scholarly journals Gravité de la consommation de psychotropes des adolescents ayant un trouble des conduites

Criminologie ◽  
2007 ◽  
Vol 39 (2) ◽  
pp. 165-188 ◽  
Author(s):  
Myriam Laventure ◽  
Michèle Déry ◽  
Robert Pauzé

Résumé Bien que le trouble des conduites soit reconnu pour être le trouble le plus associé à une consommation problématique de psychotropes, relativement peu de recherches ont examiné les caractéristiques de cette consommation chez des jeunes ayant spécifiquement un diagnostic de trouble des conduites. À partir de plusieurs indicateurs de gravité de la consommation de psychotropes, l’étude propose de tracer un portrait de cette consommation chez des garçons et des filles présentant un trouble des conduites (N = 181) et de déterminer si ce portrait se distingue de celui d’autres jeunes dont les comportements antisociaux ne respectent pas les critères diagnostiques de ce trouble (N = 204). L’étude montre que les jeunes qui ont un trouble des conduites se distinguent des autres jeunes sur la presque totalité des indicateurs de gravité mesurés. L’usage de drogues dures, la fréquence élevée de la consommation et la présence de conséquences négatives liées à la prise des psychotropes sont les indicateurs les plus étroitement associés à la présence de ce trouble. Si ces résultats illustrent la gravité du portrait de consommation de ces jeunes, ils suggèrent aussi que la présence de conséquences négatives peut constituer un important levier pour l’intervention.

2007 ◽  
Vol 33 (1) ◽  
pp. 109-126
Author(s):  
Michèle Déry ◽  
Mélanie Lapalme ◽  
Jean Toupin ◽  
Pierrette Verlaan ◽  
Robert Pauzé

Résumé L’article porte sur les caractéristiques familiales et sociales qui distinguent des élèves présentant des troubles du comportement au primaire (n=306) d’élèves non à risque (n=101). Ces caractéristiques sont examinées selon la nature et la sévérité des problèmes comportementaux présentés, c’est-à-dire selon qu’ils répondent ou non aux critères diagnostiques d’un trouble déficitaire de l’attention/hyperactivité, d’un trouble de l’opposition avec provocation ou d’un trouble des conduites. Les résultats indiquent que les élèves qui ont ces problèmes ne se distinguent pas tous du groupe témoin, ni ne s’en différencient sur les mêmes caractéristiques sociales et familiales. Ces résultats suggèrent des interventions distinctes pour ces sous-groupes.


2019 ◽  
Vol 9 (5) ◽  
pp. 295-306 ◽  
Author(s):  
D. Carnicelli ◽  
P. Bondil ◽  
D. Habold

Le priapisme veineux aigu (PVA) est urgent en raison de séquelles érectiles éventuelles. Sa rareté et l’absence de procédure expliquent des traitements encore inégaux, peu normés. Objectif : Optimiser la prise en charge initiale d’un PVA grâce à une procédure décisionnelle, adaptée aux urgentistes. Matériel et méthode : Une revue systématique de la littérature recense les algorithmes schématisés ainsi que des articles de revue et mises au point récents. Les critères diagnostiques et thérapeutiques ont été analysés puis comparés pour vérifier s’ils répondaient aux besoins. La validation de cette procédure par des experts a été recherchée. Résultats : L’originalité de notre procédure réside dans sa cible (urgentistes), sa hiérarchisation, « Que faire ? Comment faire ? Quand faire ? Qui fait ? », de façon graduée et séquentielle via une chronologie détaillée, et une priorité donnée à la gazométrie caverneuse, fil conducteur de la prise en charge, facilement disponible. À cela s’ajoutent des tableaux, des check-lists (contexte étiologique et souffrance ischémique), des schémas descriptifs des traitements médicaux indiqués en première ligne (technique, matériel de ponction décompressive et d’injection intracaverneuse d’alpha-stimulant), critères de recours à l’urologue, suivi et hospitalisation. Cette procédure a été validée par le conseil scientifique du réseau nord-alpin des Urgences, le comité d’andrologie et médecine sexuelle de l’Association française d’urologie. Conclusion : Facile à utiliser, cette procédure inédite répond à un réel besoin. Son appropriation et sa diffusion s’inscrivent dans une démarche qualité adaptée au parcours de soins du PVA en France afin de prévenir les séquelles érectiles de cette urgence affectant majoritairement des sujets jeunes.


1990 ◽  
Vol 5 (6) ◽  
pp. 363-373
Author(s):  
D Bailly ◽  
JY Alexandre ◽  
C Collinet ◽  
R Beuscart ◽  
Ph J Parquet

RésuméAfin d'évaluer la fréquence et les manifestations de la dépression à l'adolescence, une enquête a été réalisée auprès de 744 lycéens (439 garçons et 305 filles), âgés de 14 à 23 ans, et appartenant à 15 établissements d'enseignement du second degré du département du Nord. La première partie de l'enquête a consisté en la passation de deux autoquestionnaires: la version française de l'échelle CES-D (Center for Epidemiologic Studies-Depression Scale); et un questionnaire destiné à recueillir un certain nombre de renseignements concernant la situation sociodémographique du sujet, son état de santé et celui de ses parents, son mode de vie, ses relations familiales, son degré d'insertion scolaire et sociale. La deuxième partie a consisté en un examen clinique semi-standardisé visant à repérer les adolescents présentant un épisode dépressif majeur selon les critères diagnostiques du DSMIII-R. Sur les 728 lycéens examinés, 32 (18 garçons et 14 filles) présentaient un épisode dépressif majeur (soit une prévalence de 4,4%). Les critères diagnostiques du DSMIII-R les plus discriminants pour l'identification des adolescents déprimés ont été, par ordre d'importance décroissante: l'humeur dépressive, la diminution de l'intérêt ou du plaisir, l'agitation ou le ralentissement psychomoteur, la diminution de la capacité à réfléchir ou à se concentrer, et les idées récurrentes de mort. Le score moyen obtenu à la CES-D chez les adolescents déprimés apparaît très significativement supérieur à celui obtenu chez les adolescents non déprimés (28,9 ±8 vs 13,5 ± 8,2). Enfin, parmi les variables étudiées, certaines apparaissent significativement associées à la dépression; difficultés scolaires, problèmes de santé multiples et variés, attitudes particulières vis-à-vis du poids et de l'alimentation, problèmes de sommeil, conduites antisociales. Des problèmes de santé, en particulier d'ordre psychiatrique, sont aussi plus fréquemment retrouvés chez les parents des adolescents déprimés. En conclusion, cette étude montre que la dépression, dans sa forme typique, n'est pas rare à l'adolescence mais qu'elle est aussi souvent méconnue. C'est dire la nécessité de là rechercher devant tout problème psychopathologique survenant à l'adolescence. C'est dire aussi l'intérêt des études épidémiologiques visant à préciser la phénoménologie de la dépression à cet âge de la vie.


1988 ◽  
Vol 3 (1) ◽  
pp. 11-18 ◽  
Author(s):  
P. Lemoine ◽  
J. Mouret

RésuméRevue à travers les données de la littérature, la dépression apparaît comme un sujet de recherche très important, qui a déjà suscité de nombreuses théories chronobiologiques, souvent fondées sur des ≪critères diagnostiques objectifs≫. En revanche, l’impact thérapeutique de ces approches reste souvent limité à de rares services ultraspécialisés où les patients déprimés sont adressés en dernier recours.Dans cet article, les auteurs passent en revue quelques-unes des principales données de la littérature, en particulier celles qui concernent les aspects chronobiologiques de la dépression. Les investigations sophistiquées réalisées dans les unités de recherche peuvent avoir certaines conséquences cliniques et pratiques qui sont également évoquées. En effet, une évaluation clinique soigneuse, orientée sur des bases chronobiologiques suffit bien souvent à proposer des traitements individuels assez simples. Parmi ceux-ci, la privation partielle de sommeil (PPS) représente un moyen utile, permettant une amélioration rapide, mais malheureusement souvent imprévisible et transitoire, des troubles de l’humeur. Il semble possible de rendre plus fiables les PPS grâce à des interventions sur la température, la prise de nourriture et l’exposition à la lumiére.De plus, les auteurs décrivent un moyen possible de pérenniser les effets antidépresseurs de la PPS par des «microprivations de sommeil» réalisées pendant 15 min, à un moment spécifique de la nuit. Les résultats concernant 11 patients déprimés graves soumis à cette méthode sont exposés, 7 de ces sujets étant maintenus depuis 6 à 20 mois dans un état euthymique.


2014 ◽  
Vol 29 (S3) ◽  
pp. 591-592
Author(s):  
I. Jalenques

L’objectif d’un diagnostic et d’un programme thérapeutique personnalisés pour chaque patient souffrant de troubles schizophréniques n’est aujourd’hui qu’en partie atteint. Cette session fait le point sur les dernières avancées et celles à venir concernant les outils et stratégies diagnostiques ainsi que les thérapeutiques médicamenteuses et cognitives.Si l’hétérogénéité des tableaux cliniques répondant aux critères diagnostiques de schizophrénie est une constatation bien établie, on ne sait pas encore clairement ce que recouvre cette hétérogénéité : maladies distinctes ou variabilité d’expression d’une même maladie. Outre l’intérêt théorique, identifier une étiologie revêt un intérêt pratique pour définir la stratégie thérapeutique la plus adaptée chez un patient donné car certaines caractéristiques cognitives ou évolutives ont une incidence sur les options thérapeutiques. Reste à déterminer un algorithme réaliste permettant de hiérarchiser outils et examens pour affiner le bilan diagnostique de l’ensemble des patients.L’évolution des troubles schizophréniques a été amplement modifiée suite à l’avènement des neuroleptiques en 1952. Les antipsychotiques de seconde génération sont venus compléter l’offre de soins. Les données récentes insistent sur la nécessité de traiter sans retard car la souffrance engendrée par la maladie est réelle. Avec les nouvelles molécules la prise en charge devrait être individualisée, prenant en compte les attentes et appréhensions des patients notamment face au traitement pharmacologique.Les troubles cognitifs très fréquents, hétérogènes, contribuent fortement au pronostic fonctionnel. Le profil des compétences dégradées et préservées est propre à chaque patient : une remédiation cognitive pertinente nécessite donc des prises en charge individualisées. Le bilan neuropsychologique, dans le cadre d’une évaluation intégrative multidisciplinaire, permet d’établir des liens entre les profils cognitif et fonctionnel. Les éventuelles indications de remédiation cognitive qui en découlent ne doivent pas viser l’amélioration des performances cognitives pour elles-mêmes, mais la réussite de projets concrets dans les domaines social ou professionnel à laquelle cette amélioration peut contribuer [1,2].


2015 ◽  
Vol 13 (2) ◽  
pp. 26-48
Author(s):  
Myriam Laventure ◽  
Mélanie Lapalme ◽  
Caroline Temcheff ◽  
Michèle Déry

La présente étude vise à (1) décrire la consommation de psychotropes chez les préadolescents présentant des troubles extériorisés et à (2) identifier les caractéristiques personnelles, familiales et sociales qui permettent de différencier ceux s’étant initiés aux psychotropes de ceux qui ne consomment pas de psychotropes. L’échantillon est composé de 194 enfants (54 filles) âgés de 9 à 11 ans qui reçoivent des services psychosociaux en milieu scolaire pour des problèmes de comportement extériorisés. À l’entrée dans l’étude, 30,4 % présentaient un trouble des conduites (TC), 56,2 % un trouble de l’opposition avec provocation (TOP) et 80,4 % un trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH). Les résultats indiquent que 41,2 % des jeunes qui présentent des troubles extériorisés se sont initiés à l’un ou l’autre des psychotropes et un sur dix s’est initié à plus d’un psychotrope avant l’âge de 12 ans. Comparés aux jeunes abstinents, les jeunes qui se sont initiés aux psychotropes présentent davantage de symptômes associés à la violation des règles et à l’anxiété. Les filles s’étant initiées précocement aux psychotropes présentent certaines caractéristiques tempéramentales que sont l’activité, l’intensité et la distractivité. Sur le plan familial, ces jeunes proviennent de milieux familiaux où les parents sont plus nombreux à abuser ou à dépendre des drogues et à présenter des conduites antisociales. Enfin, sur le plan social, si les enfants qui se sont initiés aux psychotropes ont un réseau composé d’un nombre plus élevé d’amis, ces amis s’avèrent aussi plus nombreux à être également initiés à la cigarette, à l’alcool et au cannabis. À la lumière de ces résultats, dès l’école primaire, l’intervention auprès des jeunes qui présentent des troubles de comportement extériorisés devrait inclure un processus de dépistage systématique et des actions préventives qui proposent des modèles sociaux positifs.


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