scholarly journals « La Guerre et ce qui s’ensuivit »

2016 ◽  
pp. 13-31
Author(s):  
Anthony Mangeon

Cet article étudie la manière dont l’implication des troupes africaines dans la Seconde Guerre mondiale s’est trouvée mise en scène par des écrivains français (Aragon, Céline), puis par des écrivains africains. Après avoir constaté quels traitements partiels, car historiquement allusifs, sont offerts par les écrivains congolais Tchicaya U Tam’si et Henri Lopes, l’étude se déplace vers les modes ironiques par lesquels le Malien Yambo Ouologuem et l’Ivoirien Ahmadou Kourouma abordèrent à leur tour l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. Une troisième partie est enfin consacrée aux infléchissements contemporains apportés par les romanciers Tierno Monénembo et Patrice Nganang, dans leur souci de représenter une Afrique guerrière autant en résistance qu’en guerre, en France et sur le continent africain.

Author(s):  
Judith Sinanga-Ohlmann

Le présent article tente de montrer comment les auteurs francophones d’Afrique sub-saharienne s’approprient la langue française ; idiome appartenant à l’Autre puisque hérité de l’ex-colonisateur. Cette pensée d’en être propriétaire ou de se l’approprier se heurte évidemment contre celle de Jacques Derrida qui a brillamment défendu l’idée qu’une langue ne saurait être une chose que l’on peut posséder et sur laquelle il serait possible d’avoir un contrôle quel qu’il soit. Notre article n’a pas l’objectif de contredire l’argument de Jacques Derrida, à contrario. En effet, si une langue ne peut être un objet auquel on peut prétendre avoir un droit quelconque, elle est néanmoins une matière malléable et les locuteurs non natifs peuvent, soit l’adopter comme ils l’ont apprise ou la transformer selon leur culture, croyances, philosophie, etc. Lui faire subir des changements aussi bien du point de vue lexicologique, morphologiquement, syntaxique, etc. afin de l’adapter à leurs us et coutumes est ce que nous entendons par appropriation de la langue de l’Autre. Pour quelles raisons les auteurs francophones d’Afrique sub-saharienne entreprennent-ils de s’approprier le français ? Parviennent-ils à faire cette langue leur ? Par quels moyens ? Telles sont quelques-unes des questions posées dans cet article et auxquels nous avons essayé de répondre en nous fondant sur trois romans : Le chercheur d’Afriques (Henri Lopes, 1990), Quand on refuse on dit non (Ahmadou Kourouma, 2004) et La femme aux pieds nus (Scholastique Mukasonga, 2008).


Tangence ◽  
2005 ◽  
pp. 83-105 ◽  
Author(s):  
Sélom Komlan Gbanou

Résumé Au centre des constellations esthétiques dans le roman africain d’expression française est apparue, ces deux dernières décennies, une forme particulière d’écriture qui rompt avec le récit-fleuve linéairement compact des écrivains de la première génération. L’écriture participe désormais d’un travail de plus en plus conscient d’invention et d’intervention tant sur le langage que sur le corps du projet romanesque pour aboutir à un ensemble hétérogène, à la limite hétéroclite, qui échappe à la forme classique du roman. Les transformations annoncées par des auteurs comme Ahmadou Kourouma, Mohamed-Alioum Fantouré ou Henri Lopes se poursuivent avec bonheur chez les écrivains de la postcolonie (Sami Tchak, Kossi Efoui, Abdouhraman Wabéri, etc.), surtout en situation d’exil, et donnent à penser que le romanesque cherche à souscrire aux différents fantasmes et soubresauts qui remuent la conscience des exilés/migrants ou, à l’inverse, veut tirer profit de l’esthétique postmoderne de l’éclatement, de l’émiettement et du chaos découvert dans le nouveau rapport au monde, favorisé par la mondialisation. Chez un grand nombre d’écrivains, l’écriture devient un exercice de sclérose de la forme et est entièrement absorbée par le goût et, peut-être même, l’obsession de la fragmentation, du chaos, du micmac et du non-sens de la vie.


2008 ◽  
Vol 63 (6) ◽  
pp. 1249-1274 ◽  
Author(s):  
Sylvie Lindeperg ◽  
Annette Wieviorka

RésuméLe procès Eichmann construit le génocide des Juifs en événement distinct dans la Seconde Guerre mondiale. Pourtant, l’importance de son enregistrement en vidéo, aux fins de fournir des images aux télévisions du monde entier, avait jusqu’ici largement échappé aux historiens. A partir des archives de l’État d’Israël et de celles du cinéaste Leo Hurwitz, les auteurs éclairent les conditions de la décision inédite de filmer le procès dans son intégralité et les négociations qui s’ensuivirent entre Milton Fruchtman (Capital Cities Broadcasting Corporation), l’État d’Israël et les juges en charge de la procédure. Elles étudient le travail de préparation et la mise en place du dispositif d’enregistrement qui éclairent les intentions du cinéaste et sa vision de l’événement à venir. Elles analysent ensuite les documents filmés permettant de mesurer les principales figures de la mise en scène d’Hurwitz, les écarts éventuels entre ses idées préconçues et la réalité du procès. Elles invitent enfin à réfléchir aux interactions entre rituel judiciaire et dramaturgie télévisuelle et aux effets de production de sens inhérents à ce type d’enregistrement.


Author(s):  
Catherine Dubeau

Nous proposons une réflexion sur Les enrobantes : cabaret décolleté pour psychanalyste plongeant de Marie-Christine Lê-Huu, réflexion qui s’inscrit dans une analyse du texte et des composantes de la mise en scène. L’article invite d’abord à une lecture chronologique de la pièce en entremêlant descriptions et interprétations des éléments les plus signifiants. Nous nous interrogeons également sur l’enjeu idéologique provoqué par la double nature de la pièce — à la fois comédie et tragédie — ainsi que sur l’apport particulier des marionnettes dans le cadre d’une oeuvre théâtrale abordant la psychanalyse, l’antisémitisme et la montée de dictatures fascistes menant à la Seconde Guerre mondiale.


Cena ◽  
2021 ◽  
pp. 39-47
Author(s):  
Juliusz Tyszka

Cet article traite du théâtre polonais après la Seconde Guerre mondiale, en utilisant l’exemple du spectacle Akrópolis mis en scène par Jerzy Grotowski avec une influence directe du régime nazi pour sa conception. Fondant historiquement la situation de la Pologne dans ces périodes d’entre-deux guerres, l’article établit une réflexion sur les pertes et les traumatismes qu’une guerre peut causer dans un pays et dans son panorama artistique et théâtral. Mots ClésThéâtre polonais. Grotowski. Traumatisme. Nazisme.


2020 ◽  
Vol 9 (1) ◽  
pp. 26-45
Author(s):  
Sarah J. Adams

Despite their peripheral position in the Atlantic slave trade, authors of the late eighteenth-century German states composed a number of dramas that addressed imperialism and slavery. As Sigrid G. Köhler has argued (2018), these authors aimed to exert political leverage by grounding their plays in the international abolitionist debate. This article explores how a body of intellectual texts resonated in August von Kotzebue's bourgeois melodrama Die Negersklaven (1796). In a sentimental preface, he mentions diverse philosophical, historical and political sources that contributed to the dramatic plot and guaranteed his veracity. Looking specifically at the famous Histoire des deux Indes (1770) by Denis Diderot and Guillaume-Thomas F. Raynal, I will examine the ways in which Kotzebue adapted highbrow abolitionist discourses to the stage in order to convery an anti-slavery ideology to the white European middle classes. Kotzebue seems to ground abolitionism in the bourgeois realm by moulding political texts into specific generic templates such as an elaborate mise-en-scène, the separation and reunion of lost lovers, a fraternal conflict, and the representation of suffering victims and a compassionate white hero.


2019 ◽  
Vol 58 (2) ◽  
pp. 170-182
Author(s):  
Karen F. Quandt

Baudelaire refers in his first essay on Théophile Gautier (1859) to the ‘fraîcheurs enchanteresses’ and ‘profondeurs fuyantes’ yielded by the medium of watercolour, which invites a reading of his unearthing of a romantic Gautier as a prescription for the ‘watercolouring’ of his own lyric. If Paris's environment was tinted black as a spiking population and industrial zeal made their marks on the metropolis, Baudelaire's washing over of the urban landscape allowed vivid colours to bleed through the ‘fange’. In his early urban poems from Albertus (1832), Gautier's overall tint of an ethereal atmosphere as well as absorption of chaos and din into a lulling, muted harmony establish the balmy ‘mise en scène’ that Baudelaire produces at the outset of the ‘Tableaux parisiens’ (Les Fleurs du mal, 1861). With a reading of Baudelaire's ‘Tableaux parisiens’ as at once a response and departure from Gautier, or a meeting point where nostalgia ironically informs an avant-garde poetics, I show in this paper how Baudelaire's luminescent and fluid traces of color in his urban poems, no matter how washed or pale, vividly resist the inky plumes of the Second Empire.


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