scholarly journals Les acteurs gouvernementaux dans le champ des politiques sociales à Québec et à Ottawa au milieu des années 60

2008 ◽  
Vol 4 (2) ◽  
pp. 173-192
Author(s):  
Yves Vaillancourt
Keyword(s):  

Résumé L'article vise à introduire et à caractériser les acteurs gouvernementaux québécois et fédéraux influents dans le champ des politiques sociales québécoises au milieu des années 60. Il vise également à dégager le sens de la dynamique des relations Québec-Canada en rapport avec les politiques sociales dans le domaine de l'assistance publique en particulier à l'époque de la contestation québécoise des programmes conjoints et de l'opting out. Les acteurs gouvernementaux dont il est question sont à la fois des gouvernements, des ministères à vocation sociale et des personnalités influentes en politique sociale (ministres et hauts fonctionnaires). Au Québec, il y a le gouvernement Lesage, le ministère des Affaires fédérales-provinciales et le ministère de la Famille et du Bien-être social. À Ottawa, il y a le gouvernement de Pearson, le Bureau du Conseil privé, le ministère des Finances et le ministère de la Santé nationale et du Bien-être social. L'article fait ressortir la présence de « bureaucrates réformistes » et de « politiques réformistes » dans le domaine social à Québec comme à Ottawa. Mais, en raison de la question nationale québécoise, il y a un fossé culturel qui sépare les réformistes québécois des réformistes fédéraux.

Author(s):  
Isabelle Cassiers

Les résistances au projet de contrat de solidarité entre générations révèlent un malaise. Ce malaise semble toucher des questions bien plus vastes que celle des prépensions : n’est-ce pas l’évolution globale des relations entre le citoyen, l’État et l’économie qui inquiète une large fraction de la population ? Cette évolution comporte en effet un basculement : on quitte une logique d’État providence, on consolide celle d’un État social actif. Quels sont les causes et les enjeux de telles transformations ? Une prise de recul est salutaire. L’État providence, institué après la deuxième guerre mondiale, reposait sur un accord de solidarité sociale, sur un compromis entre travail et capital. Ce compromis, qui portait sur la gestion de la croissance économique et sur le partage de ses fruits, actait la primauté du politique sur l’économique. La concertation sociale, la sécurité sociale, l’extension des biens collectifs et les politiques économiques de soutien de la demande ont contribué, pendant vingt-cinq ans, à nourrir et à stabiliser une croissance vigoureuse et à étendre les mécanismes de solidarité sociale. La crise économique des années 1970 a mis les États-providence sous pression. Les redressements des années 1980 ont été opérés dans un contexte politique et doctrinal en nette rupture par rapport aux compromis sociaux antérieurs et ont conduit à des mutations dans les règles du jeu économique. Depuis les années 1990, la globalisation financière semble devenir la composante dominante d’un nouveau mode de régulation et restreindre le champ d’intervention des pouvoirs publics. Si la notion d’État social actif – inspirée de la troisième voie de Tony Blair - sous-tend les réorientations récentes de la politique sociale belge et européenne, il y a lieu de se demander en quel endroit l’État est actif et quels sont les points où il a renoncé à l’être. En considérant la globalisation financière comme une donnée, en acceptant comme inéluctable ou souhaitable la passivité dans certains registres de la politique économique, en concevant l’activation de la politique sociale comme une mise en conformité des personnes vis-à-vis des exigences du marché, l’État social actif ne contribue-t-il pas à consacrer la primauté de l’économique sur le politique ?


Author(s):  
Isabelle Cassiers

Les résistances au projet de contrat de solidarité entre générations révèlent un malaise. Ce malaise semble toucher des questions bien plus vastes que celle des prépensions : n’est-ce pas l’évolution globale des relations entre le citoyen, l’État et l’économie qui inquiète une large fraction de la population ? Cette évolution comporte en effet un basculement : on quitte une logique d’État providence, on consolide celle d’un État social actif. Quels sont les causes et les enjeux de telles transformations ? Une prise de recul est salutaire. L’État providence, institué après la deuxième guerre mondiale, reposait sur un accord de solidarité sociale, sur un compromis entre travail et capital. Ce compromis, qui portait sur la gestion de la croissance économique et sur le partage de ses fruits, actait la primauté du politique sur l’économique. La concertation sociale, la sécurité sociale, l’extension des biens collectifs et les politiques économiques de soutien de la demande ont contribué, pendant vingt-cinq ans, à nourrir et à stabiliser une croissance vigoureuse et à étendre les mécanismes de solidarité sociale. La crise économique des années 1970 a mis les États-providence sous pression. Les redressements des années 1980 ont été opérés dans un contexte politique et doctrinal en nette rupture par rapport aux compromis sociaux antérieurs et ont conduit à des mutations dans les règles du jeu économique. Depuis les années 1990, la globalisation financière semble devenir la composante dominante d’un nouveau mode de régulation et restreindre le champ d’intervention des pouvoirs publics. Si la notion d’État social actif – inspirée de la troisième voie de Tony Blair - sous-tend les réorientations récentes de la politique sociale belge et européenne, il y a lieu de se demander en quel endroit l’État est actif et quels sont les points où il a renoncé à l’être. En considérant la globalisation financière comme une donnée, en acceptant comme inéluctable ou souhaitable la passivité dans certains registres de la politique économique, en concevant l’activation de la politique sociale comme une mise en conformité des personnes vis-à-vis des exigences du marché, l’État social actif ne contribue-t-il pas à consacrer la primauté de l’économique sur le politique ?


2000 ◽  
Vol 24 (2) ◽  
pp. 149-165 ◽  
Author(s):  
Béatrice Cabau-Lampa

L’enseignement des langues-cultures d’origine dans le cadre scolaire — comme celui du suédois langue seconde — constitue l’un des principaux volets de la politique sociale suédoise qui a attiré l’attention des observateurs étrangers il y a plusieurs années. On est en droit de se demander comment et pourquoi les autorités suédoises ont fait preuve d’une telle générosité en matière de moyens d’éducation offerts aux enfants de migrants. Par ailleurs, il convient de s’intéresser à ce qui reste du fameux « modèle suédois » dans ce domaine. C’est ainsi que dans un premier temps, cet article étudiera brièvement les données constitutives du milieu éducatif suédois puis, les différentes questions liées à la mise en place de l’enseignement des langues-cultures d’origine (réglementation, organisation, participation, ressources, formation des enseignants...). Enfin, il exposera les nouvelles perspectives dans lesquelles a été envisagé cet enseignement selon le contexte suédois des années 1990, à savoir la réorganisation des cadres d’enseignement/apprentissage et l’apparition d’établissements libres bilingues.


2013 ◽  
Vol 45 (1) ◽  
pp. 301-333 ◽  
Author(s):  
Peter Hicks ◽  
Isabelle Malo

Les perspectives fondées sur les parcours de vie jouent seulement un rôle modeste dans l’élaboration des politiques sociales actuelles. Cependant, une fois que les concepts de « parcours de vie » seront utilisés sur une base régulière en statistiques sociales et que les outils analytiques de soutien seront entièrement développés, ces perspectives auront le potentiel d’améliorer de façon radicale l’analyse de politiques concrètes. Afin de donner une idée générale de la portée de ce changement, le présent article examine un ancien cadre de « comptabilité sociale », élaboré il y a environ trois décennies, afin d’appuyer la politique sociale de cette période préinformatique, axée sur le gouvernement et modelée sur la pensée de l’État-providence. L’article compare ce cadre avec le cadre « Olivia » actuel, créé pour appuyer le concept de société habilitante de la politique sociale en émergence axée sur le citoyen, en cette ère de l’information. La principale différence réside dans l’élargissement des perspectives fondées sur les parcours de vie, conformément au travail de Paul Bernard. Ce dernier a ouvert des avenues nouvelles et potentiellement puissantes aux spécialistes en sciences sociales en leur permettant de contribuer de façon importante et concrète à une politique sociale plus pertinente et tournée vers l’avenir. Le présent article traite des façons par lesquelles toute recherche sociale peut influencer la politique. Il examine également les interactions entre les politiques sociales elles-mêmes, les données et les outils analytiques qui appuient ces politiques sociales et la technologie de l’information qui modifie à la fois les politiques et l’analyse. L’article conclut que de vastes transformations dans les domaines de la politique sociale et de l’analyse sociale sont imminentes, notamment l’abolition des frontières entre politique et analyse.


Author(s):  
Serge Lambert
Keyword(s):  

Le procédé de Compactage Horizontal Statique, mis en œuvre pour la première fois aux États-Unis dans les années 1950 par les ingénieurs d’Hayward Baker Inc. (Groupe KELLER), a été développé considérablement par la suite, de telle sorte que depuis le début des années 1990, il trouve également une diffusion croissante en Europe (Warner J. 1982. “Compaction grouting-the first thirty years”. Gr Geotech Eng, ASCE, 1982: P694–707). Alors qu’à l’origine, les applications du procédé étaient limitées à la consolidation sous les fondations d’ouvrages susceptibles de subir des tassements, il en existe maintenant beaucoup d’autres. Aujourd’hui, les domaines d’application du Compactage Horizontal Statique sont multiples : amélioration et renforcement de sol pour des ouvrages neufs ou des reprises en sous-œuvre mais également pour des traitements de vides karstiques. Un exemple de chantier vient illustrer une application de ce procédé sous des éoliennes en mettant en évidence les avantages de ce procédé dans un contexte géotechnique difficile de zones décomprimées et de vides dans la craie jusqu’à des profondeurs de 20 à 45 m. Il a également été associé à un autre procédé de renforcement de sol par inclusions rigides pour traiter les sols superficiels. La détection et la délimitation des zones d’anomalies par des sondages destructifs avec enregistrements de paramètres n’ont pas été possibles en phase projet et ont été très compliquées en phase travaux pour garder un délai d’exécution court. Le retour d’expérience de cette opération montre que dans un tel contexte, il y a lieu de prévoir plusieurs mailles : une maille primaire lâche sur l’ensemble de l’emprise de l’ouvrage de manière à délimiter grossièrement les zones à injecter, et une maille secondaire voire tertiaire en intermaille, pour circonscrire précisément la zone d’anomalies.


2020 ◽  
Vol 54 (1) ◽  
pp. 17-26
Author(s):  
Marie-Claire Thery-Hugly ◽  
Esther Azoulay
Keyword(s):  

Vieillir : entre âge civil et ressenti, il y a un monde. Cet article cherche à comprendre ce que signifie « être vieux » aujourd’hui : c’est devenu une décision. Les séniors se sentent jeunes et font tout pour le rester, leur demande esthétique a évolué, connaître leurs attentes nous permet d’y répondre de manière satisfaisante. La vieillesse se modernise !


2018 ◽  
pp. 10-12
Author(s):  
Damien Siess
Keyword(s):  

L’électricité est un vecteur énergétique particulièrement versatile. Il existe de multiples technologies pour la produire et de nombreux usages auxquels elle peut répondre. Il y a ce que l’on appelle les usages spécifiques de l’électricité, c’est-à-dire pour lesquels l’électricité est la seule énergie possible, comme par exemple l’éclairage, l’électroménager, l’électronique et plus généralement toutes les technologies du numérique. Les usages thermiques, où l’électricité produit de la chaleur ou du froid, comme la cuisson, le chauffage des bâtiments ou leur climatisation. Et enfin d’autres usages, comme par exemple pour générer de la force mécanique à l’aide de moteurs, qu’ils soient à vocation industrielle ou intégrés dans des moyens de transport de tous types. En théorie, à peu près tous les usages sont « électrifiables », aussi bien dans le bâtiment que dans les transports ou l’industrie. Mais quelles sont les perspectives pour demain et les facteurs d’adoption ?


2019 ◽  
pp. 137-154
Author(s):  
E. Berthier ◽  
J.-S. Finck ◽  
A. Le Gall ◽  
R. Wagner ◽  
A. Gérolin ◽  
...  
Keyword(s):  

Le développement des systèmes d’assainissement s’appuie souvent sur des structures construites il y a plusieurs décennies. Ceux-ci font face à une augmentation des niveaux d’exigence qui leur sont assignés. C’est notamment le cas en France des performances des systèmes de collecte par temps de pluie avec la parution de l’arrêté du 21 juillet 2015 relatif aux systèmes d’assainissement. En collaboration avec l’Agence française pour la biodiversité (AFB), le Groupement pour l’évaluation des mesures en continu dans les eaux et l’assainissement (Gemcea), le ministère de la Transition écologique et solidaire et les agences de l’eau, le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema) a mené le projet REx-BO consistant en un vaste retour d’expériences sur les bassins d’orage implantés sur les réseaux d’assainissement unitaires. L’objet du projet était de comprendre, à partir de la littérature et de travaux de terrain, comment les gestionnaires/exploitants avaient eu recours à cette technique pour optimiser le fonctionnement de leur système, notamment par temps de pluie, et de collecter des informations techniques et financières quant au fonctionnement, à la conception, au dimensionnement et à l’efficacité de ce type d’ouvrages. À travers une recherche bibliographique générale, des entretiens réalisés auprès de 17 maîtres d’ouvrage/exploitants, et un focus spécifique réalisé sur les usages de la métrologie autour des bassins d’orage, le projet a permis de tirer de nombreux éléments et enseignements à l’intention des acteurs opérationnels. Cet article présente le contexte et la méthodologie du retour d’expérience. Les principaux éléments sont ensuite synthétisés, notamment ceux relatifs à la conception, au dimensionnement, à la métrologie, ainsi que les points d’attention majeurs à considérer pour assurer le bon fonctionnement d’un ouvrage. L’article souligne tout d’abord l’intérêt d’inscrire la réalisation d’un (ou plusieurs) bassin(s) d’orage dans une stratégie globale de gestion du système d’assainissement. Pour ce qui concerne la conception et le dimensionnement, l’étude a permis de mettre en lumière un recours fréquent à des logiciels d’hydraulique urbaine, qui semble même être quasi systématique pour les ouvrages de taille importante.


2017 ◽  
Vol 11 (1) ◽  
pp. 37
Author(s):  
Cristóbal Cea Bustamante
Keyword(s):  
Il Y A ◽  

<p>Desde el pensamiento ontológico de cautiverio que realizó Emmanuel Lévinas, es decir, desde su concepto de Il y a y su descripción de la experiencia más próxima al ser anónimo e impersonal, el insomnio, el presente artículo tiene el propósito de efectuar una conversación o un acercamiento con el pensamiento pesimista de Emil Cioran.<br />Todo para graficar el horror de esta patología y de la importancia del sueño o el inconsciente frente a ella, presentado este, el inconsciente, como una salida necesaria.</p>


2009 ◽  
Vol 2009 (1) ◽  
pp. 61-78
Author(s):  
Petr Kouba

This article examines the limits of Heidegger’s ontological description of emotionality from the period of Sein und Zeit and Die Grundbegriffe der Metaphysik along the lines outlined by Lévinas in his early work De l’existence à l’existant. On the basis of the Lévinassian concept of “il y a”, we attempt to map the sphere of the impersonal existence situated out of the structured context of the world. However the worldless facticity without individuality marks the limits of the phenomenological approach to human existence and its emotionality, it also opens a new view on the beginning and ending of the individual existence. The whole structure of the individual existence in its contingency and finitude appears here in a new light, which applies also to the temporal conditions of existence. Yet, this is not to say that Heidegger should be simply replaced by Lévinas. As shows an examination of the work of art, to which brings us our reading of Moravia’s literary exposition of boredom (the phenomenon closely examined in Die Grundbegriffe der Metaphysik), the view on the work of art that is entirely based on the anonymous and worldless facticity of il y a must be extended and complemented by the moment in which a new world and a new individual structure of experience are being born. To comprehend the dynamism of the work of art in its fullness, it is necessary to see it not only as an ending of the world and the correlative intentional structure of the individual existence, but also as their new beginning.


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