De la pauvreté à la misère : La détresse alimentaire chez les femmes de l’agglomération de Québec
Dans un pays où le supermarché est un puissant symbole d'abondance alimentaire, plus de 16 500 ménages de la région de Québec manquent d'argent pour la nourriture, se privent d'aliments essentiels, vivent en état de malnutrition et doivent recourir à la charité privée pour survivre. Cet enfer quotidien prend le nom de « détresse alimentaire », et les femmes, seules, en famille monoparentale ou en famille nucléaire sont plus nombreuses que les hommes dans cette situation. L'auteure a diagnostiqué trois degrés de gravité de détresse alimentaire, à partir d'entrevues, qui ont une incidence sur l'ensemble de la vie de ces personnes. Mentionnons la perte de la capacité de se nourrir par soi-même, des problèmes graves de santé physique et mentale et la perte de l'espoir de pouvoir s'en sortir. Conséquence de l'appauvrissement rapide des personnes exclues du marché du travail au cours des cinq dernières années, la détresse alimentaire exige, pour être saisie dans toute son ampleur, de comprendre ses causes sociales profondes : un système de domination et d'exploitation qui a changé le contrat social entre l'État, les entreprises privées ainsi que les travailleurs et les travailleuses pour surcharger de travail certaines personnes et accroître leur insécurité, alors qu'il en exclut d'autres du marché du travail et les condamne à la misère.