scholarly journals Individus ou structures : existe-t-il une éthique marxiste?

2007 ◽  
Vol 8 (2) ◽  
pp. 287-302
Author(s):  
André Paradis

Résumé On peut distinguer, dans l'histoire du marxisme contemporain, deux tendances qui n'ont cessé de se confronter sous des formes plus ou moins radicales et qui tiennent à deux lectures apparemment inconciliables de l'oeuvre de Marx. La première, selon laquelle le marxisme se résorbe essentiellement en une théorie scientifique (de l'histoire sociale), en une sociologie (historique). Cette tendance trouve son expression culminante dans l'althussérisme, dans le primat des relations constitutives de la structure sociale sur les individus-sujets. La seconde, qui veut que le marxisme soit d'abord et avant tout un humanisme et/ou une philosophie de la praxis, tout travail théorique se trouvant subordonné à sa visée historico-pratique : celle de l'instauration de rapports sociaux dans lesquels seraient abolis les rapports d'exploitation de l'homme par l'homme. Poser la question de l'existence d'une éthique (et d'une morale) marxiste, c'est tenter de résoudre théoriquement cette épineuse dichotomie entre l'objectivisme des « déterminations » sociales des représentations de conscience morales et la capacité des individus-sujets de produire un ordre social, d'orienter le développement historique conformément à ces représentations (prescriptions). Pour un matérialiste, n'y a-t-il pas là une contradiction (tout au moins apparente) interne au marxisme? L'auteur de l'article a tenté de faire voir, à travers quelques propositions sommaires, comment une telle contradiction peut être dépassée.

2006 ◽  
Vol 5 (1) ◽  
pp. 87-109
Author(s):  
Claire Dolan
Keyword(s):  

Résumé Démonstration de pouvoir, l'entrée royale dans les bonnes villes de France donne en spectacle la relation entre la royauté et ses villes mais elle fournit aussi aux urbains Ioccasion de se représenter eux-mêmes. L'objectif méthodologique de cet article est de vérifier si les descriptions d'entrées sont utilisables pour reconstruire le tissu social spécifique de chaque ville. Cet article s'attarde sur l'un des éléments de cette entrée : le cortège urbain qui, en « belle ordonnance », franchit les murs pour aller accueillir le roi à quelques lieues de la ville. La représentation quon y trouve du « peuple de la ville » montre que l'entrée révèle moins le corps social urbain que le système d'encadrement de ce corps social. D'abord regroupé par métiers, le « peuple de la ville » perd bientôt sa spécificité pour former un tout confondu à l'intérieur du défilé militaire qui se généralise au XVIe siècle. L'article met d'abord en évidence la fascination pour la chose militaire qui se développe au XVIe siècle et qui confère à la symbolique des armes un caractère à la fois politique et festif. Il s'interroge ensuite sur les rapports sociaux mis en scène par le cortège urbain et évalue la place du quartier par rapport au métier comme système d'encadrement, en comparant diverses entrées à travers la France.


2002 ◽  
Vol 4 (1) ◽  
pp. 101-120 ◽  
Author(s):  
Jean REMY

Résumé L'urbanisation est analysée comme un processus à distinguer du couple ville-campagne, supposant deux réalités physiques sinon deux entités sociales différentes. Ce processus est associé à une tranformation du régime d'échanges. Ce terme est pris, non dans un sens économique strict, mais plutôt à la manière dont Mauss en parlait dans son essai sur le don. Il s'agit de déterminer comment, dans le processus d'urbanisation, les rapports sociaux s'articulent à travers un rapport à l'espace. L'urbanisation est d'abord examinée comme un processus d'intensification et de diversification du régime des échanges : liens superficiels, espaces intermédiaires et indétermination des échanges, temps et espace propres à faible visibilité externe, multiplication des conflits sans désorganiser le système. À partir de là, on examine comment les facilités de communiquer ont une incidence sur les structures spatiales traditionnelles. Cela aboutit à une analyse de la liaison entre la structure urbaine et la structure sociale. À ce moment, on se demande comment une valorisation d'une conception de classe moyenne crée une ambiguïté dans la perception de la position sociale et a des effets de sens opposé d'après les groupes sociaux. Ainsi est remise en question une certaine image de l'homme urbain moyen auquel l'urbanisation profiterait, quoique avec des intensités variables, d'après le niveau du revenu, le niveau d'instruction et d'autres facteurs.


Author(s):  
Mathilde Bigo

Cadre de la recherche :Les résultats exposés dans le présent article sont le fruit d’une recherche doctorale réalisée à l’université Rennes 2 et dont la thèse a été soutenue en 2015.Objectifs :Cet article interroge, dans une perspective genrée, les mobilités résidentielles des femmes âgées, en différenciant les mobilités qui se déroulent avant la mise en retraite de celles intervenant après la retraite.Méthodologie :En s’appuyant sur un échantillon de 21 femmes âgées de 62 à 91 ans habitant des communes littorales en région Bretagne, des analyses ont été effectuées concernant les évènements qui constituent des transitions dans le parcours de vie, pour comprendre les causes données aux mobilités résidentielles : temps libre, veuvage, maladie.Résultats :La mise en retraite est, pour certaines, l’occasion de renégocier les rapports de pouvoir au sein du couple, lorsque la vie maritale avait imposé de suivre les mobilités du conjoint. Pour d’autres femmes, seules, la mobilité résidentielle de retraite est une mobilité dépourvue de contraintes salariales et familiales. Pour autant, la mobilité résidentielle n’est pas toujours choisie. Elle peut, au contraire, être forcée par le manque de ressources financières lors du veuvage, par le besoin de se rapprocher des services, ou encore par un nécessaire réaménagement de l’architecture intérieure du logement.Conclusions :L’analyse des mobilités résidentielles des femmes à la retraite révèle que les rapports sociaux de sexe sont prégnants dans les modalités de choix résidentiel et que les caractéristiques de la ville, en plus de celles du bord de mer, sont largement structurantes dans le choix de résidence.Contribution :En croisant les problématiques liées au genre et à l’avancée en âge, et en les inscrivant spatialement, cette recherche en géographie sociale met l’accent sur la façon dont le nouvel espace de vie, à l’heure de la vieillesse, peut devenir ressource voire possibilité d’émancipation.


Dialogue ◽  
1985 ◽  
Vol 24 (3) ◽  
pp. 523-534 ◽  
Author(s):  
Josiane Boulad-Ayoub
Keyword(s):  

« L'égalité, parce que la liberté ne peut subsister sans elle … » réclamait Rousseau. Lorsqu'il pense la Révolution, tout philosophe politique voudrait tenir tous les bouts de la chaîne qui relie l'éthique au politique. L'ouvrage récent de Kai Nielsen, qui propose la thèse de l'égalitarisme radical comme nerf du processus d'institution de la cité juste, ne manque précisément pas de se confronter aux problèmes concomitants des relations entre égalité et liberté. Le philosophe albertain s'y montre comme à l'accoutumée cet humaniste sensible et généreux dont la « raison et la pratique » sont orientées par l'idéal égalitaire. Le credo (belief) fondamental auquel il nous dit souscrire: « the interests of every one matter and matter equally », serait pour Nielsen comme le postulat indispensable à la relance du contrat social démocratique. Etre un égalitariste radical signifierait, si j'ai bien compris les implications de son discours, que Ton s'engage dans la cause du bien, que l'on croit à l'homme socialiste, vertueux et perfectible de même qu'au renouvellement des rapports sociaux dans l'équité. C'est aussi et surtout soutenir la force émancipatoire de l'égalité civile, sociale et politique, ou, autrement dit, dans les termes de Nielsen, supputer que l'égalité des conditions, conçue tout ensemble «comme un but et comme un droit», une fois inscrite dans les structures, dans les institutions sociales, déterminera la véritable liberté, celle de tous et de chacun au sein des rapports intersubjectifs et sociaux. Enfin, c'est penser que ce concept d'égalité ainsi réévalué jouerale rôle de condition nécessaire et suffisante pour changer le moi, le monde et la vie. Equality and Liberty est un vivant plaidoyer en faveur de la dignite morale autant que de l'efficace socialiste d'un modèle politique, l'égalitarisme radical, tel que Nielsen se le représente.


T oung Pao ◽  
2017 ◽  
Vol 103 (1-3) ◽  
pp. 33-93 ◽  
Author(s):  
Antje Richter ◽  
Charles Chace

Containing many reports of his own illnesses and attempts at treatment, along with inquiries after the health of correspondents and acquaintances, the letters of Wang Xizhi (303-361) constitute the earliest sizeable corpus of personal health reports in Chinese literature and are thus a valuable source for the study of Chinese epistolary communication and medical history. This article explores the rhetorical strategies of Wang’s medical narratives and the role that writing about illness and healing may have played in the correspondents’ relationships and broader networks. Examining the medical ideas and terminology evident in Wang Xizhi’s letters, the article also seeks to illuminate a section of the multifaceted world of early medieval Chinese healing practices. By allowing us to get closer to the calligrapher’s body, Wang’s illness narratives further help us to heighten our awareness of the circumstances that shape the artistic process.
Les lettres de Wang Xizhi (303-361) contiennent de nombreuses informations sur ses propres problèmes médicaux et sur ses façons de se traiter, ainsi que des questions adressées aux destinataires quant à leur santé et celle de leurs connaissances communes. Elles constituent ainsi le plus ancien corpus de taille conséquente au sein de la littérature chinoise traitant de l’histoire médicale d’individus ; elles ont donc une valeur importante comme source tant pour l’histoire épistolaire que médicale. Cet article explore les stratégies rhétoriques dans les récits qu’offre Wang au sujet de la santé, ainsi que le rôle que ses écrits sur les maladies et les guérisons ont pu jouer dans ses rapports sociaux avec ses correspondants et au-delà. En examinant les idées et la terminologie médicale exprimées dans les lettres de Wang Xizhi, cet article ambitionne aussi d’éclairer un pan du monde très varié des pratiques de guérison chinoises médiévales. Ses témoignages sur ses maladies, qui nous permettent d’approcher de près le grand calligraphe dans sa corporalité, nous rendent plus attentif aux conditions les plus physiques de sa production artistique.



2005 ◽  
Vol 7 (1-2) ◽  
pp. 131-145 ◽  
Author(s):  
Jean-Charles Falardeau

J'entends par élites des catégories sociales dominantes ou dirigeantes. À l'idée d'élite est associée une idée de prestige et de suprématie. Du même coup, lui est aussi associée l'idée d'un certain pouvoir, pour autant que le pouvoir dérive d'une position de domination ou de contrôle dans une structure sociale donnée. Il existera autant de types d'élites qu'il y a de formes et de styles de pouvoir : le pouvoir de se faire obéir ; le pouvoir d'influencer les décisions collectives ; le pouvoir d'édicter des valeurs et des façons de penser — en d'autres termes, le pouvoir politique et administratif, le pouvoir économique, le pouvoir spirituel, le pouvoir intellectuel. Nous interroger sur l'évolution des élites au Canada français, ce sera donc mettre en relief les structures sociales qui ont été les lieux ou les sources de pouvoir effectif dans notre société. Ce sera aussi évoquer les modalités typiques de ce pouvoir. Ce sera enfin constater que, selon leur possession ou leur non-possession du pouvoir effectif, selon leur acceptation ou leur refus des pouvoirs établis, selon le degré de visibilité de leur action, des élites ont pu être dominantes sans être dirigeantes ; qu'elles ont pu être clandestines ou manifestes ; qu'elles ont pu être des élites de conservation ou des élites de contestation. Toutes ces variétés ont existé au cours de notre histoire. Reconstituer, même de façon schématique, la continuité entre ces élites successives nous incitera à dégager les conditions sociales de leur opposition ou de leur déclin respectifs, les valeurs dont chacune a été annonciatrice ou porteuse, les collaborations avouées ou inavouées qui les ont associées les unes aux autres ou qui les ont disjointes.


Author(s):  
David Sayagh
Keyword(s):  

Cadre de recherche :Les pratiques du vélo sont sous-tendues par des enjeux environnementaux, sanitaires et économiques considérables, mais les adolescentes en font particulièrement peu.Objectifs :L’article ambitionne de se demander dans quelle mesure ce constat résulte d’inégalités d’opportunités réelles sexuées à investir l’espace public.Méthodologie :Dispositionnaliste, l’analyse s’appuie sur deux campagnes d’observations (expérimentation et observation directes) et d’entretiens semi-directifs formels réalisés avec 43 garçons et 39 filles âgé·e·s de 17 ou 18 ans, ainsi que 26 de leurs parents, dans des milieux variés des métropoles de Montpellier et de Strasbourg.Résultats :Les résultats indiquent que l’adolescence tend à se traduire par une période d’incorporation ou de renforcement de dispositions sexuées à investir l’espace public particulièrement restrictives pour les filles. De fait, les injonctions socialisatrices qui les concernent particulièrement participent notamment à renforcer leurs dispositions à craindre de se déplacer seules, de s’aventurer et de stationner dans l’espace public, lesquelles limitent considérablement leurs possibilités réelles de s’engager dans des formes de pratiques du vélo solitaires, aventurières, improvisées et d’occupation. Cela, alors même qu’on observe les tendances précisément inverses chez les garçons dans leur ensemble.Conclusions :En explicitant de nombreuses variations observables au sein de chaque catégorie de sexe, notamment selon les milieux socio-économiques et résidentiels et selon les contextes, nous illustrons enfin que le vélo mérite d’être analysé comme une pratique de distinction à la fois sexuée, sociale et spatiale.Contribution :Tout en justifiant l’intérêt de mobiliser une sociologie dispositionnaliste pour éclairer la (re)production des rapports sociaux de sexe à travers la (re)production d’inégalités de potentiels de mobilités, l’article illustre que le vélo constitue un fait social à part entière.


2010 ◽  
Vol 8 (1) ◽  
pp. 123-163 ◽  
Author(s):  
Marie-Pierre Bousquet ◽  
Anny Morissette

Résumé A priori, il n’y a aucune raison pour que les Amérindiens du Canada, comme d’autres peuples du monde, ne puissent pas boire de l’alcool simplement pour le plaisir, avec modération. Mais la littérature n’aborde pratiquement jamais la question, dans un contexte où il est notoire que l’abus d’alcool est un fléau social et médical chez les autochtones. Or, des faits et des récits recueillis par les auteures auprès de membres de communautés algonquiennes du Québec démontrent que la réalité est plus nuancée. Tout d’abord, la culture algonquienne de l’alcool est plus complexe qu’il n’y paraît, tant au niveau des connaissances au sujet des diverses boissons que dans les manières de boire. Ensuite, sont particulièrement étudiés les modèles de consommation attachés aux trois grandes catégories d’alcool : la bière (brassée ou artisanale), le « fort » (boisson à haut pourcentage d’alcool) et le vin (vin de table ou vin fortifié). On y relève que les Amérindiens peuvent avoir une hiérarchie de goûts et que leurs choix sont liés à des impératifs économiques et à une accessibilité de produits. Enfin, alors que le discours public de l’élite amérindienne est fortement empreint de l’idéologie dominante des Alcooliques Anonymes, l’analyse des données est replacée dans le cadre d’une culture politique, face à laquelle les individus, buveurs ou non buveurs, peuvent décider de se positionner pour se définir socialement. L’adoption ou le rejet de la culture du vin et de son décorum font ici l’objet d’une attention spécifique. La recherche ouvre alors des pistes pour comprendre l’évolution des codes régissant les rapports sociaux chez les Amérindiens, entre eux et face aux autres.


Author(s):  
Myriame El Yamani ◽  
Danielle Juteau ◽  
Marie McAndrew

L’article se propose d’expliciter l’équivocité de la notion d’insécurité en analysant les cinq grandes peurs des Québécois face à l’immigration : peur d’être envahi, de se faire voler « sa job », d’être incapable d’intégrer les nouveaux arrivants, des affrontements interethniques, de la perte d’identité. Il apparaît que le propre de l’insécurité est de jouer avec des mots à double sens, de généraliser la peur en plusieurs lieux du social et de garder le caractère éminent et omniprésent de la menace. Il y a une impossibilité de fixer une cible à l’insécurité. L’article s’interroge notamment sur le rôle des médias dans la vulgarisation de ces peurs. Si les discours médiatiques ont réussi à désapproprier le corps social de sa possibilité de dramatisation, l’insécurité, avec ses multiples peurs, continue, elle, à animer une forme dégradée des rapports sociaux. C’est dans cette perspective que sont analysés les enjeux et les défis de l’immigration pour la société québécoise.


1984 ◽  
Vol 31 (1) ◽  
pp. 27-55 ◽  
Author(s):  
Ernst Utrecht

La propagation de l'Islam en Indonésie s'est faite au départ de marchands indiens et non pas d'agents religieux. Les popula tions locales virent dans l'Islam une possibilité de se libérer du système de castes imposé par les royaumes hindous. Le type d'Islam qui se répandit fut très intégré dans la population et notamment dans les coutumes locales pré-islamiques. Cela permit une certaine résistance d l'Islam d'origine arabe, qui pénétra deux siècles plus tard, mais ne se mêla jamais à la population, en vivant en enclave. L'importance du kauman (marchand) musulman est restée très importante, jusqu'au moment où son influence alla en décroissant avec la pénétration du régime colonial hollandais. Ces derniers en effet favorisèrent, surtout à partir du XVIIe siècle, les intermédiaires chinois. Ils introduisirent également les Chinois comme ouvriers agricoles dans les plantations de sucre. Cette poli tique devait aboutir au massacre des Chinois en 1965. Durant cette période, on a connu les mouvements violents de réforme isla mique des Padri's et d'Aceh. À la fin de I'ère coloniale, les planta tions se développèrent et ce fut l'introduction plus massive des rapports sociaux typiques du mode de production capitaliste. L'importance des kauman déclina encore plus fortement. Deux groupes musulmans manifestèrent leur opposition, d'une part les kauman traditionnels, très conservateurs d'un point de vue reli gieux et qui plus tard s'organisèrent dans un mouvement qui déboucha sur un parti politique, le Nahdatul Ulama et d'autre part les intermédiaires musulmans non kauman. C'est aussi à ce moment que naquit le Sarekat Islam, avec ses deux branches, l'une appuyant la bourgeoisie commerçante musulmane et I'autre s'ouvrant à une influence marxiste. Enfin, il y eut aussi un mouve ment d'origine pakistanaise, le Ahmadiyyah. Pendant toute cette période, les marchands chinois continuèrent leur pénétration, avec l'aide du colonisateur hollandais. Cela renforça la résistance des marchands musulmans. Avec I'indépendance, c'est un système parlementaire de type bourgeois occidental qui s'implanta. Les musulmans réformistes se manifestèrent en faveur du système capitaliste et notamment des capitaux étrangers. Ils s'opposèrent d la nationalisation des capitaux hollandais. Ils s'ins taurèrent donc comme "comprador" dans le système économi que. Par contre, les musulmans nationalistes s'opposaient au capital étranger. Ils étaient d'un point de vue religieux conserva teurs et fondamentalistes, opposés à l'Occident, car anti- islamiques. Les grands propriétaires s'opposèrent à la réforme agraire, en arguant de leur légitimation par ordonnance divine et ce sont eux notamment qui appuyèrent le coup d'État militaire contre Soekarno; alors que les paysans occupaient les terres, avec I'aide des partis marxistes. Les musulmans conservateurs appuyè rent les militaires et collaborèrent au massacre de plus de 500.000 personnes qualifiées de communistes ou de gauchistes en 1965. Cependant, les militaires au pouvoir ne réalisèrent pas les espéran ces des marchands et propriétaires musulmans conservateurs. Ils s'établirent comme classe économique nouvelle et traitèrent avec des marchands non musulmans et notamment des intermédiaires chinois de Hong Kong et de Singapour. Certains mouvements isla miques radicaux de jeunes animent actuellement la résistance pay sanne et se manifestent en faveur de la création d'un État socia liste. Actuellement, l'Islam agit de manière ambivalente, mais en règle générale dans une opposition multi-face au régime militiare.


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