scholarly journals Paris entre l’admiration et la pauvreté : Des traces d’une écrivaine japonaise des années 1930

2018 ◽  
Vol 37 (1) ◽  
Author(s):  
Hiromi Takahashi

Une admiration profonde pour la France s’est répandue au Japon avant la Première Guerre mondiale et, depuis, la France et en particulier Paris sont restés des lieux uniques, admirés, visités et décrits par de nombreux peintres et hommes de lettres japonais. L’image de Paris est établie depuis longtemps dans le monde littéraire et artistique japonais, mais renouvelée continuellement. Quelle est la spécificité de Paris en tant que « ville de lettres » dans l’imaginaire littéraire japonais ? Pour quelles raisons cette ville incite-t-elle toujours les Japonais et (surtout) les Japonaises à s’y rendre, à la poursuite d'un lieu imaginé et insaisissable, y ajoutant des nouveaux éléments au fil de leurs propres pas ? Pour aborder cette question, nous montrons la spécificité de Paris pour les femmes japonaises à travers le témoignage avant-coureur de Hayashi Fumiko, écrivaine très connue du grand public au Japon depuis les années 1930 qui nous a laissé un récit détaillé de son voyage à Paris en 1931. Son témoignage, unique en son époque, nous entraînera sur les traces de sa vie réelle et de son univers de fiction, et nous permettra de brosser le portrait d’une pionnière des femmes voyageuses. Il nous montrera aussi l’emprise d’une France idéalisée par le regard des écrivains et artistes sur l’imaginaire des Japonais, à tel point qu’un voyage à Paris est, pour eux, presque toujours la recherche d’un lieu rêvé, sublimé par la parole des écrivains à qui ils emboîtent le pas. Il s’agit en somme d’un véritable « tourisme littéraire », dans lequel les lieux sont indissociables des mots, toujours vivants, que les pionniers comme Fumiko y sont attaché.

2015 ◽  
Vol 30 (S2) ◽  
pp. S88-S88
Author(s):  
C. Larcanché-Noël

Cette question laisserait entrevoir la possible spécificité de l’art-thérapie au regard d’indications particulières… À chaque institution, son type de publics, son type de prise en charge et de là son type d’art-thérapeutes et artthérapies… Cela correspond-t-il à une réalité, à un besoin ou seulement à un mythe ? Si notre propos n’est pas de définir les besoins de ces nombreuses structures, ce qui serait une entreprise bien présomptueuse, nous pouvons toutefois cerner les grandes lignes d’une réalité de terrain et de son offre de formation en matière d’artthérapies. C’est évidemment la grande diversité des publics et des institutions les accompagnant qui rend sensible cette question de la formation des professionnels art-thérapeutes. Faut-il une formation spécifique, une spécialisation dans la spécialisation que représente déjà l’art-thérapie, pour travailler en psychiatrie, ou en Ehpad, ou ailleurs ? Quels types de connaissances sont-ils requis dans tous ces cas si nombreux que l’art-thérapeute est susceptible de rencontrer dans son parcours professionnel ? Loin d’ignorer ces savoirs spécifiques, nous nous demanderons d’abord « qui est l’art-thérapeute », et quelles qualités humaines et sensibles il doit présenter ? De quoi a-t-il besoin pour exercer et pour qui ? Quels moyens les formations mettent-elles ou non en œuvre ? Quelle idée de l’art-thérapie et quelle idée de la formation des art-thérapeutes véhiculent l’ensemble des professionnels, mais aussi des médias et du grand public ? Il n’est pas rare d’entendre qu’il existe autant d’art-thérapies qu’il y a d’art-thérapeutes… Nous pourrions ajouter : autant d’art-thérapies qu’il y a de formations d’art-thérapeutes… Alors faut-il former des art-thérapeutes, et pour qui, pour quoi ? Si oui, se pose la question du « comment former ces nouveaux professionnels ». Nous tenterons de développer ces différentes pistes de réflexion avec notre regard d’art-thérapeute, de notre place de dirigeante d’un centre de formation en art-thérapie pluriexpressionnelle.


2018 ◽  
Vol 27 (3) ◽  
pp. 670-681
Author(s):  
Nicolas Belorgey

Résumé La Nouvelle Gestion Publique (NGP) peut être définie comme un ensemble de pratiques et d’idées visant à importer dans le secteur public les méthodes de travail du secteur privé. Qu’advient-il, dans ce contexte, des agents publics, chargés de mettre en œuvre les politiques publiques, ceux dont les pratiques quotidiennes sont directement visées par cette volonté de transformation ? Pour répondre à cette question, nous utilisons des observations, entretiens et questionnaires réalisés dans le cadre d’une thèse sur les hôpitaux français dans les années 2000. Nous montrons qu’il y a bien différenciation au sein des professions de santé, mais que la NGP se heurte à l’opposition des segments dominants de celles-ci, tandis que les segments dominés composent davantage avec elle notamment parce qu’ils ont moins les moyens de lui résister.


2019 ◽  
Vol 13 (3-4) ◽  
pp. 156-163
Author(s):  
M. Reich ◽  
C. Lemogne ◽  
S. Dauchy

Les théories profanes émises par les patients et certains ouvrages destinés au grand public alimentent l’idée que le stress psychologique peut influencer le risque de survenue de cancer. Les études consultées sur cette question semblent donner des résultats contradictoires. D’un côté, ces théories peuvent sembler étayées par les résultats d’études expérimentales portant sur les corrélats physiologiques du stress sur des voies neuro-immunoendocrinologiques (perturbations immunitaires, altération de l’axe hypothalamohypophyso- surrénalien), métaboliques et cellulaires (stress oxydatif, dégénérescence cellulaire) pouvant être impliquées dans la tumorigenèse. De l’autre, les études épidémiologiques prospectives fondées sur une méthodologie robuste ne trouvent généralement pas d’association entre exposition au stress et développement ultérieur d’un cancer. Par ailleurs, les méta-analyses suggèrent l’existence de biais de publication pouvant surestimer le poids des études « positives ». Quand bien même une association est retrouvée, le caractère observationnel des études épidémiologiques et donc la possibilité de facteurs de confusion empêchent d’établir un lien de causalité entre l’exposition au stress et un risque majoré de cancer. En ce qui concerne les mécanismes d’une éventuelle relation causale directe, il faut souligner la difficulté d’extrapoler à l’être humain des résultats obtenus chez d’autres animaux, et s’assurer de bien prendre en compte la présence de facteurs comportementaux confondants ou médiateurs comme une mauvaise hygiène de vie alimentaire, la consommation de tabac et d’alcool, les expositions professionnelles, etc. Selon les recommandations du National Cancer Institute (NCI, 2012), les connaissances actuellement disponibles ne permettent pas d’établir un lien de causalité entre stress et augmentation du risque de cancer. Si le professionnel de soin psychique ne doit donc pas cautionner ce lien hypothétique au risque de culpabiliser le patient, il gardera à l’esprit, d’une part, que le cancer peut en revanche générer un stress bien réel au quotidien chez les patients atteints par cette maladie et, d’autre part, que ces théories « profanes » peuvent parfois témoigner d’un mécanisme de défense contre ce stress.


2013 ◽  
Vol 23 (1) ◽  
pp. 135-149 ◽  
Author(s):  
JACQUELINE BILLIEZ ◽  
LAURENCE BUSON
Keyword(s):  

RÉSUMÉL'hypothèse d'une diglossie française est-elle une voie opérante pour analyser et développer les compétences linguistiques de locuteurs, enfants ou adultes, francophones? Cet article se propose d'apporter des éclairages sociolinguistiques sur cette question aujourd'hui largement discutée, en linguistique comme en didactique du français.Notre contribution articule plusieurs arguments pouvant appuyer, nuancer, voire contredire le bien-fondé de cette approche, dans une perspective à la fois sociolinguistique, psycholinguistique, et didactique.En confrontant la perspective diglossique à la réalité des pratiques stylistiques d'enfants et d'adultes sur la base d'un corpus de données recueillies en situations formelles et informelles, nous montrons combien il est délicat d'aborder la variation en termes dichotomiques si l'on envisage l'ensemble des niveaux linguistiques engagés dans la communication et pas seulement quelques variables isolées caractéristiques de deux extrêmes du continuum stylistique.


Author(s):  
Maarouf Ramadan ◽  
Nadine Levratto

Résumé Alors que la mondialisation pousse les entreprises et les États à construire leur croissance en dehors du cadre national, cet article vise à mettre en évidence les modalités de l’internationalisation des PME libanaises. À partir des analyses théoriques de cette question proposées par la théorie incrémentale (Uppsala), la théorie des réseaux et la théorie économique (IDE), est construit un protocole d’enquête permettant d’apprécier les modalités d’insertion d’un échantillon de PME dans les échanges internationaux. Nous montrons que les formes d’internationalisation observées sont diversifiées sur le plan des modalités et des stratégies mises en oeuvre. La section 1 propose une revue de littérature sur les trois théories de l’internationalisation qui conditionnent le questionnement empirique. La section 2 décrit le contexte libanais qui sert de toile de fond à l’analyse factuelle à partir duquel nous construisons un cadre conceptuel de l’internationalisation des PME. La section 3 présente les résultats ainsi qu’une discussion.


1979 ◽  
Vol 12 (3) ◽  
pp. 451-470
Author(s):  
Terrence J. Levesque ◽  
Kenneth H. Norrie
Keyword(s):  

Les majorités écrasantes de l'Assemblée législative albertaineOn s'interroge sur le phénomène des majorités écrasantes de l'Assemblée législative albertaine. Ce cas présente un intérêt particulier dans la mesure oû il semble contredire les prédictions du principe de proportionnalité de la théorie de la victoire par une coalition minimale. Nous tentons de démontrer que le comportement des électeurs et des partis politiques de l'Alberta est assez compatible avec la notion de comportement politique rationnel. Nous montrons également que l'on peut donner une image plus rigoureuse et plus satisfaisante de l'histoire électorate de cette province que l'on ne l'a fait jusqu'ici en situant les résultats électoraux dans un modèle approprié.Nous résumons la documentation sur cette question puis nous présentons le concept de comportement politique rationnel. Ensuite nous développons une variante du modèle en tenant compte de la situation particulière de l'Alberta. Notre modèle nous indique la dimension de la majorité gagnante en tant que fonction des différentes variables retenues. En dernier lieu nous vérifions empiriquement notre hypothèse.


2009 ◽  
Vol 15 (2) ◽  
pp. 233-245 ◽  
Author(s):  
David Sankoff ◽  
Sylvie Mainville
Keyword(s):  

Résumé Comment peut-on combiner les grammaires de deux langues afin de construire un modèle du comportement des bilingues? Plus spécifiquement, est-ce possible de trouver un modèle de l’alternance de langue qui est soumise à la contrainte d’équivalence sur l’ordre des mots? Nous répondons à cette question au niveau formel, en nous servant de grammaires indépendantes du contexte qui rendent compte du comportement unilingue et du comportement bilingue. Notre solution satisfait à plusieurs conditions qui portent sur l’identification de la langue à assigner aux constituants de la phrase. Nous montrons comment adapter la théorie des grammaires probabilistes à la prédiction de la fréquence de points d’alternance possibles dans une situation donnée de bilinguisme et nous l’appliquons à quelques paires de langues qui diffèrent entre elles par rapport à l’ordre des mots.


2006 ◽  
Vol 42 (2) ◽  
pp. 25-45
Author(s):  
Isabelle Décarie

Quand Sophie Calle explique dans En finir pourquoi ce projet fut un échec, elle écrit que les images qu’on lui avait fournies « ne se suffisaient pas à elles-mêmes. En montrant des photos trouvées sans apport vécu de ma part, je ne collais pas à mon propre style. » Pour elle, le texte manquait, « ce texte, poursuit-elle, qui me colle à la peau ». En partant de cette affirmation, nous nous proposons de relire et de revoir certaines oeuvres de Sophie Calle afin de les confronter à cette question du style et du texte-peau qui vient à manquer. Sophie Calle, qui ne semble pas croire aux métaphores, entretient un rapport aplani à la réalité où la limite entre le propre et le figuré n’existe pas. Nous montrons comment cette façon de voir le monde influence le contact entre écriture, peinture et photographie dans ses oeuvres. En relisant ses filatures, en analysant son rapport aveugle à la peinture et ses tentatives d’épuiser tout sentiment dans ses deux derniers livres, nous expliquons comment le rapport texte/image est chaque fois défini par l’absence d’un « déboîtement » (Roland Barthes) entre les deux, offrant très peu d’espace au commentaire et au rêve du lecteur.


2013 ◽  
Vol 36 (3) ◽  
pp. 205-222 ◽  
Author(s):  
Olivier Wathelet

Le statut épistémique des odeurs occupe une place à part dans la littérature scientifique, en particulier en psychologie cognitive et au sein de l’anthropologie des sens. À partir d’une enquête ethnographique conduite en France et en Belgique francophone, nous montrons les limites d’une conception dominante de ces travaux qui consiste à trier les expériences olfactives dans le cadre d’un clivage hédonique, bonnes et mauvaises odeurs s’opposant d’un point de vue affectif, cognitif et normatif. Prenant appui sur une démarche d’ethnographie cognitive des perceptions consistant à étudier les odeurs en tant que résultat d’un processus de jugement dont on peut étudier le déploiement en tant qu’activité mentale située, nous montrons dans un premier temps la place qu’occupent les « mauvaises odeurs » corporelles dans l’intimité de nos informateurs. Puis nous présentons les odeurs oxymorons qui sont jugées à la fois bonnes et mauvaises. Ces deux cas illustrent les limites d’une analyse des odeurs en termes de clivage hédonique. Au-delà de cette question spécifique, nous proposons une analyse ethnographique des jugements cognitifs au coeur de l’intime comme cadre pour le développement de l’anthropologie des sens, et un rapprochement vis-à-vis des travaux de la psychologie cognitive dans ce domaine.


2006 ◽  
Vol 31 (3) ◽  
pp. 659-686 ◽  
Author(s):  
Gérard Sensevy ◽  
Dominique Forest ◽  
Stéphanie Barbu

Résumé Comment peut-on comprendre et caractériser la communication non verbale, en classe, dans ses effets didactiques ? L’article qui suit s’efforce de développer, dans une perspective exploratoire, une approche spécifique de cette question. À partir d’une étude de cas, l’action du professeur est décrite dans un cadre théorique produit en référence à des notions empruntées à la didactique des mathématiques, et qui intègre des perspectives proxémiques. Pour rendre compte de la manière dont un professeur peut utiliser des ressources proxémiques dans la communication didactique, nous élaborons la notion de consonance/dissonance proxémique, et nous montrons comment une telle notion s’insère dans la théorie du contrat didactique, tout en la prolongeant.


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