scholarly journals Contribution de l’École d’hygiène de l’Université de Montréal à un enseignement francophone de santé publique, 1946-1970

2008 ◽  
Vol 47 (3) ◽  
pp. 323-347 ◽  
Author(s):  
Georges Desrosiers ◽  
Benoît Gaumer ◽  
Othmar Keel

RÉSUMÉ Au début du siècle, l'intégration de la bactériologie dans les pratiques de santé publique a conduit à une séparation de plus en plus marquée entre la médecine curative et la médecine préventive et a ouvert la voie à la formation d'une nouvelle spécialité, celle des hygiénistes (médecins, infirmières, dentistes, etc.) qui ont rapidement senti le besoin de se donner des moyens de formation adaptés. C'est ainsi que sont nées à partir de 1918 les écoles de santé publique, d'abord aux États-Unis puis au Canada. Le Canada n'a eu que deux écoles de santé publique, celle de Toronto (1925-1975) qui desservait les anglophones et l'École d'hygiène de l'Université de Montréal (1946-1970) pour les francophones. Ces deux écoles ont été intégrées aux facultés de médecine dans le vent des réformes du début des années 1970. Cette étude relate les premières initiatives de formation spécialisée en santé publique dans les universités francophones du Québec qui remontent à 1911, les circonstances de la création de l'École d'hygiène, la mission qu'elle s'est donnée au début et l'évolution de ses structures administratives. Elle analyse plus en détail ses principaux programmes de formation, la composition du corps professoral et de la clientèle étudiante.

1976 ◽  
Vol 19 (4) ◽  
pp. 37-44
Author(s):  
Marit Kromberg ◽  
N.N. Mashalaba

"Les conditions d'existence des communautés rurales ne seront pas vraiment améliorées par la pratique d'une médecine curative. L'amélioration dépend d'une formation graduelle des populations elles-mêmes dans le domaine des techniques élémentaires de médecine préventive. Pour diffuser cet enseignement, un corps de 250 monitrices en mieux-être familial sera formé en vue d'être affecté aux villages... Cette opération-pilote fut poursuivie par le gouvernement au courant des deux dernières années. Une femme est sélectionnée par village pour suivre un stage de onze semaines en vue d'acquérir des connaissances de base d'hygiène personnelle et de santé publique, de nutrition, d'éducation sanitaire, de protection infantile et de contrôle des naissances. Elle apprend aussi à reconnaître et à soigner certaines maladies, telles que la gale, à identifier et prendre des mesures contre la malnutrition infantile, à suivre les tuberculeux ainsi que ceux qui pour raient le devenir. Les femmes sélectionnées ont le titre de monitrice en mieux-être familial; elles ont besoin d'encouragements et d'encadrement constant ainsi que de stages de perfectionnement dans le cadre de l'exercice de leurs fonctions."1


2006 ◽  
Vol 6 (2) ◽  
pp. 168-174 ◽  
Author(s):  
Anonymus  
Keyword(s):  
De Se ◽  

Dans cet article, l’auteure décrit la triste expérience d’un jeune schizophrène qui, après un séjour de 5 ans dans une institution à sécurité maximum, a tenté de se réadapter lui-même. Elle montre les difficultés que la famille a rencontrées en essayant de faire de son mieux pour ce jeune homme. Paradoxalement, son article montre aussi comment le respect pour les droits d’un individu peuvent quelque fois manquer leur but et créer seulement de la misère pour la personne concernée. Cette histoire offre de la matière à penser en plus de tenter d’exposer le tango de la bureaucratie et la vision stéréotypée et irréaliste du personnel de la santé publique et de l’administration qui, dans leur nouvelle approche, font face à la maladie mentale comme si ce n’était juste qu’une autre maladie.


2013 ◽  
Vol 28 (S2) ◽  
pp. 84-84
Author(s):  
M.-N. Vacheron ◽  
A. Viala

La notion de personne de confiance apparaît pour la première fois dans le Code de Santé Publique dans le cadre de la loi du 4 mars 2002 (art L 1111-6 CSP) relative au droit des malades et à la qualité du système de santé, réclamée par les familles et les associations ; elle est conçue pour permettre au patient de se faire accompagner dans une démarche de soins, mais aussi comme une aide à la décision médicale ou à la participation à un protocole de recherche biomédicale. Elle a été successivement renforcée par les lois sur la bioéthique de 2004, puis sur la fin de vie en 2005, (puis en matière d’incapacité en 2007), et enfin plus récemment à l’occasion de la loi du 5 juillet 2011. Son rôle a ainsi évolué de l’accompagnement à la consultation puis au consentement. La personne de confiance doit être distinguée des « proches », de « la personne à prévenir », de « la tierce personne » et même du « tiers », alors même qu’il peut s’agir d’un parent, d’un proche ou du médecin traitant… La désignation est faite par écrit, la personne de confiance peut être différente d’une période à l’autre et même d’une situation médicale à l’autre, le patient ayant une liberté totale pour décider, et la désignation étant « révocable à tout moment ». Le législateur a voulu d’emblée que le concept en soit large, mais des éléments de confusion, de méfiance, de non-information, ont pu participer au fait qu’elle soit encore peu utilisée ou sous-utilisée, en tout cas en psychiatrie. La perspective d’adapter les procédures de directives anticipées aux modalités d’hospitalisation ou de réhospitalisation pour soins psychiatriques pourrait amener à réactualiser le rôle de la personne de confiance et à envisager une information tant des soignants que des patients et des personnes susceptibles d’être désignées.


2021 ◽  
Vol 47 (11) ◽  
pp. 512-516
Author(s):  
Meghan Laverty ◽  
Marina Salvadori ◽  
Susan G Squires ◽  
May Ahmed ◽  
Lisa Eisenbeis ◽  
...  

Cet article présente un résumé de l’épidémiologie des cas de syndrome inflammatoire multisystémique chez les enfants (MIS-C) déclarés à l’échelle nationale au Canada par les autorités sanitaires provinciales et territoriales. Le syndrome inflammatoire multisystémique chez les enfants est un syndrome inflammatoire post-viral qui suit la maladie à coronavirus 2019 (COVID-19). Les symptômes peuvent comprendre de la fièvre, des douleurs abdominales, des vomissements, de la diarrhée, des éruptions cutanées et d’autres signes d’inflammation. Au Canada, le MIS-C est rare, avec 269 cas signalés à l’Agence de la santé publique du Canada entre le 11 mars 2020 et le 2 octobre 2021. Cent quarante-deux (53 %) de ces cas étaient des cas de COVID-19 confirmés en laboratoire ou liés épidémiologiquement à des cas de COVID-19. Des cas ont été signalés chez des nourrissons d’à peine une semaine et des jeunes de 18 ans, l’âge médian étant de six ans. Les cas étaient plus susceptibles de se produire chez les garçons que chez les filles (58 % contre 42 %, respectivement; p = 0,006). Presque tous les cas de MIS-C (99 %) ont nécessité une hospitalisation et 36 % une admission en unité de soins intensifs. Aucun décès n’a été signalé à ce jour. La tendance temporelle du MIS-C s’aligne sur la tendance temporelle du taux d’incidence du COVID-19 rapporté chez les enfants, avec un décalage de deux à six semaines.


2021 ◽  
Vol 47 (12) ◽  
pp. 561-571
Author(s):  
Lillian Lourenço ◽  
Marian Kelly ◽  
Jill Tarasuk ◽  
Kyla Stairs ◽  
Maggie Bryson ◽  
...  

L’hépatite C demeure un important problème de santé publique au Canada, le virus de l’hépatite C (VHC) étant responsable de plus d’années de vie perdues que toutes les autres maladies infectieuses au Canada. Une augmentation du nombre de cas d’hépatite C déclarés a été observée entre 2014 et 2018. Nous présentons ici les changements dans les tendances épidémiologiques et discutons des facteurs de risque d’acquisition de l’hépatite C au Canada qui pourraient avoir contribué à cette augmentation du nombre de cas d’hépatite C déclarés, en nous concentrant sur l’utilisation de drogues injectables. Nous décrivons une diminution de l’utilisation d’aiguilles ou de seringues empruntées, associée à une augmentation de l’utilisation d’autres matériels d’injection usagés. De plus, une prévalence accrue de l’utilisation de drogues injectables et de l’injection d’opioïdes sur ordonnance et de méthamphétamine par les personnes qui utilisent des drogues par injection (UDI) peut augmenter le risque d’acquisition du VHC. Dans le même temps, si la couverture des interventions en matière de réduction des méfaits semble avoir augmenté au Canada ces dernières années, des lacunes subsistent en ce qui a trait à l’accès et la couverture. Nous examinons également comment l’élargissement de l’admissibilité aux antiviraux à action directe a pu affecter les taux d’hépatite C de 2014 à 2018. Enfin, nous présentons les nouvelles tendances de surveillance observées en 2019 et discutons de la manière dont la pandémie de maladie à coronavirus 2019 (COVID-19) pourrait influencer le nombre de cas d’hépatite C à partir de 2020. Des efforts continus pour 1) améliorer la surveillance de l’hépatite C, et 2) renforcer la portée, l’efficacité et l’adoption des services de prévention et de traitement de l’hépatite C à travers le Canada sont essentiels pour réduire la transmission du VHC parmi les UDI et atteindre les objectifs canadiens d’élimination du VHC d’ici 2030.


2013 ◽  
Vol 44 (2) ◽  
pp. 197-225 ◽  
Author(s):  
Gabriel Blouin Genest

RésuméCette note de recherche examine les politiques de santé publique et de sécurité sanitaire mises en place au Canada lors de la pandémie de H1N1 de 2009-2010 afin de les replacer dans le cadre plus large de la gouvernance globale de la santé. En nous intéressant aux critiques et aux recommandations exprimées par rapport à l’expérience canadienne de la pandémie de H1N1, nous cherchons à analyser les réponses politiques du Canada au regard de la gestion de cette crise sanitaire. Nous établissons à cette fin un parallèle entre les évaluations canadiennes de la gestion de cette pandémie et celles effectuées par d’autres pays et organisations. Nous appuyant sur une analyse des rapports d’évaluation canadiens de cette crise, et en les replaçant dans le contexte des critiques internationales portées à l’oms, nous soutenons que le Canada, dans un contexte de mondialisation des risques sanitaires et de multiplication des acteurs internationaux, n’a pas été en mesure de prendre en compte adéquatement le rôle du secteur privé dans les politiques de santé publique ainsi que ses conséquences pour la nature de la gouvernance sanitaire.


2002 ◽  
pp. 97-106
Author(s):  
Benoît Gaumer

RÉSUMÉ Cette revue de littérature analyse l'évolution historique des services de santé publique urbains en Amérique du Nord à travers les principales études réalisées jusqu'à maintenant. De leur synthèse, il ressort un certain modèle nord-américain d'implantation et de développement des services de santé publique en milieu urbain. Trois phases apparaissent dans cette prise en charge des problèmes de santé par un département de santé publique nettement distinct des institutions municipales. La première étape, qui couvre la deuxième moitié du dix-neuvième siècle, est fortement marquée par la doctrine miasmatique ou anticontagionniste. La seconde correspond à l'adoption de la théorie microbienne. La troisième correspond à l'émergence, entre les deux guerres mondiales, du courant d'éducation sanitaire et de médecine préventive. Ce modèle d'évolution des activités de santé publique se retrouve dans quasiment toutes les grandes villes nord-américaines. Rares sont cependant les études de longue durée (comme celles qui portent sur les villes de New York et de Toronto) permettant de valider ou de réfuter le modèle.


2017 ◽  
Vol 42 (1) ◽  
pp. 125-145 ◽  
Author(s):  
Isabelle Doré ◽  
Jean Caron

La santé mentale est plus que l’absence de maladie mentale ou de troubles mentaux : elle constitue une forme de bien-être complet et interpelle notre capacité à jouir de la vie et à faire face aux défis auxquels nous sommes confrontés. La santé mentale et la maladie mentale ne représentent pas les extrêmes d’un même continuum, mais constituent plutôt des concepts distincts, bien que corrélés. La santé mentale influence directement le fonctionnement personnel et social des individus, justifiant l’importance d’agir en amont des problèmes pour promouvoir la santé mentale. Cet article vise, dans un premier temps, à situer le concept de santé mentale dans une perspective historique ; la conception traditionnelle suggérant que la santé mentale se définit par l’absence de troubles mentaux a été remplacée par une conception holistique qui interpelle directement la santé publique. Des modèles théoriques sont présentés afin d’exposer les diverses composantes de la santé mentale qui incluent une appréciation du bien-être émotionnel/qualité de vie (QV), du bien-être psychologique et social. Les auteurs présentent également différents instruments de mesure qui permettent d’évaluer les multiples dimensions de la santé mentale. Enfin, une recension des écrits présente les résultats de recherche sur les déterminants de la santé mentale. Nous souhaitons que cet article permette au lecteur de se familiariser avec des concepts et des outils qui ont pour but d’orienter la recherche, la surveillance, l’élaboration de politiques publiques et de programmes de santé publique destinés à la promotion de la santé mentale.


2004 ◽  
Vol 45 (2) ◽  
pp. 343-364 ◽  
Author(s):  
Valéry Ridde

RésuméÀ travers une étude critique des discours et de la rhétorique des politiques de santé publique quant aux rôles des déterminants sociaux et politiques dans l’explication de l’état de santé et des inégalités de santé des populations, nous tentons de rendre intelligible l’occultation de ces dimensions sociale et politique à l’aide d’une analyse comparative entre le Canada, le Québec et la France, ces lieux étant choisis comme des exemples « paradigmatiques ». Le Canada et le Québec sont reconnus mondialement comme les chefs de file d’une approche globale de la santé, tandis que la France adopte encore une perspective biomédicale et comportementale de la santé des populations. En revanche, lorsqu’il s’agit de considérer les inégalités de santé, dont l’existence et les fondements sociaux et politiques ne sont plus à démontrer, ces trois régions du monde se rejoignent par leur myopie.


Author(s):  
Joshua Goodwin ◽  
Susan Kirkland

Introduction Les méfaits causés par les analgésiques opioïdes sur ordonnance constituent un grave problème de santé publique à l’échelle internationale. Des statistiques récentes font état d’une augmentation du nombre de décès associés à la prise d’opioïdes à travers le Canada. Or les médecins de famille canadiens semblent ne pas disposer des ressources suffisantes pour prescrire efficacement et sans risque les analgésiques opioïdes destinés au traitement de la douleur chronique non cancéreuse (DCNC). Méthodologie Au moyen d’entrevues semi-structurées avec huit médecins de famille en Nouvelle-Écosse, nous avons réalisé une étude qualitative sur les facteurs qui entravent et ceux qui facilitent une prescription d’opioïdes efficace et sans risque par les médecins de famille aux patients atteints de DCNC. Une analyse thématique a permis de dégager ces facteurs. Résultats Les médecins de famille interrogés ont mis en évidence plusieurs enjeux posés par la prescription d’analgésiques opioïdes pour le traitement de la DCNC : la complexité du traitement de la DCNC, le risque de dépendance et les outils de prescription, la formation des médecins, la relation médecin-patient, le suivi et le contrôle des ordonnances et enfin certains facteurs systémiques. Conclusion Les médecins de famille disent ne pas recevoir de soutien adéquat quant à la prescription d’analgésiques opioïdes pour le traitement de la DCNC et pensent qu’une approche intégrée et coordonnée visant à soutenir les médecins prescripteurs pourrait les aider.


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