scholarly journals Quelle théorie critique des structures sociales du capitalisme avancé?

2011 ◽  
pp. 113-132 ◽  
Author(s):  
Éric Pineault

Nous proposons une délimitation de la structure sociale du « capitalisme avancé » par le biais d’une demarche « idéaltypique ». Nous commençons par une critique des limites et apports de quelques approches marxistes et néomarxistes du capitalisme contemporain, en particulier des variantes « expressionnistes » et régulationnistes. L’objectif de cette première section est de faire un tri parmi les catégories fondamentales de Marx afin de dégager les propriétés qui relèvent du noyau dur et invariant des rapports sociaux capitalistes. Ensuite nous abordons l’idéaltype du capitalisme avancé à travers l’examen de trois institutions qui le caractérisent et le différencient du capitalisme de la modernité classique. Ces structures institutionnelles sont la forme « corporative » de l’entreprise, le capital financier et le salariat. Chaque forme fait l’objet d’une analyse qui souligne l’apport des travaux institutionnalistes récent à la compréhension de cette structure. L’argument conclu sur la dynamique de « massification » qui caractérise le mouvement d’ensemble du capitalisme avancé depuis un siècle.

2015 ◽  
Vol 68 (3-4) ◽  
pp. 301-324
Author(s):  
Maude Flamand-Hubert

Dans cet article, nous proposons une incursion dans l’univers des sensibilités entretenues à l’égard du territoire, en nous attardant aux représentations véhiculées par les discours tenus sur la forêt dans les oeuvres littéraires produites au cours de la première moitié du XXe siècle. Le travail mené ici propose une lecture des oeuvres littéraires comme discours articulé au contexte social, culturel, politique et économique d’expansion territoriale et se veut une première esquisse des possibilités de décloisonner ces univers interdépendants. Dans un environnement intellectuel où la forêt semble immobilisée entre la domination d’une idéologie tournée vers la terre et l’essor des sciences, en introduisant la forêt dans leurs oeuvres, les auteurs engagent un dialogue collectif sur la place qu’occupe celle-ci dans la société, et par extension plus largement sur les rapports sociaux entretenus au territoire. Les oeuvres littéraires permettent de saisir qu’à l’instar des actions menées par l’État, l’appropriation du territoire se présente comme un geste collectif multidimensionnel.


1996 ◽  
Vol 51 (6) ◽  
pp. 1325-1346 ◽  
Author(s):  
José Maria Cardesin Díaz

Cet article adopte une perspective interdisciplinaire : il aborde un problème classique de l'historiographie contemporaine — la structure sociale de l'Espagne rurale — en utilisant les théories et les méthodes de l'anthropologie et de la sociologie rurales. Il met à profit ses conclusions pour analyser des problèmes généraux, notamment la nature de la structure et du changement social. Le cadre de ce travail est la Galice rurale au 19e siècle. Nous proposons pour la seconde moitié du siècle un modèle général de classification en quatre groupes sociaux: les riches, les labradores, les caseiros et les camareiras.


2011 ◽  
Vol 14 (2) ◽  
pp. 283-297 ◽  
Author(s):  
Junia de Vilhena ◽  
Ana Cleide Guedes Moreira ◽  
Joana de Vilhena Novaes ◽  
Maria Inês Garcia de Freitas Bittencourt

Cet article propose une discussion sur le travail psychanalytique dans des communautés économiquement défavorisées. Face à des patients présentant des agencements subjectifs très différents de ceux qui ont originairement fait l´objet de la théorie psychanalytique, nous proposons d´utiliser le concept de confusion de langues de Ferenczi pour penser les problèmes posés par les différents modèles qui guident les rapports sociaux en jeu dans des sociétés très sélectives, de façon à mettre en relief les différentes dimensions de la souffrance psychique, en particulier la dimension psycho-sociale.


2002 ◽  
Vol 4 (1) ◽  
pp. 101-120 ◽  
Author(s):  
Jean REMY

Résumé L'urbanisation est analysée comme un processus à distinguer du couple ville-campagne, supposant deux réalités physiques sinon deux entités sociales différentes. Ce processus est associé à une tranformation du régime d'échanges. Ce terme est pris, non dans un sens économique strict, mais plutôt à la manière dont Mauss en parlait dans son essai sur le don. Il s'agit de déterminer comment, dans le processus d'urbanisation, les rapports sociaux s'articulent à travers un rapport à l'espace. L'urbanisation est d'abord examinée comme un processus d'intensification et de diversification du régime des échanges : liens superficiels, espaces intermédiaires et indétermination des échanges, temps et espace propres à faible visibilité externe, multiplication des conflits sans désorganiser le système. À partir de là, on examine comment les facilités de communiquer ont une incidence sur les structures spatiales traditionnelles. Cela aboutit à une analyse de la liaison entre la structure urbaine et la structure sociale. À ce moment, on se demande comment une valorisation d'une conception de classe moyenne crée une ambiguïté dans la perception de la position sociale et a des effets de sens opposé d'après les groupes sociaux. Ainsi est remise en question une certaine image de l'homme urbain moyen auquel l'urbanisation profiterait, quoique avec des intensités variables, d'après le niveau du revenu, le niveau d'instruction et d'autres facteurs.


2013 ◽  
Vol 37 (2) ◽  
pp. 233-250 ◽  
Author(s):  
Bernard Roy ◽  
Jenni Labarthe ◽  
Judith Petitpas

La haute prévalence du diabète de type 2 (DT2) chez les Innus est indissociable des transformations de l’acte alimentaire émergées dans leurs communautés depuis le milieu du XXe siècle. Dans cet article, nous proposons que ces transformations s’inscrivent dans une trame identitaire collective, façonnée dans le contexte de la globalisation et de l’exclusion au travers de rapports sociaux prévalant au sein des communautés innues. Ces transformations ont permis l’inclusion dans la trame identitaire de nouveaux aliments originalement associés à la culture dominante mais qui, rapidement, sont devenus des éléments de la culture locale. Dans cet article nous situons d’abord l’émergence des transformations de l’alimentation des Innus dans des rapports politiques et socioéconomiques du milieu du XXe siècle pour mieux saisir certaines règles d’inclusion et d’exclusion qui caractérisent leur acte alimentaire contemporain. L’évolution de leurs codes alimentaires comme marqueurs de l’« identité innue » est ensuite discutée. Pour conclure, nous suggérons que les transformations de l’acte alimentaire des Innus reflètent, au niveau microsociétal, l’évolution plus globale des dynamiques sociopolitiques entre Autochtones et non-Autochtones et le durcissement des discours identitaires en réaction à l’exclusion sociale.


2007 ◽  
Vol 8 (2) ◽  
pp. 287-302
Author(s):  
André Paradis

Résumé On peut distinguer, dans l'histoire du marxisme contemporain, deux tendances qui n'ont cessé de se confronter sous des formes plus ou moins radicales et qui tiennent à deux lectures apparemment inconciliables de l'oeuvre de Marx. La première, selon laquelle le marxisme se résorbe essentiellement en une théorie scientifique (de l'histoire sociale), en une sociologie (historique). Cette tendance trouve son expression culminante dans l'althussérisme, dans le primat des relations constitutives de la structure sociale sur les individus-sujets. La seconde, qui veut que le marxisme soit d'abord et avant tout un humanisme et/ou une philosophie de la praxis, tout travail théorique se trouvant subordonné à sa visée historico-pratique : celle de l'instauration de rapports sociaux dans lesquels seraient abolis les rapports d'exploitation de l'homme par l'homme. Poser la question de l'existence d'une éthique (et d'une morale) marxiste, c'est tenter de résoudre théoriquement cette épineuse dichotomie entre l'objectivisme des « déterminations » sociales des représentations de conscience morales et la capacité des individus-sujets de produire un ordre social, d'orienter le développement historique conformément à ces représentations (prescriptions). Pour un matérialiste, n'y a-t-il pas là une contradiction (tout au moins apparente) interne au marxisme? L'auteur de l'article a tenté de faire voir, à travers quelques propositions sommaires, comment une telle contradiction peut être dépassée.


2005 ◽  
Vol 7 (2) ◽  
pp. 37-55 ◽  
Author(s):  
Maryse Barbance

Trois objectifs ont guidé cet article. Nous allons d'abord tenter de dégager, à partir de la correspondance de Freud, ses représentations conscientes de la femme et les regarder dans le cadre des représentations de l'époque telles que les présentent des auteurs d'alors et des historiennes récentes, ce qui permet de situer Freud dans son temps, notamment par rapport aux médecins et à la bourgeoisie autrichienne et juive. En second lieu, à partir de certains rêves de Freud cités dans L'Interprétation des rêveset d'associations dont nous proposons quelques interprétations, nous tenterons de dégager également ses représentations inconscientes (ou imagos) de la femme. Enfin, en reprenant l'hypothèse de féministes psychanalystes contemporaines, nous regarderons comment les représentations inconscientes, elles-mêmes liées aux rapports sociaux de sexe, soutiennent les représentations conscientes, qui apparaissent dès lors comme des défenses vis-à-vis des premières, ce qui expliquerait, en partie, qu'elles perdurent.


2016 ◽  
Vol 14 (2) ◽  
pp. 77-95 ◽  
Author(s):  
Claire Lesacher

Depuis les récits retraçant ses premières heures, la scène rap montréalaise apparaît particulièrement investie par des acteurs d’origine haïtienne : un fait notamment palpable à travers les textes de rap, qui présentent fréquemment des occurrences en créole haïtien. Prenant acte de cette caractéristique du rap montréalais, nous proposons une réflexion sur les enjeux de la visibilité des migrants et descendants de migrants haïtiens au sein de l’espace public québécois, à travers une focalisation sur les pratiques et expériences de rappeuses montréalaises d’origine haïtienne. Dans cette contribution, qui vise à entrevoir les processus de majoration et de minoration à l’oeuvre dans le contexte montréalais et québécois, nous envisagerons notamment la manière dont les vecteurs de différenciation impliquant ce qui relève du linguistique, de la « québéquicité » ou des rapports sociaux de sexe s’actualisent et se reproduisent dans le cadre de la médiatisation des productions artistiques.


Author(s):  
Jeanne PICCARDI ◽  
Lucie AUSSEL ◽  
Jean-françois MARCEL

Cet article porte sur l’analyse des effets de la crise sanitaire auxquels les agents de collecte des déchets ont été confrontés entre mars et mai 2020. Les interactions sociales et les conditions de travail des agents ont été largement modifiées durant la période du confinement, nous proposons donc d’étudier la manière dont ils ont vécu cette crise sanitaire et la façon dont le métier s’est réinventé sur le plan identitaire. L’analyse, menée par le biais d’une enquête qualitative issue d’entretiens de groupe, a permis de faire apparaître six conditions de développement identitaire : le soutien matériel et les rapports sociaux avec la hiérarchie et la direction ; l’autonomie et les marges de manœuvre dans la gestion de la sécurité ; la définition de normes collectives et les rapports sociaux entre agents ; le partage d’expériences émotionnelles liées à l’apparition d’un risque inconnu ; les marques de gratitude et le rapport aux usagers ; et enfin, la mise en lumière des « invisibles » par les politiques et les médias. Cette recherche s’inscrit dans une perspective de prévention pour la santé et la sécurité au travail.


2015 ◽  
Vol 26 (2) ◽  
pp. 111-126 ◽  
Author(s):  
Guitté Hartog ◽  
Itzel A. Sosa-Sánchez

Pour mieux comprendre plusieurs rapports sociaux de domination, l’article propose un ensemble de réflexions critiques sur les études des masculinités à partir de l’approche intersectionnelle. Par leur projet de justice sociale, les études féministes sur les masculinités remettent en question la domination masculine ainsi que d’autres formes d’oppression. En interpellant les relations de pouvoir dans la construction des connaissances sur les rapports de domination, nous explorons les points de convergence et de tension dans les processus de compréhension de l’inclusion et l’exclusion sociale. En guise d’alternative, nous proposons des exemples de contributions de connaissances élaborées à partir de la marge, de la diversité, et de l’exclu.


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