scholarly journals Au croisement de la culture et du politique. Pierre Elliott Trudeau et Hubert Aquin face à l’État-nation

2011 ◽  
Vol 4 (1) ◽  
pp. 11-27
Author(s):  
Brigitte Faivre-Duboz

Toute tentative de définition de la nation s’appuie sur une certaine théorisation du particulier et de l’universel, concepts qui renvoient eux-mêmes à une conception de la différence. Suivant cette hypothèse, cet article analyse deux textes fondateurs de la modernité culturelle et politique du Québec et du Canada : « La nouvelle trahison des clercs », publié par Trudeau en 1962, et la réplique d’Hubert Aquin, « La fatigue culturelle du Canada français ». Dans le but de mettre en évidence l’articulation du rapport entre l’universel et le particulier qui se dégage des deux textes, cet article compare la rhétorique déployée et les éléments essentiels mis de l’avant par chacun des auteurs dans sa redéfinition de l’idée de nation, ainsi que les arguments et exemples employés pour légitimer leur point de vue.

2003 ◽  
Vol 56 (1) ◽  
pp. 29-61 ◽  
Author(s):  
Sylvie Beaudreau

Résumé Lionel Groulx, fondateur de la Revue d’histoire de l’Amérique française, était sans doute l’un des penseurs les plus importants du Canada français au xxe siècle. L’héritage intellectuel de ce prêtre historien continue de faire l’objet de débats parmi les historiens du Québec. Le présent article analyse les écrits publiés de Groulx lors des dernières années de sa vie (1960-1967), afin d’en faire ressortir son attitude vis-à-vis de la Révolution tranquille. À partir d’une analyse textuelle, l’auteure cherche à exposer une partie de la complexité et de l’ambiguïté de sa pensée face à cet événement. Au total, alors que Groulx le nationaliste applaudissait la construction de l’État sous le gouvernement Lesage, Groulx le prêtre percevait les tendances laïcisantes de la Révolution tranquille comme le démantèlement de la civilisation traditionnelle du Canada français telle qu’il la concevait.


2008 ◽  
Vol 27 (1) ◽  
pp. 129-155 ◽  
Author(s):  
Stéphane Savard

Résumé Cet article analyse la réceptivité des leaders franco-ontariens aux encadrements politiques élaborés par le gouvernement de Pierre Elliott Trudeau de 1968 à 1984. D’emblée, la réaction à la Loi sur les langues officielles de 1969 s’avère très positive, même si des améliorations sont réclamées. En ce qui concerne les initiatives du Secrétariat d’État, les leaders franco-ontariens s’y montrent favorables, tout en surveillant de près les interventions financières et administratives du ministère. En revanche, pour l’encadrement du multiculturalisme élaboré à partir de 1971, c’est le rejet quasi total, celui-ci étant jugé comme un danger pour la promotion du bilinguisme et du biculturalisme. Enfin, l’encadrement de la Charte des droits et libertés suscite des réactions ambivalentes, les leaders franco-ontariens dénonçant le rejet en novembre 1981 de leurs principales recommandations constitutionnelles pour finalement se prévaloir des dispositions juridiques de la Charte pour protéger et promouvoir leurs droits scolaires et autres.


2014 ◽  
Vol 1 (1) ◽  
pp. 37-50 ◽  
Author(s):  
Mélanie Ouellette

Pierre Trudeau s’emploie à dresser, au cours de la décennie 1950, un portrait fort critique de l’état de la démocratie au Canada français. À son avis, le peuple canadien-français a, de tout temps, fait de la démocratie une tactique, plutôt qu’un instrument privilégié de développement social. D’où, pour l’auteur, une tendance marquée chez les francophones à l’immoralisme social et politique, à la corruption et aux manigances électorales. Parce qu’ils ont en quelque sorte hérité du régime démocratique, qu’ils n’ont pas eu à combattre pour celui-ci, les Canadiens français n’ont jamais pu véritablement l’assimiler. Ils ont plutôt perverti le système, aidés en ce sens tantôt par le conquérant anglais, bien décidé à profiter de cette méconnaissance démontrée par la minorité vaincue, tantôt par l’Église catholique, pour qui la démocratie allait de pair avec socialisme, révolution, athéisme... Pour Trudeau, le temps est venu, à la fin des années 1950, de jeter aux orties ces anciens préjugés, pour enfin accueillir un régime véritablement démocratique, libéré de l’influence néfaste de ses détracteurs.


2016 ◽  
Vol 41 (2) ◽  
pp. 109-117
Author(s):  
Vincent Lambert

De Gilles Marcotte à Maurice Lemire, les grands critiques de la Révolution tranquille se sont entendus pour dire que la littérature canadienne-française, jusque vers 1930, serait une littérature livresque, désincarnée, irréelle. Si ce jugement a été peu remis en cause, il importe cependant d’insister sur le fait qu’il est loin d’être une invention moderne. On le retrouve dès le Mouvement littéraire de Québec, en 1860, et il revient périodiquement jusqu’en 1930, décennie où le constat de sa facticité se généralise, que ce soit chez Alfred DesRochers ou chez Carmel Brouillard. Cet article rétablit donc une continuité là où il y avait rupture entre le Québec moderne et le Canada français. Il montre que les écrivains canadiens-français n’étaient pas aveugles à leur propre irréalité, contrairement à ce qu’on a souvent cru depuis la Révolution tranquille, chez Hubert Aquin ou Fernand Dumont.


2015 ◽  
Vol 67 (3-4) ◽  
pp. 375-401
Author(s):  
Michael Gauvreau ◽  
Jean-Philippe Warren

Cet article analyse le rôle intellectuel de Claude Ryan dans une transformation culturelle de grande envergure au sein de l’Action catholique au Québec de 1945 à 1958. Durant ces années, la pensée de Ryan fut fortement influencée par de nouveaux courants de théologie catholique et la psychologie sociale dominant l’horizon de nombreux intellectuels américains. Sous son inspiration, l’Action catholique abandonne progressivement sa préoccupation initiale avec la réforme sociale, dominée par la « question des travailleurs » et la notion de la jeunesse comme classe à part dans la société moderne, pour une inquiétude centrée sur la classe moyenne québécoise, une orientation plus psychologique, centrée sur l’existence des mentalités religieuses et culturelles conflictuelles. Dès le milieu des années 1950, Ryan décerna dans ce conflit un vecteur dynamique de la sécularisation, mais il demeura plutôt optimiste que ces contemporains trouveraient, par le biais d’un catholicisme plus centré sur le spirituel, les ressources culturelles pour surmonter ce qu’il identifiait comme la « crise de l’adolescence » du Canada français.


2012 ◽  
Vol 12 (1) ◽  
pp. 57-90
Author(s):  
Jonathan Livernois

Même si on a souvent reproché à Cité libre (1950-1966) son absence de perspective historique, il est tout à fait pertinent d’analyser les récupérations multiples, dans les pages de la revue, du libéralisme radical du xixe siècle au Canada français. En portant une attention particulière aux écrits de Pierre Elliott Trudeau et à ceux de Pierre Vadeboncoeur, Jean-Charles Falardeau et Fernand Dumont, nous constatons qu’il existe un rapport entre la capacité ou l’incapacité de saisir le néonationalisme et la récupération de l’héritage combatif du xixe siècle. Si Pierre Elliott Trudeau ne voit pas très bien et très loin derrière Wilfrid Laurier, Pierre Vadeboncoeur, par une série de procédés littéraires, réussit à irriguer son présent avec des traits et des événements oubliés.


1987 ◽  
Vol 22 (1) ◽  
pp. 66-83 ◽  
Author(s):  
Pierre Trépanier
Keyword(s):  

1991 ◽  
Vol 12 (2) ◽  
pp. 200-205
Author(s):  
Rémi Tourangeau
Keyword(s):  

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