scholarly journals Flexibility of Labor Law. The European Discussion and the Example of Germany

2005 ◽  
Vol 29 (1) ◽  
pp. 231-245
Author(s):  
Udo Mayer
Keyword(s):  
Il Y A ◽  

Dans la plupart des pays européens, on a, ces dernières années, assoupli la protection législative de l'emploi, de manière à faciliter à l'employeur le recrutement du personnel par divers procédés. Cette nouvelle législation n'offre qu'une protection de second ordre à ceux dont l'engagement n'est que pour une durée déterminée, aux employés à temps partiel, de même qu'aux personnes dont les services sont proposés par des entreprises de personnel temporaire. Le recours à de telles catégories de personnel offre, certes, de multiples avantages à l'employeur. Par exemple, il diminue ses indemnités de licenciement ; il n'a pas, non plus, à payer un personnel trop considérable dans des périodes de sous-emploi. Par contre, la libéralisation de l'emploi précaire suscite différents problèmes. Elle tend à créer deux classes d'employés. D'une part, il y a ceux qui jouissent de la sécurité d'emploi : leur travail est stable, bien rémunéré et donne lieu à des avantages sociaux significatifs ; d'autre part, il y a le travail de « seconde zone », mal payé, précaire et pratiquement dénué d'avantages sociaux. Tels sont les effets de la loi dite, non sans euphémisme, Loi en vue de promouvoir l'emploi, adoptée en 1985 en R.F.A. Les syndicats s'opposent à l'implantation de telles normes d'emploi inéquitables. Ils tendent, par voie de négociation collective, à assurer un traitement égal pour l'ensemble des travailleurs, en particulier, par la réduction du temps de travail. Mais cette politique syndicale pourrait bien se révéler impuissante à contrer le fractionnement du travail. Une politique gouvernementale favorisant activement l'emploi, y compris le retour à une protection véritable de l'emploi, doit la compléter.

2006 ◽  
pp. 125-134
Author(s):  
Diane-Gabrielle Tremblay ◽  
Renaud Paquet ◽  
Elmustapha Najem
Keyword(s):  
Il Y A ◽  

L’intensification d’un conflit entre responsabilités personnelles ou familiales et activités professionnelles a été mise en évidence dans un certain nombre de travaux mais certains articles ont aussi questionné ce manque de temps. Comment expliquer cette apparente contradiction ? Les auteurs analysent l’évolution du temps de travail et les aspirations des personnes en emploi, puis confrontent leur analyse aux données d’une grande enquête canadienne (Enquête sur les milieux de travail et les employés). Ils observent qu’entre 1999 et 2002, le degré de stabilité des heures de travail a augmenté. Par contre, en parallèle, il y a eu augmentation du pourcentage de travailleurs de 44 ans et moins travaillant sur des horaires rotatifs. L’amélioration de la stabilité est alors annulée. Sur l’incidence de la semaine réduite de travail, la comparaison 1999-2002 révèle qu’il y a eu diminution de cette pratique. Quant à la semaine comprimée de travail, son incidence augmente pour les moins de 25 ans et les plus de 55 ans, mais diminue pour les autres groupes, soit ceux qui sont le plus susceptibles d’avoir du mal à concilier travail et famille. Les données montrent aussi que plus de gens veulent augmenter leurs heures de travail que les réduire, et que ce phénomène s’est accentué en 2002. La minorité qui aimerait réduire ses heures souhaite surtout augmenter ses temps de loisirs, sauf les 35-44 ans, dont la majorité voudrait ainsi s’acquitter mieux de ses responsabilités familiales.


1980 ◽  
Vol 32 (3) ◽  
pp. 531-558 ◽  
Author(s):  
Hervé Queffélec
Keyword(s):  
Il Y A ◽  

Il y a en mathématiques plusieurs théorèmes d'existence: ceux liés à la notion de point fixe (théorème des fonctions implicites, solution locale des équations différentielles y’= f(x, y)) ou ceux liés à la notion de cardinalité (théorèmes de Chevalley et Warning, de Sylow, existence de nombres réels transcendants) par exemple. Nous nous intéressons ici exclusivement à deux sortes de théorèmes d'existence: ceux liés au théorème de Baire (méthodes quasi-sûres) et ceux liés à la théorie des probabilités (méthodes presque sûres). Ces deux méthodes ont déjà donné lieu à de nombreux théorèmes: existence de fonctions continues partout sans dérivée, existence de fonctions C∞partout non analytiques, existence d'ensembles de Kronecker parfaits (Kaufman) par le quasi-sûr, existence de réels t tels que (tn) soit équirépartie modulo 1 (Koksma), existence de nombres normaux au sens de Borel, existence d'ensembles de nonsynthèse par le presque sûr, etc …


2006 ◽  
pp. 1-21 ◽  
Author(s):  
Diane-Gabrielle Tremblay ◽  
Elmustapha Najem ◽  
Renaud Paquet

Résumé Nous intéressant aux mesures de conciliation emploi-famille, nous avons voulu exploiter les données de l’Enquête sur le milieu de travail et les employés (EMTE) pour évaluer la situation globale à cet égard au Canada, à l’aide de données statistiques représentatives. Nos données indiquent que les progrès observés en ce qui concerne le débat social sur la conciliation travail-famille ne se sont pas nécessairement traduits par une amélioration notable des conditions facilitantes dans les milieux de travail et il y a même eu des reculs. On observe que le nombre de jours de travail par semaine s’est légèrement accru, se rapprochant fortement de 5 jours en moyenne pour les hommes et de 4,6 pour les femmes, en 2002. Par ailleurs, un pourcentage important de la main-d’oeuvre canadienne vit des horaires de travail variables et des horaires rotatifs, ce qui a été identifié comme source de difficultés de conciliation. Par contre, une bonne partie des travailleuses et travailleurs canadiens déclare travailler un certain nombre d’heures à domicile, ce qui peut favoriser la conciliation, mais peut aussi être source d’empiètement sur la vie privée. Les données de l’EMTE montrent que les gens travaillent à la maison parce que leur travail l’exige, et non pour des motifs de conciliation. En somme, on assiste ici à un débordement du travail sur la vie personnelle. Par ailleurs, si l’aide à la garde et les services de garde chez l’employeur sont le premier souhait des parents canadiens ayant des enfants de moins de 3 ans, on constate qu’à peine plus du quart des travailleurs canadiens déclarent que leurs employeurs offrent un service à cet égard en 2002. Aussi, on a pu observer que l’offre de services de soins aux aînés ne touche qu’un dixième de travailleuses et de travailleurs canadiens. En ce qui concerne l’impact du nombre d’enfants, il a un effet ambigu sur le temps de travail, les horaires et les aspirations en matière de temps de travail. En ce qui concerne l’intérêt pour la réduction du temps de travail, l’effet est aussi ambigu mais on observe que les personnes ayant un ou deux enfants sont celles qui souhaitent un peu plus une réduction d’heures. Par contre, on note qu’il y a un lien entre le nombre d’enfants et le désir d’heures additionnelles; plus on a d’enfants, moins on veut des heures additionnelles.


2004 ◽  
Vol 28 (1) ◽  
pp. 127-144 ◽  
Author(s):  
Bernard Bernier
Keyword(s):  
Il Y A ◽  

Résumé L’auteur se demande s’il est possible de développer des techniques industrielles adaptées aux humains dans le capitalisme actuel. Le développement industriel capitaliste a donné lieu à des systèmes techniques, tels le taylorisme et le fordisme, fondés sur la subordination des humains aux machines. Pour Marx, cette subordination faisait partie intégrante des structures du capitalisme, fondé sur la rentabilité. Certains auteurs ont tenté de briser cette subordination, même dans le cadre du capitalisme, en imaginant des techniques, fondées sur l’informatique, qui requalifieraient le travail industriel. D’autres ont vu dans la mise en place de nouveaux systèmes dans les industries japonaises (systèmes Toyota et Fujitsu) des exemples de techniques industrielles différentes, qui redonneraient le contrôle des machines aux humains. En examinant de plus près l’utilisation japonaise des techniques industrielles, cet article en arrive à une conclusion mitigée : il y a des possibilités, mais limitées, de développement de techniques adaptées aux capacités humaines dans le capitalisme.


Author(s):  
Vincent Bodart ◽  
David De la Croix

Contrairement à ce que certaines personnes pourraient croire, notamment certains Ministres du Gouvernement actuel, l’enjeu principal pour les finances publiques de la Belgique n’est pas d’avoir un équilibre budgétaire à court terme. Le véritable enjeu, c’est la situation des finances publiques à long terme. En effet, au cours des prochaines années, les finances de l’Etat seront mises sévèrement sous pression par le choc démographique lié au vieillissement de la population. L’ampleur de l’impact budgétaire du choc démographique est souvent mesurée par ce que les spécialistes appellent «le coût budgétaire du vieillissement». La mesure de ce coût est un problème éminemment technique, mais elle a des implications importantes sur les choix politiques. Ainsi, il y a un an, le Comité d’Etude sur le Vieillissement (CEV) estimait le coût budgétaire du vieillissement d’ici 2030 à 2,6 % du PIB dans le pire des scénarios et concluait que la baisse des charges d’intérêt sur la dette publique serait suffisante pour couvrir ce coût. Il y a quelques mois, son appréciation était nettement moins optimiste : le coût budgétaire était estimé à plus de 4 % du PIB, et une stratégie beaucoup plus active était recommandée. Ce revirement soudain dans les estimations et les recommandations du CEV montre combien une stratégie budgétaire, que certains croyaient jadis solide et adaptée, peut apparaître fragile le lendemain, notamment parce que le cadre macroéconomique a soudainement changé. Dans le dernier numéro de Regards Economiques (n°16), nous remettons en cause la stratégie budgétaire actuelle au travers de quatre questions déplaisantes. La constitution du Fonds de vieillissement garantit-elle les droits à la pension ?  Alors que le Fonds de vieillissement constitue un élément important de la stratégie du gouvernement pour affronter le choc démographique des années à venir, il ne pourra véritablement remplir la mission pour laquelle il a été créé qu'en cas de réduction accélérée de la dette publique. Ce n'est en effet que dans ce cas que le Fonds de vieillissement pourra compter sur un financement structurel et durable. En outre, sa création n'étaient pas véritablement nécéssaire pour faire face à l'impact budgétaire du vieillissement, car il s'agit simplement d'une manière particulière de réduire la dette publique. Il aurait été plus transparent de se fixer un objectif en termes de dette publique. Au delà de son inutilité de principe, le Fonds de vieillissement peut exercer un effet néfaste sur les décideurs politiques et les citoyens en leur laissant croire que le problème du vieillissement est réglé.  La réforme fiscale risque-t-elle de compromettre la situation des finances publiques à long-terme ? La réponse à cette question est moins tranchée et donne lieu à un débat entre ceux qui estiment que la réforme est préjudiciable à la réduction de la dette publique et ceux qui y voient une manière intéressante de relancer la croissance. Pour ces derniers, néanmoins, si la réforme fiscale s’effectue sans une amélioration structurelle des finances publiques, on peut craindre qu’il faille tôt ou tard faire marche arrière, sans quoi les moyens budgétaires disponibles pour couvrir le coût du vieillissement seront insuffisants. Peut-on espérer une réduction structurelle du chômage qui atténue le coût budgétaire du vieillissement ?Toutes les estimations officielles du coût du vieillissement se basent sur l’hypothèse que, d’ici 2030, le taux de chômage de l’économie belge aura spontanément diminué de moitié. L’argument évoqué repose sur une diminution de la population active couplée à un maintien du nombre d’emplois disponibles. Cette approche est particulièrement naïve et n’est conforme à aucun des modèles économiques sérieux connus actuellement. Dans le long terme, le taux de chômage dépend des caractéristiques structurelles de l’économie et non de la taille de la population active. Selon nous, rien ne permet donc de penser que le taux de chômage diminuera substantiellement au cours des prochaines années. Au contraire, il se pourrait même qu’il reste pour longtemps à son niveau actuel. La croissance économique pourrait-elle rester faible pour longtemps ? Une croissance économique élevée sur le long terme permettrait certainement à la Belgique de supporter plus facilement le coût budgétaire du vieillissement. Les projections officielles extrapolent un taux de croissance autour de 1,75 % - 2 % par an jusqu’en 2030. Rien n’exclut cependant une scénario «catastrophe» où la croissance resterait molle pour longtemps, disons autour de 1 % par an. Le vieillissement de la population pourrait en effet exercer des conséquences négatives sur le dynamisme de notre économie, et sur sa capacité à innover. En outre, d’un point de vue historique, il apparaît que les années de croissance soutenue à 2 % sont limitées à des sous-périodes précises, ce qui rend une extrapolation automatique vers 2030 hasardeuse. Selon nous, en poursuivant la stratégie actuelle, le risque est grand que les moyens budgétaires disponibles pour faire face aux différentes obligations de l’Etat soient insuffisants. Un stratégie plus crédible pour absorber le choc démographique imposera tôt ou tard aux décideurs politiques de choisir entre revoir l’âge de la retraite, baisser le niveau des pensions et augmenter les cotisations sociales – ou tout mélange de ces trois options. Il s’agit bien entendu d’un choix politique difficile. Il serait toutefois dangereux de se cacher derrière des évaluations budgétaires trop favorables ou des artifices comptables pour éviter d’effectuer les choix nécessaires.


2020 ◽  
Vol 5 (5) ◽  
pp. 329-338 ◽  
Author(s):  
L. CONAN ◽  
J.P. MÉTAYER ◽  
M. LESSIRE ◽  
J.L. WIDIEZ

Il y a une dizaine d’années débutaient des enquêtes annuelles sur la qualité des céréales. Elles ont été réalisées dans des régions à forte production et ont porté sur la composition chimique et l’évaluation de la teneur en énergie métabolisable pour les volailles (EM). Blé, orge et maïs ont fait l’objet respectivement de 11, 6 et 8 enquêtes. Ce nombre est de 4 pour le sorgho, l’avoine, le seigle et le triticale. Les moyennes suivantes ont été obtenues pour l’EM (kcal/kg MS) : sorgho : 3844, maïs : 3726, blé : 3458, triticale : 3411, orge de printemps 2R : 3227, orge d’hiver 2R : 3207, escourgeon : 3132, seigle : 3131, avoine blanche : 2879, avoine noire : 2660. Le coefficient de variation entre années a été de 1,19 % pour le blé, 1,46 % pour l’orge de printemps, 1,68 % pour l’orge d’hiver, 1,93 % pour l’escourgeon et 0,70 % pour le maïs. Un effet significatif entre années a été mis en évidence pour l’EM de ces céréales sur coqs adultes. L’origine géographique des échantillons n’a pas donné lieu à des écarts significatifs entre EM d’une zone de production à l’autre, quelle que soit la céréale. La recherche d’équations de prédiction de la valeur de l’EM à partir des valeurs disponibles de la composition chimique a pu aboutir seulement pour l’avoine et le sorgho.  


Author(s):  
Vincent Bodart ◽  
David De la Croix

Contrairement à ce que certaines personnes pourraient croire, notamment certains Ministres du Gouvernement actuel, l’enjeu principal pour les finances publiques de la Belgique n’est pas d’avoir un équilibre budgétaire à court terme. Le véritable enjeu, c’est la situation des finances publiques à long terme. En effet, au cours des prochaines années, les finances de l’Etat seront mises sévèrement sous pression par le choc démographique lié au vieillissement de la population. L’ampleur de l’impact budgétaire du choc démographique est souvent mesurée par ce que les spécialistes appellent «le coût budgétaire du vieillissement». La mesure de ce coût est un problème éminemment technique, mais elle a des implications importantes sur les choix politiques. Ainsi, il y a un an, le Comité d’Etude sur le Vieillissement (CEV) estimait le coût budgétaire du vieillissement d’ici 2030 à 2,6 % du PIB dans le pire des scénarios et concluait que la baisse des charges d’intérêt sur la dette publique serait suffisante pour couvrir ce coût. Il y a quelques mois, son appréciation était nettement moins optimiste : le coût budgétaire était estimé à plus de 4 % du PIB, et une stratégie beaucoup plus active était recommandée. Ce revirement soudain dans les estimations et les recommandations du CEV montre combien une stratégie budgétaire, que certains croyaient jadis solide et adaptée, peut apparaître fragile le lendemain, notamment parce que le cadre macroéconomique a soudainement changé. Dans le dernier numéro de Regards Economiques (n°16), nous remettons en cause la stratégie budgétaire actuelle au travers de quatre questions déplaisantes. La constitution du Fonds de vieillissement garantit-elle les droits à la pension ?  Alors que le Fonds de vieillissement constitue un élément important de la stratégie du gouvernement pour affronter le choc démographique des années à venir, il ne pourra véritablement remplir la mission pour laquelle il a été créé qu'en cas de réduction accélérée de la dette publique. Ce n'est en effet que dans ce cas que le Fonds de vieillissement pourra compter sur un financement structurel et durable. En outre, sa création n'étaient pas véritablement nécéssaire pour faire face à l'impact budgétaire du vieillissement, car il s'agit simplement d'une manière particulière de réduire la dette publique. Il aurait été plus transparent de se fixer un objectif en termes de dette publique. Au delà de son inutilité de principe, le Fonds de vieillissement peut exercer un effet néfaste sur les décideurs politiques et les citoyens en leur laissant croire que le problème du vieillissement est réglé.  La réforme fiscale risque-t-elle de compromettre la situation des finances publiques à long-terme ? La réponse à cette question est moins tranchée et donne lieu à un débat entre ceux qui estiment que la réforme est préjudiciable à la réduction de la dette publique et ceux qui y voient une manière intéressante de relancer la croissance. Pour ces derniers, néanmoins, si la réforme fiscale s’effectue sans une amélioration structurelle des finances publiques, on peut craindre qu’il faille tôt ou tard faire marche arrière, sans quoi les moyens budgétaires disponibles pour couvrir le coût du vieillissement seront insuffisants. Peut-on espérer une réduction structurelle du chômage qui atténue le coût budgétaire du vieillissement ?Toutes les estimations officielles du coût du vieillissement se basent sur l’hypothèse que, d’ici 2030, le taux de chômage de l’économie belge aura spontanément diminué de moitié. L’argument évoqué repose sur une diminution de la population active couplée à un maintien du nombre d’emplois disponibles. Cette approche est particulièrement naïve et n’est conforme à aucun des modèles économiques sérieux connus actuellement. Dans le long terme, le taux de chômage dépend des caractéristiques structurelles de l’économie et non de la taille de la population active. Selon nous, rien ne permet donc de penser que le taux de chômage diminuera substantiellement au cours des prochaines années. Au contraire, il se pourrait même qu’il reste pour longtemps à son niveau actuel. La croissance économique pourrait-elle rester faible pour longtemps ? Une croissance économique élevée sur le long terme permettrait certainement à la Belgique de supporter plus facilement le coût budgétaire du vieillissement. Les projections officielles extrapolent un taux de croissance autour de 1,75 % - 2 % par an jusqu’en 2030. Rien n’exclut cependant une scénario «catastrophe» où la croissance resterait molle pour longtemps, disons autour de 1 % par an. Le vieillissement de la population pourrait en effet exercer des conséquences négatives sur le dynamisme de notre économie, et sur sa capacité à innover. En outre, d’un point de vue historique, il apparaît que les années de croissance soutenue à 2 % sont limitées à des sous-périodes précises, ce qui rend une extrapolation automatique vers 2030 hasardeuse. Selon nous, en poursuivant la stratégie actuelle, le risque est grand que les moyens budgétaires disponibles pour faire face aux différentes obligations de l’Etat soient insuffisants. Un stratégie plus crédible pour absorber le choc démographique imposera tôt ou tard aux décideurs politiques de choisir entre revoir l’âge de la retraite, baisser le niveau des pensions et augmenter les cotisations sociales – ou tout mélange de ces trois options. Il s’agit bien entendu d’un choix politique difficile. Il serait toutefois dangereux de se cacher derrière des évaluations budgétaires trop favorables ou des artifices comptables pour éviter d’effectuer les choix nécessaires.


1946 ◽  
Vol 1 (2) ◽  
pp. 143-153
Author(s):  
Abbé Lestocquoy ◽  
Georges Espinas
Keyword(s):  
Il Y A ◽  

Les études sur l'origine de la classe dirigeante des villes du moyen âge, ce curieux patriciat urbain, sont très peu avancées on France : le seul pays où l'on ait fait des recherches importantes sur ce sujet est l'Allemagne ; pour l'Italie, les documents, nombreux, n'ont pas donné lieu à des études de caractère général : les articles , parus dans cette revue, sur Venise et Gênes, si intéressants soient-ils, ne conslituent que des travaux d'approche.J'ai essayé de résoudre le problème pour Arras, où des documents littéraires donnent — comme à Florence — des lumières particulières. A leur étude, j'ai senti mes idées se transformer. J'avais été, comme beaucoup, enchanté par la simple et limpide clarté des synthèses de Pirenne, de ces livres si beaux qu'ils avaient éveillé en moi, il y a quinze ans, le désir d'apporter ma contribution à l'histoire sociale.


2009 ◽  
Vol 4 (1) ◽  
pp. 45-61 ◽  
Author(s):  
Marie-Josée Legault ◽  
Stéphanie Chasserio

Sommaire Il y a peu de femmes chez les professionnels qualifiés des services technologiques aux entreprises, métiers de l’informatique, en Europe comme en Amérique. Le mode d’organisation du travail qu’on y pratique est celui de la gestion par projets, qui a de multiples conséquences en termes de conditions de travail : l’importance des longues heures et la résistance à la réduction du temps de travail, les heures supplémentaires non payées, la très grande flexibilité exigée des employés, les aménagements d’heure ou de lieu de travail sujets à négociation avec le chef de projet, selon des critères arbitraires. Les femmes sont celles que défavorise un tel système, car on observe un lien entre la flexibilité à cet égard et le fait d’avoir la responsabilité principale des enfants.


2010 ◽  
Vol 14 (1) ◽  
pp. 87-102
Author(s):  
Jean Lauxerois

La notion d’« écoute structurelle », qui apparaît dans Introduction à la sociologie de la musique, a donné lieu à une masse de commentaires qui sont autant de malentendus. Loin de faire d’une telle écoute son credo définitif, la pensée d’Adorno en effet s’est considérablement enrichie voire infléchie sur ce point. Mais il se révèle surtout qu’elle est moins une pensée de l’« écoute » que de « l’ouïr » musical, et qu’elle démobilise elle-même le privilège que la traduction du verbe hören accorde indûment, en français, au terme « écoute ». Entre écouter, entendre et ouïr, il y a une radicale différence des sens, que ce privilège oblitère. On récusera du même coup qu’il y ait une essence invariante de l’écoute, celle d’un « sujet » également invariant. La promotion moderne de l’écoute, liée à l’apparition technique de « l’écouteur », répond au devenir métaphysique du sujet occidental et de son « oto-nomie », symptôme d’un « malaise dans l’écoute » qui serait l’une des formes de celui que Freud explore de la culture. C’est au contraire au défaut du sujet et de sa finitude que peut se situer la vérité de l’ouïr. L’oreille relève ainsi d’une temporalité, dont La Recherche du temps perdu montre qu’elle est le coeur du fait que le sujet entend toujours « à l’envers » : pour se résorber et se construire temporellement, techniquement, « à l’oeuvre ».


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