scholarly journals Institutionnalisation des stratégies de réduction des méfaits au sein de l’agenda politique canadien : les enjeux et les limites de la conceptualisation actuelle

2006 ◽  
Vol 4 (2) ◽  
pp. 79-139 ◽  
Author(s):  
Michaël Gillet ◽  
Serge Brochu

Résumé Le but de cette étude visait à connaître et comprendre la conceptualisation et l’implantation de l’approche de réduction des méfaits (ARDM) au sein des objectifs et des priorités de l’État canadien (agenda politique). Pour ce faire, nous avons effectué une analyse verticale et horizontale des Stratégies canadiennes antidrogue (SCA), soit une analyse du discours fédéral concernant la régulation de l’usage psychotrope au Canada. Au terme de cette analyse, nous avons constaté une récupération abusive de l’approche de réduction des méfaits (RDM) dans le contexte canadien, par l’adoption d’une conceptualisation qui souligne l’absence de réelle coupure par rapport à la notion d’abstinence. Nous avons aussi constaté une perte de l’humanisme engendré par des dérapages conceptuels et l’adoption d’un modèle de « gestion des risques » qui stigmatise les usagers.

Author(s):  
Yves Jubinville

La pièce de Denise Boucher Les fées ont soif constitue un événement important dans la courte histoire du théâtre québécois. Écrite dix ans après le choc provoqué par la création des Belles-Soeurs de Michel Tremblay, cette oeuvre, qualifiée de manifeste dramatique (par Lise Gauvin), semble pourtant avoir été largement oubliée si l’on en juge, d’un côté, par l’absence de reprise récente sur les scènes québécoises ; et, de l’autre côté, par le fait que son souvenir n’aura guère été rappelé, en 2008, soit trente ans après le scandale qui, à l’époque, avait mobilisé tout le milieu théâtral. C’est donc en tant qu’événement que nous avons choisi d’aborder le texte de Denise Boucher, entendu que la polémique entourant la pièce aura produit des échos bien au-delà de la sphère restreinte de la culture. C’est l’ensemble des discours produits à la fois par des professionnels, des artistes, des spécialistes et des gens ordinaires qui constitue le matériau privilégié de cette enquête au fil de laquelle nous entendons mettre en lumière les lignes de fractures idéologiques produites par l’événement des Fées ont soif au sein de la société québécoise. Cette étude s’inscrit dans la perspective d’une analyse du discours social québécois post-Révolution tranquille et dans la foulée des recherches actuelles sur la construction de la mémoire culturelle.


Author(s):  
Minh T. Do ◽  
Vicky C. Chang ◽  
Semra Tibebu ◽  
Wendy Thompson ◽  
Anne-Marie Ugnat

Introduction La crise actuelle des opioïdes est un problème de santé publique majeur au Canada. Il est nécessaire de connaître les facteurs de risque en amont associés à la consommation d’opioïdes pour éclairer les efforts de prévention des blessures, de promotion de la santé et de réduction des méfaits. Méthodologie Nous avons analysé les données sur les blessures subies par des personnes traitées dans les services d’urgence (SU) de onze hôpitaux pédiatriques et de six hôpitaux généraux au Canada et recueillies par le Système canadien hospitalier d’information et de recherche en prévention des traumatismes en ligne (SCHIRPTe) entre mars 2011 et juin 2017. Nous avons identifié les blessures apparemment liées aux opioïdes au moyen de chaînes de recherche et nous les avons vérifiées manuellement. Nous avons calculé des rapports proportionnels de blessures (RPB) en fonction de l’âge et du sexe ainsi que des intervalles de confiance à 95 % pour comparer les blessures liées à la consommation d’opioïdes à l'ensemble des blessures figurant dans le SCHIRPTe. Une régression binomiale négative a été utilisée pour déterminer les tendances au fil du temps. Nous avons effectué des analyses qualitatives des informations descriptives afin d'en dégager les thèmes communs spécifiques à chaque étape de vie. Résultats Nous avons identifié 583 cas d'intoxications ou de blessures apparemment liées aux opioïdes dans le SCHIRPTe pour la période allant de mars 2011 à juin 2017. La majorité concernaient des femmes (55 %) et sont survenues au domicile des patients (51 %). Quarante-cinq pour cent des blessures étaient des automutilations intentionnelles. Chez les enfants (1 à 9 ans), la plupart des blessures ont été causées par une consommation accidentelle d’opioïdes laissés sans surveillance. Chez les jeunes (10 à 19 ans) et les adultes (20 à 49 ans), la consommation d’opioïdes était associée à une maladie mentale sous-jacente. Dans l’ensemble, on observe une augmentation de la variation annuelle moyenne en pourcentage (VAMP) du taux de blessures (pour 100 000 cas dans le SCHIRPTe) depuis 2012 (VAMP = 11,9 %, p $lt; 0,05), particulièrement marquée chez les hommes (VAMP = 16,3 %, p $lt; 0,05). Les personnes victimes de blessures apparemment liées à la consommation d’opioïdes étaient plus susceptibles d’être admises à l’hôpital que les personnes victimes d'autres types de blessure (RPB = 5,3, IC à 95 % : 4,6 à 6,2). Conclusion Les déterminants en amont des blessures liées à l’utilisation d’opioïdes sont complexes et varient probablement selon les sous-populations. La surveillance continue des facteurs de risque est donc importante afin d'obtenir les données probantes nécessaires à la prévention d’autres surdoses et décès.


Author(s):  
Aleksandra A. Zecevic ◽  
Bert M. Chesworth ◽  
Gregory S. Zaric ◽  
Qing Huang ◽  
Anneke Salmon ◽  
...  

RÉSUMÉLes chutes représentent 40 pour cent des accidents d’hôpitaux et leurs conséquences vont de zéro à des blessures graves. Le but de cette étude a été d’estimer le coût moyen à l’hôpital de la durée du séjour (DS) associée aux chutes liées aux préjudices graves dans un hôpital de soins actifs. Nous avons utilisé les données de gestion des risques et des bases de données qui représentent les frais associés à une blessure grave après une chute à l’hôpital. On a comparé trente-sept patients blessés à 2,330 contrôles en utilisant le diagnostic le plus responsable médical, et par l’âge et par le sexe des patients. En utilisant les t-tests et la regréssion multivariée, on a comparé le coût et la DS. Les coûts moyens pour ceux qui se sont grièvement blessés en tombant, et pour les contrôles sans chutes, étaient DC 44,203 $ et DC 13,507 $ tandis ceux de la DS était, respectivement, 45 et 11 jours. Le coût des soins d’hospitalisation pour un patient qui a subi une chute résultante en blessures graves était 30,696 $ (95% IC : $25,158 – $36,781) supérieur au coût pour quelqu’un qui ne s’est pas tombé. Les gestionnaires d’hôpitaux jouent un rôle de premier plan en créant des programmes dans le réseau pour prévenir les chutes et réduire les coûts hospitaliers.


2005 ◽  
Vol 14 (3) ◽  
pp. 341-361
Author(s):  
Jacques Hamel

Ce bref article se propose d'étudier l'évolution qu'a connue, depuis quelques années, la Fédération des Sociétés Saint-Jean-Baptiste du Québec (FSSJBQ), devenue en juin 1972 le Mouvement National des Québécois (MNQ). Dans un premier temps, nous effectuerons une analyse du discours idéologique du mouvement pour en dégager les grandes lignes d'évolution et les principaux axes d'articulation. Dans un deuxième temps, nous nous attarderons aux contradictions soulevées par son action, plus précisément aux écarts entre certaines prétentions énoncées par ses dirigeants et leur comportement effectif, et nous tenterons de mesurer de quelle façon les problèmes de l'organisation sont amplifiés par l'évolution de ces dernières années. Notre étude repose sur une analyse documentaire de l'ensemble des textes de la collectivité : les discours et les programmes mis en œuvre par les dirigeants de la Fédération, les cours annuels de formation nationale, les mémoires, les thèmes de congrès, les communiqués, certains documents internes (rapports de comités, etc.), et enfin les résolutions étudiées et adoptées depuis 1962 lors des congrès annuels de la Fédération. À cette première technique, nous avons de plus adjoint une seconde technique, le recours à l'entrevue. Plus précisément, nous avons effectué quatre entrevues libres — d'une durée moyenne de trois heures — avec quatre dirigeants du palier provincial qui ont joué un rôle prépondérant dans l'évolution du MNQ au cours de la décennie. Deux d'entre eux nous ayant demandé l'anonymat, nous avons décidé de taire le nom de l'ensemble de nos informateurs.


Author(s):  
Alexandra M. Zuckermann ◽  
Mahmood R. Gohari ◽  
Margaret de Groh ◽  
Ying Jiang ◽  
Scott T. Leatherdale

Introduction La légalisation du cannabis au Canada requiert une meilleure compréhension de la prévalence de la réduction volontaire de la consommation de cannabis et des effets subséquents sur les résultats scolaires des jeunes, afin d’éclairer les approches de réduction des méfaits et de promotion de la santé. Méthodologie Nous avons analysé les données longitudinales jumelées d’un échantillon (n = 91 774) tiré de l’étude de cohorte prospective COMPASS menée auprès d’élèves canadiens de la 9e à la 12e année de différentes écoles secondaires de l’Ontario et de l’Alberta, entre 2013­2014 et 2016­2017. Nous avons étudié la prévalence de la réduction et de l’abandon spontanés de la consommation de cannabis d’une année scolaire à l’autre (de la 9e à la 10e année, de la 10e à la 11e année, de la 11e à la 12e année), ainsi que l’effet de l’abandon sur la réussite scolaire (notes actuelles ou récentes obtenues en mathématiques et en anglais) et la rigueur (fréquence de réalisation des devoirs et absentéisme au cours des derniers mois). Résultats Seulement 14,8 % des consommateurs de cannabis ont réduit leur consommation d’une année scolaire à l’autre. De ce nombre, les deux tiers n’ont apporté que des changements progressifs à la baisse, une tendance qui s’est maintenue au fil des trois changements d’année scolaire. Les taux d’abandon à la suite d’une consommation quotidienne et hebdomadaire ont diminué d’une année à l’autre. Les élèves qui ont cessé de consommer du cannabis ont obtenu de meilleurs résultats que ceux qui ont continué à en consommer (rapport de cotes [RC] = 1,23, intervalle de confiance [IC] à 95 % : 1,03 à 1,48) et ils ont obtenu de moins bons résultats, dans certaines souscatégories de rendement en mathématiques, que ceux qui n’en ont jamais consommé (RC = 0,55, IC à 95 % : 0,31 à 0,97). Comparativement aux élèves qui ont continué à consommer du cannabis, ceux qui ont cessé ont tous amélioré leur assiduité aux cours (RC = 2,48, IC à 95 % : 1,93 à 3,19) et la réalisation de leurs devoirs (RC = 2,32, IC à 95 % : 1,85 à 2,92). Conclusion Une plus grande rigueur scolaire pourrait être à l’origine des améliorations constatées dans le rendement scolaire après l’abandon du cannabis. Les élèves du secondaire qui consomment du cannabis auront probablement besoin d’un soutien ciblé afin de favoriser la réduction ou l’abandon de la consommation et le rétablissement scolaire subséquent. Il paraît donc justifié de mettre l’accent sur la réduction des effets nocifs du cannabis en milieu scolaire.


Author(s):  
Sébastien Bourdin ◽  
Philippe Jeanne ◽  
François Raulin

La transition énergétique est aujourd’hui considérée par les institutions nationales, européennes et internationales comme incontournable. Cependant, le déploiement des énergies renouvelables telles que la méthanisation peut être source de conflit. À partir d’un corpus d’articles issus de la presse quotidienne régionale, nous avons réalisé une analyse lexicométrique du discours des acteurs de la méthanisation afin de mieux comprendre les oppositions locales et d’identifier les leviers pour faciliter l’acceptation sociale. L’étude analyse les craintes et les principales méfiances liées à la méthanisation. Par conséquent, la territorialisation des projets d’unités de méthanisation nécessite de trouver de nouveaux compromis sociaux en conciliant l’intérêt général (la transition énergétique) et les intérêts singuliers (relatifs aux externalités des énergies vertes déployées).


Author(s):  
Sarah DelVillano ◽  
Margaret de Groh ◽  
Howard Morrison ◽  
Minh T. Do

L’établissement de services d’injection supervisée (SIS) est devenu courant dans les collectivités à risque élevé afin de réagir à la crise des opioïdes qui sévit actuellement au Canada. Le service de La Roulotte (The Trailer), qui a ouvert ses portes en novembre 2017 à Ottawa (Canada), suit de près la consommation des clients, le traitement des surdoses et l'inversion des effets d’une surdose. Nous avons analysé les données recueillies entre novembre 2017 et août 2018 par ce service. Aux heures de pointe, la demande de services a constamment dépassé la capacité de La Roulotte. Le nombre de traitements de surdoses et d'inversions des effets d’une surdose a considérablement augmenté au cours de la période. D’après les résultats, La Roulotte a fourni un service important – quoique non optimal (en raison de contraintes d’espace) – de réduction des méfaits dans cette collectivité à risque élevé.


2014 ◽  
Vol 33 (3) ◽  
pp. 51-69
Author(s):  
Ingrid PEIGNIER ◽  
Nathalie DE MARCELLIS-WARIN ◽  
Martin TRÉPANIER

Pour se conformer à la réglementation actuelle, les sites industriels utilisant des matières dangereuses (MD) prennent de plus en plus de décisions reliées au stockage susceptibles d'augmenter le nombre de livraisons. Ces comportements vont engendrer un transfert de risque du site fixe vers le transport. Il paraît donc important de gérer le risque globalement sur l'ensemble de la chaîne logistique. Dans une étude antérieure, nous avons montré que les sites fixes de MD se soucient généralement de la gestion des risques. Qu'en est-il des transporteurs de MD ? Afin de dresser un portrait des pratiques organisationnelles de sécurité qu'ils ont mises en place pour diminuer le risque d'accidents, nous avons développé une enquête par questionnaire qui a été envoyée à 1450 transporteurs routiers de MD au Québec. Nous présentons ici les principaux résultats de cette enquête innovante, couvrant à la fois des éléments techniques et organisationnels. Les résultats montrent que la plupart des transporteurs de MD interrogés ont implanté des pratiques organisationnelles de sécurité appropriées (comités SST, séances d'information, programme spécifique de prévention des accidents, etc) et sont en général conscients des risques que le produit transporté représente. Certains risques semblent toutefois sous-estimés (risques reliés au chargement/déchargement, stockage temporaire, livraisons multi-clients, etc).


2020 ◽  
Vol 12 (2) ◽  
pp. 139-150

Ce travail se donne pour but de comparer les communications publicitaires faites par deux marques autour de produits similaires (le café) dans deux communautés sociolinguistiques différentes (en France et en Jordanie). La publicité a ses caractéristiques propres, liées, notamment à ses visées et à la configuration énonciative dans laquelle ce discours s’insère, caractéristiques qui, dans les cas que nous avons choisis, transcendent les communautés susnommées et constitueraient un socle général de spécificités universelles propres à ce genre discursif. Une telle uniformité pourrait également découler du phénomène de mondialisation qui englobe ce discours et les médias qui le relaient. Nous verrons par ailleurs que si les stratégies discursives déployées sont comparables, les effets sur les représentations de la marque et du produit varient et ce en adéquation avec les normes de représentations socioculturelles partagées entre les individus d’une même communauté linguistique (mais qui divergent entre les deux communautés qui nous intéressent). Un ethos de la marque se construit alors selon ces spécificités culturelles pour activer un réseau de représentations chez le récepteur-consommateur-potentiel afin de créer un sentiment de familiarité qui traduit un « effet de connivence » adapté au public constitué de consommateurs-potentiels de la communauté linguistique (speech community) ciblée. Mots-clés: scénographie énonciative, analyse du discours, discours publicitaires, représentations socioculturelles, ethos


2012 ◽  
Vol 35 ◽  
Author(s):  
Marie-Pascale Senkel

On observe un intérêt croissant tant dans le monde académique que dans celui de l’entreprise pour les questions environnementales. Parallèlement, le besoin en informations sur ces questions augmente, comme le soulignent Adams et Frost (2004). Le rapport d’activité, un support traditionnel de divulgation des informations financières aux actionnaires, permet aussi aujourd’hui à de nombreuses entreprises de communiquer sur leurs actions  environnementales. Notre question centrale dans cette communication est la suivante : Dans quelle mesure l’information environnementale diffusée dans le rapport d’activité se modifie-t-elle ? Pour répondre à sa question nous avons choisi de nous centrer sur un secteur particulier, celui de la prestation de services logistiques (PSL) et de nous centrer sur le prestataire classé n°1 des prestataires logistiques en France par le magazine professionnel Logistiques Magazine, DHL. DHL est aussi qualifié de "leader mondial de la logistique". Notre recherche se fonde d'abord sur une analyse comparative de la structure des rapports entre 1998 et 2009 puis sur une analyse du discours présent dans ces rapports. Nous aboutissons à la conclusion que le champ environnemental est une préoccupation de plus en plus importante pour Deutsche Post- DHL au moins si l'on en croit la place accordée à cette question dans les rapports de l'entreprise. L'analyse longitudinale permet de mettre en évidence comment les préoccupations sur le management durable ont évolué dans cette entreprise.


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