Inégalités en perspectives
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Published By Editions Des Archives Contemporaines

9782813002310

2019 ◽  
pp. 107-123
Author(s):  
Sylvie Fanchette
Keyword(s):  

Depuis 1986, le gouvernement vietnamien a entrepris de nombreuses réformes pour relancer son économie en pleine crise. Il cherche à créer un marché foncier accessible aux investisseurs privés étrangers et nationaux pour mettre en œuvre ses projets urbains et industriels. Après plusieurs décennies d’équité foncière théorique, les inégalités d’accès au foncier agricole et productif sont source de conflits et de contestations de la part des villageois envers les autorités locales, les promoteurs immobiliers et les investisseurs. Ce texte se propose d’analyser en quoi les politiques néo-libérales de mise en concurrence des espaces et les dynamiques locales d’accaparement des terres, des différents acteurs paysans, investisseurs et collectivités dans le Vietnam contemporain sont sources d’inégalités sociales, notamment celle de la distribution du facteur de production capital qu’est la terre constructible. Celles-ci se déclinent en trois dimensions : les inégalités foncières non agricoles, les bénéfices de la plus-value foncière et la participation aux décisions d’aménagement de leur territoire. Dans une première partie, nous présenterons les différents types de conflits à l’œuvre dans la périphérie de la capitale Hanoï et à Bac Ninh, au nord du pays, deux provinces où les projets industriels et immobiliers sont très nombreux. Puis nous aborderons les différentes étapes de la montée des inégalités foncières dans les campagnes depuis la décollectivisation de l’économie. Enfin, nous présenterons en quoi les intérêts et les représentations divergents pour le foncier des acteurs sont sources de conflits à travers quelques tentatives menées par les habitants de plusieurs villages pour accéder au foncier non agricole.


2019 ◽  
pp. 207-225
Author(s):  
Carola Mick ◽  
Christine Deprez ◽  
Azucena Palacios

Dans des entretiens semi-narratifs recueillis en 2005 dans l’ONG La Casa de Panchita à Lima, 32 employées domestiques péruviennes produisent des récits autobiographiques sur l’arrière-fond des inégalités sociales qu’elles perçoivent au sein de la société. Afin de donner du sens à leurs expériences au moment de l’énonciation, certaines déploient plus que d’autres, dans leur récit, des ressources discursives et linguistiques créatives. Dans ce chapitre, nous étudierons l’exploitation particulière des temps verbaux du passé par les locutrices, et la temporalisation dans la narration de leur vécu.


2019 ◽  
pp. 141-151
Author(s):  
Olivier Leservoisier

Ce chapitre propose une série de réflexions sur la manière d’appréhender les inégalités dans un contexte sociétal fortement hiérarchisé et marqué par un pluralisme normatif. Partant du constat que les inégalités ne sont intelligibles que replacées dans des rapports de pouvoir qui leur donnent sens, il s’interroge sur les processus de différenciation sociale et sur les usages sociaux que les acteurs font des situations inégalitaires dans des contextes historiques pluriels et imbriqués. Dans cette perspective, il s’agit non seulement de souligner l’importance de croiser les lectures de la stratification sociale, mais également de réfléchir aux ambivalences que les acteurs entretiennent avec les hiérarchies, à « l’écart entre l’injustice effective et l’injustice perçue », ainsi qu’aux rapports complexes entre mobilités et inégalités. A l’appui de ces réflexions, la présentation d’itinéraires de reconnaissance permet ici de mieux saisir les enjeux de dignité et les rapports ambigus entre normes et valeurs. Elle conduit, par ailleurs, à penser les rapports inégalitaires en termes de continuum, loin de toute vision linéaire et univoque des processus d’émancipation fondée sur le seul modèle d’égalité républicaine.


2019 ◽  
pp. 125-139
Author(s):  
Béatrice Lecestre-Rollier
Keyword(s):  

Dans les textes comme sur le terrain, les acteurs du développement, face aux populations locales, ici les montagnards de l’Atlas marocain, manient une rhétorique en termes de justice sociale et de lutte contre les inégalités. Ce discours dominant, s’il ne stigmatise plus l’arriération des populations, n’en continue pas moins de délégitimer les organisations endogènes, au nom de normes relatives à la bonne gouvernance, à l’égalité dans l’accès aux ressources, à la démocratie participative. À partir d’exemples de projets de développement autour de l’hydraulique agricole, ce chapitre interroge les décalages entre les représentations véhiculées par les actions de développement et les normes locales de la justice sociale quant au partage de l’eau, en tension entre égalité (les tours d’eau garantissent à tous une part d’eau) et inégalité (relative aux rapports de pouvoir). Ce faisant, il souligne les paradoxes des politiques de développement.


2019 ◽  
pp. 63-79
Author(s):  
Pierre Debeaudrap ◽  
Myriam De Loenzien ◽  
Gervais Beninguisse

Inégalité et handicap sont deux notions si étroitement liées l’une à l’autre que leur mise en relation nécessite paradoxalement un effort conceptuel qui à la fois les distingue et clarifie leurs liens. Dans le domaine des études de population, ce besoin se double de la nécessité d’opérationnaliser les concepts. Le handicap a progressivement été défini comme un processus socialement construit, ouvrant la voie à une analyse des inégalités et particulièrement des situations d’iniquité. Des relations de causalité réciproques entre handicap et inégalité ont été explorées, accordant une place centrale à la notion de participation sociale. Celle-ci se heurte à la variabilité de sa définition. Plusieurs modèles ont mis en évidence des mécanismes sociaux sous-jacents à ces relations, proposant de nouvelles perspectives comme l’a fait l’approche des capabilités. Ces réflexions toujours en cours témoignent du dynamisme de ce champ de recherche novateur que constituent les « disability studies ». Celui-ci, porteur d’un idéal d’égalité, jette une lumière spécifique sur la notion d’inégalité.


2019 ◽  
pp. 91-105
Author(s):  
Marine Al Dahdah

Les technologies de l’information et de la communication (TIC) jouent aujourd’hui un rôle de plus en plus central dans les programmes de développement. En 2015, l’organe des Nations Unies chargé des questions de développement et du commerce international, la CNUCED, a rendu public son rapport sur le « développement numérique » et demandé de positionner les TIC au cœur des nouveaux objectifs du développement (UNCTAD 2015). Le positionnement central des TIC dans les programmes internationaux de développement post-2015 est réaffirmé la même année, lors de la définition des « Principes pour le développement numérique » par un groupe d’acteurs issus d’organisations internationales et non gouvernementales. En 2016, le rapport annuel de la Banque mondiale sur le développement dans le monde s’intitule Les Dividendes du numérique et vient confirmer le rôle majeur assigné aux technologies numériques comme levier de développement (World Bank, 2016). Les programmes de santé par téléphone portable – appelés mSanté ou mHealth – sont une forme d’expérimentation de ce développement numérique. À partir de l’exemple d’un dispositif de suivi maternel par téléphone portable déployé au Ghana et en Inde, ce chapitre propose d’explorer un nouveau modèle qui lie le développement économique et social avec l’expansion du téléphone portable et de ses produits. Le recours aux technologies mobiles a introduit dans ces nouveaux programmes de développement des acteurs autrefois étrangers à ce champ et issus en majorité du secteur privé des TIC. Les alliances constituées pour ces programmes se caractérisent par une présence hégémonique d’acteurs privés du Nord, qui financent et déploient des outils techniques en s’appuyant, pour leur mise en œuvre au niveau communautaire, sur les fonctionnaires des services de santé du Sud. La question des rapports Nord-Sud dans les programmes de développement se voit réactualisée à travers ces coopérations technologiques particulières. Ces programmes globaux, encore peu étudiés, constituent une clé de reconfiguration des programmes de développement. En décryptant les inégalités Nord-Sud que ces nouvelles collaborations technologiques impliquent, ce chapitre identifie les logiques hégémoniques qui portent la mSanté.


2019 ◽  
pp. 163-175
Author(s):  
Julie Pannetier ◽  
Annabel Desgrées du Loû

Les disparités de santé entre populations immigrées et non-immigrées ont mis du temps à émerger comme objet de recherche légitime. Elles ont d’abord été explorées en lien avec les pratiques culturelles et les conditions sanitaires (présence d’épidémies, d’agents pathogènes) dans les pays d’émigration. Ce chapitre présente, à partir d’une étude sur le saturnisme infantile en France et les grands résultats de l’enquête PARCOURS, en quoi les inégalités de santé entre populations immigrées et natives sont liées aux inégalités sociales et notamment aux conditions de logement. L’accès aux soins pour les personnes immigrées et la prise en charge qui leur est offerte va, selon les cas, minimiser ou aggraver ces inégalités sociales et de santé.


2019 ◽  
pp. 189-205
Author(s):  
Niandou Touré ◽  
Etienne Gérard
Keyword(s):  
A Priori ◽  

Le champ scolaire malien est caractérisé par de profondes inégalités, notamment entre les différentes catégories d’établissements d’enseignement secondaire. Ces inégalités, au détriment des établissements publics, s’expriment notamment à travers les fortes proportions de bacheliers qui accèdent à l’enseignement supérieur, mais surtout qui poursuivent leurs études supérieures à l’étranger après une scolarité dans des lycées privés, laïcs ou confessionnels. En raison de ces inégalités, les conditions des étudiants de milieu populaire, démunis en capitaux économique et scolaire, sont a priori défavorables à la mobilité. Pourtant, grâce à un ensemble de facteurs favorables, en particulier leur capital social et l’ouverture des systèmes publics d’enseignement supérieur, bon nombre d’entre eux parviennent à réaliser des études à l’étranger, comme au Maroc ou en France. Nos enquêtes montrent que cette mobilité pour études débouche de surcroît, la plupart du temps, sur une mobilité sociale ascendante lorsque ces jeunes, une fois diplômés, retournent dans leur pays à l’issue de leurs études.


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