scholarly journals Intersectionnalité, féminismes et masculinités

2015 ◽  
Vol 26 (2) ◽  
pp. 111-126 ◽  
Author(s):  
Guitté Hartog ◽  
Itzel A. Sosa-Sánchez

Pour mieux comprendre plusieurs rapports sociaux de domination, l’article propose un ensemble de réflexions critiques sur les études des masculinités à partir de l’approche intersectionnelle. Par leur projet de justice sociale, les études féministes sur les masculinités remettent en question la domination masculine ainsi que d’autres formes d’oppression. En interpellant les relations de pouvoir dans la construction des connaissances sur les rapports de domination, nous explorons les points de convergence et de tension dans les processus de compréhension de l’inclusion et l’exclusion sociale. En guise d’alternative, nous proposons des exemples de contributions de connaissances élaborées à partir de la marge, de la diversité, et de l’exclu.

2011 ◽  
Vol 34 (2) ◽  
pp. 199-223 ◽  
Author(s):  
Geneviève Zoïa

Cet article propose un approfondissement de la notion d’ethnicité à partir de ses définitions et usages dans le champ universitaire international ainsi que de sa mise en jeu dans les questions contemporaines de reconnaissance et de justice sociale. Il explore la réception et la charge encore négatives du concept d’ethnicité dans la production française en sciences sociales et dans les débats animant la société civile. Il montre que l’ethnicité y est interprétée à la fois comme un leurre efficace pour détourner des véritables mécanismes de domination à l’oeuvre dans les sociétés, et en concurrence potentielle avec le système d’interprétation et les acteurs organisés autour de ces dominations. À partir de l’exemple du débat sur les statistiques ethniques contre les discriminations en France, il envisage un recours à une politique de reconnaissance permettant aux individus de participer à la construction des identités collectives par la prise en compte de leur « ressenti ». Il montre que si les individus construisent les frontières de leurs identités et celles des autres, leurs opportunités à proposer des – ou de contribuer aux – définitions des situations sont fonction de la position qu’ils occupent dans les rapports sociaux. C’est l’accès à la construction de ces labels collectifs qui peut alors constituer une source nouvelle et contemporaine de justice sociale. Enfin, l’article interroge l’ethnicité comme catégorie pratique pouvant contribuer à une théorie de l’action sur le rôle de l’identité et de la culture dans la construction des rapports sociaux.


Author(s):  
Nicolas K. Angélis

Le droit, considéré comme un ensemble de régles-normes ayant force ogligatoire et contraignante, régit les rappoerts entre les hommes dans une société donnée. En même temps, il est porteur à la fois de l'image d'organisation des rapports sociaux familiaux, économiques et politiques (structure de base de la societé), et des valeurs. A ce titre, le droit constitue un type-idéal qui, inscrit dans les textes (droit positif-objectif) et enraciné dans la conscience des individus, remplit les fonctions générales de la régulation sociale, de la résolution des conflits, de l'intégration sociale et de la reproduction des structures sociales. En suivant l'enseignement d'Aristotle, le droit en tant que véhicule de valeurs peut et doit contenir la valeur suprême de la vertu qui est au principe du bonheur humain. L'État est, donc, tâché d'enseigner moyennant la loi (droit positif) la vertu tant intellectuelle qu'éthique. Ainsi, le droit devient un moyen d'éducation et remplit, outre ses fonctions générales, les fonctions pédagogique et axiologique en contribuant de cette manière à la réalisation du bonheur des citoyens, La vertu, incorporée dans le droit, s'avère la condition sine qua non de l'actualisation de toutes les valeurs contenues dans le droit, telles que démocratie, liberté, justice sociale, respect de la personne et ainsi de suite.


2015 ◽  
Vol 68 (3-4) ◽  
pp. 301-324
Author(s):  
Maude Flamand-Hubert

Dans cet article, nous proposons une incursion dans l’univers des sensibilités entretenues à l’égard du territoire, en nous attardant aux représentations véhiculées par les discours tenus sur la forêt dans les oeuvres littéraires produites au cours de la première moitié du XXe siècle. Le travail mené ici propose une lecture des oeuvres littéraires comme discours articulé au contexte social, culturel, politique et économique d’expansion territoriale et se veut une première esquisse des possibilités de décloisonner ces univers interdépendants. Dans un environnement intellectuel où la forêt semble immobilisée entre la domination d’une idéologie tournée vers la terre et l’essor des sciences, en introduisant la forêt dans leurs oeuvres, les auteurs engagent un dialogue collectif sur la place qu’occupe celle-ci dans la société, et par extension plus largement sur les rapports sociaux entretenus au territoire. Les oeuvres littéraires permettent de saisir qu’à l’instar des actions menées par l’État, l’appropriation du territoire se présente comme un geste collectif multidimensionnel.


2011 ◽  
Vol 14 (2) ◽  
pp. 283-297 ◽  
Author(s):  
Junia de Vilhena ◽  
Ana Cleide Guedes Moreira ◽  
Joana de Vilhena Novaes ◽  
Maria Inês Garcia de Freitas Bittencourt

Cet article propose une discussion sur le travail psychanalytique dans des communautés économiquement défavorisées. Face à des patients présentant des agencements subjectifs très différents de ceux qui ont originairement fait l´objet de la théorie psychanalytique, nous proposons d´utiliser le concept de confusion de langues de Ferenczi pour penser les problèmes posés par les différents modèles qui guident les rapports sociaux en jeu dans des sociétés très sélectives, de façon à mettre en relief les différentes dimensions de la souffrance psychique, en particulier la dimension psycho-sociale.


2013 ◽  
Vol 37 (2) ◽  
pp. 233-250 ◽  
Author(s):  
Bernard Roy ◽  
Jenni Labarthe ◽  
Judith Petitpas

La haute prévalence du diabète de type 2 (DT2) chez les Innus est indissociable des transformations de l’acte alimentaire émergées dans leurs communautés depuis le milieu du XXe siècle. Dans cet article, nous proposons que ces transformations s’inscrivent dans une trame identitaire collective, façonnée dans le contexte de la globalisation et de l’exclusion au travers de rapports sociaux prévalant au sein des communautés innues. Ces transformations ont permis l’inclusion dans la trame identitaire de nouveaux aliments originalement associés à la culture dominante mais qui, rapidement, sont devenus des éléments de la culture locale. Dans cet article nous situons d’abord l’émergence des transformations de l’alimentation des Innus dans des rapports politiques et socioéconomiques du milieu du XXe siècle pour mieux saisir certaines règles d’inclusion et d’exclusion qui caractérisent leur acte alimentaire contemporain. L’évolution de leurs codes alimentaires comme marqueurs de l’« identité innue » est ensuite discutée. Pour conclure, nous suggérons que les transformations de l’acte alimentaire des Innus reflètent, au niveau microsociétal, l’évolution plus globale des dynamiques sociopolitiques entre Autochtones et non-Autochtones et le durcissement des discours identitaires en réaction à l’exclusion sociale.


2005 ◽  
Vol 7 (2) ◽  
pp. 37-55 ◽  
Author(s):  
Maryse Barbance

Trois objectifs ont guidé cet article. Nous allons d'abord tenter de dégager, à partir de la correspondance de Freud, ses représentations conscientes de la femme et les regarder dans le cadre des représentations de l'époque telles que les présentent des auteurs d'alors et des historiennes récentes, ce qui permet de situer Freud dans son temps, notamment par rapport aux médecins et à la bourgeoisie autrichienne et juive. En second lieu, à partir de certains rêves de Freud cités dans L'Interprétation des rêveset d'associations dont nous proposons quelques interprétations, nous tenterons de dégager également ses représentations inconscientes (ou imagos) de la femme. Enfin, en reprenant l'hypothèse de féministes psychanalystes contemporaines, nous regarderons comment les représentations inconscientes, elles-mêmes liées aux rapports sociaux de sexe, soutiennent les représentations conscientes, qui apparaissent dès lors comme des défenses vis-à-vis des premières, ce qui expliquerait, en partie, qu'elles perdurent.


2016 ◽  
Vol 14 (2) ◽  
pp. 77-95 ◽  
Author(s):  
Claire Lesacher

Depuis les récits retraçant ses premières heures, la scène rap montréalaise apparaît particulièrement investie par des acteurs d’origine haïtienne : un fait notamment palpable à travers les textes de rap, qui présentent fréquemment des occurrences en créole haïtien. Prenant acte de cette caractéristique du rap montréalais, nous proposons une réflexion sur les enjeux de la visibilité des migrants et descendants de migrants haïtiens au sein de l’espace public québécois, à travers une focalisation sur les pratiques et expériences de rappeuses montréalaises d’origine haïtienne. Dans cette contribution, qui vise à entrevoir les processus de majoration et de minoration à l’oeuvre dans le contexte montréalais et québécois, nous envisagerons notamment la manière dont les vecteurs de différenciation impliquant ce qui relève du linguistique, de la « québéquicité » ou des rapports sociaux de sexe s’actualisent et se reproduisent dans le cadre de la médiatisation des productions artistiques.


2015 ◽  
Vol 40 (1) ◽  
pp. 153-170 ◽  
Author(s):  
Isabelle Ruelland

Le réseau public de services de santé mentale de la ville de Campinas dans l’État de São Paulo au Brésil est constitué de divers dispositifs de délibération impliquant des personnes utilisatrices. L’assemblée des usagers dans les centres d’attention psychosociale (CAPS) constitue un exemple clé de ce genre d’innovation participative fondée sur des principes de démocratisation et de justice sociale. Est-ce que l’assemblée des usagers comme dispositif délibératif institué agit sur les inégalités sociales de pouvoir et le rétablissement des personnes ? Il s’agit ici de rendre compte de certains résultats d’une recherche qui a pour objectif de saisir si de tels dispositifs agissent sur la démocratisation des rapports sociaux du point de vue des personnes utilisatrices impliquées, et comment. À partir d’une ethnographie organisationnelle de près d’un an dans un CAPS du réseau public de santé mentale de Campinas, il a été constaté comment les échanges créés au sein et en dehors de l’assemblée des usagers participent à l’émergence d’une forme de pair-aidance spontanée et informelle. Ce constat permet de réfléchir sur le rapport entre cette pair-aidance implicite et la circulation des personnes dans une pluralité d’espaces collectifs ouverts dans lesquels celles-ci peuvent partager des affects et critiquer librement au sujet des services reçus.


Author(s):  
Olivier Lemieux ◽  
Jean-Philippe Warren

La Révolution tranquille voit la création au Québec d’un très grand nombre de structures au nom de l’accessibilité à l’éducation et aux études supérieures. Au cœur de toutes ces innovations, un organisme se démarque par sa « continuité » avec le passé, le Conseil supérieur de l’éducation. Dans le cadre de cet article, nous nous intéresserons aux premiers jours de cet organisme afin de saisir comment ses premiers membres ont interprété et opérationnalisé la mission qui leur a été confiée par la Commission Parent et le ministre de l’Éducation de l’époque, Paul Gérin-Lajoie. Ce regard est enrichi par une revue des commentaires et des reportages réalisés à propos du nouvel organisme. Ainsi, nous proposons un éclairage original sur les premières années de cet organisme réfléchi comme l’un des principaux piliers de l’effort de démocratisation et de justice sociale de la Révolution tranquille.


Author(s):  
Jeanne PICCARDI ◽  
Lucie AUSSEL ◽  
Jean-françois MARCEL

Cet article porte sur l’analyse des effets de la crise sanitaire auxquels les agents de collecte des déchets ont été confrontés entre mars et mai 2020. Les interactions sociales et les conditions de travail des agents ont été largement modifiées durant la période du confinement, nous proposons donc d’étudier la manière dont ils ont vécu cette crise sanitaire et la façon dont le métier s’est réinventé sur le plan identitaire. L’analyse, menée par le biais d’une enquête qualitative issue d’entretiens de groupe, a permis de faire apparaître six conditions de développement identitaire : le soutien matériel et les rapports sociaux avec la hiérarchie et la direction ; l’autonomie et les marges de manœuvre dans la gestion de la sécurité ; la définition de normes collectives et les rapports sociaux entre agents ; le partage d’expériences émotionnelles liées à l’apparition d’un risque inconnu ; les marques de gratitude et le rapport aux usagers ; et enfin, la mise en lumière des « invisibles » par les politiques et les médias. Cette recherche s’inscrit dans une perspective de prévention pour la santé et la sécurité au travail.


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