La ratification sociale du deuil en milieu de travail

Frontières ◽  
2016 ◽  
Vol 26 (1-2) ◽  
Author(s):  
Catherine Beaudry ◽  
Mélanie Gagnon

Certains parents devront faire face au décès de leur enfant à naître ou de leur nourrisson. Lorsqu’ils reviennent au travail à la suite de cette perte, leur peine est souvent encore vive. Le soutien qu’ils reçoivent de leur supérieur hiérarchique ou de leurs collègues peut cependant faciliter la reprise de leur activité professionnelle. Cette recherche empirique de type exploratoire a pour objectif principal d’examiner le soutien social qu’ont reçu les parents endeuillés de la part des membres de leur organisation lors de leur retour au travail. Des groupes de discussion ont été menés avec des femmes ayant vécu un deuil périnatal. L’analyse de contenu a permis de conclure que le soutien en provenance des membres de l’organisation est fondamental lors du retour au travail mais trop souvent lacunaire.

2013 ◽  
Vol 68 (3) ◽  
pp. 457-478 ◽  
Author(s):  
Mélanie Gagnon ◽  
Catherine Beaudry

Cette recherche empirique qualitative de type exploratoire a pour objectif principal de lever le voile sur l’expérience de retour au travail d’employés vivant un deuil périnatal. Plusieurs recherches s’attachent à décrire et à étudier les conséquences d’un deuil périnatal chez les parents. Il est alors établi que le deuil périnatal se distingue des autres types de deuil, bien que l’intensité de la douleur vécue soit aussi importante. Pour l’heure, la littérature en ressources humaines se fait plutôt discrète sur la problématique du deuil périnatal spécifiquement en contexte de retour au travail. De fait, il devient nécessaire de référer à des études s’intéressant au retour au travail à la suite d’autres types de difficultés personnelles. À ce sujet, les écrits soulèvent trois catégories de facteurs influençant le retour au travail : les facteurs sociaux, organisationnels et individuels. L’importance de la perte que le deuil périnatal représente pour les parents endeuillés est souvent sous-estimée au sein des organisations. Lorsque les parents reviennent au travail après la perte de l’enfant à naître ou de leur nourrisson, ils sont fréquemment encore bien ancrés dans leur « processus de deuil » et d’adaptation à celui-ci. Or, le retour au travail dans le cadre d’un tel type de deuil est généralement peu encadré par les organisations. Cette étude fait donc état du vécu des employés en deuil au moment de leur réinvestissement en emploi. Afin d’explorer leur expérience, trois groupes de discussion ont été menés au Québec, avec des femmes ayant vécu la perte de leur enfant à naître ou de leur nourrisson. L’analyse de contenu a permis de conclure que la prise d’un congé à la suite du décès de l’enfant à naître ou du nourrisson, bien qu’importante, est insuffisante à elle seule, puisque lors de la reprise du travail, l’adaptation au deuil n’est pas terminée. Le facteur qui semble le plus déterminant au regard d’une réinsertion réussie s’avère le soutien que procurent les organisations par le biais de diverses pratiques, les plus importantes étant l’accès à un programme d’aide aux employés et l’aménagement du travail.


2014 ◽  
Vol 29 (S3) ◽  
pp. 643-643
Author(s):  
P. Louville

Depuis plusieurs années, une attention grandissante est portée sur des gestes suicidaires qui semblent augmenter en fréquence, commis pendant le temps de travail et sur le lieu de travail, maintenant reconnus comme des accidents du travail, imputables aux contraintes professionnelles stressantes auxquelles sont soumis les salariés.Le suicide d’un collègue de travail est un événement particulièrement stressant et potentiellement traumatogène, notamment si les personnels sont les témoins directs du geste suicidaire sur le lieu de travail. Les deuils à la suite du suicide font partie des événements de vie générateurs d’une grande détresse émotionnelle. Le caractère soudain et inattendu de la mort par suicide d’un proche peut avoir un impact traumatique pour de nombreuses personnes, qui risquent de développer ultérieurement un deuil compliqué, voire un syndrome psychotraumatique.Le caractère stressant et traumatique des situations de deuil à la suite d’un suicide au travail conduit à proposer aux endeuillés récents un débriefing psychologique (ou intervention psychothérapeutique post-immédiate – IPPI). Il existe cependant relativement peu de publications, et notamment d’études randomisées, sur l’utilisation du débriefing dans la postvention. En France, quelques articles rapportent des interventions de cellules d’urgence médico-psychologique (CUMP) utilisant l’IPPI à la suite de suicides.Les débriefings psychologiques décrits dans la littérature relative à la postvention sont conduits selon des modalités adaptées à cette situation spécifique. En plus des objectifs habituels de cette intervention, qui sont la ventilation émotionnelle, la verbalisation de l’événement, la psychoéducation et la mobilisation du soutien social, l’accent est mis sur la gestion du deuil et la prévention de la contagion suicidaire, en particulier en milieu professionnel.Au-delà des interventions destinées aux salariés endeuillés, la postvention en milieu de travail doit aussi envisager une approche des facteurs organisationnels qui peuvent avoir contribué au geste suicidaire, car celui-ci impacte autant les individus que le collectif de travail.


2017 ◽  
Vol 42 (2) ◽  
pp. 173-196 ◽  
Author(s):  
Marc Corbière ◽  
Tania Lecomte ◽  
Jean-Philippe Lachance ◽  
Marie-France Coutu ◽  
Alessia Negrini ◽  
...  

La dépression majeure est l’une des premières causes d’incapacité au travail dans le monde et a de nombreuses conséquences tant sur l’employé concerné qu’auprès des acteurs du milieu de travail.ObjectifNous visons à documenter, selon la perspective des employeurs et des cadres des ressources humaines, les stratégies que ces acteurs préconisent dans leur organisation pour faciliter le retour au travail (RaT) d’employés en absence maladie due à une dépression.MéthodeDeux cent dix-neuf employeurs et cadres de ressources humaines (n = 219) ont accepté de répondre à une entrevue semi-structurée téléphonique. La question abordée dans cet article était : « Selon vous, quelles sont les stratégies les plus efficaces pour aider un employé ayant reçu un diagnostic de dépression à retourner au travail ? » La codification duverbatima été effectuée à partir d’études empiriques et de théories existantes.RésultatsTrente-quatre (34) stratégies réparties sur six grands principes ont émergé : 1) Contact avec l’employé en absence maladie (10 stratégies) ; 2) Évaluation et planification du RaT sans précipitation (6) ; 3) Formation des gestionnaires et du collectif de travail à la problématique de la santé mentale au travail (4) ; 4) Concertation des acteurs clés du RaT (4) ; 5) RaT progressif avec aménagements (4) ; 6) Suivi de la santé de l’employé et de son travail (6).ConclusionCes principes articulés autour de 34 stratégies du RaT vont au-delà d’un processus étapiste de nature chronologique. Articulés dans un programme de RaT, ils devront être testés afin d’évaluer leurs retombées dans les organisations, notamment sur la gestion de l’incapacité au travail.


2008 ◽  
Vol 27 (1) ◽  
pp. 89-99 ◽  
Author(s):  
Zena Sharman ◽  
Arlene Tigar McLaren ◽  
Marcy Cohen ◽  
Aleck Ostry

RÉSUMÉLe présent article utilise le concept de continuité des soins pour examiner les effets de la structuration du système de santé sur les travailleurs et le personnel du programme de soutien à domicile de la Colombie-Britannique (C.-B.). Ce programme dessert principalement les personnes âgée fragiles vivant dans la pauvreté, et il permet d'obtenir de l'aide pour des tâches comme le bain, l'habillement, et la toilette, et offre aussi un soutien social et relationnel spécial aux clients isolés. En présentant des données qualitatives tirées de groupes de discussion et d'entrevues avec des personnes assignées au soutien à domicile et des clients de la région métropolitaine de Vancouver, nous indiquons comment la précarisation et l'intensification du travail, dans un contexte d'un niveau accru d'acuité et de complexité des besoins des clients, ont réduit la continuité et la qualité des soins. Le présent article parle de la façon dont la restructuration du secteur du soutien à domicile en Colombie-Britannique a réduit le nombre total de personnes bénéficiant de soins dans le cadre du système, perturbé la continuité des soins, et compromis la qualité.


2014 ◽  
Vol 34 (4) ◽  
pp. 257-269
Author(s):  
MS Zanchetta ◽  
C Maheu ◽  
C Fontaine ◽  
L Salvador-Watts ◽  
N Wong

Introduction Nous avons procédé à une évaluation qualitative des changements immédiats sur les plans de l'apprentissage et de l'attitude chez des professionnels de la santé et des services sociaux ayant participé à un atelier visant à susciter une réflexion critique sur la littératie en santé des Franco-Ontariens en situation de minorité linguistique. Méthodologie L'étude a été réalisée auprès de 41 professionnels francophones de la santé et des services sociaux. L'animatrice de l'atelier a utilisé des objets évocateurs pour susciter la réflexion sur la littératie en santé. Les sources de données étaient les enregistrements audio des discussions de groupes et les formulaires de rétroaction remplis par les participants. Résultats L'étude a révélé que l'atelier avait suscité chez les participants une prise de conscience à propos de la littératie en santé et les avait incités à promouvoir la littératie en santé dans leur pratique professionnelle. L'atelier a aussi élargi la vision de la littératie en santé qu'avaient les participants à sa dimension de déterminant social de la santé qui agit en synergie avec la culture, l'âge, le statut à l'égard de l'immigration, le soutien social et le statut socioéconomique. Conclusion Les professionnels ont estimé que la prise de conscience des problèmes de littératie en santé relevait d'une responsabilité collective. Cela corrobore notre hypothèse selon laquelle une pédagogie critique appliquée à la formation continue stimule chez les professionnels la prise de conscience de leur capacité à vouloir changer leur pratique et leur milieu de travail.


2006 ◽  
Vol 14 (2) ◽  
pp. 39-50 ◽  
Author(s):  
Réjean Tessier ◽  
Guylaine Dion ◽  
Claude Mercier

Résumé Dans cette étude, qui concerne le milieu de travail en garderie, quatre questions sont abordées: l'état de stress des travailleuses en garderies est-il plus élevé que celui observé dans une population standard ? Y a-t-il des dimensions du travail qui sont davantage associées à l'état de stress personnel ? Quel lien peut-on établir entre l'état de stress et l'état de santé dans cette population ? Enfin, le soutien social peut-il atténuer l'impact nocif de certains environnements de travail ? Cent soixante-cinq travailleuses, dont 85 % sont des éducatrices, participent à l'étude sur une base volontaire à la suite de la sélection aléatoire de leur garderie. Elles répondent à cinq questionnaires afin de mesurer l'état de stress, la santé mentale, la santé physique, le soutien émotif du conjoint et l'échelle de stresseurs au travail. Selon les résultats obtenus, l'état de stress de ces travailleuses n'est pas plus élevé, en moyenne, que celui observé dans une population standard; toutefois, les situations de travail concernant le contrôle des enfants, les relations entre les membres du personnel ainsi que l'impression de surcharge sont parmi les situations environnementales les plus stressantes. Par ailleurs, ces situations de travail, même les plus stressogènes, ne sont pas associées à l'état de santé physique ou mental des travailleuses. C'est l'état de stress qui, par son rôle de variable intermédiaire, fait le lien entre les sources de tensions et l'état de santé. Enfin, le soutien social est relié à l'état de stress mais n'a aucun lien direct avec l'état de santé physique ou mental. Le soutien apporté par le conjoint représente une protection efficace et régulière contre une élévation de l'état de stress. Plusieurs implications méthodologiques sont discutées.


Author(s):  
V. Welch ◽  
J. Petkovic ◽  
J. Pardo Pardo ◽  
T. Rader ◽  
P. Tugwell

Introduction L’utilisation des médias sociaux en matière de santé publique et de promotion de la santé est en croissance, car ces outils permettent d’éliminer les barrières géographiques et physiques à l’accès aux services et aux soins de santé. Cependant, ils sont une source potentielle d’inégalité en matière de santé car une partie de la population n’y a pas accès ou ne les utilise pas. Cet article a comme objectif d’évaluer les effets des interventions interactives dans les médias sociaux sur les résultats sanitaires, les changements de comportement et l’équité en matière de santé. Méthodologie Nous avons réalisé une synthèse rapide d’examens systématiques axés sur des interventions favorables aux interactions réciproques, que ce soit les forums de discussion, les réseaux sociaux (comme Facebook et Twitter), les blogues, les applications liées aux communautés électroniques ou le partage de contenu multimédia. Nous avons eu recours à une stratégie de recherche fine pour sélectionner les examens systématiques. Résultats Onze examens systématiques ont répondu à nos critères d’inclusion. La plupart des interventions visées par ces examens visaient des groupes de discussion en ligne ou des outils similaires. Ces interventions étaient isolées ou conjointes à d’autres. Sept examens ont fait état d’effets mixtes sur les résultats sanitaires et les comportements sains. On n’a constaté aucune analyse détaillée des caractéristiques liées aux inconvénients, notamment un statut socioéconomique plus faible ou l’âge. Par contre, certaines études ciblées ont montré que les interventions dans les médias sociaux étaient efficaces pour certaines populations précises sur le plan de l’âge, du statut socioéconomique, de l’ethnicité et du lieu de résidence. Quatre examens ont fait état d’avantages qualitatifs, comme la satisfaction, le recueil d’information et l’amélioration du soutien social. Conclusion Les interventions dans les médias sociaux se sont avérées efficaces pour certaines populations susceptibles d’être désavantagées (jeunes, aînés, personnes à faible statut socioéconomique et population rurale), ce qui prouve leur efficacité potentielle pour l’avancement de l’équité en matière de santé. La confirmation de cette efficacité nécessiterait toutefois une étude approfondie. Plusieurs examens ont soulevé la question de l’acceptabilité des interventions dans les médias sociaux. Seulement quatre études se sont penchées sur le niveau d’utilisation de l’intervention et elles ont toutes dévoilé un faible niveau d’utilisation. Il faudra réaliser d’autres travaux de recherche sur les plateformes des principaux médias sociaux actuels, particulièrement auprès des populations risquant d’être désavantagées, afin d’évaluer leurs effets sur les résultats sanitaires et l’équité en matière de santé.


2020 ◽  
Vol 59 (3) ◽  
pp. 248-255
Author(s):  
Jean-Marc Guilé ◽  
Nicolas Benard ◽  
Olivier Bourdon ◽  
Yann Griboval ◽  
Hélène Lahaye ◽  
...  

Une intervention psychothérapeutique protocolisée a été mise au point par Stanley et associés pour aider à prévenir de futurs comportements suicidaires chez les personnes qui ont déjà fait une tentative de suicide. Le plan de sécurité (PS) fournit aux suicidants une planification écrite, personnalisée, étape par étape, des stratégies de protection et d’adaptation (coping) à mettre en œuvre en cas de crise suicidaire. Le PS comprend six éléments informatifs : (1) les signes avant-coureurs liés à une augmentation des impulsions suicidaires; (2) les stratégies d’adaptation internes que l’individu est capable de mettre en œuvre par lui-même; (3) les stratégies d’adaptation à mettre en œuvre avec le soutien d’amis et de parents; (4) les moyens qu’il/elle peut employer pour contacter les personnes significatives au sein de son réseau de soutien social; (5) les professionnels de la santé mentale et les services d’assistance téléphonique à éventuellement contacter en cas d’urgence suicidaire; et (6) les stratégies pour obtenir un environnement plus sûr au domicile. Les PS sont élaborés avec les suicidants au décours de la crise suicidaire. Les suicidants sont encouragés à partager le SP avec un proche de leur réseau de soutien. Ceci est obligatoire avec un suicidant mineur. Le parent ou le responsable légal doit être impliqué dans la préparation et le suivi du PS. Afin d’évaluer en permanence le risque suicidaire de l’individu, les PS sont revus tout au long du suivi thérapeutique. Le SP est une brève intervention, facile à mettre en œuvre à la suite d’une tentative de suicide. On dispose de résultats de recherche prometteurs concernant son efficacité dans la prévention des récidives de conduites auto-agressives.


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