scholarly journals Des représentations de la femme chez Freud. Un regard historique, psychanalytique et féministe contemporain

2005 ◽  
Vol 7 (2) ◽  
pp. 37-55 ◽  
Author(s):  
Maryse Barbance

Trois objectifs ont guidé cet article. Nous allons d'abord tenter de dégager, à partir de la correspondance de Freud, ses représentations conscientes de la femme et les regarder dans le cadre des représentations de l'époque telles que les présentent des auteurs d'alors et des historiennes récentes, ce qui permet de situer Freud dans son temps, notamment par rapport aux médecins et à la bourgeoisie autrichienne et juive. En second lieu, à partir de certains rêves de Freud cités dans L'Interprétation des rêveset d'associations dont nous proposons quelques interprétations, nous tenterons de dégager également ses représentations inconscientes (ou imagos) de la femme. Enfin, en reprenant l'hypothèse de féministes psychanalystes contemporaines, nous regarderons comment les représentations inconscientes, elles-mêmes liées aux rapports sociaux de sexe, soutiennent les représentations conscientes, qui apparaissent dès lors comme des défenses vis-à-vis des premières, ce qui expliquerait, en partie, qu'elles perdurent.

2019 ◽  
Vol 3 (3) ◽  
pp. 136
Author(s):  
Francielli Cristina Giacomini

Lorsqu'on parle de l'autisme on est vite confronté à la question du langage et de l'absence de la parole. Comment peut-on s'en passer sans la voie traditionnel du symbolique ? L'abord plus raisonnable serait d'effectuer une recherche à ce propos étudiant les raisons de cette absence, de ce « déficit » qui cause de différents dysfonctionnements à niveau social, de l'apprentissage, etc. réfléchissant sur des méthodes de la prise en charge de l'autiste qui donneraient de réponses à ce vide. Toutefois, nous avons pris le contresens de direction. Notre abord théorique est justement étudier deux méthodes clinique et clinic-éducationnelle de prise en charge de l'autiste développé par Lacan et Deligny qui ne travaillent pas sur le manque ou sur le défaut du langage mais ils prennent la réponse donné par le corps lui-même comme façon d'établir un bord qui permet un certain équilibre dans le monde chaotique de l'autiste. Pourquoi le corps est-il en premier plan dans notre recherche ? Par absence de parole et non du langage, c'est le corps de l'autiste qui permet d'établir un lien avec le monde extérieur. Notre recherche a pour objectif mener une étude sur le corps dans l'autisme dans l'approche clinique en sciences de l'éducation à partir des théories de Jacques Lacan et de Fernand Deligny. Cette démarche est donc d'examiner un sujet qui a été très peu exploité et qui n'a jamais été affronté directement ni systématisé, rendant notre recherche inédite. Cette recherche, qui s'inscrit dans une démarche qualitative, est organisée selon un double enjeu : d'un côté l'enjeu théorique développant les concepts apportés par la DSM et les lois concernant la prise en charge de l'autisme dans la sphère médicale et éducationnelle ; et également l'apport psychanalytique de Jacques Lacan concernant la constitution du corps chez l'autiste et ses modes de traitements aussi bien que les méthodes innovatrices de prise en charge clinic-éducationnelle de Fernand Deligny. De l'autre côté l'enjeu empirique : en France, nous nous proposons d'accompagner le travail clinique d'orientation lacanienne fait avec les autistes dans l'Association Main à l'Oreille tandis qu'au Brésil au sein d'une institution éducationnelle nous allons réfléchir à l'application des méthodes de la cartographie et lignes d'erre proposées par Deligny. Notre objectif est de réfléchir la prise en charge de l'autisme comme un moyen de révéler un langage là où il y a vacance de la parole. Les résultats partiels qui nous avons pu repérer c'est qu'il n'y a pas de méthode unique d'apprentissage, ni de recette, ni de routine possibles appliquée à l'autisme parce que dans le monde auquel il vit, le symbolique est réel et l'imaginaire ne trouve pas forme dans la relation spéculaire. Par conséquent, les meilleures inventions qui se révèlent les plus solides pour (mieux) répondre à la souffrance de l'autiste sont celles du sujet lui-même.


2020 ◽  
Vol 81 ◽  
pp. 03002
Author(s):  
Imene Meriem Oumessad

Au cours des dernières décennies, l’étude des émotions a connu un essor important dans plusieurs domaines en sciences humaines et sociales notamment en sciences du langage. En effet, le concept d'émotion a su gagner ses titres de noblesse ces dernières années, après avoir longtemps été considéré comme un phénomène subjectif, irrationnel et donc sans intérêt scientifique. Dans le présent article, nous nous intéresserons à la question de l'émotion dans le discours de presse. Nous allons dans un premier temps identifier et décrire la construction émotionnelle des discours journalistiques du Monde après l'attentat contre Charlie Hebdo. Pour ce faire, nous proposons de distinguer, au sein des procédés visant à susciter l’émotion, l’émotion dite, l’émotion montrée, l’émotion argumentée. A partir de cette tripartition, nous interrogerons dans un second temps nos données en termes de degré d'émotivité afin de voir si un discours sans émotion est possible lors d'un événement de ce type.


Author(s):  
Vladimir Đurić

Par une analyse comparative et imagologique, cet article examine la vision de l’Orient, plutôt imaginaire que documentaire, des écrivains romantiques tels Chateaubriand, Lamartine, Nerval, Gautier et d’un réaliste malgré lui – Flaubert. Le but de cet article sera alors de relever et souligner les différences ainsi que les nuances dans les images créées par ces grands auteurs et voyageurs de l’époque qui nous ont laissé des récits de voyage extraordinaires. Ceci dit, nous nous proposons de montrer diverses images référentes comme celles des Balkans, de la Grèce, de l’Égypte et de la Palestine où les réflexions différentes de nos écrivains voyageurs se croisent. Nous allons finir par la constatation qu’il y a toujours une idée civilisatrice omniprésente à l’Orient que nos auteurs mettent en valeur.


2015 ◽  
Vol 68 (3-4) ◽  
pp. 301-324
Author(s):  
Maude Flamand-Hubert

Dans cet article, nous proposons une incursion dans l’univers des sensibilités entretenues à l’égard du territoire, en nous attardant aux représentations véhiculées par les discours tenus sur la forêt dans les oeuvres littéraires produites au cours de la première moitié du XXe siècle. Le travail mené ici propose une lecture des oeuvres littéraires comme discours articulé au contexte social, culturel, politique et économique d’expansion territoriale et se veut une première esquisse des possibilités de décloisonner ces univers interdépendants. Dans un environnement intellectuel où la forêt semble immobilisée entre la domination d’une idéologie tournée vers la terre et l’essor des sciences, en introduisant la forêt dans leurs oeuvres, les auteurs engagent un dialogue collectif sur la place qu’occupe celle-ci dans la société, et par extension plus largement sur les rapports sociaux entretenus au territoire. Les oeuvres littéraires permettent de saisir qu’à l’instar des actions menées par l’État, l’appropriation du territoire se présente comme un geste collectif multidimensionnel.


2011 ◽  
Vol 14 (2) ◽  
pp. 283-297 ◽  
Author(s):  
Junia de Vilhena ◽  
Ana Cleide Guedes Moreira ◽  
Joana de Vilhena Novaes ◽  
Maria Inês Garcia de Freitas Bittencourt

Cet article propose une discussion sur le travail psychanalytique dans des communautés économiquement défavorisées. Face à des patients présentant des agencements subjectifs très différents de ceux qui ont originairement fait l´objet de la théorie psychanalytique, nous proposons d´utiliser le concept de confusion de langues de Ferenczi pour penser les problèmes posés par les différents modèles qui guident les rapports sociaux en jeu dans des sociétés très sélectives, de façon à mettre en relief les différentes dimensions de la souffrance psychique, en particulier la dimension psycho-sociale.


2015 ◽  
Vol 43 (1-2) ◽  
pp. 10-38 ◽  
Author(s):  
Charmain Levy ◽  
Marianne Carle-Marsan ◽  
Anne Latendresse

Au Brésil, depuis la fin des années 1990, des actions collectives ont lieu autour du droit à la ville, en particulier pour le droit au logement. Alors qu’il existe des centaines, voire des milliers de bâtiments vacants dans le centre-ville de Rio de Janeiro et São Paulo, notamment, des organisations populaires occupent des bâtiments publics vides en vue d’obtenir le droit d’y résider et, éventuellement, de les transformer en logement public. Deux études ont mis en lumière la présence majoritaire de femmes qui, issues du milieu des sans-abri, des taudis et des favelas, jouent un rôle important dans les occupations. Dans cet article, nous proposons une analyse de la trajectoire de ces femmes afin de voir comment leur engagement à l’intérieur du mouvement urbain a changé leur vie sur les plans individuel et collectif. En d’autres termes, nous allons nous pencher sur le processus de construction du sujet politique opéré par des femmes de milieux précaires, actives au sein du mouvement pour le droit au logement. Par ailleurs, en nous penchant sur leur rôle au sein de ce mouvement, nous tenterons de voir dans quelle mesure ces femmes l’influencent et, en nous inspirant des travaux de Lefebvre et de Castells (1980), dans quelle mesure elles contribuent à la production de la ville.


Author(s):  
Ivana Miljković
Keyword(s):  

Dans le cadre d’une analyse diachronique nous nous proposons d’étudier, du point de vue de la sémantique, les lexèmes français qui ont subi des changements de sens. L’objectif de nos recherches est de mettre en évidence les différents types d’évolutions du sens, tant pour les substantifs que pour les adjectifs et les verbes. Parfois le sens d’origine est perdu, parfois il continue de coexister avec un sens nouveau, parfois il a perdu son caractère polysémique, etc. Et les raisons de ces évolutions de sens sont variables, depuis un simple changement d’usage jusqu’à une évolution de vision sociétale. En nous basant sur un corpus incluant les lexèmes « panier », « compter/conter », « voler », « vilain », ou encore « calcul » nous allons nous attacher à caractériser les différents types d’évolution et leurs raisons historiques. Nous évoquerons toutes les relations sémantiques en diachronie, en insistant particulièrement sur le changement de sens, la polysémie et l’homonymie. 


2019 ◽  
pp. 100-109
Author(s):  
Zamfira Cernăuțan (lauric)

Résumé : Nous nous proposons dans cet article d'étudier et d'analyser les notions de voyage et de rêve dans l'œuvre de Jules Verne,  plus particulièrement en nous penchant sur l'un de ses romans de Voyages extraordinaires, à savoir Un capitaine de quinze ans paru en 1878. Premièrement, nous visons à clarifier les notions de voyage et de rêve dans l’œuvre de Jules Verne, et deuxièmement, nous analyserons les constructions et les éléments par lesquels l’œuvre de Jules Verne et surtout Un capitaine de quinze ans peut être interprété comme un rêve de voyage. Dernièrement, pour arriver à des conclusions pertinentes, nous allons montrer que, le voyage, surtout initiatique du héros du roman, le rêve de voyager en sûreté vers une destination inconnue s’accomplissent. Mots clés : Jules Verne, Un capitaine de quinze ans, voyage, rêve, apprentissage.


2018 ◽  
Vol 46 ◽  
pp. 05004
Author(s):  
Jana Altmanova ◽  
Claudio Grimaldi ◽  
Silvia Domenica Zollo
Keyword(s):  

Dans la présente contribution nous nous proposons d’examiner le statut de l’adjectif à valeur dénominative dans les procédés de catégorisation des déchets en contexte spécialisé et divulgatif. En analysant des séquences dénominatives du typedéchet+Adj. extraites d’un corpus, nous allons observer la valeur sémantique et référentielle d’adjectifs relevant tous de la langue générale (ordinaire, classique, conventionnel, volumineux, encombrant(s), inerte(s), sauvage(s), solide) et qui, en entrant dans la composition du syntagme, semblent acquérir un statut semispécialisé, voire spécialisé surtout dans les typologies textuelles techniques. De même, nous allons analyser certains adjectifs de couleur (vert, marron, brun, blanc, gris, rouge, jaune), classés par Dixon (1977, 1982) parmi les huit classes d’adjectifs primaires, dont les propriétés sémantiques (expression du degré, fonction attributive, valeur descriptive) ne nous semblent pas toujours suffisantes pour expliquer leur emploi dans le contexte du classement des déchets.


Author(s):  
Erica Magris

Résumé Cet article s’intéresse à un mode de création théâtrale systématisé par les compagnies expérimentales italiennes de la « Génération 90 » au début du 21e siècle, que nous proposons d’appeler « projet multithéâtral » : l’artiste de théâtre conçoit la création comme un processus de longue ou moyenne durée, dans lequel il avance par étapes, en réalisant non seulement des spectacles, mais en se consacrant aussi à d’autres formats artistiques. Dans l’histoire des compagnies, la mise en oeuvre de cette méthode de travail correspond à l’affirmation de l’usage des technologies numériques du son et de la vision. À travers l’observation de deux exemples, le projet L’ospite (Le visiteur, 2003-2004), réalisé par la compagnie Motus de Daniela Nicolò et Enrico Casagrande, d’après Petrolio (Pétrole, 1972-1975) et Teorema (Théorème, 1968) de Pier Paolo Pasolini, et le projet Ada, cronaca familiare (Ada, chronique familiale, 2002-2006) réalisé par la compagnie Fanny & Alexander de Chiara Lagani et Luigi De Angelis d’après le roman de Vladimir Nabokov Ada or Ardor: a Family Chronicle (Ada ou l’ardeur, 1969), nous allons nous interroger sur les enjeux du « projet multithéâtral » par rapport à l’intermédialité numérique au théâtre.


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