Comme des éphémères dans la lumière

Author(s):  
Jeanne PICCARDI ◽  
Lucie AUSSEL ◽  
Jean-françois MARCEL

Cet article porte sur l’analyse des effets de la crise sanitaire auxquels les agents de collecte des déchets ont été confrontés entre mars et mai 2020. Les interactions sociales et les conditions de travail des agents ont été largement modifiées durant la période du confinement, nous proposons donc d’étudier la manière dont ils ont vécu cette crise sanitaire et la façon dont le métier s’est réinventé sur le plan identitaire. L’analyse, menée par le biais d’une enquête qualitative issue d’entretiens de groupe, a permis de faire apparaître six conditions de développement identitaire : le soutien matériel et les rapports sociaux avec la hiérarchie et la direction ; l’autonomie et les marges de manœuvre dans la gestion de la sécurité ; la définition de normes collectives et les rapports sociaux entre agents ; le partage d’expériences émotionnelles liées à l’apparition d’un risque inconnu ; les marques de gratitude et le rapport aux usagers ; et enfin, la mise en lumière des « invisibles » par les politiques et les médias. Cette recherche s’inscrit dans une perspective de prévention pour la santé et la sécurité au travail.

2003 ◽  
Vol 14 (1) ◽  
pp. 9-24 ◽  
Author(s):  
Serge Genest

Résumé Un, deux, trois... bistouri Technologie, symbolisme et rapports sociaux en salle d'opération L'étude comparative des systèmes médicaux a permis que se multiplient les recherches sur le système biomédical, surtout depuis le début des années 1980. C'est dans la foulée de tels travaux que se situe cette ethnographie des salles d'opération. Construits dans un univers technologique de plus en plus sophistiqué, les rapports de travail entre infirmières, anesthésistes et chirurgiens n'en sont pas moins le produit des multiples facettes des rapports sociaux et de leur dimension symbolique. L'auteur propose d'examiner comment la technologie structure les rapports de travail, dans quel sens les rapports sociaux de la société globale influencent ce qui se passe dans la salle d'opération et jusqu'à quel point les conditions de travail permettent de reproduire les rituels qui s'y déroulent.


Phronesis ◽  
2017 ◽  
Vol 6 (1-2) ◽  
pp. 177-188
Author(s):  
Geneviève LESSARD ◽  
Julie BERGERON ◽  
Stéphanie DEMERS ◽  
Nathalie ANWANDTER CUELLAR

Cet article s’appuie sur une expérience de recherche participative dont les conditions spécifiques de réalisation ont demandé des ajustements méthodologiques importants que nous proposons d’analyser. Les enjeux de la recherche ayant mené au choix méthodologique sont présentés de même que la méthodologie retenue. Les modifications témoignant d’une appropriation du pouvoir par les auteurs sont décrites et une réflexion sur leurs implications est discutée. Le constat avancé est que l’approcheécocollaborative, basée sur des relations harmonieuses et tenant compte de la complexité des systèmes, semble répondre à un besoin de revoir les conditions de « travail » de l’enseignante et de la chercheuse afin d’atténuer les contraintes institutionnelles, de repousser les limites de l’action professionnelle et ainsi édifier une culture commune émancipatrice et de self-empowerment.


2015 ◽  
Vol 68 (3-4) ◽  
pp. 301-324
Author(s):  
Maude Flamand-Hubert

Dans cet article, nous proposons une incursion dans l’univers des sensibilités entretenues à l’égard du territoire, en nous attardant aux représentations véhiculées par les discours tenus sur la forêt dans les oeuvres littéraires produites au cours de la première moitié du XXe siècle. Le travail mené ici propose une lecture des oeuvres littéraires comme discours articulé au contexte social, culturel, politique et économique d’expansion territoriale et se veut une première esquisse des possibilités de décloisonner ces univers interdépendants. Dans un environnement intellectuel où la forêt semble immobilisée entre la domination d’une idéologie tournée vers la terre et l’essor des sciences, en introduisant la forêt dans leurs oeuvres, les auteurs engagent un dialogue collectif sur la place qu’occupe celle-ci dans la société, et par extension plus largement sur les rapports sociaux entretenus au territoire. Les oeuvres littéraires permettent de saisir qu’à l’instar des actions menées par l’État, l’appropriation du territoire se présente comme un geste collectif multidimensionnel.


2014 ◽  
Vol 68 (4) ◽  
pp. 590-607 ◽  
Author(s):  
Élise Ledoux ◽  
Pierre-Sébastien Fournier ◽  
Danièle Champoux ◽  
Pascale Prud’homme ◽  
Marie Laberge ◽  
...  

Résumé Cet article présente les travaux d’une communauté de chercheurs du Réseau de recherche en santé et en sécurité du travail du Québec (RRSSTQ), créée en 2006, laquelle s’intéresse aux questions d’âges et de rapports sociaux en milieux de travail, en lien avec les conditions de travail et la santé et la sécurité du travail. De disciplines diverses (ergonomie, sociologie, psychosociologie, communication, droit, éducation), cette communauté réalise des recherches à partir d’enquêtes et d’études de terrain s’appuyant sur une approche compréhensive des phénomènes. Cette problématique se situe dans un contexte social singulier marqué, entre autres, par la mondialisation des marchés, une introduction massive des nouvelles technologies, une transformation des formes d’emploi, ainsi qu’un vieillissement de la main-d’oeuvre dans les pays industrialisés. Ces transformations créent des conditions particulières de rétention et d’intégration de la main-d’oeuvre dans les milieux de travail. À partir des données de l’Enquête québécoise sur des conditions de travail, d’emploi et de santé et de sécurité du travail (EQCOTESST), réalisée en 2008, auprès d’un échantillon représentatif de 5 071 répondants, l’objectif de cette étude est de tracer un portrait des conditions de travail en fonction de l’âge des travailleurs au Québec. L’article propose l’interprétation de ce portrait à partir d’un cadre d’analyse s’appuyant sur une approche diachronique des dynamiques âge-travail-santé dans le but de mieux orienter les interventions en milieu de travail.


2015 ◽  
Vol 30 (S2) ◽  
pp. S106-S106
Author(s):  
P. Lapierre ◽  
S. Szaffarczyk ◽  
T. Danel ◽  
O. Cottencin ◽  
D. Pins

L’alcoolo-dépendance est une maladie chronique hautement récidivante dont l’enjeu principal est la prévention des rechutes. Les rechutes sont favorisées par le ressenti du sujet vis-à-vis de son environnement social [1]. L’alcoolo-dépendance entraîne des troubles cognitivo-comportementaux dont des déficits de reconnaissance émotionnelle et une altération des interactions sociales [2] majorant le risque de rechutes [3]. Ces troubles pourraient être liés à une altération du sentiment de familiarité. La familiarité se définit comme un sentiment de connaissance préalable d’un stimulus générant une émotion inconsciente, sans souvenir conscient de son identité [4]. Nous nous proposons d’étudier la familiarité aux visages dans l’alcoolo-dépendance. Douze patients alcoolo-dépendants (AD) étaient appariés en sexe et en âge à 12 témoins (T). Les participants ne présentaient ni trouble psychiatrique, ni neurologique, ni addiction en dehors d’un trouble d’usage sévère d’alcool pour le groupe AD (classification DSM-5). Des morphes entre visages familiers et inconnus (contenant 5 à 95 % du visage familier) étaient présentés. Les sujets devaient indiquer les visages leur semblant familiers. Un pourcentage de réponse « familier » était alors calculé par niveau de familiarité, permettant de construire une fonction psychométrique par sujet, et d’en déduire le seuil de familiarité (pourcentage de familiarité contenue dans le morphe pour lequel 50 % des stimuli étaient considérés comme familiers). Les interactions sociales étaient évaluées par une échelle de cognition sociale (MASC). Le seuil de familiarité était significativement plus faible dans le groupe AD que dans le groupe T (48,79 % versus 54,94 % – p = 0,025). Parallèlement les 2 groupes différaient sur les scores au MASC (AD : 26/45 ; T : 31/45 – p = 0,015). Ces résultats démontrent une hyperfamiliarité dans l’alcoolo-dépendance, associée à une altération de la cognition sociale. L’implication de l’altération de ces deux processus sur les risques de rechute est abordée.


2011 ◽  
Vol 14 (2) ◽  
pp. 283-297 ◽  
Author(s):  
Junia de Vilhena ◽  
Ana Cleide Guedes Moreira ◽  
Joana de Vilhena Novaes ◽  
Maria Inês Garcia de Freitas Bittencourt

Cet article propose une discussion sur le travail psychanalytique dans des communautés économiquement défavorisées. Face à des patients présentant des agencements subjectifs très différents de ceux qui ont originairement fait l´objet de la théorie psychanalytique, nous proposons d´utiliser le concept de confusion de langues de Ferenczi pour penser les problèmes posés par les différents modèles qui guident les rapports sociaux en jeu dans des sociétés très sélectives, de façon à mettre en relief les différentes dimensions de la souffrance psychique, en particulier la dimension psycho-sociale.


2019 ◽  
Vol 73 (4) ◽  
pp. 840-877 ◽  
Author(s):  
Olivier Brolis ◽  
François-Xavier Devetter

Cet article vise, en s’appuyant surL’Enquête Conditions de travail(2013), à construire une typologie des professions relevant d’un statut « ouvrier » ou « employé » à partir du niveau et du type de qualité de l’emploi qu’elles induisent. Cette approche de la qualité d’emploi par les professions apparaît importante pour trois raisons complémentaires : d’abord, parce que la nature de la profession s’avère déterminante au-delà des caractéristiques des individus qui l’occupent pour expliquer les écarts en termes de qualité de l’emploi; ensuite, du fait de l’importance de la nature des professions dans la détermination des règles encadrant le travail; et, enfin, en raison du rôle joué par les politiques publiques dans le soutien de la qualité dans certaines professions.Dans un premier temps, nous élaborons un faisceau de 15 indicateurs mesurant les différentes dimensions de la qualité d’emploi en combinant des variables relatives à la relation d’emploi (rémunération notamment), au niveau d’attractivité non matériel des tâches à effectuer (comme le degré d’autonomie ou nouer des rapports sociaux de qualité) ou, encore, les conditions de travail (notamment les contraintes liées au travail ou aux pénibilités vécues par les salariés comme les pénibilités physiques).Dans un second temps, nous menons, sur la base de ces 15 indicateurs, une classification ascendante hiérarchique qui fait apparaître huit classes de professions. Les lignes de fracture qui les opposent, permettent ensuite d’établir une hiérarchisation partielle des professions en termes de qualité de l’emploi.Enfin, nous précisons la composition de ces classes (professions concernées et caractéristiques sociodémographiques des individus) et soulignons une concentration de certains types de travailleurs au sein des professions de bonne ou de mauvaise qualité.


2013 ◽  
Vol 37 (2) ◽  
pp. 233-250 ◽  
Author(s):  
Bernard Roy ◽  
Jenni Labarthe ◽  
Judith Petitpas

La haute prévalence du diabète de type 2 (DT2) chez les Innus est indissociable des transformations de l’acte alimentaire émergées dans leurs communautés depuis le milieu du XXe siècle. Dans cet article, nous proposons que ces transformations s’inscrivent dans une trame identitaire collective, façonnée dans le contexte de la globalisation et de l’exclusion au travers de rapports sociaux prévalant au sein des communautés innues. Ces transformations ont permis l’inclusion dans la trame identitaire de nouveaux aliments originalement associés à la culture dominante mais qui, rapidement, sont devenus des éléments de la culture locale. Dans cet article nous situons d’abord l’émergence des transformations de l’alimentation des Innus dans des rapports politiques et socioéconomiques du milieu du XXe siècle pour mieux saisir certaines règles d’inclusion et d’exclusion qui caractérisent leur acte alimentaire contemporain. L’évolution de leurs codes alimentaires comme marqueurs de l’« identité innue » est ensuite discutée. Pour conclure, nous suggérons que les transformations de l’acte alimentaire des Innus reflètent, au niveau microsociétal, l’évolution plus globale des dynamiques sociopolitiques entre Autochtones et non-Autochtones et le durcissement des discours identitaires en réaction à l’exclusion sociale.


2008 ◽  
Vol 6 (2) ◽  
pp. 125-140
Author(s):  
Andrew Savage

Résumé Nous nous proposons dans cet article d'étudier le développement de l'employabilité des prestataires de l'aide sociale qui ont participé au Programme de stages en milieu de travail1, entre juin 1984 et juin 1986, dans la région de Montréal. Nous essayons de mesurer la performance des participants, la qualité de la formation hors production2 et la sortie de l'aide sociale3. Les données proviennent d'un échantillon aléatoire comprenant 500 dossiers, tirés selon les règles du hasard systématique des archives gouvernementales. Les résultats montrent que la majorité des stagiaires n'ont pas réussi à accomplir un stage qualifiant. Trois groupes en ont profité davantage : les stagiaires provenant du secondaire professionnel long, ceux ayant fréquenté le cégep et les femmes. La charge familiale et la durée à l'aide sociale ont freiné la sortie de l'aide sociale. Ces résultats laissent planer des doutes sur la pertinence de la mesure pour inciter au travail et développer l'employabilité des bénéficiaires peu scolarisés et les chefs de famille monoparentale. Face à ce succès relatif, la nouvelle Société québécoise de développement de la main-d'oeuvre devrait accorder la priorité à une évaluation scientifique du programme actuel d'employabilité afin d'éviter des erreurs passées. De plus, les personnes ou organismes intéressés par l'exercice réel des droits personnels ou collectifs devraient s'interroger sur la constitutionnalité des articles 24 et 76 de la Loi sur la sécurité du revenu (Gouvernement du Québec, 1988) qui empêchent les prestataires de bénéficier des conditions de travail reconnues aux autres travailleurs, et ils devraient également réviser les décisions du Ministre relatives à leur intégration sur le marché du travail ou à leur participation à des mesures d'employabilité.


2005 ◽  
Vol 7 (2) ◽  
pp. 37-55 ◽  
Author(s):  
Maryse Barbance

Trois objectifs ont guidé cet article. Nous allons d'abord tenter de dégager, à partir de la correspondance de Freud, ses représentations conscientes de la femme et les regarder dans le cadre des représentations de l'époque telles que les présentent des auteurs d'alors et des historiennes récentes, ce qui permet de situer Freud dans son temps, notamment par rapport aux médecins et à la bourgeoisie autrichienne et juive. En second lieu, à partir de certains rêves de Freud cités dans L'Interprétation des rêveset d'associations dont nous proposons quelques interprétations, nous tenterons de dégager également ses représentations inconscientes (ou imagos) de la femme. Enfin, en reprenant l'hypothèse de féministes psychanalystes contemporaines, nous regarderons comment les représentations inconscientes, elles-mêmes liées aux rapports sociaux de sexe, soutiennent les représentations conscientes, qui apparaissent dès lors comme des défenses vis-à-vis des premières, ce qui expliquerait, en partie, qu'elles perdurent.


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