scholarly journals Recherche-action et travail social

Author(s):  
Alain Sauvin ◽  
Daniel Dind ◽  
Michel Vuille

Ce texte émane de trois membres du comité suisse de rédaction de la revue confrontés au « champ social », l’un comme formateur de travailleurs sociaux, l’autre comme travailleur social praticien, le dernier comme sociologue. Ils s’interrogent sur les conditions de possibilité d’une recherche-action entre travailleurs sociaux et sociologues. A. Sauvin insiste sur les conditions concrètes de collaboration : gestion du temps, exigences de l’écriture, poids des structures institutionnelles. D. Dind s’interroge sur l’articulation entre praticiens et théoriciens, constituant en « collectif intellectuel organique ». Il illustre sa réflexion par une histoire de cas : la mise en place d’une démarche d’action et d’information sociale à Genève. M. Vuille prône la création d’un « espace d’autonomie » dans les organisations dont nous avons intériorisé les contraintes et les limites. La condition sine qua non pour conduire une recherche-action est de créer cet espace où les rapports entre les chercheurs et les praticiens se construisent hors des règles de fonctionnement de leurs organisations respectives. La recherche-action implique une décentration que seule la création d’un « réseau » peut permettre, dans lequel le savoir et l’action deviennent autogérables.

Phronesis ◽  
2016 ◽  
Vol 4 (3) ◽  
pp. 22-35 ◽  
Author(s):  
Sébastien Ponnou ◽  
Blandine Fricard

L’autisme fait l’objet de nombreux débats dans les médias, et l’analyse des discours montre des distorsions récurrentes au regard des avancées scientifiques mises en exergue dans la littérature biomédicale internationale. Nous avons procédé à l’analyse systématique des approches de l’autisme dans la presse spécialisée destinée aux travailleurs sociaux français entre 1989 et 2014, et comparé les résultats obtenus à une étude récente sur les conceptions du Trouble Déficitaire de l’Attention avec Hyperactivité dans ce même champ. L’analyse des discours sur l’autisme, et plus généralement sur les troubles mentaux et psychosociaux dans la presse spécialisée destinée aux travailleurs sociaux, montre que les facteurs sociaux pourtant fortement impliqués dans ces pathologies ne sont jamais présentés, tandis qu’ils sont largement argumentés dans la littérature internationale, et peuvent faire l’objet de politiques et de pratiques socioéducatives spécifiques. La plupart des conceptions de l’autisme présentées aux travailleurs sociaux français relèvent de la sphère thérapeutique, et laissent apparaître une médicalisation croissante du travail social, nous permettant d’en interroger les enjeux de pratique et de formation.


2009 ◽  
Vol 4 (1) ◽  
pp. 27-44 ◽  
Author(s):  
Diane-Gabrielle Tremblay ◽  
Bernard Fusulier ◽  
Martine Di Loreto

Sommaire Dans cet article, nous nous intéressons au rôle de soutien à la gestion organisationnelle de la carrière en nous penchant sur la question de la conciliation emploi-famille et des différences de genre dans un secteur d’activité, le travail social. En effet, si les recherches et les discours publics ou managériaux mettent l’accent par exemple sur la formation professionnelle comme mesure de soutien à la carrière, il est indéniable que soutenir la conciliation travail/famille est essentiel pour soutenir la carrière des individus (cf Harlow, 2002). Ayant pu constater la diversité des pratiques organisationnelles selon les catégories professionnelles et les secteurs, nous avons décidé de nous concentrer sur le milieu du travail social au Québec pour pouvoir identifier le rôle de la gestion et du soutien organisationnel de la carrière dans cet espace professionnel précis. Nous avons analysé dans quelle mesure l’organisation, et les cadres gestionnaires qui la représentent, soutiennent effectivement – ou non – la gestion de carrière professionnelle en tenant compte de la nécessité qu’ont pratiquement tous les salariés – parents ou non – de concilier leurs responsabilités professionnelles et leurs préoccupations familiales, parentales ou plus largement personnelles. Nous avons pu constater que dans le domaine du travail social, les supérieurs ne paraissent pas très soutenants pour les personnes qui ont à concilier leurs responsabilités personnelles et professionnelles. Les collègues semblent se soutenir davantage, peut-être pour combler le déficit organisationnel à cet égard. Alors qu’on aurait pu s’attendre à ce qu’un milieu de travail largement public et très féminin soit plus soutenant en ce qui concerne la gestion de carrière et les difficultés de conciliation entre vie personnelle et professionnelle, on observe que ce n’est pas nécessairement le cas et que les femmes vivent des difficultés plus importantes que les hommes sur ce plan. Il faut reconnaître que ce sont aussi elles qui prennent avantage des dispositifs de congés et d’aménagement du temps de travail pour des raisons familiales.


Phronesis ◽  
2017 ◽  
Vol 6 (3) ◽  
pp. 64-81
Author(s):  
Sébastien Ponnou ◽  
Élodie Roebroeck

Nous avons procédé à l’analyse systématique des approches de la maladie d’Alzheimer dans la presse spécialisée destinée aux travailleurs sociaux français entre 1990 et 2014, et comparé les résultats obtenus à deux études récentes sur les conceptions de l’autisme et du Trouble Déficitaire de l’Attention avec Hyperactivité dans ce même champ. L’analyse des discours sur la maladie d’Alzheimer, et plus généralement sur les troubles mentaux et psychosociaux dans la presse spécialisée destinée aux travailleurs sociaux, montre que les facteurs sociaux pourtant fortement impliqués dans ces pathologies sont peu représentés, tandis qu’ils sont sensibles à des politiques et des pratiques socioéducatives spécifiques. La plupart des conceptions de la maladie d’Alzheimer présentées aux travailleurs sociaux français relèvent de la sphère thérapeutique, et laissent apparaître un risque de médicalisation croissante du travail social, nous permettant d’en interroger les enjeux en termes de pratiques, de dispositifs institutionnels et de formation.


2008 ◽  
Vol 20 (2) ◽  
pp. 111-123
Author(s):  
Yves Couturier ◽  
Christian Dumas-Laverdière
Keyword(s):  

Résumé L’interdisciplinarité peut se concevoir comme découlant des nécessités d’une intervention concrète, comme le fait d’une métathéorie générale, comme le reflet de la complexité des objets, voire comme l’effet d’une méthodologie transversale. Cet article présente une étude portant sur ce dernier locus de l’inter. Nous avons en effet étudié la forme que prend l’une des constituantes fondatrices de l’activité scientifique en travail social, soit la recension des écrits, et l’avons comparée aux pratiques en sciences infirmières. L’étude de l’homologie des formes entre deux phénomènes permet de penser l’objet complexe que constitue l’interdisciplinarité et, ce faisant, de réfléchir à la disciplinarité.


2013 ◽  
Vol 38 (2) ◽  
pp. 351-371
Author(s):  
Théogène-Octave Gakuba ◽  
Myriam Graber

Cet article analyse les effets de l’acculturation sur l’apprentissage des étudiant(e)s d’Afrique subsaharienne suivant une formation professionnelle en santé et travail social en Suisse romande. Il concerne une recherche que nous avons menée pour comprendre les conditions d’apprentissage et d’intégration de ces étudiants. Notre approche se fonde sur les théories de la communication interculturelle, de l’interculturalisation et de l’apprentissage des adultes avec une démarche méthodologique qualitative : entretiens compréhensifs et semi-directifs ainsi que l’étude de dossiers administratifs d’étudiants. Des pistes de réflexion pour une meilleure intégration des étudiants étrangers sont proposées.


Author(s):  
Ina Motoi
Keyword(s):  

Ce bref texte se veut une réflexion critique sur les démarches de sensibilisation de masse mises de l’avant au Québec, dans le champ social, par quelques-uns des acteurs s’y retrouvant : l’État et ses agences, les institutions, les organismes, etc. En travail social, nous en faisons aussi pour influencer les gens et pour les « motiver » à changer d’attitude, de comportement ou de manière de penser par rapport à certaines problématiques. Selon quels critères pouvons-nous affirmer que nous faisons de la sensibilisation et non de la propagande ? Il s’agit ainsi de questionner la méthode utilisée par ces acteurs afin de l’appréhender et cela, à partir de certains messages mis en circulation. La comparer ainsi à celle de la propagande afin de voir si la sensibilisation n’est pas seulement un euphémisme de celle-ci, ce qui permettrait de la dissimuler et de rendre le concept même de propagande absent, inexistant, tabou. Cette omission est-elle une désinscription pour rendre la manipulation invisible ?


2018 ◽  
Vol 59 (1-2) ◽  
pp. 225-241
Author(s):  
Philippe Lyet ◽  
Yvette Molina

Cet article propose une analyse à partir d’une participation observante au sein d’une équipe de recherche québéco-française associant des chercheurs et des formateurs/chercheurs en travail social qui construisent des rapports différents à l’objet de la recherche. La dynamique ainsi présentée, dans une perspective de méta-analyse se présente comme un cas particulier de recherche conjointe multiréférentielle. Elle fait l’objet de débats entre les co-chercheurs et donne lieu à des convergences ou des compromis dans le cadre d’un espace interprétatif partagé et négocié. L’article permet de dégager quelques pistes d’analyse d’ordre éthique et politique en termes de reconnaissance d’autrui et de ses savoirs, ainsi que sur le plan collectif d’un champ social étudié. Ainsi, il situe cette recherche dans les problématiques des rapports entre les mondes de la recherche et du travail social.


Author(s):  
Jane Aronson

RésuméL'étude qualitative sur l'efficacité des pratiques de service social menée par Anne Opie auprès des soignants naturels qui s'occupent de parents atteints de démence prend sa source dans la perception de l'auteure selon laquelle la rhétorique politique sur l'importance du soutien que l'État doit accorder à ces populations à haute incidence de stress trouve peu d'applications pratiques dans l'organisation des services sociaux et sanitaires en Nouvelle-Zélande. Opie relève deux discours opposés dans l'expérience des soignants et des travailleurs sociaux en matière de services de soutien. Le premier est un discours de gestion/organisation axé sur l'efficacité, des définitions étriquées des besoins et du bien-être, des images réductrices de la signification du soutien et des pratiques de travail social de plus en plus orientées sur la routine. Le second, relativement effacé, est un discours qui met en lumière l'aspect complexe de la tâche des soignants, ses transitions et sespertes, ainsi que la valeur d'un service substantial et efficace, intégrant une aide à la fois pratique et émotive accordée sur une base continue. Àpartir de données provenant des soignants, des travailleurs sociaux, d'autres intervenants du secteur de la santé et de gestionnaires, l'auteure étudie l'axe et l'importance des différentes approches d'évaluation des services sous-jacentes à ces deux discours. Que ce soit à titre de praticiens, de chercheurs, d'activistes ou d'éducateurs, nous avons tous beaucoup à apprendre de l'analyse nuancée faite par Opie d'un territoire semblable à celui du Canada et qui a évolué plus loin etplus rapidement vers une limitation des droits des soignants et des aînés vulnérables dont Us prennent soin, et vers une définition de plus en plus restrictive des activités formelles de soutien et de soin.


2002 ◽  
Vol 13 (1) ◽  
pp. 191-198
Author(s):  
Dominique Daigneault
Keyword(s):  

Résumé Les départements de techniques de travail social de tous les cégeps du Québec sont présentement en processus de révision de programme et cette révision semble susciter des craintes chez certains universitaires, notamment à l'Ordre professionnel des travailleurs sociaux du Québec. Les départements de techniques de travail social, eux-mêmes, ont émis plusieurs réserves face à cette révision obligatoire. Certaines de ces réserves portaient sur le processus en tant que tel et d'autres sur les fondements théoriques de ce processus. Comme nous ne désirions pas être embrigadés pour les 10 prochaines années dans un programme qui ne nous convient pas, nous avons décidé collectivement d'utiliser toutes les marges de manoeuvre dont nous disposions afin de mettre sur pied un nouveau programme qui permet de répondre adéquatement aux besoins de formation de notre clientèle étudiante.


Author(s):  
Jean-Marie Gourvil

On ne peut pas comprendre les innovations qui apparaissent dans le champ social, dans les institutions qui dispensent des services sociaux, en utilisant uniquement les concepts de contrôle social ou de reproduction. Les services sociaux sont traversés par plusieurs logiques contradictoires, par des stratégies multiples. Les innovations qui apparaissent dans ce champ doivent être analysées en fonction de ces logiques multiples. Appareil de domination, système bureaucratique, lieu d’un pouvoir professionnel, les services sociaux sont aussi des lieux politiques où certaines stratégies des acteurs du social manifestent la pénétration de l’appareil d’État par les mouvements sociaux.


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