scholarly journals L’analyse sociale au sein d’une société habilitante

2013 ◽  
Vol 45 (1) ◽  
pp. 301-333 ◽  
Author(s):  
Peter Hicks ◽  
Isabelle Malo

Les perspectives fondées sur les parcours de vie jouent seulement un rôle modeste dans l’élaboration des politiques sociales actuelles. Cependant, une fois que les concepts de « parcours de vie » seront utilisés sur une base régulière en statistiques sociales et que les outils analytiques de soutien seront entièrement développés, ces perspectives auront le potentiel d’améliorer de façon radicale l’analyse de politiques concrètes. Afin de donner une idée générale de la portée de ce changement, le présent article examine un ancien cadre de « comptabilité sociale », élaboré il y a environ trois décennies, afin d’appuyer la politique sociale de cette période préinformatique, axée sur le gouvernement et modelée sur la pensée de l’État-providence. L’article compare ce cadre avec le cadre « Olivia » actuel, créé pour appuyer le concept de société habilitante de la politique sociale en émergence axée sur le citoyen, en cette ère de l’information. La principale différence réside dans l’élargissement des perspectives fondées sur les parcours de vie, conformément au travail de Paul Bernard. Ce dernier a ouvert des avenues nouvelles et potentiellement puissantes aux spécialistes en sciences sociales en leur permettant de contribuer de façon importante et concrète à une politique sociale plus pertinente et tournée vers l’avenir. Le présent article traite des façons par lesquelles toute recherche sociale peut influencer la politique. Il examine également les interactions entre les politiques sociales elles-mêmes, les données et les outils analytiques qui appuient ces politiques sociales et la technologie de l’information qui modifie à la fois les politiques et l’analyse. L’article conclut que de vastes transformations dans les domaines de la politique sociale et de l’analyse sociale sont imminentes, notamment l’abolition des frontières entre politique et analyse.

1995 ◽  
Vol 10 (2) ◽  
pp. 169-198
Author(s):  
David Postles

Le présent article, à partir d'une étude détaillée du changement dans les sociétés locales, s'attache à la transformation radicale de la façon dont on attribue un nom dans l'Angleterre des XIIIe-XVe siècles. De subtiles nuances se font jour quant au changement lié à une réciprocité de plusieurs facteurs. II ne s'agit pas seulement de l'impact des changements démographiques et culturels, mais aussi de l'influence de l'organisation sociale et de la seigneurie. Alors que la ‘diffusion’ sociale joue un rôle important dans les diverses façons d'attribuer les noms, l'accueil de cette évolution selon les groupes sociaux varie. Cela est mis en lumière dans la paysannerie serve. Bien que les documents ne fournissent qu'une vue formelle et imposée des noms que l'on donne, il y a moyen de ne pas se laisser abuser et de retracer l'essentiel du processus oral de dénomination familière.


Author(s):  
Malcolm L. Johnson

RÉSUMÉDans ce recueil qui rassemble une collection de trente articles traitant de plusieurs aspects des sciences sociales et de la science du comportement, Victor Marshall a réuni un échantillon imposant de travaux de recherche et d'analyses en gérontologie canadienne.Aging in Canada s'adresse à un vaste éventail d'étudiants et sera apprécié par les enseignants qui ont besoin d'un manuel autorisé et bien documenté pour accompagner leur matériel de cours. Ce livre n'est effectivement pas un manuel scolaire classique mais il nous introduit conscientieusement à la signification et à l'expérience changeante des processus de vieillisement puis poursuit en offrant des sections sur le travail, les loisirs, les relations familiales, la same et les soins à la santé, l'économie politique et la politique sociale.


Author(s):  
Isabelle Cassiers

Les résistances au projet de contrat de solidarité entre générations révèlent un malaise. Ce malaise semble toucher des questions bien plus vastes que celle des prépensions : n’est-ce pas l’évolution globale des relations entre le citoyen, l’État et l’économie qui inquiète une large fraction de la population ? Cette évolution comporte en effet un basculement : on quitte une logique d’État providence, on consolide celle d’un État social actif. Quels sont les causes et les enjeux de telles transformations ? Une prise de recul est salutaire. L’État providence, institué après la deuxième guerre mondiale, reposait sur un accord de solidarité sociale, sur un compromis entre travail et capital. Ce compromis, qui portait sur la gestion de la croissance économique et sur le partage de ses fruits, actait la primauté du politique sur l’économique. La concertation sociale, la sécurité sociale, l’extension des biens collectifs et les politiques économiques de soutien de la demande ont contribué, pendant vingt-cinq ans, à nourrir et à stabiliser une croissance vigoureuse et à étendre les mécanismes de solidarité sociale. La crise économique des années 1970 a mis les États-providence sous pression. Les redressements des années 1980 ont été opérés dans un contexte politique et doctrinal en nette rupture par rapport aux compromis sociaux antérieurs et ont conduit à des mutations dans les règles du jeu économique. Depuis les années 1990, la globalisation financière semble devenir la composante dominante d’un nouveau mode de régulation et restreindre le champ d’intervention des pouvoirs publics. Si la notion d’État social actif – inspirée de la troisième voie de Tony Blair - sous-tend les réorientations récentes de la politique sociale belge et européenne, il y a lieu de se demander en quel endroit l’État est actif et quels sont les points où il a renoncé à l’être. En considérant la globalisation financière comme une donnée, en acceptant comme inéluctable ou souhaitable la passivité dans certains registres de la politique économique, en concevant l’activation de la politique sociale comme une mise en conformité des personnes vis-à-vis des exigences du marché, l’État social actif ne contribue-t-il pas à consacrer la primauté de l’économique sur le politique ?


1974 ◽  
Vol 29 (6) ◽  
pp. 1311-1319 ◽  
Author(s):  
Lucette Valensi

Il y a bientôt trente ans que l'essentiel des idées de Karl Polanyi a été publié; près de vingt que les controverses se sont engagées, dans le monde anglo-saxon, sur la validité de ses hypothèses; bien plus longtemps encore qu'il manque aux sciences sociales une théorie adaptée aux sociétés non capitalistes. Et pourtant Karl Polanyi est mal connu en France et, en dépit des traités de paix maintes fois renouvelés entre historiens et anthropologues, une sorte d'écran ne laisse percevoir aux premiers que certaines voix des seconds.


2012 ◽  
Vol 58 (1) ◽  
pp. 32-54
Author(s):  
Bernard Roy ◽  
Maria De Koninck ◽  
Michelle Clément ◽  
Éric Couto

Dans le cadre d’une recherche portant sur les inégalités de santé en milieu de vie de trois territoires de la région de Québec, la présence d’écarts appréciables est ressortie au sein de deux sous-populations : les familles monoparentales ayant de jeunes enfants et les hommes de 45 à 64 ans d’un quartier urbain. Devant ces résultats, l’équipe de recherche a élaboré une seconde étude afin de repérer les facteurs structurels et sociaux pouvant être en jeu dans la production de ces inégalités. Ce sont les résultats portant sur les hommes et découlant de cette seconde recherche qui sont discutés dans le présent article. Une approche par parcours de vie a été adoptée et les données recueillies ont été analysées chronologiquement et selon différents parcours de vie (famille d’origine, vécu scolaire, travail, parcours résidentiel). Les caractéristiques personnelles, les liens sociaux et les ressources sociosanitaires utilisées par les répondants ont également été pris en compte. Chacun des parcours présentés par chaque entrevue a aussi été caractérisé par la résilience ou la non-résilience selon une démarche consensuelle interjuge afin d’en dégager des facteurs de vulnérabilité ou de protection. L’article se conclut par une discussion établissant des liens entre les résultats obtenus et d’autres recherches qui se sont intéressées aux réalités vécues par les hommes.


2008 ◽  
Vol 4 (2) ◽  
pp. 173-192
Author(s):  
Yves Vaillancourt
Keyword(s):  

Résumé L'article vise à introduire et à caractériser les acteurs gouvernementaux québécois et fédéraux influents dans le champ des politiques sociales québécoises au milieu des années 60. Il vise également à dégager le sens de la dynamique des relations Québec-Canada en rapport avec les politiques sociales dans le domaine de l'assistance publique en particulier à l'époque de la contestation québécoise des programmes conjoints et de l'opting out. Les acteurs gouvernementaux dont il est question sont à la fois des gouvernements, des ministères à vocation sociale et des personnalités influentes en politique sociale (ministres et hauts fonctionnaires). Au Québec, il y a le gouvernement Lesage, le ministère des Affaires fédérales-provinciales et le ministère de la Famille et du Bien-être social. À Ottawa, il y a le gouvernement de Pearson, le Bureau du Conseil privé, le ministère des Finances et le ministère de la Santé nationale et du Bien-être social. L'article fait ressortir la présence de « bureaucrates réformistes » et de « politiques réformistes » dans le domaine social à Québec comme à Ottawa. Mais, en raison de la question nationale québécoise, il y a un fossé culturel qui sépare les réformistes québécois des réformistes fédéraux.


2008 ◽  
Vol 48 (2) ◽  
pp. 153-185 ◽  
Author(s):  
Yvan Lamonde

RÉSUMÉ « L'intellectuel » apparaît en France au moment de l'affaire Dreyfus et constitue une figure typique du milieu culturel français jusqu'à ses représentants les plus fameux, Jean-Paul Sartre et Albert Camus. Le substantif « intellectuel » est utilisé pour la première fois au Québec par Léon Gérin en 1901 et devient de plus en plus usuel dans l'Action française et à Parti pris en passant par André Laurendeau et la jeunesse de la Crise, chez les universitaires de l'Ecole des Sciences sociales de l'Université Laval et les collaborateurs de Cité libre et de Liberté. Le présent article tente de répondre à la question suivante : pourquoi l'intellectuel francophone ne fut-il pas possible au Québec avant 1900 ? Tout en comparant les sociétés française et québécoise, nous analysons le lexique qui désigne le phénomène et les conditions socioculturelles qui rendent possible l'intellectuel; nous proposons une mesure des professions culturelles d'où pouvait émerger cet intellectuel et nous scrutons les formes d'expression et de sociabilité du milieu culturel québécois du XIXe siècle. En ayant à l'esprit l'évolution de l'intellectuel québécois francophone au XXe siècle, nous proposons quelques explications à son émergence spécifique.


2006 ◽  
Vol 32 (1) ◽  
pp. 31-52
Author(s):  
Claude Lessard

Résumé Une démarche de type « evidence-based policy » implique que soient mis en place des dispositifs de compilation de la recherche existante, un concept et des indicateurs de qualité de la recherche, et une compréhension ou une interprétation de ce que la recherche « dit » ou ne « dit pas ». Dans le cas des sciences humaines et sociales, cela est loin d’être évident, non seulement à cause des médiations idéologiques, mais aussi à cause de la difficulté des consensus sur des indicateurs de qualité de la recherche et du caractère incertain et incomplet du savoir des sciences sociales. Le présent article analyse le vif débat, présentement en cours aux États-Unis, à propos de la certification des enseignants du primaire et du secondaire.


1974 ◽  
Vol 7 (2) ◽  
pp. 228-247
Author(s):  
Donald V. Schwartz

Aspects théoriques du rapport entre l'information et l'administration en Union SoviétiqueL'auteur pose en postulat qu'il est avantageux d'étudier le fonctionnement récent du processus de la prise de décision administrative en matière de politique sociale enurssà l'aide d'un modèle cybernétique qui permet de faire ressortir le problème de la rétro-action de l'information et celui de la surcharge en input, problèmes qui caractérisent la politique soviétique interne des dernières années. L'approche systémique est d'autant plus utile qu'elle est maintenant adoptée par les théoriciens soviétiques de la politique sociale pour décrire et analyser le fonctionnement de leur propre système politique.Une comparaison est établie entre les diverses façons avec lesquelles les théoriciens occidentaux et soviétiques de la politique sociale ont introduit les concepts de la cybernétique dans la théorie administrative. En premier lieu, l'étude décrit les éléments essentiels du modèle systémique de la société socialiste tel que développé par V.G. Afanas'ev de l'Académie des sciences sociales du Parti Communiste soviétique. A près l'avoir comparé avec des modèles occidentaux semblables, l'auteur en vient à la conclusion que la modèle de Afanas'ev comporte un élément téléologique qui lui confère un dynamisme que les modèles occidentaux, malgré leur prétention, ne sauraient atteindre pour des raisons idéologiques.Deux dimensions théoriques de la politique sont ensuite analysées: la relation entre les demandes et le processus politique et celle entre les producteurs de l'information rétroactive et les utilisateurs décisionnels de cette information. Il appert que les différences dans la perception de la nature du système politique (surtout en ce qui a trait aux fonctions de contrôle et de développement du système) amènent les théoriciens occidentaux et soviétiques à interpréter de façon divergente ces deux relations.En conclusion, l'auteur livre certaines réflexions sur la valeur de l'utilisation du modèle cybernétique dans l'étude de la politique soviétique et sur les conséquences que l'adoption, par les théoriciens soviétiques, de ce modèle peut avoir sur le processus administratif décisionnel en Union Soviétique.


2002 ◽  
Vol 25 (2) ◽  
pp. 125-135 ◽  
Author(s):  
Adrienne S. CHAMBON

Résumé Le présent article rend compte d'un essai de modélisation ouverte d'analyse du discours portant simultanément sur la narration et sur l'énonciation. L'analyse des stratégies narratives du récit et de la parole s'est développée sur la buse d'emprunts interdisciplinaires et de l'examen de pratiques discursives, dont l'objectif était d'identifier des stratégies de transformation. Les opérations mises en œuvre sont définies au regard de la position respective des énonciateurs et de leur situation socio-institutionnelle dans leurs champs. L'objet de l'article est d'exposer le cheminement méthodologique d'ajustement des concepts et outils d'analyse dans leur confrontation avec des matériaux et domaines hétéroclites - entretien thérapeutique, document de prise de position en politique sociale.


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