scholarly journals La mondialisation du vin

2018 ◽  
Vol 42 (1) ◽  
pp. 271-287
Author(s):  
Vincent Fournier
Keyword(s):  
De Se ◽  

Cet article analyse le double processus de la circulation du vin comme marchandise et des significations qui l’entourent dans le contexte de la mondialisation. À la lumière de l’étude de Bestor (2004) concernant la circulation transnationale du thon, j’identifie certaines caractéristiques de la commercialisation transnationale du vin, notamment l’existence de deux systèmes de connaissances (les lois et les normes oenophiles) qui influencent la manière pour les consommateurs et les producteurs de penser et de se représenter le vin, systèmes qui participent au caractère fétiche de cette marchandise. Via une analyse du développement de l’industrie vitivinicole à Cirò Marina, en Calabre, je démontre l’influence conjointe des législations et de l’internationalisation du commerce du vin sur l’évolution la production locale. Sont aussi relevés des décalages au niveau des représentations locales du vin. Plutôt que de circuler, la manière avec laquelle les personnes produisent et interprètent les significations du vin varie davantage en fonction de leur position au sein de la production.

2016 ◽  
Vol 47 (2) ◽  
pp. 137-161
Author(s):  
Adrien Pégourdie

Cet article analyse les déterminants sociaux de l’accès à la reconnaissance artistique en musique classique. Récusant les modèles théoriques naturalistes centrés sur le talent comme principe explicatif ultime de la réussite des carrières artistiques, il s’attache à mettre en évidence les conditions sociales de la consécration musicale. Ainsi, le processus de reconnaissance est étudié à travers les inégalités instrumentales qu’il suscite, lesquelles sont étroitement liées à des différenciations sociales. Après avoir mis au jour ces inégalités, qui tendent à consacrer prioritairement des interprètes d’instruments socialement sélectifs, on s’intéresse aux façons de surmonter l’absence de consécration pour des interprètes des instruments plus ouverts socialement qui sont, le plus souvent, poussés vers l’enseignement. L’étude des trajectoires de musiciens révèle ainsi les dynamiques sociales auxquelles elles sont soumises, de l’origine sociale dont dépend notamment la familiarisation précoce avec les principes du champ de la musique classique aux inégalités entre les sexes qui orientent les manières de « se faire à sa position ».


Dialogue ◽  
2004 ◽  
Vol 43 (2) ◽  
pp. 339-354 ◽  
Author(s):  
Sonia Sikka

RésuméCet article analyse le besoin qu'éprouvent certaines personnes de se «reconnecter», ou renforcer lews liens, à une culture dans laquelle elles n'ont jamais été enchâssées, eu égard aux critères auxquels se mesure généralement un tel enchâssement (langue, valeurs, croyances, modes de vie, coutumes religieuses, etc.). Situant les résultats de son analyse par rapport à la pensée de Kymlicka et autres, il fait valoir que des facteurs tels que les liens de parenté, l'identification à autrui et l'expérience du racisme déterminent largement quel est le groupe culturel que les individus parviennent à considérer comme le leur.


2020 ◽  
pp. 155-168
Author(s):  
Valérie Schwob
Keyword(s):  
De Se ◽  

La pratique de la natation peut être envisagée sous la triple problématique d’un accès à la santé lié à l’acquisition de règles d’hygiène et de sécurité ainsi qu’à la pratique physique à proprement parlé. De fait, loin de se satisfaire les seuls savoir-faire techniques, « savoir nager » incorpore un rapport éducatif spécifique : une réflexion sur la place de l’individu, la place des corps dans la société, la relation à l’eau et à l’environnement. La santé définit par l’OMS se construit physiquement mais aussi socialement et psychologiquement. Dès lors, comment envisager un bien être aquatique collectif ? Les savoirs faire sociaux, d’entraide, de bienveillance liés à la nage peuvent-ils être envisagés dès l’apprentissage ? Existe-t-il un levier réflexif lié à l’usage de l’eau ? Cet article analyse un projet associatif qui a pour but de réduire les inégalités d’accès aux pratiques sportives de santé telles que la nage en proposant des modalités de pratique spécifiques ainsi qu’un projet de solidarité internationale au Sénégal. Les entretiens qualitatifs et des observations participantes permettent de construire des éléments d’analyse de l’engagement dans la pratique ainsi que sur le ressenti aquatique. In fine, cette recherche nous amène à porter un regard réflexif sur les modalités des pratiques sportives et d’envisager une approche centrée à la fois sur le ressenti et sur les problématiques environnementales.


Sociologias ◽  
2018 ◽  
Vol 20 (48) ◽  
pp. 30-46
Author(s):  
Jacques Leenhardt
Keyword(s):  
De Se ◽  

Résumé Pour des raisons méthodologiques, la sociologie entretient une relation plutôt distante avec la littérature. En tant que discipline scientifique, la sociologie doit définir ses objets sur la base de « propriétés inhérentes » (Durkheim). Y aurait-il une littérarité (Literarnost), telle que proposée par Jakobson ? Évidemment pas. La même chose s’applique à la fictionalité. La sociologie, par conséquent, préfère aborder son objet de façon détournée, pour aborder la « littérature » par son environnement : auditoires, critiques, politiques éditoriales, lecture. Cet article analyse quelques raisons historiques et épistémologiques d’une telle stratégie, qui évite d’aborder le noyau même de la littérature : la confrontation de différents mondes fictifs dans le texte et dans la lecture. Selon la théorie de la fiction, si la sociologie doit comprendre les forces qui transforment le statut actuel de la société, elle devrait accorder plus d’attention aux processus symboliques qui se produisent dans l’expérience littéraire, une activité qui permet à tous de se confronter des situations et des valeurs possibles (fictifs) et, par conséquent, symbolise un monde social différent possible.


2018 ◽  
pp. 161-175
Author(s):  
Tetsuo Sawada
Keyword(s):  
De Se ◽  

Le phénomène de « perversion » occupe une position bien particulière dans les domaines psychopathologique et psychanalytique. Selon la théorie de Freud, le rêve a pour effet de libérer les désirs refoulés pendant la journée. Au lieu d’être refoulés au tréfonds de l’inconscient, la plupart des vécus du pervers se manifestent dans sa vie en prenant des formes anormales ou immorales telles que le voyeurisme ou l’exhibitionnisme. La perversion est donc un phénomène foncièrement conscient et corporel. Or, si la phénoménologie est définie comme l’analyse de la structure des vécus de la conscience intentionnelle, il s’avère nécessaire d’analyser phénoménologiquement cette structure de la perversité au lieu de se contenter d’étudier la conscience dite saine ou normale. Pour aborder cette question, cet article analyse le texte de Marc Richir, intitulé Phantasia, imagination, affectivité, car il y tente de dégager la structure de la conscience du pervers d’une façon tout à fait innovante.


2014 ◽  
Vol 11 (2) ◽  
pp. 42-52
Author(s):  
Elizabeth Geary Keohane

Cet article analyse un ouvrage d’André Gide, Carnets d’Égypte, dans le contexte de ‘late style’, un concept adornien développé par Edward Said. Bien que Carnets d’Égypte représente un des derniers ouvrages de Gide, il ne s’agit pas d’une tentative de créer une impression de complétude ni de couronner une œuvre variée. C’est plutôt un espace créatif où il peut se permettre de se concentrer sur l’inachèvement. Nous examinons donc ce que Gide a choisi de ne pas ‘terminer’ ou même de ne pas ‘finaliser’ – le voyage lui-même et surtout le processus d'écriture qui s'ensuit. Pour Said, ‘late style’ est une attitude que nous pouvons déceler chez certains auteurs qui se trouvent devant la mort. Se concentrer sur l’inachèvement et non sur la complétude dans un tel cas révèle une certaine résistance chez Gide qui est tout de même productive, car elle arrive à faire avancer le processus d’écriture. André Gide in Egypt: the Unfinished and the Creative Process This article analyses a work by André Gide, Carnets d’Égypte, in the context of 'late style', an Adornian concept developed by Edward Said. Although Carnets d’Égypte is one of Gide’s final works, it does not attempt to create a sense of completeness nor does it attempt to crown a varied body of work. It is instead a creative space where he can allow himself to concentrate on the incomplete or the unfinished. I therefore examine what Gide has chosen not to ‘finish’ or even not to ‘finalise’ – that is, the journey itself and more particularly, the related writing process. For Said, ‘late style’ is an attitude that can be detected in certain authors facing death. Concentrating in such a case on what remains unfinished, instead of on completeness, reveals a certain resistance on Gide’s part which is nonetheless productive, since it manages to advance the writing process.


2010 ◽  
Vol 42 (1) ◽  
pp. 171-196 ◽  
Author(s):  
Schirin Amir-Moazami
Keyword(s):  
De Se ◽  

Résumé Cet article analyse le dialogue interculturel en Allemagne grâce à l’outil conceptuel que représente l’herméneutique critique de Gadamer. Le point de départ en est le Deutsche Islam Konferenz (DIK), une initiative de dialogue avec les musulmans menée par l’État en Allemagne. À partir de l’idée de Gadamer du caractère processuel du dialogue et d’une ouverture principielle à la différence de l’autre, je souhaite montrer que le DIK trouve ses origines bien plus dans une politique d’intégration que dans une idée de « compréhension » mutuelle. Plutôt que de délinéer une réflexion critique sur les prémisses d’un « travail de l’histoire » (Wirkungsgeschichte) propre à un individu et d’une révision potentielle de ces prémisses à travers la rencontre, cet article suggère qu’un tel événement dialogique se base sur l’assomption d’une normalité de soi et d’une déviance d’autrui à transformer. En donnant la parole à certains représentants musulmans et à leur refus de se transformer unilatéralement, j’avance que les retombées de telles mesures de dialogue n’en sont pas moins ouvertes et ambivalentes.


2012 ◽  
Vol 8 (1) ◽  
Author(s):  
Alistair MacLeod

This article examines G.A. Cohen’s celebrated critique of the Rawlsian doctrine of “the basic structure as subject.” Cohen describes the principal difference between his and Rawls’s view of “the site of distributive justice” – that is, of “the sorts of items to which principles of distributive justice apply” – by claiming that whereas in his view “both just rules and just personal choice within the framework set by just rules are necessary for distributive justice,” the Rawlsian view is that “distributive justice and injustice are features of the rules of the public order alone.” Despite the acuteness of Cohen’s criticisms of the Rawlsian positions he targets, there are important strands in Rawls’s view of the domain within which judgments of distributive justice can be made that are not adequately reflected in these positions. When these ambiguities in Rawls’s writings are given due weight, it emerges that the similarities between the views Rawls and Cohen take of the task of a theory of distributive justice are more striking than the differences. The only major difference, arguably, concerns the status of judgments about the “personal choices” the members of a society must make when their options are unconstrained by just institutional rules – that is, when the alternatives they can opt for are neither required nor prohibited by these rules. For Rawls these are choices they are at liberty to make in any way they please. According to Cohen, however, at least some of these choices must be made by direct appeal to the principles of distributive justice that underpin just institutional rules. Cet article analyse la critique justement célèbre par G.A. Cohen’s de la doctrine de Rawls concernant « la structure de base comme sujet ». Cohen décrit la différence principale entre son point de vue et celui de Rawls sur « le lieu de la justice distributive » -- c’est à dire les « types d’objets auxquels les principes de justice distributive s’appliquent » -- en soulignant que, tandis que pour lui, « les règles justes et les choix personnels justes dans le cadre de règles justes sont nécessaires pour la justice distributive », pour Rawls « la justice distributive et l’injustice sont des résultantes des seules règles d’ordre public ». Malgré la pertinence de la critique par Cohen de cette position de Rawls, certaines réflexions de Rawls quant au domaine de validité des jugements de justice distributive ne s’y conforment pas pleinement. Quand ces ambigüités des écrits de Rawls sont évaluées à leur juste mesure, il émerge que les similarités entre les visions que de Rawls et de Cohen sur les enjeux d’une théorie de la justice distributive sont plus frappantes que les différences. La seule différence majeure, peut-être, concerne le statut des jugements à propos des « choix personnels » que les membres d’une société doivent prendre quand ces options ne sont pas contraintes par des règles institutionnelles justes – c’est à dire, quand les alternatives parmi lesquelles ils peuvent choisir ne sont ni requises ni interdites par ces règles. Pour Rawls, ce sont des choix qu’ils sont libres de faire comme il leur plait. Chez Cohen, en revanche, certains de ces choix au moins nécessitent de se référer directement aux principes de justice distributive qui sous-tendent des règles institutionnelles justes.


1997 ◽  
Vol 26 (1) ◽  
pp. 95-109
Author(s):  
Diane Steigerwald
Keyword(s):  
De Se ◽  

Cet article analyse les significations symboliques de Jérusalem pour les musulmans. Il explique pourquoi, au début de la prédication du Prophète, les musulmans priaient en direction de Jérusalem avant de se tourner vers La Mecque. Pourquoi Jérusalem a-t-elle perdu sa préséance en devenant la troisième ville sainte après La Mecque et Médine? Cet article décrit l'ascension spirituelle (mi'rāj) du Prophète Muhammad et comment cette expérience mystique apporte une signification spirituelle à Jérusalem. Les sufīs donnent différentes interprétations de l'ascension spirituelle dont quelques-unes seront examinées. Chez les sufīs, Jérusalem garde une position privilégiée. Elle est la première et dernière qibla (pôle de la prière), la «Cité de la suprême Hégire».


2012 ◽  
Vol 53 (2) ◽  
pp. 337-356 ◽  
Author(s):  
Christian Papinot ◽  
Mélanie Le Her ◽  
Alain Vilbrod

Cet article analyse, à partir d’une quarantaine d’entretiens, les significations que les jeunes Français donnent à leurs trajectoires d’insertion professionnelle au Québec, à travers leurs usages des dispositifs d’aide aux nouveaux arrivants. L’hypothèse principale avancée pour expliquer que ceux-ci soient peu investis par les jeunes Français renvoie à la logique d’assistance dans laquelle ils les placeraient, contrariant aussi bien le souhait d’expérimenter une autonomie revendiquée, que celui de se défaire d’un statut « à part ». Au fond, cette faible utilisation des dispositifs d’aide aux immigrants renvoiein fineau sens de l’expérience migratoire des Français au Québec pour qui, contrairement à bien d’autres communautés nationales, l’option du retour est rarement exclue sans être nécessairement synonyme d’échec : la tranche de vie au Québec peut ainsi prendre le sens d’une « parenthèse biographique », d’une période moratoire avant une stabilisation adulte et/ou capitalisation d’une expérience à l’internationale.


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