scholarly journals La terrasse Mitis à la pointe de Mille-Vaches (péninsule de Portneuf), rive nord de l’estuaire maritime du Saint-Laurent : nature des dépôts et évolution du niveau marin relatif à l’holocène

2006 ◽  
Vol 58 (2-3) ◽  
pp. 281-295 ◽  
Author(s):  
Jean-Claude Dionne ◽  
Jean-Marie M. Dubois ◽  
Pascal Bernatchez
Keyword(s):  
En Face ◽  

Résumé La basse terrasse à l’extrémité sud-ouest de la péninsule de Portneuf, sur la Haute Côte-Nord du Saint-Laurent, correspond à la terrasse Mitis présente dans quelques autres localités de la rive nord de l’estuaire. Entièrement composée de matériaux meubles détritiques, elle comprend plusieurs unités, la plupart sableuses, d’une épaisseur supérieure à 3 m. Mises en place en milieu littoral et intertidal, ces unités reposent sur un dépôt de sable fin gris, infratidal, lui-même susjacent au substrat limono-argileux déposé dans la Mer de Goldthwait, il y a >9,5 ka. Un dépôt de limon sableux, gris, laminé, contenant des débris de plantes en place correspondant à un faciès de schorre inférieur, coiffe la séquence sableuse. Par endroits, ce dépôt est lui-même recouvert d’une couche de tourbe de 25‑30 cm d’épaisseur. L’unité à la base de la falaise active a été mise en place entre 1990 ± 60 et 2740 ± 70 BP. Les unités sableuses au-dessus datent de 1570 ± 60 à 1880 ± 90 BP, alors que l’unité limoneuse à faciès de schorre inférieur a donné un âge au 14C allant de 1570 ± 50 à 1970 ± 70 BP. L’âge médian de la terrasse Mitis est de 1880 ± 90 BP, alors que si on prend en compte uniquement les dates pour l’unité limoneuse à faciès de schorre inférieur, il est de 1830 ± 60 BP. L’édification de la terrasse Mitis à la pointe de Mille-Vaches est donc contemporaine de la plupart des sites des deux rives de l’estuaire. Le substrat argileux de la vaste batture en face de la terrasse, qui se prolonge sous celle-ci, a été érodé lors d’un bas niveau marin pendant l’Holocène moyen qui fut suivi d’une remontée du niveau de quelques mètres. Un glissement de terrain historique, survenu vraisemblablement lors du séisme de 1663, caractérise la partie supérieure de l’estran en face de la falaise active.

PMLA ◽  
1946 ◽  
Vol 61 (3) ◽  
pp. 607-619
Author(s):  
Leo Spitzer
Keyword(s):  
En Face ◽  
Il Y A ◽  

L'étymologie de la particule anc. française mon, qui se trouve encore dans des passages fameux du théâtre classique (“Ça mon vraiment! il y a fort à gagner à fréquenter vos nobles!”, Molière, Bourg. gent.iii, 3; “Ardez, vraiment, c'est mon, on vous l'endurera,” Corneille, Galerie du Palais, v. 1392), est loin d'être sûrement établie. “Ce petit mot a fait verser des flots d'encre,” nous dit Livet, Lex. de Mol., s.v., ça mon: il a inspiré aux philologues depuis Silvius (1531), R. Estienne et J. Thierry, jusqu'à Ebeling (1900) les explications les plus fantaisistes (v. pour la bibliographie, en outre de Livet, Behrens, Beitr. z. frz. Wortgeschichte, p. 305): multum, meum, munde, minus, germ, mund, suédois monne, grec. et (c'est la dernière, la plus phantastique, qui avait séduit l'esprit bizarre d'un Furetière et qu'un Ebeling, grave et vétilleux élève de Tobler, devait rééditer). On s'arrête généralement aujourd'hui à l'explication de Diez: munde (l'adverbe de mundus ‘pur,’ donc littéralement = ‘proprement, nettement’), que répètent Littré, Meyer-Lübke, Gamillscheg, Dauzat. Cette étymologie, certainement acceptable au point de vue sémantique (cf. l'ital. pure), se heurte pourtant à un fait phonétique: jamais nous ne trouvons en anc. français de -t final, qui pourtant devrait se présenter au moins d'une façon sporadique (cf. mundus ‘monde’ > a.fr. mont à côté du latinisme monde; Meyer-Lübke donne lui-même un a.fr. mont ‘pur’ sous mundus, que je n'ai pu, il est vrai, trouver dans les dictionnaires: il ne me semble exister que le latinisme monde et son opposé immonde). On comprendrait p. ex. qu'on trouve mon pour ∗mont dans des textes du Sud-Ouest ou anglo-normands où -t final disparaît d'assez bonne heure (cf. Pope, From Latin to Mod. French, p. 453: Gaimar rime sumun < submonet avec gerun, passiun)—mais nous ne trouvons pas de trace de mont dans le reste de la France, au moins au moyen âge. Un mont variante de la particule mon n'apparaît qu'assez tard en français, au moment où la spéculation étymologique se mêle à l'orthographe: chez Oresme, qui offre aussi la forme altérée moult (v. Godefroy), et chez des grammairiens du XVIe siècle, avides, comme on sait, d'étymologie. En face de la forme mon, seule usitée en anc. français, l'étymologie munde est intenable. Il y a encore un argument contre l'admission d'un adverbe: c'est le manque total de formes avec -s adverbial, si fréquent dans l'adverbe voir(s) ‘vraiment’: on ne trouve pas de forme ∗mons. Si nous comparons l'adverbe anc. français espoir ‘peut-être,’ qui est la forme pétrifiée de la le pers. du présent de esperer, nous remarquerons là aussi le manque de l’ -s adverbial.


2008 ◽  
Vol 51 (1) ◽  
pp. 2-30 ◽  
Author(s):  
Harriet Zurndorfer

AbstractThis essay traces the fifty-year history of JESHO from its initiation by the Dutch economic historian N.W. Posthumus to the present. It appraises what values and assumptions propelled the Journal's first editors to utilize the expression 'Orient' in the publication's title, and how they coped with the changing vicissitudes of historical writing about 'the Rest' from the 1960s onward, including the impact of 'area studies' in North America. Finally, it gives a brief overview of the 'highs and lows' of JESHO's history, and how the most recent editors have readdressed the Journal's original mission to meet the demands of both exacting source-orientated original research and the writing of global history. JESHO a été fondé il y a cinquante ans par l'historien économique néerlandais N.W. Posthumus. Cette contribution en trace l'histoire depuis le début jusqu'jusqu'à aujourd'hui en évaluant quelques thèmes historiographiques, tels que les valeurs et hypothèses qui ont amené les premiers éditeurs à inclure le terme 'l'Orient' dans le titre de la revue, la façon dont ils s'en s'ont tirés en face des vicissitudes des écrits historiques concernant 'le reste du monde' depuis les années soixante, y compris l'effet de la recherche sur les aires régionales dans l'Amérique du Nord. Pour finir nous toucherons brièvement aux qualités et faiblesses de ces cinquante années, et à la manière dont les éditeurs de nos jours s'acquittent de la vocation des premiers temps de JESHO qui exige que la recherche soit innovatrice ainsi qu'orientée vers les sources primaires difficiles à pénétrer et tienne compte de l'histoire mondiale.


2011 ◽  
Vol 19 (1) ◽  
pp. 71-81
Author(s):  
Sonia Dayan-Herzbrun

Un texte n’existe que dans la mesure où il est lu et ses différentes lectures contribuent à en montrer la richesse et l’intérêt. En France on a longtemps lu et on continue encore à lire Fanon, en particulier Les damnés de la terre, à la lumière de la préface que Sartre avait rédigée, à la demande de Fanon lui-même, après une rencontre et d’intenses discussions entre les deux hommes au printemps 1961 à Rome. Le premier chapitre des Damnés de la terre, intitulé “De la violence” avait été publié séparément dans les Temps Modernes, la revue dirigée par Jean-Paul Sartre, comme s’il s’agissait là de l’essentiel de ce livre. Il y a eu depuis beaucoup d’autres lectures de l’œuvre de Fanon, et en particulier de ce livre difficile et complexe. Je voudrais m’attacher, dans les pages qui vont suivre, à la lecture faite par Edward Said des textes de Fanon tout au long de sa carrière, à partir du moment, où, à la suite de la guerre de 1967 entre Israël et les pays arabes, et l’occupation de la Cisjordanie et de Gaza, ainsi que l’annexion de la partie Est de Jérusalem, Said va mêler intimement élaboration théorique et agir politique. Il est d’autant plus intéressant, d’un point de vue français, de porter attention à cette lecture, que Fanon aussi bien que Said, sont largement marginalisés dans le champ intellectuel et universitaire. Ils sont l’un et l’autre le symptôme d’une tache aveugle dans la pensée française dominante, peu encline à analyser le phénomène colonial. Il ne s’agit pas seulement des lacunes de l’histoire coloniale, qui commence tout juste à se développer. Le regard porté par Frantz Fanon sur la colonisation française en Algérie est difficilement supportable dans un pays qui se veut la “patrie des droits de l’Homme” et des valeurs universelles, tout comme la mise en évidence du racisme dans la France des années 1950. Ce qui semble encore davantage difficile à admettre, c’est que la domination coloniale puisse concerner aussi les catégories intellectuelles, les productions de l’imaginaire, et la construction des subjectivités. Lors de la parution, en 1980, de la traduction française d’ Orientalism, la levée de boucliers contre l’ouvrage fut telle qu’il fallut attendre vingt-cinq ans pour une nouvelle édition du livre qui était devenu introuvable. Entre temps Edward Said était mort, et sa notoriété internationale telle qu’il était impossible de continuer à faire comme si cet ouvrage avait cessé d’exister. On peut naïvement s’étonner d’une telle réaction, en face d’un livre dans lequel il est largement question d’écrivains et de savants français, et qui surtout a été écrit en partie dans le sillage intellectuel de Michel Foucault. Said avait cependant déjà pris, à cette époque, des distances avec la théorie foucaldienne, en s’appuyant sur d’autres théoriciens, au premier rang desquels Fanon. L’importance qu’il accordait à Fanon était antérieure. En effet, dans Beginnings, son premier ouvrage important de théorie littéraire, qui précédait Orientalism, Said avait déjà situé Fanon parmi ceux qui, avec Freud, Orwell, Lévi-Strauss et Foucault, avaient contribué à la production d’un “langage mental commun.”


Dialogue ◽  
1985 ◽  
Vol 24 (3) ◽  
pp. 411-426 ◽  
Author(s):  
Sylvain Auroux
Keyword(s):  
En Face ◽  

La connaissance est traditionnellement envisagée comme un processus mettant en rapport un sujet et un objet. Le processus peut être doublement orienté selon que l'on considère la réception de l'information par l e sujet, ou la représentation de l'objet qui peut avoir différentes modalités, parmi lesquelles je compte l'assertion de quelque chose quant à l'objet. Je schématise ces deux orientations de la façon suivante:(1) I (O,S) = K1(2) R (S,O) = K2Prendre connaissance d'un manuel de mathématiques, être ébloui par une lumière vive, n'est pas identique à résoudre un problème de mathématiques, ou à savoir que la voiture qui vient en face n'a pas mis ses feux de croisement. Il y a bien lieu de distinguer deux types de connaissances: K1 et K2; je ne me préoccuperai pas de la question générale de l'identité des éléments de chacune et j'utiliserai les mêmes symboles S et O.


2015 ◽  
Vol 48 (1-2) ◽  
pp. 115-129
Author(s):  
Boštjan Marko Turk
Keyword(s):  
Ex Post ◽  
En Face ◽  

Cet article vise à relever le dynamisme interne du drame cornélien. Le substrat sur lequel s'accomplit la comparaison est l'histoire du roi Œdipe, telle qu'elle a été inaugurée par Sophocle. Dans ce contexte, l'article explore le rôle du hasard ou l'hamartie présenté par Aristote. Il est à noter que la coïncidence prend un ascendant considérable dans la genèse de grandes tragédies (Le Cid, Horace, Cinna, La Mort de Pompée, Polyeucte, Suréna) bien que fonctionnellement elle n'apparaisse pas en toutes lettres, puisque il y a, à tout instant, un vecteur dans la disposition des événements théâtraux qui remet l'action sous l'emprise rationnelle des protagonistes. L'écrit présent explore davantage le caractère complémentaire de la notion de vraisemblance que celles du hasard et de l'hamartie. L'article consacre finalement une attention particulière à Œdipe de Corneille lui-même, révélant un paradoxe intéressant. La grande majorité de la pièce pourrait être interprétée comme la négation des forces qui, en dehors de tout contrôle, agiraient contre l'homme faisant de lui un pantin impuissant en face du destin, ce qui serait en accord avec les idées molinistes en vogue à l'époque. Pourtant les derniers vers de la tragédie éponyme raffermissent ostensiblement la prédisposition de la fatalité et semblent identifier - ex post - la pièce entière à l'enjeu qui tient en son pouvoir l'Œdipe-Roi de Sophocle. On pourrait donc fonder une présupposition que le hasard ou l'hamartie pourraient avoir plus d'emprise sur la structure profonde de l'œuvre cornélienne qu'il n'apparait au premier abord.


2005 ◽  
Vol 39 (4) ◽  
pp. 681-716 ◽  
Author(s):  
Andrée Lajoie ◽  
Henry Quillinan ◽  
Rod Macdonald ◽  
Guy Rocher
Keyword(s):  
En Face ◽  
Il Y A ◽  

L'observation et l'analyse des institutions, canadienne et traditionnelles, à Kahnawake révèle que, sur le plan formel, on se trouve en face de multiples sources de normativité, étatiques et non étatiques, qui forment un pluralisme très complexe et évolutif. Au cours des dernières années, ce pluralisme juridique réel a diminué d'intensité, notamment à travers le transfert de légitimité et d'effectivité normative entre les différents ordres juridiques en cause, tout en maintenant intactes les apparences formelles d'un pluralisme à la fois intra- et extra-étatique. La domination d'un ordre juridique sur d'autres, sinon l'effectivité et même la survivance d'un ordre juridique donné, dépendraient de trois facteurs : les ressources financières, la crédibilité externe et la légitimité interne. On constate également des ressemblances entre le droit autochtone et le nôtre. Il y a similitude entre les wampums et nos lois constitutionnelles canadiennes, également imprécis, suscitant les mêmes mécanismes d'interprétation, et le même rôle, pour l'interprète, dans la production du droit. On note aussi la similitude des limites normatives, liées à une légitimité fondée sur la correspondance entre les valeurs que les producteurs du droit y inscrivent et les valeurs dominantes dans une collectivité.


Author(s):  
Anne M. Klinkner ◽  
Crystal R. Waites ◽  
Peter J. Bugelski ◽  
William D. Kerns

A primary effort in the understanding of the progression of atherosclerotic disease has been methods development for visualization of the atherosclerotic plaque. We introduce a new method for the qualitative analysis of lipids in atherosclerotic fatty streaks which also retains those lipids for biochemical evaluation. An original aspect of the process is the ability to view an entire fatty streak en face, selectively stained for specific lipid classes within the lesion.New Zealand white rabbits were fed a high cholesterol diet(0.15%-0.3% for 14 wks). The aorta was removed and fixed in Carson's phosphate buffered formaldehyde followed by dual staining in the fluorescent dyes Nile red and filipin. Stock solutions of nile red(0.5mg/ml acetone) and filipin(2.5mg/ml dimethyl formamide) were prepared and kept at -20°C; all subsequent steps were at RT. 0.5cm × 1.0cm pieces of aorta were trimmed and adventitia removed. The pieces were then washed 3×15 min in PBS w/o CaMg, soaked in Nile red(NR)/filipin(Fl) stain(100(il NR stock + 200μl Fl stock in 10 ml PBS for 30 min, washed in PBS 3×30 min, rinsed with distilled water, mounted(Crystal Mount, Biomedia) and coverslipped and viewed by fluorescence microscopy.


Author(s):  
Serge Lambert
Keyword(s):  

Le procédé de Compactage Horizontal Statique, mis en œuvre pour la première fois aux États-Unis dans les années 1950 par les ingénieurs d’Hayward Baker Inc. (Groupe KELLER), a été développé considérablement par la suite, de telle sorte que depuis le début des années 1990, il trouve également une diffusion croissante en Europe (Warner J. 1982. “Compaction grouting-the first thirty years”. Gr Geotech Eng, ASCE, 1982: P694–707). Alors qu’à l’origine, les applications du procédé étaient limitées à la consolidation sous les fondations d’ouvrages susceptibles de subir des tassements, il en existe maintenant beaucoup d’autres. Aujourd’hui, les domaines d’application du Compactage Horizontal Statique sont multiples : amélioration et renforcement de sol pour des ouvrages neufs ou des reprises en sous-œuvre mais également pour des traitements de vides karstiques. Un exemple de chantier vient illustrer une application de ce procédé sous des éoliennes en mettant en évidence les avantages de ce procédé dans un contexte géotechnique difficile de zones décomprimées et de vides dans la craie jusqu’à des profondeurs de 20 à 45 m. Il a également été associé à un autre procédé de renforcement de sol par inclusions rigides pour traiter les sols superficiels. La détection et la délimitation des zones d’anomalies par des sondages destructifs avec enregistrements de paramètres n’ont pas été possibles en phase projet et ont été très compliquées en phase travaux pour garder un délai d’exécution court. Le retour d’expérience de cette opération montre que dans un tel contexte, il y a lieu de prévoir plusieurs mailles : une maille primaire lâche sur l’ensemble de l’emprise de l’ouvrage de manière à délimiter grossièrement les zones à injecter, et une maille secondaire voire tertiaire en intermaille, pour circonscrire précisément la zone d’anomalies.


2020 ◽  
Vol 54 (1) ◽  
pp. 17-26
Author(s):  
Marie-Claire Thery-Hugly ◽  
Esther Azoulay
Keyword(s):  

Vieillir : entre âge civil et ressenti, il y a un monde. Cet article cherche à comprendre ce que signifie « être vieux » aujourd’hui : c’est devenu une décision. Les séniors se sentent jeunes et font tout pour le rester, leur demande esthétique a évolué, connaître leurs attentes nous permet d’y répondre de manière satisfaisante. La vieillesse se modernise !


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