scholarly journals Planification du temps de travail et temps vécu

2005 ◽  
Vol 23 (3) ◽  
pp. 285-292 ◽  
Author(s):  
André Billette

Aux grands projets de la Révolution tranquille ont succédé, avec la crise, des problèmes d'intendance. Aujourd'hui, nous assistons à des tentatives de planifier le temps de travail en vue d'une gestion plus « scientifique » ou moins coûteuse. Ce qui ne va pas sans d'énormes résistances ni sans le boycottage des syndicats. Crise du temps industriel. Crise de son extension dans la bureaucratie. Il y a en somme, depuis le début de l'ère industrielle, une sorte de confrontation entre une conception rationnelle ou scientifique du temps de travail, d'une part ; et de l'autre, le temps tel que vécu, tel que valorisé ou symbolisé par les différents groupes. Le temps est ainsi devenu un enjeu social. Il peut être opportun de réfléchir à cet enjeu en un temps où la mode est à la qualité de vie au travail (QVT). Le congrès international de Toronto sur la QVT et les années 80, en septembre 1981, a présenté un ensemble d'expériences dans divers pays. Ce qui frappe, c'est que ces expériences portent sur les conditions les plus faciles à changer et connaissent des succès très relatifs. Pourquoi ? Aucune firme ne remet en cause le temps industriel. On peut ne pas être étonné de la chose. Mais, peut-on penser, tant que le temps planifié et les cadences ne seront pas ralentis ou modifiés, la plupart des expériences de QVT tourneront court. Le temps est un enjeu majeur.

2019 ◽  
Vol 6 (1) ◽  
pp. 8-10
Author(s):  
Asma BOUDERSA ◽  
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Nassima KOUADRI ◽  
Hanane DJEDI ◽  
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La maladie cancéreuse est parmi les plus riches pathologies en matière de symptomatologie clinique ; cela est dû au cancer lui-même (sa localisation, sa taille, son aspect, son extension etc.), à ses traitements (chimiothérapie, radiothérapie, chirurgie etc.), ou aux complications qu’elles engendrent notamment les métastases. Certains de ses symptômes sont évidents et même alarmants, à titre d’exemple la douleur ou les vomissements qui poussent le praticien, face aux plaintes des patients, à prescrire en parallèle des traitements symptomatiques. Par contre, il y a des signes moins évidents qu’on passe à côté tels que la fatigue cancéreuse, considérée comme le symptôme le plus fréquent et passe même avant la douleur, mais malheureusement souvent négligées en raison du mode silencieux et insidieux de son installation. Dans cet article, nous allons essayer d’attirer l’attention sur ce symptôme fantôme, ainsi que de montrer l’importance de le connaitre et de le soigner afin d’éviter son retentissement grave sur la qualité de vie des patients cancéreux.


2017 ◽  
Vol 38 (1) ◽  
pp. 225-236
Author(s):  
Liesette Brunson

Il y a un intérêt croissant pour l’utilisation d’indicateurs de bien-être subjectif pour le monitorage au niveau des populations et pour l’évaluation des politiques sociales. Les indicateurs collectifs de bien-être subjectif fournissent des informations sur la qualité de vie qui complètent d’autres indicateurs sociaux et économiques. Des recherches récentes mettent l’accent sur les conditions sociales qui contribuent au bien-être. Que disent les recherches sur une approche-population pour la promotion du bien-être? Une telle approche est-elle pertinente pour les psychologues? Cet article vise à donner un aperçu non exhaustif de la littérature qui traite des indicateurs de bien-être subjectif et de leurs implications possibles pour les politiques sociales et les interventions au sein de la population.


2006 ◽  
pp. 125-134
Author(s):  
Diane-Gabrielle Tremblay ◽  
Renaud Paquet ◽  
Elmustapha Najem
Keyword(s):  
Il Y A ◽  

L’intensification d’un conflit entre responsabilités personnelles ou familiales et activités professionnelles a été mise en évidence dans un certain nombre de travaux mais certains articles ont aussi questionné ce manque de temps. Comment expliquer cette apparente contradiction ? Les auteurs analysent l’évolution du temps de travail et les aspirations des personnes en emploi, puis confrontent leur analyse aux données d’une grande enquête canadienne (Enquête sur les milieux de travail et les employés). Ils observent qu’entre 1999 et 2002, le degré de stabilité des heures de travail a augmenté. Par contre, en parallèle, il y a eu augmentation du pourcentage de travailleurs de 44 ans et moins travaillant sur des horaires rotatifs. L’amélioration de la stabilité est alors annulée. Sur l’incidence de la semaine réduite de travail, la comparaison 1999-2002 révèle qu’il y a eu diminution de cette pratique. Quant à la semaine comprimée de travail, son incidence augmente pour les moins de 25 ans et les plus de 55 ans, mais diminue pour les autres groupes, soit ceux qui sont le plus susceptibles d’avoir du mal à concilier travail et famille. Les données montrent aussi que plus de gens veulent augmenter leurs heures de travail que les réduire, et que ce phénomène s’est accentué en 2002. La minorité qui aimerait réduire ses heures souhaite surtout augmenter ses temps de loisirs, sauf les 35-44 ans, dont la majorité voudrait ainsi s’acquitter mieux de ses responsabilités familiales.


2007 ◽  
Vol 18 (2) ◽  
pp. 87-108 ◽  
Author(s):  
Ronald G. Bell ◽  
Pierre Beauséjour ◽  
Joanne Haddad
Keyword(s):  

RÉSUMÉ Un échantillon d'instruments de mesure de la qualité de vie est passé en revue pour les lecteurs qui veulent en déterminer la pertinence dans l'évaluation de services de psychiatrie. Tous les instruments sont explorés selon la manière d'y traiter amis et membres de la famille. Les instruments sont aussi évalués suivant leur position sur trois questions théoriques: l'utilisation des indicateurs objectifs et subjectifs de la qualité de vie; l'inclusion des états positifs de bien-être dans l'instrument de mesure; et le point de vue de l'instrument mesurant la qualité de vie. Chacune de ces questions est présentée. Position des auteurs: les indicateurs objectifs et subjectifs se complètent; il y a de grands avantages à mesurer les états positifs de bien-être tout comme les états négatifs; tous les points de vue sont valables, et il y a un risque à accepter un point de vue particulier, surtout d'une autre personne, comme standard de définition.


2014 ◽  
Vol 1 (1) ◽  
Author(s):  
Corinne Isnard Bagnis ◽  
Celine Khaldi

Introduction : Les patients vivant avec une maladie rénale chronique expriment une franche altération de leur qualité de vie. Parmi les éléments impactant ces résultats, le stress chronique lié à la maladie et ses traitements et la douleur sont des plaintes très prévalentes et insuffisamment prises en charge. Cette étude évalue l'impact de la participation de patients insuffisants rénaux chroniques à un programme de gestion du stress par la méditation de pleine conscience (développé aux USA il y a plus de 25 ans par J. Kabat Zinn).Patients et Méthodes : L’enquête s’est concrétisée par la réalisation d’un dispositif « d’observation participante » par une sociologue au sein d’un programme MBSR (meditation-based-stress-reduction program) mis en place dans un service de néphrologie et la réalisation d’une enquête longitudinale : suivi des patients après la formation réalisés dans le cadre de « récits de vie ». Les résultats sont qualitatifs et portent sur la gestion du stress, la capacité à prendre soin de soi et à se mettre en posture de résilience.Résultats : Les premiers résultats permettent de rendre compte d’une amélioration des compétences des patients dans la gestion du stress, dans leur capacité à prendre soin d’eux, à anticiper les difficultés liées à leurs pathologies et à développer des mécanismes de compensation. L’enquête permet aussi de rendre compte d’une amélioration dans le vécu des malades du système de soin et une vision plus positive de l’hôpital et du rapport avec les soignants.Discussion et Conclusion : Les programmes d'education thérapeutique peuvent s'enrichir d'interventions pédagogiques orientées vers l'acquisition de compétences necessaires au maintien de soi en vie avec la maladie. L'amélioration de la gestion du stress par la méditation de pleine conscience pourrait être un moyen d'améliorer la qualité de vie des patients et en tous cas de diminuer le stress perçu.


2006 ◽  
pp. 1-21 ◽  
Author(s):  
Diane-Gabrielle Tremblay ◽  
Elmustapha Najem ◽  
Renaud Paquet

Résumé Nous intéressant aux mesures de conciliation emploi-famille, nous avons voulu exploiter les données de l’Enquête sur le milieu de travail et les employés (EMTE) pour évaluer la situation globale à cet égard au Canada, à l’aide de données statistiques représentatives. Nos données indiquent que les progrès observés en ce qui concerne le débat social sur la conciliation travail-famille ne se sont pas nécessairement traduits par une amélioration notable des conditions facilitantes dans les milieux de travail et il y a même eu des reculs. On observe que le nombre de jours de travail par semaine s’est légèrement accru, se rapprochant fortement de 5 jours en moyenne pour les hommes et de 4,6 pour les femmes, en 2002. Par ailleurs, un pourcentage important de la main-d’oeuvre canadienne vit des horaires de travail variables et des horaires rotatifs, ce qui a été identifié comme source de difficultés de conciliation. Par contre, une bonne partie des travailleuses et travailleurs canadiens déclare travailler un certain nombre d’heures à domicile, ce qui peut favoriser la conciliation, mais peut aussi être source d’empiètement sur la vie privée. Les données de l’EMTE montrent que les gens travaillent à la maison parce que leur travail l’exige, et non pour des motifs de conciliation. En somme, on assiste ici à un débordement du travail sur la vie personnelle. Par ailleurs, si l’aide à la garde et les services de garde chez l’employeur sont le premier souhait des parents canadiens ayant des enfants de moins de 3 ans, on constate qu’à peine plus du quart des travailleurs canadiens déclarent que leurs employeurs offrent un service à cet égard en 2002. Aussi, on a pu observer que l’offre de services de soins aux aînés ne touche qu’un dixième de travailleuses et de travailleurs canadiens. En ce qui concerne l’impact du nombre d’enfants, il a un effet ambigu sur le temps de travail, les horaires et les aspirations en matière de temps de travail. En ce qui concerne l’intérêt pour la réduction du temps de travail, l’effet est aussi ambigu mais on observe que les personnes ayant un ou deux enfants sont celles qui souhaitent un peu plus une réduction d’heures. Par contre, on note qu’il y a un lien entre le nombre d’enfants et le désir d’heures additionnelles; plus on a d’enfants, moins on veut des heures additionnelles.


2012 ◽  
Vol 25 (2) ◽  
pp. 159-168 ◽  
Author(s):  
X. BOIVIN ◽  
S. BENSOUSSAN ◽  
N. L’HOTELLIER ◽  
L. BIGNON ◽  
H. BRIVES ◽  
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Le statut juridique de l’animal reconnu comme «être sensible», induit de fait qu’une réflexion sur le travail en élevage et la relation homme-animal doit prendre en compte le point de vue de l’éleveur, et celui de l’animal. Les enjeux sociétaux, se situent autant en termes d’efficacité du travail et de qualité de vie pour les professions agricoles, qu’en terme de bien-être animal. Cet article de synthèse s’intéresse à la pluridisciplinarité, en particulier entre sciences sociales et éthologie afin de comprendre et d’améliorer les pratiques d’élevage déterminantes dans la relation homme-animal. L’analyse du temps de travail, regardée sous l’angle des contacts hommeanimal révèle une forte diversité suivant les filières et les exploitations. Les diversités de profils des éleveurs, de leurs représentations de l’animal et du travail avec l’animal, et de leurs logiques d’élevage sont rapportées. De son côté, l’éthologie définit un cadre conceptuel fondé sur le fait que l’éleveur et l’animal construisent par leurs interactions répétées une relation interindividuelle qui leur permet de prévoir l’issue de leurs futures interactions. La réaction des animaux à l’homme traduit donc une synthèse des interactions passées et permet d’une certaine façon d’évaluer leur relation. Les études en éthologie montrent que l’animal intègre effectivement l’homme dans son univers relationnel. L’article pointe l’intérêt de décrire la variabilité des pratiques relationnelles de l’éleveur et de les évaluer afin d’obtenir une relation homme-animal bénéfique tant pour l’homme que pour l’animal.


2008 ◽  
Vol 21 (1) ◽  
pp. 59-70 ◽  
Author(s):  
D. POMIÈS ◽  
P.G. MARNET ◽  
S. COURNUT ◽  
F. BARILLET ◽  
J. GUINARD-FLAMENT ◽  
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Depuis quelques années, les éleveurs laitiers français aspirent à une meilleure maîtrise de leur temps de travail, notamment vis-à-vis de la traite biquotidienne qui représente près de 50% de l’astreinte. C’est dans cette optique que l’INRA a évalué et/ou mis au point des outils et des conduites de traite innovants. Chez les bovins, les travaux menés sur le robot de traite ont mis en évidence une bonne adaptation des animaux à la machine et une production laitière peu modifiée, hormis une augmentation de la lipolyse et des spores butyriques du lait. Mais le prix élevé du robot et son utilisation au pâturage sont un frein pour de nombreux éleveurs. A l’opposé, la traite une seule fois par jour (monotraite) est une pratique peu coûteuse, rapide à mettre en oeuvre et réversible. Elle entraîne une diminution de la production laitière (de - 15 à - 46% selon l’espèce et le contexte) associée à un lait plus riche en protéines et matières grasses. L’utilisation prolongée de la monotraite pouvant entraîner une dégradation de la santé de la mamelle et de la qualité du lait, sa mise en oeuvre se limite généralement à quelques semaines. La suppression de la traite du dimanche soir, la modulation des horaires de traite ou la monotraite en présence du jeune sont d’autres alternatives à la traite «classique», qui permettent de répondre en partie aux aspirations des éleveurs à une meilleure qualité de vie. Le développement de ces conduites repose en grande partie sur la possibilité de sélectionner des femelles laitières aptes à tolérer de longs intervalles entre traites.


Author(s):  
Marian Deutschman

RÉSUMÉLa cohorte visée du texte de Giordano et Rich intitulé, The Gerontologist as an Administrator, est l'administrateur actuel ou futur des services à la personne et des programmes de santé adaptés en fonction des personnes âgées. Étant donné que l'American Health Care Administration fait rapport qu'il y a un besoin immédiat de plus de 100 000 professionnels dans les maisons de santé pour remplir les postes au plus bas de l'échelle hiérarchique et pour contrer la baisse des administrateurs brevetés, ce livre est à point. L'inquiétude est qu'il n'y aura pas suffisamment de brevetés pour remplacer les administrateurs qui quittent le métier ou se retirent.De nos jours, il y a plusieurs préoccupations sur la qualité de vie des personnes âgées de notre société et les occasions qui se présentent pour de nouveaux modèles qui pourraient complètement transformer les soins de longue durée. Afin de répondre à ce défi, le gérontologue, en tant qu'administrateur de ces organismes, doit démontrer ses qualités de leadership et de gestion en plus de ses connaissances du domaine. Ce livre examine le sujet admirablement et à profondeur.


2009 ◽  
Vol 4 (1) ◽  
pp. 45-61 ◽  
Author(s):  
Marie-Josée Legault ◽  
Stéphanie Chasserio

Sommaire Il y a peu de femmes chez les professionnels qualifiés des services technologiques aux entreprises, métiers de l’informatique, en Europe comme en Amérique. Le mode d’organisation du travail qu’on y pratique est celui de la gestion par projets, qui a de multiples conséquences en termes de conditions de travail : l’importance des longues heures et la résistance à la réduction du temps de travail, les heures supplémentaires non payées, la très grande flexibilité exigée des employés, les aménagements d’heure ou de lieu de travail sujets à négociation avec le chef de projet, selon des critères arbitraires. Les femmes sont celles que défavorise un tel système, car on observe un lien entre la flexibilité à cet égard et le fait d’avoir la responsabilité principale des enfants.


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