scholarly journals Repenser la réduction des méfaits à l’ère du numérique pour les jeunes consommateurs

2020 ◽  
Vol 18 (1) ◽  
pp. 120
Author(s):  
Anne Guichard ◽  
Marianne St-Jacques ◽  
Catherine Lefrançois ◽  
Marie-Pierre Gagnon ◽  
Élise Roy
2009 ◽  
Vol 7 (2) ◽  
pp. 47-80
Author(s):  
Marie-Ève Bouthillier ◽  
Andrée Demers ◽  
Robert Bastien ◽  
Hubert Doucet

Résumé Cet article traite, à l’aide de la petite éthique de Paul Ricoeur, des problèmes éthiques rencontrés dans la pratique de 26 intervenants montréalais oeuvrant auprès de personnes toxicomanes dans des programmes d’échange de seringues et de distribution de méthadone. Ces intervenants rencontrent des difficultés au quotidien, certaines de nature éthique. Les problèmes éthiques ont été classés en deux catégories, dégagées selon les niveaux de relation de la petite éthique de Ricoeur. Premièrement, les problèmes liés aux contextes politique, légal et organisationnel, notamment, la judiciarisation des personnes toxicomanes, le décalage entre la gestion technocratique et les réalités du terrain et les incohérences dans les pratiques et les services. Deuxièmement, les problèmes liés à la pratique sur le plan relationnel dont l’accès aux services pour certaines personnes (mineurs, femmes enceintes, personnes violentes), les relations de proximité avec les aidés, la confidentialité, les relations de pouvoir et la moralisation. Cette étude montre la complexité inhérente des problèmes et la nécessité de les aborder dans un système éthique intégrant toutes les dimensions de l’intervention en réduction des méfaits.


2003 ◽  
Vol 28 (1) ◽  
pp. 212-231
Author(s):  
Martine Vincent ◽  
Paul C. Veilleux ◽  
Hélène David

Les cocaïnomanes désaffiliés ont un contact précaire avec le réseau d’aide compliquant ainsi la prévention du VIH et des hépatites chez ces personnes. Leur méfiance envers le réseau d’aide et la prise en charge par la société entravent le développement d’une relation porteuse de changements et d’une mobilisation par ces personnes à une réduction des risques. Le manque de coordination entre les ressources crée un autre obstacle. Après une revue de littérature sur la désaffiliation sociale et les risques d’infections virales chez les cocaïnomanes, les auteurs proposent une analyse critique des avenues préventives concernant ces infections. Ainsi, la philosophie de la réduction des méfaits et les programmes aux exigences peu élevées, les interventions d’information, de sensibilisation ainsi que les approches motivationnelles, l’empowerment et la promotion de la santé sont commentés.


2003 ◽  
Vol 2 (1) ◽  
Author(s):  
Isabelle Paquin

Résumé Le traitement de substitution avec méthadone a beaucoup évolué au Québec dans la dernière décennie et une variété de modalités d’intervention s’est développée en fonction des besoins et des attentes de la clientèle ; ce traitement suppose la participation de plusieurs professionnels à un travail d’équipe et nécessite donc une concertation autour des objectifs visés par la modalité d’intervention offerte. De son côté, l’approche de la réduction des méfaits a augmenté la crédibilité ainsi que la popularité du traitement de substitution avec méthadone ; elle semble cependant engendrer une certaine confusion sur le plan des objectifs, des moyens et des finalités du traitement. Les différentes modalités d’intervention découlant de cette double constatation doivent être intégrées dans un continuum de services afin de répondre adéquatement aux multiples besoins de la clientèle.


Author(s):  
Minh T. Do ◽  
Vicky C. Chang ◽  
Semra Tibebu ◽  
Wendy Thompson ◽  
Anne-Marie Ugnat

Introduction La crise actuelle des opioïdes est un problème de santé publique majeur au Canada. Il est nécessaire de connaître les facteurs de risque en amont associés à la consommation d’opioïdes pour éclairer les efforts de prévention des blessures, de promotion de la santé et de réduction des méfaits. Méthodologie Nous avons analysé les données sur les blessures subies par des personnes traitées dans les services d’urgence (SU) de onze hôpitaux pédiatriques et de six hôpitaux généraux au Canada et recueillies par le Système canadien hospitalier d’information et de recherche en prévention des traumatismes en ligne (SCHIRPTe) entre mars 2011 et juin 2017. Nous avons identifié les blessures apparemment liées aux opioïdes au moyen de chaînes de recherche et nous les avons vérifiées manuellement. Nous avons calculé des rapports proportionnels de blessures (RPB) en fonction de l’âge et du sexe ainsi que des intervalles de confiance à 95 % pour comparer les blessures liées à la consommation d’opioïdes à l'ensemble des blessures figurant dans le SCHIRPTe. Une régression binomiale négative a été utilisée pour déterminer les tendances au fil du temps. Nous avons effectué des analyses qualitatives des informations descriptives afin d'en dégager les thèmes communs spécifiques à chaque étape de vie. Résultats Nous avons identifié 583 cas d'intoxications ou de blessures apparemment liées aux opioïdes dans le SCHIRPTe pour la période allant de mars 2011 à juin 2017. La majorité concernaient des femmes (55 %) et sont survenues au domicile des patients (51 %). Quarante-cinq pour cent des blessures étaient des automutilations intentionnelles. Chez les enfants (1 à 9 ans), la plupart des blessures ont été causées par une consommation accidentelle d’opioïdes laissés sans surveillance. Chez les jeunes (10 à 19 ans) et les adultes (20 à 49 ans), la consommation d’opioïdes était associée à une maladie mentale sous-jacente. Dans l’ensemble, on observe une augmentation de la variation annuelle moyenne en pourcentage (VAMP) du taux de blessures (pour 100 000 cas dans le SCHIRPTe) depuis 2012 (VAMP = 11,9 %, p $lt; 0,05), particulièrement marquée chez les hommes (VAMP = 16,3 %, p $lt; 0,05). Les personnes victimes de blessures apparemment liées à la consommation d’opioïdes étaient plus susceptibles d’être admises à l’hôpital que les personnes victimes d'autres types de blessure (RPB = 5,3, IC à 95 % : 4,6 à 6,2). Conclusion Les déterminants en amont des blessures liées à l’utilisation d’opioïdes sont complexes et varient probablement selon les sous-populations. La surveillance continue des facteurs de risque est donc importante afin d'obtenir les données probantes nécessaires à la prévention d’autres surdoses et décès.


Author(s):  
Steven R. McFaull ◽  
André Champagne ◽  
Wendy Thompson ◽  
Felix Bang

Des données sur les consultations à un service des urgences pour des blessures et des intoxications liées à la méthamphétamine entre le 1er avril 2011 et le 9 août 2019 ont été saisies dans 19 sites sentinelles au Canada pour des patients de tous âges. On a recensé au total 1093 cas (97,6/100000 cas de l’eSCHIRPT) (dont 59,4 % de patients de sexe masculin). La proportion d’intoxications était plus élevée chez les femmes que chez les hommes (71 % contre 57,4 %). Les blessures et les intoxications accidentelles étaient en cause dans 14,8 % des consultations à un service des urgences. Les blessures auto­infligées (durant ou à la suite de la consommation de méthamphétamine) étaient à l’origine de 11,4 % des cas. Les circonstances des blessures et les intoxications associées à la méthamphétamine étaient variées : blessures auto­infligées, traumatismes cérébraux liés aux chutes, maladies mentales, activités criminelles et diverses autres situations. Ces facteurs devraient être pris en compte dans la préparation des stratégies de réduction des méfaits.


2017 ◽  
Vol 16 (2) ◽  
pp. 104-124 ◽  
Author(s):  
Hélène Poliquin

Cet article propose une réflexion sur les caractéristiques des personnes qui font usage de drogues par injection (UDI) pouvant mener à un élargissement de la réponse sociale qui ira au-delà des interventions biomédicales ciblant des personnes « à risques ». Ainsi, le potentiel mobilisateur et les limites de la prise en compte des personnes UDI par d’autres caractéristiques sociales seront exposés. Il s’agit de la personne vue comme étant « vulnérable », « souffrante », « victime de discrimination et d’iniquités sociales » et enfin « en devenir ». Il sera exposé que la réponse aux « problèmes » sociaux des personnes UDI dépendra de notre aptitude, en tant que société, à repenser les actions autrement que par une approche sanitaire reposant massivement sur la prévention des risques biologiques et des maladies. Plus particulièrement, la prise en compte de l’individu comme un être en devenir, avec des projets qui lui sont propres, est capital pour se déprendre des pensées institutionnelles réductrices et pour humaniser la réponse sociale. Il est notamment nécessaire, dans une société qui se veut solidaire, juste et équitable, de voir à créer les conditions sociales essentielles. Il s’agit de créer des espaces de réduction des méfaits et de soin et de rendre accessibles diverses sources d’aide dont l’insertion sociale par l’emploi et le logement, des lieux d’écoute et des mécanismes de reconnaissance des forces et des aspirations singulières de ces personnes, sans tomber dans le piège des formules d’interventions toutes faites, des préjugés ou des stéréotypes.


2006 ◽  
Vol 4 (2) ◽  
pp. 79-139 ◽  
Author(s):  
Michaël Gillet ◽  
Serge Brochu

Résumé Le but de cette étude visait à connaître et comprendre la conceptualisation et l’implantation de l’approche de réduction des méfaits (ARDM) au sein des objectifs et des priorités de l’État canadien (agenda politique). Pour ce faire, nous avons effectué une analyse verticale et horizontale des Stratégies canadiennes antidrogue (SCA), soit une analyse du discours fédéral concernant la régulation de l’usage psychotrope au Canada. Au terme de cette analyse, nous avons constaté une récupération abusive de l’approche de réduction des méfaits (RDM) dans le contexte canadien, par l’adoption d’une conceptualisation qui souligne l’absence de réelle coupure par rapport à la notion d’abstinence. Nous avons aussi constaté une perte de l’humanisme engendré par des dérapages conceptuels et l’adoption d’un modèle de « gestion des risques » qui stigmatise les usagers.


2003 ◽  
Vol 2 (1) ◽  
Author(s):  
Nicolas Carrier ◽  
Bastien Quirion

RésuméDans le champ du contrôle de l’usage des drogues illicites, la réduction des méfaits est souvent pensée comme une troisième voie en regard des logiques traditionnelles du prohibitionnisme et du thérapeutique orienté vers l’abstinence. L’analyse comparative de ces trois logiques amène les auteurs à établir les limites de la rupture induite par la réduction des méfaits. Par la cartographie du territoire que colonise la réduction des méfaits, s’aperçoit non pas la disqualification du prohibitionnisme et du thérapeutique, mais l’extension des dispositifs de contrôle. Après avoir conduit cette analyse et commenté certains effets du concubinage des trois logiques, les auteurs présentent plusieurs thèses sociologiques permettant de signifier les succès politiques de la réduction des méfaits. Quelques interprétations de ces succès sont proposées.


2007 ◽  
Vol 26 (2) ◽  
pp. 22-46 ◽  
Author(s):  
Kim T. Mueser ◽  
Douglas L. Noordsy ◽  
Robert E. Drake ◽  
Lindy Fox

Résumé Les approches traditionnelles de soins pour patients souffrant de problèmes de comorbidité qui étaient fondées sur des traitements séquentiels ou en parallèle ont échoué dans les cas de santé mentale et d'abus de substance, ce qui a conduit au développement de programmes de traitements intégrés. Dans cet article, les auteurs définissent les traitements intégrés destinés aux patients ayant ce double diagnostic et identifient les composantes clés des programmes intégrés efficaces, y compris la pratique outreach, l'approche holistique, le partage de la prise de décision, la réduction des méfaits, l'engagement à long terme et le traitement par étapes (basé sur l'approche motivationnelle). Le concept d'étapes de traitement est décrit afin d'illustrer les différents stades de motivation vécus par les personnes à mesure qu'elles se rétablissent de leur dépendance aux substances : l'engagement, la persuasion, le traitement actif et la prévention des rechutes. Les étapes de traitement servent à guider les cliniciens dans l'identification d'objectifs de traitement appropriés à l'état de motivation des patients, et à choisir des interventions fondées sur ces objectifs. En reconnaissant le stade de traitement de chaque personne, les cliniciens peuvent optimiser les résultats en choisissant des interventions qui sont appropriées à l'état de motivation de la personne ou à l'étape de traitement et ainsi minimiser les abandons. Ces programmes intégrés diffèrent dans les services spécifiques qu'ils dispensent. Toutefois, ils partagent des éléments communs dans leur philosophie et leurs valeurs. Des recherches documentent les effets bénéfiques de ces programmes qui s'avèrent de bon augure pour le pronostic à long terme des personnes présentant une comorbidité.


2003 ◽  
Vol 2 (1) ◽  
Author(s):  
Michel Landry ◽  
Marie Lecavalier

Résumé Au Québec, à la fin des années 80, l’approche de réduction des méfaits s’est conjuguée à d’autres courants qui avaient déjà commencé à y exercer leur influence pour provoquer une profonde remise en question de la philosophie de traitement et des méthodes d’intervention utilisées alors dans le domaine de la réadaptation en toxicomanie. Cet article décrit plus particulièrement l’impact de l’implantation de cette approche par le Centre Dollard-Cormier en 1997. On y affirme qu’elle a constitué un point de ralliement pour tous les intervenants de ce centre et favorisé, particulièrement à travers l’expression « haute tolérance », l’adoption de valeurs telles que la flexibilité, l’accessibilité, l’acceptation de toutes les personnes qui demandent de l’aide, quels que soient leurs motifs et la précarité de leur situation. À l’aide de l’expérience des cinq dernières années, nous établissons un bilan des forces et des limites de cette approche dans un contexte de réadaptation. Au nombre des forces, on doit compter un plus grand respect des objectifs de l’usager lui-même, notamment en ce qui concerne la consommation de substances psychoactives, une transformation des services pour les rendre plus flexibles et accessibles, et un préjugé favorable aux plus démunis. Au nombre des difficultés, on mentionnera l’adaptation de nos méthodes d’intervention à des objectifs variés en ce qui concerne la consommation et la conciliation de la haute tolérance avec un cadre thérapeutique qui impose des limites. Si l’approche de réduction des méfaits nous a appris à accepter toute amélioration de la situation des personnes toxicomanes comme un résultat légitime et valable en soi, notre mission de réadaptation nous invite à ne pas perdre de vue l’objectif qu’un grand nombre parmi elles poursuit néanmoins : arriver à se libérer de leur dépendance à ces substances, par l’abstinence ou autrement, et retrouver la maîtrise de leur vie.


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