scholarly journals Le fragmentaire dans le roman francophone africain

Tangence ◽  
2005 ◽  
pp. 83-105 ◽  
Author(s):  
Sélom Komlan Gbanou

Résumé Au centre des constellations esthétiques dans le roman africain d’expression française est apparue, ces deux dernières décennies, une forme particulière d’écriture qui rompt avec le récit-fleuve linéairement compact des écrivains de la première génération. L’écriture participe désormais d’un travail de plus en plus conscient d’invention et d’intervention tant sur le langage que sur le corps du projet romanesque pour aboutir à un ensemble hétérogène, à la limite hétéroclite, qui échappe à la forme classique du roman. Les transformations annoncées par des auteurs comme Ahmadou Kourouma, Mohamed-Alioum Fantouré ou Henri Lopes se poursuivent avec bonheur chez les écrivains de la postcolonie (Sami Tchak, Kossi Efoui, Abdouhraman Wabéri, etc.), surtout en situation d’exil, et donnent à penser que le romanesque cherche à souscrire aux différents fantasmes et soubresauts qui remuent la conscience des exilés/migrants ou, à l’inverse, veut tirer profit de l’esthétique postmoderne de l’éclatement, de l’émiettement et du chaos découvert dans le nouveau rapport au monde, favorisé par la mondialisation. Chez un grand nombre d’écrivains, l’écriture devient un exercice de sclérose de la forme et est entièrement absorbée par le goût et, peut-être même, l’obsession de la fragmentation, du chaos, du micmac et du non-sens de la vie.

Author(s):  
Judith Sinanga-Ohlmann

Le présent article tente de montrer comment les auteurs francophones d’Afrique sub-saharienne s’approprient la langue française ; idiome appartenant à l’Autre puisque hérité de l’ex-colonisateur. Cette pensée d’en être propriétaire ou de se l’approprier se heurte évidemment contre celle de Jacques Derrida qui a brillamment défendu l’idée qu’une langue ne saurait être une chose que l’on peut posséder et sur laquelle il serait possible d’avoir un contrôle quel qu’il soit. Notre article n’a pas l’objectif de contredire l’argument de Jacques Derrida, à contrario. En effet, si une langue ne peut être un objet auquel on peut prétendre avoir un droit quelconque, elle est néanmoins une matière malléable et les locuteurs non natifs peuvent, soit l’adopter comme ils l’ont apprise ou la transformer selon leur culture, croyances, philosophie, etc. Lui faire subir des changements aussi bien du point de vue lexicologique, morphologiquement, syntaxique, etc. afin de l’adapter à leurs us et coutumes est ce que nous entendons par appropriation de la langue de l’Autre. Pour quelles raisons les auteurs francophones d’Afrique sub-saharienne entreprennent-ils de s’approprier le français ? Parviennent-ils à faire cette langue leur ? Par quels moyens ? Telles sont quelques-unes des questions posées dans cet article et auxquels nous avons essayé de répondre en nous fondant sur trois romans : Le chercheur d’Afriques (Henri Lopes, 1990), Quand on refuse on dit non (Ahmadou Kourouma, 2004) et La femme aux pieds nus (Scholastique Mukasonga, 2008).


2016 ◽  
pp. 13-31
Author(s):  
Anthony Mangeon

Cet article étudie la manière dont l’implication des troupes africaines dans la Seconde Guerre mondiale s’est trouvée mise en scène par des écrivains français (Aragon, Céline), puis par des écrivains africains. Après avoir constaté quels traitements partiels, car historiquement allusifs, sont offerts par les écrivains congolais Tchicaya U Tam’si et Henri Lopes, l’étude se déplace vers les modes ironiques par lesquels le Malien Yambo Ouologuem et l’Ivoirien Ahmadou Kourouma abordèrent à leur tour l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. Une troisième partie est enfin consacrée aux infléchissements contemporains apportés par les romanciers Tierno Monénembo et Patrice Nganang, dans leur souci de représenter une Afrique guerrière autant en résistance qu’en guerre, en France et sur le continent africain.


2001 ◽  
pp. 39-45
Author(s):  
Thierry Chiappa ◽  
Jean-Loup Deniau
Keyword(s):  

1965 ◽  
Vol 20 (6) ◽  
pp. 1118-1127 ◽  
Author(s):  
J. C. Russell
Keyword(s):  

La féodalité a fait l'objet d'un grand nombre d'essais, trop connus et trop nombreux pour que je puisse les mentionner ici. Toutefois, certains aspects démographiques, qui ont leur importance, ont à peine été abordés. Au cours de ces dernières années, l'histoire démographique du Moyen Age a fait davantage de progrès pour sa période tardive que pour celle qui vit les débuts de la féodalité.La féodalité est essentiellement le système de Charlemagne sans Charlemagne, un système dérivé en grande partie des précédents, mérovingien et même romain. Bien entendu, on trouve de nouveaux traits dominants — au moins quatre. Le premier est l'importance nouvelle accordée à la force, plutôt qu'à l'héritage ou à l'ascendance divine, comme base de la possession. Le pape Zacharie n'a-t-il pas écrit qu'il valait mieux que soit roi celui qui avait la force plutôt que celui qui poscédait le titre ?.


2001 ◽  
Vol 56 (4-5) ◽  
pp. 881-901
Author(s):  
Christine Métayer
Keyword(s):  

RésuméDans la France partiellement alphabétisée des XVIe-XVIIIe siècles, la coexistence des maîtres écrivains jurés et des écrivains publics reflète les tensions vécues par une société toujours plus soumise à l’écrit conquérant, connaissant de ce fait un besoin accru et diversifié de l’écrit, lors même que l’aptitude à écrire demeurait largement déficiente, aussi limitée qu’anarchique, particulièrement dans les franges inférieures de la population. La corporation des maîtres écrivains, experts en calligraphie, vit le jour en 1570 et jouit dès lors du double monopole des écoles publiques d’écriture et des expertises judicaires en matière manuscrite. Les maîtres œ uvraient à normaliser, consacrer et promulguer les graphies, entretenant à cette fin une certaine religiosité du corps écrit. Étrangers à l’art et à la dignité des maîtres, les écrivains publics évoluaient librement dans la rue, où ils offraient leurs services aux personnes qui ne savaient pas ou trop peu écrire, mais qui, en diverses circonstances, avaient recours à un texte écrit. Leurs champs de compétences s’inscrivaient dans deux espaces irréductibles de la lettre — le savoir peindre avec art et beauté, et le savoir dire par écrit — où, dans une lutte silencieuse, se livrèrent concurrence la lettre calligraphique et la graphie du commun, la norme souhaitée et l’usage déviant, le talent d’une minorité et la capacité d’expression élémentaire du plus grand nombre.


1984 ◽  
Vol 39 (2) ◽  
pp. 286-300 ◽  
Author(s):  
Jean-Claude Schmitt
Keyword(s):  

La floraison, dans les toutes dernières années, des études sur le culte des saints et l'hagiographie au Moyen Age témoigne du dynamisme de ce chantier d'histoire et de la conscience qu'ont les historiens de son importance pour la compréhension des sociétés médiévales. Je voudrais ici moins dresser un bilan de tous ces travaux que proposer quelques réflexions nécessairement partielles, et volontairement partiales puisque centrées sur deux livres ou mieux deux œuvres : d'une part les derniers travaux de Peter Brown sur l'Antiquité tardive et les premiers siècles du christianisme ; d'autre part, pour les trois derniers siècles du Moyen Age, la belle thèse et un recueil d'articles d'André Vauchez. Ces deux ensembles de publications guideront ma réflexion, nourrie par ailleurs d'un grand nombre de travaux récents, souvent eux aussi d'une très grande richesse, qu'il s'agisse de colloques internationaux, de recueils collectifs ou de travaux individuels.


2012 ◽  
Vol 86 (1) ◽  
pp. 178-179
Author(s):  
Vivan Steemers
Keyword(s):  

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