Comorbidités psychologiques et fibromyalgie — une nouvelle dimension évaluée : le sentiment d’injustice perçu. À partir d’une enquête en ligne sur 4 516 patients

2018 ◽  
Vol 31 (4) ◽  
pp. 217-222
Author(s):  
L. Stefko-Comte ◽  
J. Guérin ◽  
F. Colin ◽  
S. Perrot ◽  
J. Coste ◽  
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La fibromyalgie (FM), pathologie douloureuse chronique fréquente, nécessite une prise en charge globale incluant les comorbidités psychologiques (CP) selon les recommandations internationales. Afin d’évaluer le retentissement de ces CP, nous avons étudié les données d’une enquête en ligne menée auprès de 4 516 patients en 2014. Notre objectif principal était d’évaluer la prévalence du sentiment d’injustice perçu (SIP) et son impact chez le sujet fibromyalgique. Il s’agit d’une étude déclarative descriptive fondée sur un autoquestionnaire comprenant 103 questions dont deux concernant précisément le SIP, réalisé sur une plateforme Internet dédiée (Association française de lutte antirhumatismale et fibromyalgie SOS). Parmi les répondants, 76 % rapportent un SIP. Il est lié à la FM pour 71,3 % d’entre eux. Il est significativement plus fréquent chez les patients souffrant de dépression (p < 0,0001) sans corrélation avec la préexistence de la dépression. Il est plus fréquent en cas d’envies suicidaires (p < 0,0001) sans différence avec le passage à l’acte. La fréquence du SIP est plus importante en cas de demande de prestations sociales (p < 0,0001), de dépenses liées à la FM (p < 0,0001) et en cas de non-reconnaissance par l’employeur (< 0,0001). Le SIP est plus important en cas de retentissement sur la vie quotidienne (p < 0,0001), et ce, dans tous les domaines. Aucune caractéristique démographique n’est associée au SIP (p = 0,1). La prévalence du SIP est importante chez les patients fibromyalgiques de notre enquête et a un fort impact. Il est donc nécessaire d’évaluer les comorbidités psychologiques et de les prendre en charge.

2019 ◽  
Vol 13 (2) ◽  
pp. 82-88
Author(s):  
S. Lamtali ◽  
S. Boussaa ◽  
M. Loukid

Le cancer représente un problème de santé majeur dans le monde, nécessitant une prise en charge globale (médicale, sociale et psychologique). Afin de déterminer la place de la prise en charge psychosociale des cancéreux au Maroc, nous avons mené des enquêtes auprès de 370 patients et l’ensemble du personnel exerçant au niveau du centre d’oncologie-hématologie de Marrakech. Les résultats montrent que seulement 10 % des patients ont bénéficié d’un soutien psychologique, alors que 58 % ont bénéficié du soutien social. En conclusion, la priorité dans la prise en charge du cancer au Maroc est dans le soin médical et le soutien social. Toutefois, l’amélioration du soutien psychologique est nécessaire pour éviter l’abandon du traitement.


Author(s):  
Mary S. Cerney

Il est difficile de traiter les personnes qui ont été victimes d’un inceste, en partie à cause de leur culpabilité sous-jacente et réticence à partager la douleur et de la rage qu’elles ressentent envers celui qui a abusé d’elles, qui se trouve fréquemment être un membre de la famille qu’elles aiment. Cet article rend compte du déroulement du traitement d’une femme de 47 ans victime d’inceste qui a souffert de dépression et présenté des idées suicidaires pendant plus de 12 ans. Pendant cette période, elle a suivi divers traitements: psychothérapie, multiples médications, et sismothérapie. Malgré cinq hospitalisations et tous les traitements que nous avons mentionnés, son état ne faisait qu’empirer. Lorsqu’elle a été admise à l’Hôpital C. F. Menninger Memorial de Topeka, Kansas, Andrea présentait une symptomatologie multiple. Elle avait des troubles de la mémoire, était incapable de se concentrer, et ne s’intéressait à rien. Elle se sentait sans espoir et sans secours, et avait fait deux tentatives de suicide, l’une en 1971, l’autre en 1991. Elle disait ne plus se souvenir de portions entières de sa vie, et rapportait que sa dépression l’avait rendue incapable de faire face à la moindre situation de la vie quotidienne. C’est l’examen psychologique d’Andrea, pratiqué au début de sa prise en charge, qui nous a fourni le schéma de son traitement. On y voyait une Andrea qui, tout en apparaissant sans défense, abandonnée, passive et malheureuse, faisait des efforts considérables pour rester coupée d’elle-même et des autres. Elle craignait d’être submergée par de puissants affects et gardait ses distances; et pourtant, elle craignait la solitude. Cette lutte interne pour tenter de trouver un compromis entre ces deux extrêmes consommait une quantité considérable d’énergie et contribuait à son aspect sans vie et inefficace. Les résultats des tests indiquaient qu’il serait dangereux de prendre son apparence pour argent comptant, car il y avait beaucoup de choses sous la surface. Elle était terrifiée à l’idée d’explorer et négocier ses expériences intérieures, et se considérait comme faible et sans défense. Toutefois, les résultats des tests confirmaient aussi qu’elle avait plus de ressources disponibles qu’elle ne voulait reconnaître. Conscients des appels à la prudence indiqués par l’examen psychologique, le travail avec Andrea fut soigneusement dosé en fonction de sa capacité, et on la poussa doucement en avant chaque fois qu’elle hésitait à avancer. Après un peu plus de deux ans de thérapie, et lorsque le progrès était évident, Andrea exprima des inquiétudes, disant qu’elle faisait semblant, qu’elle n’avait fait aucun progrès, et qu’il suffirait qu’elle change d’environnement pour que ses anciens symptômes reviennent. On lui proposa alors un deuxième examen psychologique. Andrea aborda la session avec plaisir, mais aussi avec une certaine nervosité. Son Rorschach était maintenant très différent, avec beaucoup plus de réponses que la première fois. Ses percepts étaient élaborés et commentés. Un changement substantiel était évident. Le rendu de l’examen psychologique fut un épisode particulièrement riche. Il permit à Andrea de reconnaître combien elle avait effectivement changé pendant sa thérapie. Andréa s’est sentie disculpée de voir combien elle avait réellement été malade, qu’elle n’avait pas “fait semblant”, ni “tout inventé”. Cela n’avait pas été “seulement dans sa tête”. Plus tard, Andrea reconnut en riant que “ça l’était justement peut-être”. Le fait de prendre part à la discussion de ses résultats donna à Andrea une autre façon de se penser elle-même, et de penser son évolution, et le matériel devint une source d’encouragement et un étayage qui lui permit d’aborder son avenir avec plus de confiance.


Swiss Surgery ◽  
2003 ◽  
Vol 9 (6) ◽  
pp. 315-319 ◽  
Author(s):  
Peloponissios ◽  
Gillet ◽  
Halkic

L'agénésie isolée de la vésicule biliaire (AVB) est une anomalie rare. Vingt-trois pour cents des porteurs de cette malformation présentent des douleurs de l'hypochondre droit accompagnées de nausées et d'intolérance aux graisses dont l'étiologie reste souvent inexpliquée. Que la méthode d'investigation initiale soit un ultrason ou une cholangiographie intraveineuse, le diagnostic retenu à tort est dans la grande majorité des cas celui d'une vésicule exclue ou scléro-atrophique. Il résulte de cette erreur une indication chirurgicale inutile avec un risque accru de lésion des voies biliaires. Le but de ce travail et de déterminer s'il est possible, malgré les pièges de l'imagerie radiologique, d'obtenir un diagnostic préopératoire et de préciser la marche à suivre en cas de découverte pré ou peropératoire d'une AVB. A partir de deux cas isolés que nous présentons dans ce travail, nous avons effectué une revue de la littérature. C'est en fait la méconnaissance de cette pathologie et sa non-évocation dans le diagnostic différentiel qui conduit à une prise en charge chirurgicale inutile et dangereuse. L'absence de structures anatomiques normales et l'impossibilité de réaliser une traction sur l'infundibulum afin de mener la dissection du triangle de Calot représente un risque accru de lésion des voies biliaires. L'évocation de ce diagnostique par le radiologue ou le chirurgien est essentielle lors de l'interprétation de l'imagerie radiologic. En cas de doute on réalisera une cholangiographie-IRM. Une transmission héréditaire de l'AVB a été observée. Les membres d'une même famille doivent être investigués.


2019 ◽  
Vol 13 (2) ◽  
pp. 105-111 ◽  
Author(s):  
R. Bouriga ◽  
M. Mahjoub ◽  
MA Chaouch ◽  
M. Hochlef ◽  
Y. El Kissi ◽  
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Introduction : Le cancer est à l’origine de détresse psychologique alourdissant les morbidités des patients. Le cancer colorectal constitue un problème de santé publique de par son ampleur et sa gravité, en plus de son retentissement psychologique chez les patients et chez leur entourage. Notre objectif est de déterminer la prévalence de la dépression et de l’anxiété chez un groupe de patients tunisiens atteints de cancer colorectal et d’en rechercher les éventuelles relations avec les données cliniques. Patients et méthodes : Nous avons mené une étude observationnelle longitudinale prospective durant six mois (de mars à août 2017) colligeant tous les patients présentant un cancer colorectal et suivis à la consultation d’oncologie médicale au CHU Farhat-Hached à Sousse (Tunisie). En plus d’une grille à remplir par l’enquêteur se rapportant aux données épidémiologiques et cliniques du patient après l’entretien et la consultation du dossier médical, la mesure de l’anxiété et de la dépression a été faite à l’aide d’un autoquestionnaire validé en langue arabe : l’Hospital Anxiety and Depression Scale (HADS). La saisie et l’analyse des données ont été faites par le logiciel SPSS V20.0. Résultats : Cinquante-deux patients ont accepté de répondre à notre questionnaire. Ils étaient répartis en 28 femmes et 24 hommes ; l’âge moyen était de 57 ± 13 ans, la durée moyenne de la maladie était de 3,2 ± 1 ans. Les patients inclus dans l’étude étaient au stade métastatique (stade IV) de leur maladie dans 27%des cas. Nos patients ont bénéficié d’un traitement curatif dans 54 % des cas, d’une chirurgie de la tumeur primitive dans 88,6 %, d’une chimiothérapie dans 94,3 %, d’une radiothérapie dans 34,6 %, et 15,5 % ont reçu le cetuximab. La dépression détectée auprès de nos patients était douteuse dans 17,3 %et certaine dans 13,5 %. L’anxiété était douteuse chez 13,5 % et certaine dans 7,5 %. Une corrélation positive significative a été mise en évidence entre d’une part la symptomatologie dépressive et d’autre part le stade métastatique de la maladie (r = 0,741, p = 0,042), la présence de stomie (r = 0,811 ; p = 0,005), la fatigue (r = 0,720 ; p = 0,005) et les effets indésirables à type de nausée et vomissement (r = 0,653 ; p = 0,045). Conclusion : Il existe une forte prévalence de la dépression et de l’anxiété chez les patients atteints de cancer colorectal dans notre travail. Ces troubles psychiques devraient être systématiquement recherchés afin de préconiser une prise en charge adéquate de ces patients dans leur parcours de soins.


2020 ◽  
Vol 36 (2) ◽  
pp. 37-43
Author(s):  
M. Brière ◽  
M. Cermolacce ◽  
X. Flecher ◽  
R.-A. Rochwerger ◽  
J.-C. Mattei

Introduction : Les fractures du calcanéus sont des fractures fréquentes, touchant l’homme jeune à la suite d’un mécanisme à haute énergie. Les complications en sont le pied plat valgus et l’arthrose sous-talienne. Différents traitements sont possibles. L’ostéosynthèse par plaque verrouillée permet de restaurer l’architecture du calcanéus. L’objectif principal de ce travail était d’étudier les complications cutanées et infectieuses de l’ostéosynthèse par plaque des fractures du calcanéus. Les objectifs secondaires étaient d’évaluer les résultats fonctionnels ainsi que la survenue d’arthrose sous-talienne. Notre hypothèse était que le taux de complications était peu élevé. Matériels et méthodes : Il s’agit d’une étude monocentrique rétrospective incluant les ostéosynthèses par plaque verrouillée du calcanéus (février 2008 à mars 2015) à l’exclusion des patients atteints d’une comorbidité sévère. Résultats : La série comprend 26 ostéosynthèses : 23 patients majoritairement masculins (82,6 %) et jeunes (âge moyen : 39 ans), avec un recul moyen de 32 mois. Vingt-trois fractures ont été analysées. Nous avons relevé cinq complications cutanées ou infectieuses, dont trois ont nécessité une reprise chirurgicale. Elles étaient corrélées au tabagisme (p < 0,05). Le score AOFAS moyen était de 74,2 : [33–95]. Les résultats fonctionnels étaient excellents dans 22 % et bons dans 44 % des cas. L’accident du travail, le tabagisme, les fractures de type Duparc V, et les variantes propagées étaient des facteurs de mauvais pronostic. Il y avait dix cas d’arthrose soustalienne au dernier recul. Six cas de grades quatre étaient corrélés à des scores fonctionnels péjoratifs. Cinq patients ont dû subir une arthrodèse sous-talienne. Discussion : Nous avons retrouvé un taux de complications légèrement moins élevé que dans la littérature corrélées au tabagisme. Les scores fonctionnels étaient légèrement inférieurs. Les dysesthésies du nerf sural sont une complication relativement fréquente. L’arthrose sous-talienne survient dans près d’un cas sur deux. Un taux élevé de complications et des résultats parfois modestes poussent à réfléchir sur la technique chirurgicale et son indication. Les abords miniinvasifs ou la chirurgie percutanée pourraient être une alternative. Conclusion : La prise en charge des fractures du calcanéus doit être une chirurgie à la carte, tenant compte des lésions associées, de l’état cutané et du patient, car les complications liées à une chirurgie à foyer ouvert ne sont pas négligeables.


2018 ◽  
Vol 66 (2) ◽  

Nous avons tous reçu ces emails sous leurs différentes formes. Finalement c’est si fréquent et banal que l’on pourrait croire que la procédure est normale, que les médecins du sport, habitués à se mettre au service du monde du sport, sont très forts, car ils répondent très vite. Et pourtant, nous sommes conscients de quelques questions importantes qui se cachent derrière la gestion de ces demandes, et peut-être que d’autres nous échappent encore quelque peu. Plusieurs études nous rappellent, qu’en cas de prise en charge médicale de problèmes de fatigue ou de manque de performance, les attentes des entraîneurs et des athlètes sont élevées par rapport à une analyse sanguine.


2013 ◽  
Vol 28 (S2) ◽  
pp. 2-3
Author(s):  
E. Peyron

La prise en charge du sujet alcoolodépendant, utilisant les techniques de thérapie cognitivo-comportementales (TCC) a suivi l’évolution de ces techniques. Historiquement, les TCC ont évolué selon trois vagues. La première vague est comportementale et s’inspire directement des théories de l’apprentissage. On cherche dans ce cas à aider le patient à modifier son comportement. La deuxième vague des TCC a été centrée sur les cognitions. Le but du travail psychothérapique était d’aider le patient à favoriser des pensées alternatives lors d’une situation à risque. Depuis les années 2000, est née une troisième vague. Celle-ci se centre sur les relations entre la cognition et l’émotion [4]. L’hypothèse est que les troubles psychiques résulteraient d’une suppression erronée d’information émotionnelle. Par conséquent, la thérapie de la mindfulness – de la pleine conscience –, c’est à dire de l’expérience vécue pleinement de l’ici et maintenant, s’intéresse au contexte des expériences psychologiques. Les premiers programmes de thérapie de la pleine conscience ont été développés pour le sujet souffrant de maladies ou de douleurs chroniques pour améliorer leur qualité de vie [5]. Pour le sujet alcoolodépendant, un programme intégrant la pratique de la mindfulness à la prévention de la rechute (Mindfulness-Based Relapse Therapy: MBRT) [3,6,7]. Ce programme thérapeutique, que nous décrirons, s’appuie sur huit séances hebdomadaires. Nous avons aussi utilisé le programme classique de la mindfulness chez le sujet alcoolodépendant. La thérapie de la pleine conscience nous paraît intéressante à la fois dans la gestion du craving, mais aussi dans la gestion des émotions. Enfin, nous chercherons aussi, à partir des lectures des Stoïciens, d’Augustin (De Trinitate) [2], et d’Arendt (La vie de l’esprit) [1] à expliquer comment la pleine conscience est acceptation, acceptation d’un ordre qui ne dépend pas de nous, mais acceptation constitutive de notre liberté. L’acceptation est donc éthique.


2014 ◽  
Vol 29 (S3) ◽  
pp. 601-601
Author(s):  
D. Carmelo ◽  
S. Lamy ◽  
A. Charles-Nicolas ◽  
N. Pascal ◽  
L. Jehel

IntroductionLa suicidalité à l’adolescence est une question importante de santé publique, en termes de mortalité, de morbidité. Celle-ci est peu évaluée et quantifiée dans les en Martinique au sujet des adolescents. Notre objectif à travers de notre étude prospective exploratoire est de déterminer de la prévalence des tentatives de suicide chez les adolescents en Martinique consultant au CHUM.MéthodesNous avons inclus tous les adolescents âgés de 11 à 18 ans ayant réalisé une tentative de suicide en Martinique, admis sur les différents services d’urgences et de réanimations du CHUM, sur une période continue de 4 mois.RésultatsQuarante-trois tentatives de suicide ont été enregistrées au cours de cette période : 88,4 % des cas impliquaient des filles (avec une récidive sur la période d’inclusion), 58,1 % des jeunes ont utilisé comme méthode l’intoxication médicamenteuse volontaire, la majorité concernait des primosuicidants (60,5 %), près de la moitié des cas avait identifié un événement traumatisant, 34,9 % ont déclaré consommer de façon régulière une substance psychoactive enfin 72,5 % des situations ont fait intervenir le SAMU et 65,2 % de ces adolescents ont bénéficié d’une prise en charge hospitalière.ConclusionCette étude pilote permet de contribuer à la description de la tentative de suicide chez les adolescents, qui s’estimerait à 1 tentative de suicide tous les 3 jours, et confirme bien une problématique suicidaire touchant cette population spécifique dans ce département. Elle suggère par ailleurs la nécessité de renforcer l’offre de soins qui semble insuffisante à ce jour. Au vu des résultats de cette étude, l’implication forte du SAMU dans ce travail pourrait être un partenaire idéal dans le repérage de ces conduites suicidaires dans cette région.


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