scholarly journals Protection de la jeunesse : la prise en charge… et le changement ?

2008 ◽  
Vol 7 (2) ◽  
pp. 171-186 ◽  
Author(s):  
Jean-Marc Meunier

Résumé La littérature professionnelle attribue le changement issu de la relation d'aide à ses qualités primaires: la présence et l'implication professionnelle de l'aidant, des objets d'intervention appropriés, précis et explicites. Une étude exploratoire portant sur des facteurs de prolongation des mandats de prise en charge en protection de la jeunesse suggère que la continuité de présence de l'intervenant semble loin d'être une caractéristique de ces dossiers. En outre, les taux d'investissement professionnel observés apparaissent peu élevés et le temps d'intervention directe minime. Enfin, apparaît une difficulté de cerner les bons objets d'intervention. Ces éléments, essentiels à l'aide et au changement, sont discutés en rapport avec l'organisation institutionnelle des services.

2018 ◽  
Vol 47 (2) ◽  
pp. 231-253
Author(s):  
Stéphanie Marchand ◽  
Nathalie Houlfort ◽  
Amélie Couvrette ◽  
Stéphane Guay ◽  
Steve Geoffrion

Objectif. L’objectif de cette étude qualitative est de décrire la motivation au travail des intervenants en protection de la jeunesse (PJ) en explorant leurs motifs initiaux de carrière (pourquoi avoir choisi de travailler en PJ) ainsi que leurs sources de motivation actuelles (les irritants et les avantages perçus dans leur environnement de travail). Les répercussions négatives et positives perçues de ces sources de motivation actuelles ont également émergé.Méthode. Trente intervenants en PJ ont participé à une entrevue téléphonique semi-structurée. Une analyse thématique séquenciée a été réalisée en vue d’identifier les thèmes émergents.Résultats. Les intervenants choisissent de travailler en PJ pour des motifs opportunistes (par exemple., circonstances de vie) et des motifs relationnels (par exemple., aider les jeunes). Les participants se sont aussi prononcés sur les irritants et les avantages perçus dans leur environnement de travail. À cet effet, au niveau organisationnel, les intervenants en protection de l’enfance disent, entre autres éléments, ne pas aimer la présence de violence dans leur milieu de travail. Toutefois, au plan relationnel, les participants rapportent aimer beaucoup le fait d’être témoin du cheminement des clients. Lors de l’analyse, les répercussions négatives et positives des sources de motivation actuelles ont émergé. Par exemple, compte tenu des éléments décrits comme irritants dans l’environnement, certains intervenants disent souhaiter quitter l’organisation. À l’inverse, les intervenants disent que les éléments avantageux dans leur environnement de travail les amènent à apprécier davantage leur mandat de travail.Discussion. Il semble judicieux d’élaborer un environnement de travail en PJ supportant plus la relation d’aide auprès de la clientèle. Un tel environnement permettrait de mieux satisfaire les besoins psychologiques des intervenants et soutenir leur motivation au travail, puis de réduire les difficultés de santé psychologique et de roulement de personnel.


2015 ◽  
Vol 32 (1-2) ◽  
pp. 49-72 ◽  
Author(s):  
Sonia Hélie ◽  
Geneviève Turcotte ◽  
Daniel Turcotte ◽  
Audrée-Jade Carignan

Cette étude propose un premier portrait représentatif des enfants placés auprès d’une personne significative (PS) au Québec après l’entrée en vigueur de nouvelles dispositions législatives en protection de la jeunesse, ainsi que certaines modalités de leur placement. Tous les enfants évalués en protection de la jeunesse en 2007-2008 et placés auprès de PS (n = 941) ou en famille d’accueil (FA) (n = 1 586) avant novembre 2009 sont inclus dans l’étude. Les résultats suggèrent que les enfants confiés à des PS présentent moins de vulnérabilités que les enfants placés en FA. Ils montrent également que le placement auprès de PS est utilisé en début de processus et que l’enfant est retourné chez lui pour l’étape de la prise en charge dans 38 % des cas. Ces résultats sont analysés à la lumière des connaissances actuelles sur ce type de placement dans d’autres pays, et des pistes de réflexion sont dégagées pour améliorer cette pratique de plus en plus fréquente en protection de la jeunesse.


Criminologie ◽  
2006 ◽  
Vol 39 (1) ◽  
pp. 129-150 ◽  
Author(s):  
Marc Tourigny ◽  
Nico Trocmé ◽  
Sonia Hélie ◽  
Marie-Claude Larivée

Résumé Parmi les décisions que les intervenants de la protection de la jeunesse ont à prendre, le recours au Tribunal de la jeunesse afin d’imposer à la famille des mesures de prise en charge représente une décision importante et lourde de conséquences tant pour l’intervenant que pour la famille. Dans ce contexte, la présente étude vise à déterminer les facteurs associés à la décision de recourir au Tribunal de la jeunesse dans les cas où la sécurité ou le développement de l’enfant ont été jugés compromis. L’échantillon comprend 2264 enfants dont les faits signalés ont été jugés fondés et la sécurité ou le développement compromis. Les variables examinées concernent les caractéristiques des enfants, des parents, de la famille, des mauvais traitements et des services reçus. Les résultats de l’analyse de régression multiple par blocs hiérarchiques montrent que la coopération des parents, la chronicité des situations (prise en charge antérieure au cours des cinq dernières années et durée des mauvais traitements/troubles de comportement), la vulnérabilité de l’enfant (jeune âge et nombre de besoins de services), la gravité des situations (abandon de l’enfant, présence de mesures d’urgence et de poursuites criminelles) de même que certains facteurs de risque familiaux (aide sociale et déménagements fréquents) sont fortement associés à la décision de recommander le recours au Tribunal de la jeunesse.


2005 ◽  
Vol 36 (2-3) ◽  
pp. 369-386
Author(s):  
Isidore Néron

On présente ici une initiative novatrice découlant des adaptations nécessitées par l'entrée en scène de la Loi sur la protection de la jeunesse. L'auteur décrit d'abord une expérience de prise en charge se déroulant dans un centre de psychiatrie infantile et juvénile; il démontre ensuite comment cette expérience peut apporter une solution à certaines situations intenables dans la prise en charge habituelle ; il termine enfin par un retour aux assises théoriques de cette expérimentation.


2011 ◽  
Vol 69 ◽  
pp. 69-82
Author(s):  
Sylvie Ménard

Cet article décrit la situation des Églises catholique et protestante lors de l’adoption de la première politique de l’enfance de l’État québécois en 1869 et montre comment cette situation évolue jusqu’en 1950, alors que les écoles de protection de la jeunesse remplacent les écoles de réforme et les écoles d’industrie. Nous voyons que les protestants doivent se contenter, faute de ressources, d’une école de réforme pour garçons délinquants moins bien équipée que celle des catholiques jusqu’à l’adoption de la loi fédérale de 1908 qui permet aux provinces le désirant d’établir un tribunal pour mineurs. Lasituation s’inverse durant la période qui s’étend de 1908 à 1950, alors que la philanthropie protestante investit dans un coûteux système de cottages se prêtant mieux que les grandes institutions adoptées par le réseau catholique à l’idée que les protestants se font de l’internement.


Author(s):  
Anne Fournier

Cet article porte sur l’application de la Loi sur la protection de la jeunesse en milieux autochtones au Québec et plus particulièrement sur l’initiative de la nation atikamekw en cette matière. Il situe d’abord le régime général de protection de la jeunesse dans le contexte de son adoption à la fin des années 1970 et fait état des difficultés de son application en milieux autochtones au Québec. Il précise le contexte dans lequel est intervenue la prise en charge des services sociaux par les Atikamekw et leurs efforts pour créer, puis pour expérimenter, un régime particulier de protection de la jeunesse applicable à leurs membres. Ce régime particulier est à l’origine de l’inclusion de l’article 37.5, de droit nouveau, dans la loi, lequel permet désormais au gouvernement du Québec de conclure une entente avec une nation, une communauté ou d’autres groupes autochtones afin d’appliquer un régime particulier de protection de la jeunesse sur un territoire déterminé. Le Système d’intervention d’autorité atikamekw (SIAA) constitue le régime particulier qui s’applique aux Atikamekw issus des communautés de Manawan et de Wemotaci depuis un peu plus de 15 ans. Le SIAA évolue aux côtés du régime étatique. Il comporte ses propres acteurs et son propre fonctionnement, lesquels seront décrits. Les points de convergence et de divergence entre le régime général et le régime particulier de protection de la jeunesse seront exposés et l’article sera complété par le partage de quelques résultats découlant de l’application du SIAA.


2006 ◽  
Vol 5 (1) ◽  
pp. 105-137
Author(s):  
Rachel Bouchard ◽  
Denis Lafortune

Résumé Dans la région montréalaise, trois études de prévalence montrent que de 20 à 36 % des mineurs hébergés en centre de réadaptation reçoivent une médication psychotrope. Compte tenu du faible taux d’observance du traitement susceptible d’être remarqué chez cette clientèle suivie en contexte d’autorité, du manque de connaissances quant au rôle et aux attentes des intervenants psychosociaux lorsqu’il y a prescription, et de la valeur symbolique du médicament qui risque d’influencer le déroulement et l’issue du traitement, une étude exploratoire basée sur dix-neuf entretiens semi-directifs a été conduite. Elle vise à recueillir les perceptions des éducateurs à qui on a confié la prise en charge de jeunes placés ayant une prescription. Les résultats indiquent que, désormais, la prise de médicaments psychotropes par les adolescents s’inscrit couramment dans la démarche générale de rééducation et de relation d’aide. Les grandes attentes des éducateurs par rapport à la possibilité d’obtenir une meilleure disponibilité des jeunes sur les plans cognitif et émotionnel en témoignent. Par ailleurs, les relations entre le jeune, le médecin et l’intervenant psychosocial, mais aussi avec la famille et le groupe de pairs viennent moduler les comportements d’observance. Le souci de responsabiliser les jeunes et leurs parents apparaît constant dans le propos des éducateurs.


2011 ◽  
pp. 203-232
Author(s):  
Frédéric Blondel

Cet article s’intéresse aux politiques d’actions sociales qui déploient comme méthodologie de prise en charge la relation d’aide. Afin d’en apprécier les différentes composantes et d’en mesurer les enjeux tant du point de vue des professionnels que des usagers, l’auteur s’appuie sur des données d’une recherche ethnosociologique réalisée plus spécifiquement sur la relation d’aide mise en place dans le cadre du dispositif d’insertion sociale et professionnelle promu par la loi portant sur le Revenu Minimum d’Insertion (RMI). L’article s’attache à caractériser cette dynamique et à construire les composantes de son efficacité. La relation d’aide, grâce aux formes multiples qu’elle peut revêtir et aux tactiques qui peuvent s’y déployer, tente, dès lors que les publics sont durablement inscrits dans ces dispositifs de prise en charge, de réaliser deux objectifs contradictoires : accompagner les publics dans une place durablement disqualifiée, tout en leur permettant de préserver, ou de construire avec eux si besoin, une identité sociale « acceptable » parce qu’à peu près acceptée, et de vivre convenablement leur situation d’autonomie sociale dans une dépendance objective.


2008 ◽  
Vol 5 (2) ◽  
pp. 85-99
Author(s):  
Linda Davies ◽  
Eric Shragge

Résumé Cet article porte sur un projet communautaire de protection de la jeunesse mis sur pied par le Conseil de la communauté noire du Québec en 1988. Il s'agit d'un projet pilote qui s'adresse directement aux familles noires anglophones de Montréal pour répondre de façon concrète aux conséquences du racisme sur la vie familiale des Noirs. L'article brosse le tableau de l'immigration noire au Canada ainsi que des problèmes sociaux qui en ont résulté et fournit une description des services offerts dans le cadre de ce projet - le Black Family Support Project. L'article se termine par une discussion sur le rapport entre ce projet communautaire et la lutte plus globale contre le racisme.


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