scholarly journals Inégalités de santé et parcours de vie : réflexions sur quelques déterminants sociaux de l’expérience d’hommes considérés comme vulnérables

2012 ◽  
Vol 58 (1) ◽  
pp. 32-54
Author(s):  
Bernard Roy ◽  
Maria De Koninck ◽  
Michelle Clément ◽  
Éric Couto

Dans le cadre d’une recherche portant sur les inégalités de santé en milieu de vie de trois territoires de la région de Québec, la présence d’écarts appréciables est ressortie au sein de deux sous-populations : les familles monoparentales ayant de jeunes enfants et les hommes de 45 à 64 ans d’un quartier urbain. Devant ces résultats, l’équipe de recherche a élaboré une seconde étude afin de repérer les facteurs structurels et sociaux pouvant être en jeu dans la production de ces inégalités. Ce sont les résultats portant sur les hommes et découlant de cette seconde recherche qui sont discutés dans le présent article. Une approche par parcours de vie a été adoptée et les données recueillies ont été analysées chronologiquement et selon différents parcours de vie (famille d’origine, vécu scolaire, travail, parcours résidentiel). Les caractéristiques personnelles, les liens sociaux et les ressources sociosanitaires utilisées par les répondants ont également été pris en compte. Chacun des parcours présentés par chaque entrevue a aussi été caractérisé par la résilience ou la non-résilience selon une démarche consensuelle interjuge afin d’en dégager des facteurs de vulnérabilité ou de protection. L’article se conclut par une discussion établissant des liens entre les résultats obtenus et d’autres recherches qui se sont intéressées aux réalités vécues par les hommes.

Projet ◽  
2008 ◽  
Vol n° 304 (3) ◽  
pp. 57
Author(s):  
Pierre Larcher

2017 ◽  
Vol 34 (1) ◽  
pp. 141-155 ◽  
Author(s):  
Annie Dumont

Même s’il est bien connu que le point de vue des personnes exposées à la violence conjugale dans l’enfance ou l’adolescence peut agir comme facteur de risque ou de protection, encore peu de recherches s’intéressent à la subjectivité de ces personnes et à leur façon de définir cette violence. Le présent article examine les quelques recherches qui se sont penchées sur le point de vue des personnes exposées à cette violence et sur ce que celle-ci représente pour elles. Une analyse critique de ces études fait d’abord ressortir que ces personnes ont une façon bien à elles de comprendre le phénomène, mais qu’il y a des nuances importantes, puisqu’elles ne constituent pas un groupe homogène ayant un parcours de vie et un point de vue totalement identiques. Par ailleurs, les études recensées comportent aussi certaines limites qu’il faudra surmonter dans les recherches futures afin d’approfondir les connaissances sur le point de vue des personnes exposées à la violence conjugale et de répondre de façon plus adaptée à leurs besoins spécifiques.


Author(s):  
Mathilde Bigo

Cadre de la recherche :Les résultats exposés dans le présent article sont le fruit d’une recherche doctorale réalisée à l’université Rennes 2 et dont la thèse a été soutenue en 2015.Objectifs :Cet article interroge, dans une perspective genrée, les mobilités résidentielles des femmes âgées, en différenciant les mobilités qui se déroulent avant la mise en retraite de celles intervenant après la retraite.Méthodologie :En s’appuyant sur un échantillon de 21 femmes âgées de 62 à 91 ans habitant des communes littorales en région Bretagne, des analyses ont été effectuées concernant les évènements qui constituent des transitions dans le parcours de vie, pour comprendre les causes données aux mobilités résidentielles : temps libre, veuvage, maladie.Résultats :La mise en retraite est, pour certaines, l’occasion de renégocier les rapports de pouvoir au sein du couple, lorsque la vie maritale avait imposé de suivre les mobilités du conjoint. Pour d’autres femmes, seules, la mobilité résidentielle de retraite est une mobilité dépourvue de contraintes salariales et familiales. Pour autant, la mobilité résidentielle n’est pas toujours choisie. Elle peut, au contraire, être forcée par le manque de ressources financières lors du veuvage, par le besoin de se rapprocher des services, ou encore par un nécessaire réaménagement de l’architecture intérieure du logement.Conclusions :L’analyse des mobilités résidentielles des femmes à la retraite révèle que les rapports sociaux de sexe sont prégnants dans les modalités de choix résidentiel et que les caractéristiques de la ville, en plus de celles du bord de mer, sont largement structurantes dans le choix de résidence.Contribution :En croisant les problématiques liées au genre et à l’avancée en âge, et en les inscrivant spatialement, cette recherche en géographie sociale met l’accent sur la façon dont le nouvel espace de vie, à l’heure de la vieillesse, peut devenir ressource voire possibilité d’émancipation.


2004 ◽  
Vol 45 (2) ◽  
pp. 343-364 ◽  
Author(s):  
Valéry Ridde

RésuméÀ travers une étude critique des discours et de la rhétorique des politiques de santé publique quant aux rôles des déterminants sociaux et politiques dans l’explication de l’état de santé et des inégalités de santé des populations, nous tentons de rendre intelligible l’occultation de ces dimensions sociale et politique à l’aide d’une analyse comparative entre le Canada, le Québec et la France, ces lieux étant choisis comme des exemples « paradigmatiques ». Le Canada et le Québec sont reconnus mondialement comme les chefs de file d’une approche globale de la santé, tandis que la France adopte encore une perspective biomédicale et comportementale de la santé des populations. En revanche, lorsqu’il s’agit de considérer les inégalités de santé, dont l’existence et les fondements sociaux et politiques ne sont plus à démontrer, ces trois régions du monde se rejoignent par leur myopie.


2015 ◽  
Vol 24 (3) ◽  
pp. 96-103 ◽  
Author(s):  
Sylvie Stachenko ◽  
Jeanine Pommier ◽  
Cécile You ◽  
Marion Porcherie ◽  
Justine Halley ◽  
...  

Depuis le rapport de la Commission sur les Déterminants Sociaux de la Santé, plusieurs pays ont commencé à intégrer à leurs plans de santé la question des déterminants et de leur impact sur les inégalités de santé. En France, la création des Agences Régionales de Santé en 2009 est considérée comme une opportunité pour agir sur les inégalités sociales de santé (ISS) avec les instances régionales, départementales et locales qui détiennent les leviers appropriés. A la suite d’une analyse thématique des projets régionaux de santé, visant à identifier l’intégration des ISS ainsi que les approches retenues pour les aborder, quatre régions ont été étudiées plus finement. Des entretiens collectifs et individuels ( N = 45 interviewés) ont été menés auprès d’acteurs de terrain et institutionnels, afin de mieux comprendre et identifier les types de programmes et processus pour réduire les ISS. Nos analyses font ressortir une prise en compte généralisée des ISS dans les documents de planification et de programmation des instances régionales, des stratégies régionales qui restent centrées sur les populations vulnérables avec une faible considération du gradient social, l’existence d’instances de concertations intersectorielles dans les quatre régions qui constituent un potentiel de gouvernance important à mieux exploiter, l’existence de modalités de suivi et d’évaluation des ISS qui restent à consolider, et une forte mobilisation de plusieurs secteurs dans les processus régionaux de consultation des publics et des acteurs, mais des résultats variables, souvent reliés au niveau de ressources investies et des approches privilégiées. L’analyse de ces expériences françaises démontre un intérêt croissant pour l’action sur les déterminants sociaux de la santé et les ISS ; mais leur opérationnalisation, toujours en cours, appelle à des analyses plus fines qui permettront de mieux éclairer les politiques publiques.


2013 ◽  
Vol 45 (1) ◽  
pp. 301-333 ◽  
Author(s):  
Peter Hicks ◽  
Isabelle Malo

Les perspectives fondées sur les parcours de vie jouent seulement un rôle modeste dans l’élaboration des politiques sociales actuelles. Cependant, une fois que les concepts de « parcours de vie » seront utilisés sur une base régulière en statistiques sociales et que les outils analytiques de soutien seront entièrement développés, ces perspectives auront le potentiel d’améliorer de façon radicale l’analyse de politiques concrètes. Afin de donner une idée générale de la portée de ce changement, le présent article examine un ancien cadre de « comptabilité sociale », élaboré il y a environ trois décennies, afin d’appuyer la politique sociale de cette période préinformatique, axée sur le gouvernement et modelée sur la pensée de l’État-providence. L’article compare ce cadre avec le cadre « Olivia » actuel, créé pour appuyer le concept de société habilitante de la politique sociale en émergence axée sur le citoyen, en cette ère de l’information. La principale différence réside dans l’élargissement des perspectives fondées sur les parcours de vie, conformément au travail de Paul Bernard. Ce dernier a ouvert des avenues nouvelles et potentiellement puissantes aux spécialistes en sciences sociales en leur permettant de contribuer de façon importante et concrète à une politique sociale plus pertinente et tournée vers l’avenir. Le présent article traite des façons par lesquelles toute recherche sociale peut influencer la politique. Il examine également les interactions entre les politiques sociales elles-mêmes, les données et les outils analytiques qui appuient ces politiques sociales et la technologie de l’information qui modifie à la fois les politiques et l’analyse. L’article conclut que de vastes transformations dans les domaines de la politique sociale et de l’analyse sociale sont imminentes, notamment l’abolition des frontières entre politique et analyse.


2006 ◽  
pp. 45-52 ◽  
Author(s):  
Mélanie Bourque ◽  
Amélie Quesnel-Vallée

Les recherches sur les déterminants sociaux de la santé laissent dans l’ombre les effets des politiques sociales sur les inégalités de santé. Pourtant, le soutien que représentent ces politiques pour une grande partie de la population a pour but, entre autres finalités, de remédier aux inégalités inhérentes aux sociétés capitalistes. Cet article vise à démontrer que les politiques sociales, en l’occurrence les politiques familiales, ont une incidence sur le statut socioéconomique des individus et sur les inégalités sociales de santé.


2003 ◽  
Vol 34 (4) ◽  
pp. 219-226 ◽  
Author(s):  
Bart Duriez ◽  
Claudia Appel ◽  
Dirk Hutsebaut

Abstract: Recently, Duriez, Fontaine and Hutsebaut (2000) and Fontaine, Duriez, Luyten and Hutsebaut (2003) constructed the Post-Critical Belief Scale in order to measure the two religiosity dimensions along which Wulff (1991 , 1997 ) summarized the various possible approaches to religion: Exclusion vs. Inclusion of Transcendence and Literal vs. Symbolic. In the present article, the German version of this scale is presented. Results obtained in a heterogeneous German sample (N = 216) suggest that the internal structure of the German version fits the internal structure of the original Dutch version. Moreover, the observed relation between the Literal vs. Symbolic dimension and racism, which was in line with previous studies ( Duriez, in press ), supports the external validity of the German version.


Author(s):  
Odile Husain

Le présent article tente d’effectuer un rapprochement entre un article européen de Rossel et Merceron et un livre américain de Reid Meloy, tous deux consacrés à l’analyse des organisations psychopathiques. Si tous les auteurs s’entendent sur l’économie narcissique du psychopathe, le choix de la population d’étude diffère quelque peu, en raison de l’approche structurale des premiers et de l’approche symptomatique du second. Tandis que l’étude suisse ne retient que des psychopathes du registre des états-limites, l’étude américaine inclut également des psychopathes de niveau psychotique. Par contre, la mésentente règne au niveau des outils d’analyse du discours psychopathique: analyse statistique et échelles validées chez Meloy; approche qualitative chez Rossel et Merceron. Aux premiers, l’on reprochera un certain réductionisme et appauvrissement du discours, prix à payer pour le respect de la standardisation et de la cotation. Aux seconds, l’on reprochera l’absence de toute quantification qui pose problème lorsque l’on aborde la question de la validité des données. Néanmoins, Européens et Américains s’entendent sur la notion d’un fonctionnement psychopathique. La relation d’objet est marquée par la pulsion agressive et ses dérivatifs, par la recherche de pouvoir et de contrôle. La lutte contre la dépendance est déduite chez Meloy de l’absence de réponse de texture et chez Rossel et Merceron de l’absence de contenus de dépendance. La qualité narcissique des représentations d’objet est mise en évidence, chez Meloy, par le biais de l’investissement du paraître, chez Rossel et Merceron par l’importance du processus d’externalisation. La dévalorisation des objets est aussi décrite. Ni les uns ni les autres ne font réellement référence à l’angoisse car cette angoisse qualifiable d’anaclitique s’exprime justement sous des manifestations tout à fait opposées. Le vide intérieur est déduit, chez Meloy, à partir de l’ennui que vit le psychopathe et, chez Rossel et Merceron, à partir de la survalorisation de la référence au réel. Une grande convergence existe entre les deux écrits au sujet des mécanismes de défense. Tous les auteurs s’accordent sur la prépondérance du clivage et du déni, un déni par le mot et l’acte chez Meloy, un déni hypomaniaque chez Rossel et Merceron. De part et d’autre de l’Atlantique, on s’accorde également pour attribuer une place importante à l’identification projective et à l’identification à l’agresseur. Par ailleurs, Rossel et Merceron démontrent comment à travers les caractéristiques de l’énonciation et les nuances de la verbalisation du psychopathe, il est possible d’inférer son non-investissement de la mentalisation et du savoir au profit d’un surinvestissement de l’agir. La complémentarité, voire la similarité, des commentaires dans les deux ouvrages devrait réconforter certains cliniciens, désarmés devant le fossé qui semble parfois régner entre la littérature des deux continents et confirmer, qu’indépendamment du type de méthodologie et de validation choisi, l’observation clinique du psychologue expérimenté demeure la pierre angulaire de toute recherche en psychopathologie.


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