
Marc Rainville ◽  
Nicole Gagnon

Aborder la réalité universitaire sous l'angle de la fonctionnalité suppose une mise en perspective de l'univers de la formation académique avec celui du marché du travail. Du côté de la formation, nous pouvons identifier provisoirement deux dimensions: l'acquisition des connaissances académiques proprement dites à travers la relation pédagogique, que nous appellerons le « savoir-science » ; l'acquisition d'un autre type de savoir, plus diffus, originant du contexte culturel de l'étudiant en cours de formation, que nous appellerons le « savoir-culture ». En postulant ainsi deux types de formation, nous pouvons poser le problème de la fonctionnalité en formulant l'hypothèse suivante: la formation académique du sociologue serait non fonctionnelle dans la mesure où le savoir-culture serait davantage utile sur le marché du travail. Distinguant, en outre, une fonctionnalité réelle, utilitaire, et une fonctionnalité symbolique, nous pouvons développer cette hypothèse en quatre hypothèses spécifiques : — le savoir-science n'a pas de fonctionnalité réelle parce que le rôle du sociologue dans la société n'est pas défini; — le savoir-science a une fonctionnalité symbolique pour autant qu'il sert de justification au poste occupé et au savoir-culture; — le savoir-culture a une fonctionnalité symbolique pour autant qu'il sert à s'imposer dans les relations sociales inhérentes au travail; — le savoir-culture a une fonctionnalité réelle puisqu'il est utilisé pour donner un aspect sociologique de surface aux travaux du sociologue, ce qui permet à celui-ci de légitimer son titre et la qualification de son travail. À la limite, l'université ne servirait-elle au sociologue qu'à devenir capable de se légitimer sur le marché du travail?


2007 ◽  
Vol 8 (3) ◽  
pp. 53-73
Author(s):  
Richard Magnan
Keyword(s):  

RÉSUMÉ Tel qu'il est conçu dans le discours théorique, le film est généralement considéré comme une entité abstraite, dont la copie et les conditions de projections sont sous-entendues comme étant idéales. Le film dont il est question dans l'analyse correspondrait ainsi à ce qu'on appellera le film-type, le film comme énoncé pris indépendamment des conditions de son énonciation (sa projection ou son visionnement). Dans cet article, il sera plutôt question du film comme support fondamentalement temporel, pris dans les circonstances concrètes de son énonciation et soumis aux conditions d'altération, de transformation, de détérioration, que de nombreux facteurs (à commencer par l'usure du temps) imposent à la matérialité même de ce que nous appellerons le film-token.


Africa ◽  
1954 ◽  
Vol 24 (4) ◽  
pp. 337-348 ◽  
Author(s):  
Luc de Heusch

Opening ParagraphLes Hamba appartiennent à la grande ethnie mongo du Congo belge. Étroitement apparentés aux Tetela, avec lesquels ils traversèrent le Lomami, ils habitant une zone forestière englobant le nord-ouest du Territoire de Katako-Kombe et la partie centrale du Territoire de Lomela. Les communautés indepéndantes qu'ils ont constituées, sont toutes dépourvues d'autorité centrale. Je séjournai principalement chez les Djumbusanga (Secteur Otitu, Territoire de Katako-Kombe). Cette communauté compte environ 2.600 âmes, réparties en 14 villages. Quatre lignages patrilinéaires, dont la profondeur généalogique varie de 8 à 10 générations, sont issus de l'ancêtre éponyme Djumbusanga; nous les appellerons lignages maximaux. Étudions brièvement le processus de fragmentation de l'un de ceux-ci, le lignage maximal Nanalungu. A l'ancêtre Nanalungu se rattachent quatre lignages secondaires; deux de ceux-ci forment aujourd'hui chacun un village, les deux autres composent une seule agglomeration. Mais le groupe residentiel correspondait jadis a une division plus petite du lignage maximal, placée sous l'autorité théorique de l'aîné investi, c'est à dire du successeur en ligne paternelle de l'ancêtre fondateur. II ne constituait guère plus qu'un hameau. Nous appellerons ces anciennes unités résidentielles ‘lignages minimaux’. Il faut souligner qu'aucune des divisions de la grande ‘famille’ Djumbusanga, que nous isolons pour les besoins de l'analyse, n'est désignée par un nom particulier. Un groupe de descendance patrilinéaire, quel qu'il soit, est un ‘ventre’ (otema). Dans le lignage maximal Nanalungu, les lignages issus du même ancêtre immediat se sont groupés il y a quelques années, à l'instigation de l'Administration, désireuse de traiter avec des groupes humains plus denses. Ces lignages minimaux présentent aujourd'hui une profondeur généalogique variant de cinq à huit générations. Normalement le lignage se développe sans cesse par scissiparité. L'autorité de l'aîné investi (nkum'ekanga) dans le lignage minimal est trés lâche.


1957 ◽  
Vol 11 ◽  
pp. 151-160 ◽  
Author(s):  
Makoto Ohtsuka
Keyword(s):  

D’abord nous définissons les ensembles de Cantor généralisés. Soient k1, k2, … des nombres entiers supérieurs à 1 et soient p1, p2, … des nombres finis quelconques également supérieurs à 1. On pose lq=l/(kqpq). Soit I un intervalle de longueur d > 0. On enlève de I (kq — l) intervalles de même longueur tels qu’il reste kq intervalles de même longueur lqd. On appelle cette opération la q-opération appliquée à I. On commence par appliquer l’1-opération à [0,1], on applique la 2-opération à chacun des intervalles qui restent, puis on applique la 3-opération à chacun des intervalles qui restent, et ainsi de suite. On appellera l’ensemble limite restant un ensemble de Cantor généralisé dans E1 et le notera F = F(kq, pq). Notre définition dans En = {(x1, …, xn)}, l’espace euclidien à n dimensions (n ≧ 2), est la suivante: Soit un ensemble de Cantor généralisé défini sur l’axe de xj; nous appellerons l’ensemble produit F = F1 × … × Fn un ensemble de Cantor généralisé dans En (n ≧ 2). II sera appelé symétrique si F1 = … =Fn.


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