scholarly journals Les Canadiens français, l’histoire et la démocratie : l’interprétation de Pierre Elliott Trudeau

2014 ◽  
Vol 1 (1) ◽  
pp. 37-50 ◽  
Author(s):  
Mélanie Ouellette

Pierre Trudeau s’emploie à dresser, au cours de la décennie 1950, un portrait fort critique de l’état de la démocratie au Canada français. À son avis, le peuple canadien-français a, de tout temps, fait de la démocratie une tactique, plutôt qu’un instrument privilégié de développement social. D’où, pour l’auteur, une tendance marquée chez les francophones à l’immoralisme social et politique, à la corruption et aux manigances électorales. Parce qu’ils ont en quelque sorte hérité du régime démocratique, qu’ils n’ont pas eu à combattre pour celui-ci, les Canadiens français n’ont jamais pu véritablement l’assimiler. Ils ont plutôt perverti le système, aidés en ce sens tantôt par le conquérant anglais, bien décidé à profiter de cette méconnaissance démontrée par la minorité vaincue, tantôt par l’Église catholique, pour qui la démocratie allait de pair avec socialisme, révolution, athéisme... Pour Trudeau, le temps est venu, à la fin des années 1950, de jeter aux orties ces anciens préjugés, pour enfin accueillir un régime véritablement démocratique, libéré de l’influence néfaste de ses détracteurs.

2011 ◽  
Vol 4 (1) ◽  
pp. 11-27
Author(s):  
Brigitte Faivre-Duboz

Toute tentative de définition de la nation s’appuie sur une certaine théorisation du particulier et de l’universel, concepts qui renvoient eux-mêmes à une conception de la différence. Suivant cette hypothèse, cet article analyse deux textes fondateurs de la modernité culturelle et politique du Québec et du Canada : « La nouvelle trahison des clercs », publié par Trudeau en 1962, et la réplique d’Hubert Aquin, « La fatigue culturelle du Canada français ». Dans le but de mettre en évidence l’articulation du rapport entre l’universel et le particulier qui se dégage des deux textes, cet article compare la rhétorique déployée et les éléments essentiels mis de l’avant par chacun des auteurs dans sa redéfinition de l’idée de nation, ainsi que les arguments et exemples employés pour légitimer leur point de vue.


2012 ◽  
Vol 12 (1) ◽  
pp. 57-90
Author(s):  
Jonathan Livernois

Même si on a souvent reproché à Cité libre (1950-1966) son absence de perspective historique, il est tout à fait pertinent d’analyser les récupérations multiples, dans les pages de la revue, du libéralisme radical du xixe siècle au Canada français. En portant une attention particulière aux écrits de Pierre Elliott Trudeau et à ceux de Pierre Vadeboncoeur, Jean-Charles Falardeau et Fernand Dumont, nous constatons qu’il existe un rapport entre la capacité ou l’incapacité de saisir le néonationalisme et la récupération de l’héritage combatif du xixe siècle. Si Pierre Elliott Trudeau ne voit pas très bien et très loin derrière Wilfrid Laurier, Pierre Vadeboncoeur, par une série de procédés littéraires, réussit à irriguer son présent avec des traits et des événements oubliés.


1993 ◽  
Vol 14 (2) ◽  
pp. 125-138
Author(s):  
Guy Laforest

Il y a un peu plus de vingt-cinq ans, au beau milieu d'une tempête politique, monsieur Pierre Elliott Trudeau, l'ex-Prcmier Ministre du Canada, lançait un livre qui demeure l'ouvrage le plus important dans la vie politique et intellectuelle de ce pays au vingtième siècle. Paru quelques mois après le célèbre «Vive le Québec libre» du général de Gaulle dans son discours de Montréal, le livre de monsieur Trudeau précéda de peu le manifeste de René Lévesque. Option Québec. Au moment où son livre. Le fédéralisme et la société canadienne-française. fut publié, en septembre 1967, Trudeau était titulaire du ministère fédéral de la justice. Six mois plus tard, il annonçait sa candidature à la direction du Parti libéral du Canada. Difficilement mais brillamment, il l'emporta. Le 25 juin 1968, il devint Premier Ministre du pays suite à un retentissant succès électoral.


2005 ◽  
Vol 13 (1) ◽  
pp. 41-72 ◽  
Author(s):  
Réjean Pelletier

C'est au cours de son congrès national d'octobre 1968 que le Rassemblement pour l'Indépendance Nationale s'est sabordé. Né en septembre 1960 comme mouvement d'éducation politique et groupe de pression, le R.I.N. s'est transformé en parti politique au cours d'un congrès spécial tenu à Montréal en mars 1963. Durant plus de huit ans, quoique minoritaire sur la scène politique québécoise, le R.I.N. s'est imposé comme catalyseur de la question nationale et point de référence des partis traditionnels sur le plan constitutionnel. Ayant su profiter du déblocage provoqué par la « révolution tranquille », il fut en même temps un élément actif de cette révolution. Un certain nombre d'idées qu'il avait lancées au cours de sa brève existence ont marqué les partis politiques au pouvoir ou furent reprises, plus tard, par le Parti Québécois. Sans le R.I.N., le visage actuel du Québec serait probablement différent de ce qu'il est effectivement. Mais si le R.I.N. a pu marquer la vie politique québécoise, il s'insère aussi dans le vaste courant nationaliste qui a traversé le Québec au cours du vingtième siècle. D'un nationalisme que l'on pourrait qualifier de culturel où il s'agit avant tout de défendre la langue et la culture françaises en s'opposant aux provinces anglophones afin d'affirmer, de cette façon, la spécificité française du Québec, la province est passée peu à peu à un nationalisme politique qui s'est incarné surtout (après le nationalisme négatif de Duplessis) dans ce que l'on a appelé la « révolution tranquille ». Il s'agit désormais d'assurer la défense du fait français par la reconnaissance d'une nation canadienne-française et donc d'un statut spécial pour le Québec qui est « l'expression politique » du Canada français et le point d'appui de tous ceux qui parlent français au pays. Par la suite s'établit une distinction entre le Québec et le Canada français. De plus en plus, le Québec ne cherche pas à s'affirmer en s'opposant au Canada anglais, mais à se définir par rapport à lui-même. Il n'est plus question du sort des minorités françaises en dehors du Québec que certains qualifient de combat sans issue, mais des pouvoirs nécessaires à l'État du Québec pour assurer sa survie et favoriser l'organisation et le développement de la vie collective des Québécois. Le R.I.N. a traversé une courte phase de nationalisme culturel au cours des années 1960 et 1961. Mais il s'inscrit aussi, dès sa fondation, dans le courant du nationalisme politique en réclamant l'indépendance du Québec. Bien plus, il fut pour ainsi dire l'incarnation même de ce courant en servant de point de référence aux autres partis politiques. Cependant, sous l'influence conjuguée de Pierre Bourgault à la tête du R.I.N. à partir de mai 1964 (et plus tard, d'Andrée Ferretti) et de revues à caractère socialiste comme Révolution québécoise et Parti pris, le nationalisme politique se mue progressivement en nationalisme socio-économique. Dès lors, l'indépendance politique devient un moyen pour la réalisation du mieux-être des Québécois et pour leur libération de l'emprise « capitaliste » autochtone et de la domination « impérialiste » américaine. Il s'agit d'assurer avant tout le développement social et économique du Québec au bénéfice de la collectivité québécoise tout entière et non pas de la seule bourgeoisie, qu'elle soit de langue française ou de langue anglaise. Sous cette optique, pour certains groupes, le socialisme doit passer avant l'indépendance. En d'autres termes, on est indépendantiste parce qu'on est socialiste — l'indépendance du Québec permettant l'établissement d'un socialisme véritable — et non pas l'inverse. Au sein du R.I.N., le nationalisme politique se double rapidement du nationalisme socio-économique. Le parti, en effet, va s'employer non seulement à réclamer l'indépendance politique du Québec, mais aussi à élaborer et faire connaître un programme ambitieux de développement économique et social pour le futur Québec indépendant. On pourrait ajouter que là aussi le R.I.N. fut un élément moteur de ce nouveau nationalisme, bien que le caractère socialiste de son programme fût nettement moins accusé que celui d'autres groupements de moindre importance et plutôt marginaux. Ce mariage du national et du social s'est surtout opéré au moment où le R.I.N. est devenu parti politique et a songé, de ce fait, à se doter d'un programme qui soit différent de celui des partis traditionnels. C'est donc sur cette toile de fond que s'inscrit le développement du R.I.N. au cours des années 1960-1968. C'est dans ce climat politique général qu'il convenait de le situer afin de mieux comprendre, par la suite, l'action des militants au sein du parti et la perception globale qu'ils avaient de leur propre formation politique.


1987 ◽  
Vol 22 (1) ◽  
pp. 66-83 ◽  
Author(s):  
Pierre Trépanier
Keyword(s):  

1991 ◽  
Vol 12 (2) ◽  
pp. 200-205
Author(s):  
Rémi Tourangeau
Keyword(s):  

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