L’approche de réduction des méfaits :

2003 ◽  
Vol 2 (1) ◽  
Author(s):  
Michel Landry ◽  
Marie Lecavalier

Résumé Au Québec, à la fin des années 80, l’approche de réduction des méfaits s’est conjuguée à d’autres courants qui avaient déjà commencé à y exercer leur influence pour provoquer une profonde remise en question de la philosophie de traitement et des méthodes d’intervention utilisées alors dans le domaine de la réadaptation en toxicomanie. Cet article décrit plus particulièrement l’impact de l’implantation de cette approche par le Centre Dollard-Cormier en 1997. On y affirme qu’elle a constitué un point de ralliement pour tous les intervenants de ce centre et favorisé, particulièrement à travers l’expression « haute tolérance », l’adoption de valeurs telles que la flexibilité, l’accessibilité, l’acceptation de toutes les personnes qui demandent de l’aide, quels que soient leurs motifs et la précarité de leur situation. À l’aide de l’expérience des cinq dernières années, nous établissons un bilan des forces et des limites de cette approche dans un contexte de réadaptation. Au nombre des forces, on doit compter un plus grand respect des objectifs de l’usager lui-même, notamment en ce qui concerne la consommation de substances psychoactives, une transformation des services pour les rendre plus flexibles et accessibles, et un préjugé favorable aux plus démunis. Au nombre des difficultés, on mentionnera l’adaptation de nos méthodes d’intervention à des objectifs variés en ce qui concerne la consommation et la conciliation de la haute tolérance avec un cadre thérapeutique qui impose des limites. Si l’approche de réduction des méfaits nous a appris à accepter toute amélioration de la situation des personnes toxicomanes comme un résultat légitime et valable en soi, notre mission de réadaptation nous invite à ne pas perdre de vue l’objectif qu’un grand nombre parmi elles poursuit néanmoins : arriver à se libérer de leur dépendance à ces substances, par l’abstinence ou autrement, et retrouver la maîtrise de leur vie.

2016 ◽  
Vol 14 (1) ◽  
pp. 213-232
Author(s):  
Natacha Brunelle ◽  
Danielle Leclerc ◽  
Magali Dufour ◽  
Vanessa Lapierre ◽  
Marie-Marthe Cousineau ◽  
...  

La consommation de substances psychoactives (SPA) et la participation à des jeux de hasard et d’argent (JHA) font partie des conduites à risque à l’adolescence. Certaines études montrent que le fait de jouer à des JHA et celui d’éprouver des problèmes de JHA sont associés aux problèmes de consommation de SPA chez les jeunes, mais elles documentent peu quelles activités (nature et quantité) et types de JHA (Internet ou non-Internet) sont plus spécifiquement reliés aux problèmes de consommation de SPA à l’adolescence. Les travaux de la présente étude visent à explorer les liens entre les activités de JHA, le nombre de JHA et les types de JHA d’une part, et les SPA consommées ainsi que la gravité de la consommation de SPA, d’autre part. Pour ce faire, une étude a été réalisée entre 2007 et 2009 auprès de 1 870 élèves de la 3e à la 5e année du secondaire, âgés de 14 à 18 ans. Un questionnaire sur les habitudes de JHA (DSM-IV-MR-J) et un autre sur la consommation de SPA (DEP-ADO) leur ont été administrés. Les résultats montrent notamment que les jeunes polyconsommateurs (alcool et cannabis) s’adonnent aux JHA dans une proportion plus élevée que les consommateurs d’alcool seulement. Aussi, le fait de jouer avec des appareils de loterie vidéo (ALV) semble être associé à une gravité plus importante de la consommation de SPA que les autres activités de JHA. Par ailleurs, une gravité plus élevée de la consommation de SPA est manifestée chez ceux qui s’adonnent à un plus grand nombre d’activités de JHA différentes. Les jeunes jouant avec les ALV et ceux faisant des paris sportifs s’adonnent à un nombre moyen de JHA différents plus important. Enfin, les joueurs Internet de l’échantillon présentent des problèmes de consommation de SPA plus graves que les joueurs non-Internet. Les implications cliniques de ces résultats sont discutées.


Author(s):  
Tim Stockwell ◽  
Cecilia Benoit ◽  
Kiffer Card ◽  
Adam Sherk

Ce numéro spécial sur les problèmes de consommation de substances paraît dans une période cruciale pour les responsables des politiques et pour les chercheurs canadiens en matière de santé. À l’heure actuelle, ce sont la crise des opioïdes et les répercussions possibles de la légalisation du cannabis qui retiennent le plus l’attention. Cependant, les substances les plus consommées et les plus nocives demeurent l’alcool et la nicotine. Les politiques visant à réduire les méfaits de ces substances ne suffisent pas : les politiques sur le contrôle de l’alcool sont progressivement abandonnées et on ne saisit pas les occasions de maximiser le potentiel de réduction des méfaits associé aux nouveaux dispositifs d’administration de nicotine plus sécuritaires. Plus généralement, il faut davantage cibler les stratégies de réduction des méfaits fondées sur l’expérience des personnes marginalisées ayant de graves problèmes de consommation de substances, de manière à ne pas aggraver les inégalités en matière de santé. Afin de mieux éclairer les interventions stratégiques, nous recommandons des approches novatrices de contrôle et de surveillance qui maximisent le recours à de multiples sources de données, comme celles utilisées dans le cadre du projet Coûts et méfaits de l’usage de substances au Canada (CEMUSC). Il faut également accorder une plus grande attention à la précision des définitions de ce qu’est une habitude de consommation à risque et un méfait, afin de favoriser l’adoption de politiques qui tiennent mieux compte des taux réels de méfaits liés à la consommation de substances dans la société canadienne et qui sont davantage capables de les contrer.


2017 ◽  
Vol 42 (1) ◽  
pp. 65-83
Author(s):  
Véronique Dansereau ◽  
Nancy Beauregard ◽  
Alain Marchand ◽  
Pierre Durand

But Cette étude s’intéresse à la comorbidité en santé mentale au travail. Précisément, des liens concomitants entre l’épuisement professionnel (cynisme, épuisement émotionnel, inefficacité professionnelle) et la consommation de substances psychoactives (consommation d’alcool épisodique excessive, consommation hebdomadaire à risque d’alcool, consommation de médicaments psychotropes) sont examinés. Méthodes L’étude s’appuie sur des données transversales provenant de l’enquête SALVEO composée de 1966 travailleurs de la province du Québec, Canada. Des analyses en classes latentes ont été utilisées afin de dégager des profils types correspondant à des formes distinctes de comorbidité de santé mentale au travail. Des régressions multinomiales logistiques ont été effectuées sur les profils types en considérant des covariables issues de l’environnement de travail et hors travail, ainsi que des caractéristiques individuelles des travailleurs. Résultats Quatre profils types ont été identifiés : 1– « Épuisement professionnel sévère et consommation de médicaments psychotropes » ; 2– « Consommation d’alcool à risque et cynisme » ; 3– « Épuisement émotionnel et inefficacité professionnelle » ; et 4– « État relativement sain ». Comparativement à tous les profils types observés, celui associé au profil type « Épuisement professionnel sévère et consommation de médicaments psychotropes » présente le plus grand nombre de facteurs de risque cumulés (environnementaux, individuels). Conclusion La comorbidité en santé mentale au travail existe dans les milieux de travail québécois. La sévérité des différentes formes de comorbidité identifiées tend à refléter un effet cumulé de caractéristiques néfastes de l’environnement de travail et hors travail ainsi que des caractéristiques individuelles des travailleurs.


2001 ◽  
pp. 39-45
Author(s):  
Thierry Chiappa ◽  
Jean-Loup Deniau
Keyword(s):  

1965 ◽  
Vol 20 (6) ◽  
pp. 1118-1127 ◽  
Author(s):  
J. C. Russell
Keyword(s):  

La féodalité a fait l'objet d'un grand nombre d'essais, trop connus et trop nombreux pour que je puisse les mentionner ici. Toutefois, certains aspects démographiques, qui ont leur importance, ont à peine été abordés. Au cours de ces dernières années, l'histoire démographique du Moyen Age a fait davantage de progrès pour sa période tardive que pour celle qui vit les débuts de la féodalité.La féodalité est essentiellement le système de Charlemagne sans Charlemagne, un système dérivé en grande partie des précédents, mérovingien et même romain. Bien entendu, on trouve de nouveaux traits dominants — au moins quatre. Le premier est l'importance nouvelle accordée à la force, plutôt qu'à l'héritage ou à l'ascendance divine, comme base de la possession. Le pape Zacharie n'a-t-il pas écrit qu'il valait mieux que soit roi celui qui avait la force plutôt que celui qui poscédait le titre ?.


2001 ◽  
Vol 56 (4-5) ◽  
pp. 881-901
Author(s):  
Christine Métayer
Keyword(s):  

RésuméDans la France partiellement alphabétisée des XVIe-XVIIIe siècles, la coexistence des maîtres écrivains jurés et des écrivains publics reflète les tensions vécues par une société toujours plus soumise à l’écrit conquérant, connaissant de ce fait un besoin accru et diversifié de l’écrit, lors même que l’aptitude à écrire demeurait largement déficiente, aussi limitée qu’anarchique, particulièrement dans les franges inférieures de la population. La corporation des maîtres écrivains, experts en calligraphie, vit le jour en 1570 et jouit dès lors du double monopole des écoles publiques d’écriture et des expertises judicaires en matière manuscrite. Les maîtres œ uvraient à normaliser, consacrer et promulguer les graphies, entretenant à cette fin une certaine religiosité du corps écrit. Étrangers à l’art et à la dignité des maîtres, les écrivains publics évoluaient librement dans la rue, où ils offraient leurs services aux personnes qui ne savaient pas ou trop peu écrire, mais qui, en diverses circonstances, avaient recours à un texte écrit. Leurs champs de compétences s’inscrivaient dans deux espaces irréductibles de la lettre — le savoir peindre avec art et beauté, et le savoir dire par écrit — où, dans une lutte silencieuse, se livrèrent concurrence la lettre calligraphique et la graphie du commun, la norme souhaitée et l’usage déviant, le talent d’une minorité et la capacité d’expression élémentaire du plus grand nombre.


1984 ◽  
Vol 39 (2) ◽  
pp. 286-300 ◽  
Author(s):  
Jean-Claude Schmitt
Keyword(s):  

La floraison, dans les toutes dernières années, des études sur le culte des saints et l'hagiographie au Moyen Age témoigne du dynamisme de ce chantier d'histoire et de la conscience qu'ont les historiens de son importance pour la compréhension des sociétés médiévales. Je voudrais ici moins dresser un bilan de tous ces travaux que proposer quelques réflexions nécessairement partielles, et volontairement partiales puisque centrées sur deux livres ou mieux deux œuvres : d'une part les derniers travaux de Peter Brown sur l'Antiquité tardive et les premiers siècles du christianisme ; d'autre part, pour les trois derniers siècles du Moyen Age, la belle thèse et un recueil d'articles d'André Vauchez. Ces deux ensembles de publications guideront ma réflexion, nourrie par ailleurs d'un grand nombre de travaux récents, souvent eux aussi d'une très grande richesse, qu'il s'agisse de colloques internationaux, de recueils collectifs ou de travaux individuels.


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