scholarly journals À bon entendeur

2010 ◽  
Vol 14 (1) ◽  
pp. 87-102
Author(s):  
Jean Lauxerois

La notion d’« écoute structurelle », qui apparaît dans Introduction à la sociologie de la musique, a donné lieu à une masse de commentaires qui sont autant de malentendus. Loin de faire d’une telle écoute son credo définitif, la pensée d’Adorno en effet s’est considérablement enrichie voire infléchie sur ce point. Mais il se révèle surtout qu’elle est moins une pensée de l’« écoute » que de « l’ouïr » musical, et qu’elle démobilise elle-même le privilège que la traduction du verbe hören accorde indûment, en français, au terme « écoute ». Entre écouter, entendre et ouïr, il y a une radicale différence des sens, que ce privilège oblitère. On récusera du même coup qu’il y ait une essence invariante de l’écoute, celle d’un « sujet » également invariant. La promotion moderne de l’écoute, liée à l’apparition technique de « l’écouteur », répond au devenir métaphysique du sujet occidental et de son « oto-nomie », symptôme d’un « malaise dans l’écoute » qui serait l’une des formes de celui que Freud explore de la culture. C’est au contraire au défaut du sujet et de sa finitude que peut se situer la vérité de l’ouïr. L’oreille relève ainsi d’une temporalité, dont La Recherche du temps perdu montre qu’elle est le coeur du fait que le sujet entend toujours « à l’envers » : pour se résorber et se construire temporellement, techniquement, « à l’oeuvre ».

1980 ◽  
Vol 32 (3) ◽  
pp. 531-558 ◽  
Author(s):  
Hervé Queffélec
Keyword(s):  
Il Y A ◽  

Il y a en mathématiques plusieurs théorèmes d'existence: ceux liés à la notion de point fixe (théorème des fonctions implicites, solution locale des équations différentielles y’= f(x, y)) ou ceux liés à la notion de cardinalité (théorèmes de Chevalley et Warning, de Sylow, existence de nombres réels transcendants) par exemple. Nous nous intéressons ici exclusivement à deux sortes de théorèmes d'existence: ceux liés au théorème de Baire (méthodes quasi-sûres) et ceux liés à la théorie des probabilités (méthodes presque sûres). Ces deux méthodes ont déjà donné lieu à de nombreux théorèmes: existence de fonctions continues partout sans dérivée, existence de fonctions C∞partout non analytiques, existence d'ensembles de Kronecker parfaits (Kaufman) par le quasi-sûr, existence de réels t tels que (tn) soit équirépartie modulo 1 (Koksma), existence de nombres normaux au sens de Borel, existence d'ensembles de nonsynthèse par le presque sûr, etc …


2004 ◽  
Vol 28 (1) ◽  
pp. 127-144 ◽  
Author(s):  
Bernard Bernier
Keyword(s):  
Il Y A ◽  

Résumé L’auteur se demande s’il est possible de développer des techniques industrielles adaptées aux humains dans le capitalisme actuel. Le développement industriel capitaliste a donné lieu à des systèmes techniques, tels le taylorisme et le fordisme, fondés sur la subordination des humains aux machines. Pour Marx, cette subordination faisait partie intégrante des structures du capitalisme, fondé sur la rentabilité. Certains auteurs ont tenté de briser cette subordination, même dans le cadre du capitalisme, en imaginant des techniques, fondées sur l’informatique, qui requalifieraient le travail industriel. D’autres ont vu dans la mise en place de nouveaux systèmes dans les industries japonaises (systèmes Toyota et Fujitsu) des exemples de techniques industrielles différentes, qui redonneraient le contrôle des machines aux humains. En examinant de plus près l’utilisation japonaise des techniques industrielles, cet article en arrive à une conclusion mitigée : il y a des possibilités, mais limitées, de développement de techniques adaptées aux capacités humaines dans le capitalisme.


Author(s):  
Vincent Bodart ◽  
David De la Croix

Contrairement à ce que certaines personnes pourraient croire, notamment certains Ministres du Gouvernement actuel, l’enjeu principal pour les finances publiques de la Belgique n’est pas d’avoir un équilibre budgétaire à court terme. Le véritable enjeu, c’est la situation des finances publiques à long terme. En effet, au cours des prochaines années, les finances de l’Etat seront mises sévèrement sous pression par le choc démographique lié au vieillissement de la population. L’ampleur de l’impact budgétaire du choc démographique est souvent mesurée par ce que les spécialistes appellent «le coût budgétaire du vieillissement». La mesure de ce coût est un problème éminemment technique, mais elle a des implications importantes sur les choix politiques. Ainsi, il y a un an, le Comité d’Etude sur le Vieillissement (CEV) estimait le coût budgétaire du vieillissement d’ici 2030 à 2,6 % du PIB dans le pire des scénarios et concluait que la baisse des charges d’intérêt sur la dette publique serait suffisante pour couvrir ce coût. Il y a quelques mois, son appréciation était nettement moins optimiste : le coût budgétaire était estimé à plus de 4 % du PIB, et une stratégie beaucoup plus active était recommandée. Ce revirement soudain dans les estimations et les recommandations du CEV montre combien une stratégie budgétaire, que certains croyaient jadis solide et adaptée, peut apparaître fragile le lendemain, notamment parce que le cadre macroéconomique a soudainement changé. Dans le dernier numéro de Regards Economiques (n°16), nous remettons en cause la stratégie budgétaire actuelle au travers de quatre questions déplaisantes. La constitution du Fonds de vieillissement garantit-elle les droits à la pension ?  Alors que le Fonds de vieillissement constitue un élément important de la stratégie du gouvernement pour affronter le choc démographique des années à venir, il ne pourra véritablement remplir la mission pour laquelle il a été créé qu'en cas de réduction accélérée de la dette publique. Ce n'est en effet que dans ce cas que le Fonds de vieillissement pourra compter sur un financement structurel et durable. En outre, sa création n'étaient pas véritablement nécéssaire pour faire face à l'impact budgétaire du vieillissement, car il s'agit simplement d'une manière particulière de réduire la dette publique. Il aurait été plus transparent de se fixer un objectif en termes de dette publique. Au delà de son inutilité de principe, le Fonds de vieillissement peut exercer un effet néfaste sur les décideurs politiques et les citoyens en leur laissant croire que le problème du vieillissement est réglé.  La réforme fiscale risque-t-elle de compromettre la situation des finances publiques à long-terme ? La réponse à cette question est moins tranchée et donne lieu à un débat entre ceux qui estiment que la réforme est préjudiciable à la réduction de la dette publique et ceux qui y voient une manière intéressante de relancer la croissance. Pour ces derniers, néanmoins, si la réforme fiscale s’effectue sans une amélioration structurelle des finances publiques, on peut craindre qu’il faille tôt ou tard faire marche arrière, sans quoi les moyens budgétaires disponibles pour couvrir le coût du vieillissement seront insuffisants. Peut-on espérer une réduction structurelle du chômage qui atténue le coût budgétaire du vieillissement ?Toutes les estimations officielles du coût du vieillissement se basent sur l’hypothèse que, d’ici 2030, le taux de chômage de l’économie belge aura spontanément diminué de moitié. L’argument évoqué repose sur une diminution de la population active couplée à un maintien du nombre d’emplois disponibles. Cette approche est particulièrement naïve et n’est conforme à aucun des modèles économiques sérieux connus actuellement. Dans le long terme, le taux de chômage dépend des caractéristiques structurelles de l’économie et non de la taille de la population active. Selon nous, rien ne permet donc de penser que le taux de chômage diminuera substantiellement au cours des prochaines années. Au contraire, il se pourrait même qu’il reste pour longtemps à son niveau actuel. La croissance économique pourrait-elle rester faible pour longtemps ? Une croissance économique élevée sur le long terme permettrait certainement à la Belgique de supporter plus facilement le coût budgétaire du vieillissement. Les projections officielles extrapolent un taux de croissance autour de 1,75 % - 2 % par an jusqu’en 2030. Rien n’exclut cependant une scénario «catastrophe» où la croissance resterait molle pour longtemps, disons autour de 1 % par an. Le vieillissement de la population pourrait en effet exercer des conséquences négatives sur le dynamisme de notre économie, et sur sa capacité à innover. En outre, d’un point de vue historique, il apparaît que les années de croissance soutenue à 2 % sont limitées à des sous-périodes précises, ce qui rend une extrapolation automatique vers 2030 hasardeuse. Selon nous, en poursuivant la stratégie actuelle, le risque est grand que les moyens budgétaires disponibles pour faire face aux différentes obligations de l’Etat soient insuffisants. Un stratégie plus crédible pour absorber le choc démographique imposera tôt ou tard aux décideurs politiques de choisir entre revoir l’âge de la retraite, baisser le niveau des pensions et augmenter les cotisations sociales – ou tout mélange de ces trois options. Il s’agit bien entendu d’un choix politique difficile. Il serait toutefois dangereux de se cacher derrière des évaluations budgétaires trop favorables ou des artifices comptables pour éviter d’effectuer les choix nécessaires.


2020 ◽  
Vol 5 (5) ◽  
pp. 329-338 ◽  
Author(s):  
L. CONAN ◽  
J.P. MÉTAYER ◽  
M. LESSIRE ◽  
J.L. WIDIEZ

Il y a une dizaine d’années débutaient des enquêtes annuelles sur la qualité des céréales. Elles ont été réalisées dans des régions à forte production et ont porté sur la composition chimique et l’évaluation de la teneur en énergie métabolisable pour les volailles (EM). Blé, orge et maïs ont fait l’objet respectivement de 11, 6 et 8 enquêtes. Ce nombre est de 4 pour le sorgho, l’avoine, le seigle et le triticale. Les moyennes suivantes ont été obtenues pour l’EM (kcal/kg MS) : sorgho : 3844, maïs : 3726, blé : 3458, triticale : 3411, orge de printemps 2R : 3227, orge d’hiver 2R : 3207, escourgeon : 3132, seigle : 3131, avoine blanche : 2879, avoine noire : 2660. Le coefficient de variation entre années a été de 1,19 % pour le blé, 1,46 % pour l’orge de printemps, 1,68 % pour l’orge d’hiver, 1,93 % pour l’escourgeon et 0,70 % pour le maïs. Un effet significatif entre années a été mis en évidence pour l’EM de ces céréales sur coqs adultes. L’origine géographique des échantillons n’a pas donné lieu à des écarts significatifs entre EM d’une zone de production à l’autre, quelle que soit la céréale. La recherche d’équations de prédiction de la valeur de l’EM à partir des valeurs disponibles de la composition chimique a pu aboutir seulement pour l’avoine et le sorgho.  


Author(s):  
Vincent Bodart ◽  
David De la Croix

Contrairement à ce que certaines personnes pourraient croire, notamment certains Ministres du Gouvernement actuel, l’enjeu principal pour les finances publiques de la Belgique n’est pas d’avoir un équilibre budgétaire à court terme. Le véritable enjeu, c’est la situation des finances publiques à long terme. En effet, au cours des prochaines années, les finances de l’Etat seront mises sévèrement sous pression par le choc démographique lié au vieillissement de la population. L’ampleur de l’impact budgétaire du choc démographique est souvent mesurée par ce que les spécialistes appellent «le coût budgétaire du vieillissement». La mesure de ce coût est un problème éminemment technique, mais elle a des implications importantes sur les choix politiques. Ainsi, il y a un an, le Comité d’Etude sur le Vieillissement (CEV) estimait le coût budgétaire du vieillissement d’ici 2030 à 2,6 % du PIB dans le pire des scénarios et concluait que la baisse des charges d’intérêt sur la dette publique serait suffisante pour couvrir ce coût. Il y a quelques mois, son appréciation était nettement moins optimiste : le coût budgétaire était estimé à plus de 4 % du PIB, et une stratégie beaucoup plus active était recommandée. Ce revirement soudain dans les estimations et les recommandations du CEV montre combien une stratégie budgétaire, que certains croyaient jadis solide et adaptée, peut apparaître fragile le lendemain, notamment parce que le cadre macroéconomique a soudainement changé. Dans le dernier numéro de Regards Economiques (n°16), nous remettons en cause la stratégie budgétaire actuelle au travers de quatre questions déplaisantes. La constitution du Fonds de vieillissement garantit-elle les droits à la pension ?  Alors que le Fonds de vieillissement constitue un élément important de la stratégie du gouvernement pour affronter le choc démographique des années à venir, il ne pourra véritablement remplir la mission pour laquelle il a été créé qu'en cas de réduction accélérée de la dette publique. Ce n'est en effet que dans ce cas que le Fonds de vieillissement pourra compter sur un financement structurel et durable. En outre, sa création n'étaient pas véritablement nécéssaire pour faire face à l'impact budgétaire du vieillissement, car il s'agit simplement d'une manière particulière de réduire la dette publique. Il aurait été plus transparent de se fixer un objectif en termes de dette publique. Au delà de son inutilité de principe, le Fonds de vieillissement peut exercer un effet néfaste sur les décideurs politiques et les citoyens en leur laissant croire que le problème du vieillissement est réglé.  La réforme fiscale risque-t-elle de compromettre la situation des finances publiques à long-terme ? La réponse à cette question est moins tranchée et donne lieu à un débat entre ceux qui estiment que la réforme est préjudiciable à la réduction de la dette publique et ceux qui y voient une manière intéressante de relancer la croissance. Pour ces derniers, néanmoins, si la réforme fiscale s’effectue sans une amélioration structurelle des finances publiques, on peut craindre qu’il faille tôt ou tard faire marche arrière, sans quoi les moyens budgétaires disponibles pour couvrir le coût du vieillissement seront insuffisants. Peut-on espérer une réduction structurelle du chômage qui atténue le coût budgétaire du vieillissement ?Toutes les estimations officielles du coût du vieillissement se basent sur l’hypothèse que, d’ici 2030, le taux de chômage de l’économie belge aura spontanément diminué de moitié. L’argument évoqué repose sur une diminution de la population active couplée à un maintien du nombre d’emplois disponibles. Cette approche est particulièrement naïve et n’est conforme à aucun des modèles économiques sérieux connus actuellement. Dans le long terme, le taux de chômage dépend des caractéristiques structurelles de l’économie et non de la taille de la population active. Selon nous, rien ne permet donc de penser que le taux de chômage diminuera substantiellement au cours des prochaines années. Au contraire, il se pourrait même qu’il reste pour longtemps à son niveau actuel. La croissance économique pourrait-elle rester faible pour longtemps ? Une croissance économique élevée sur le long terme permettrait certainement à la Belgique de supporter plus facilement le coût budgétaire du vieillissement. Les projections officielles extrapolent un taux de croissance autour de 1,75 % - 2 % par an jusqu’en 2030. Rien n’exclut cependant une scénario «catastrophe» où la croissance resterait molle pour longtemps, disons autour de 1 % par an. Le vieillissement de la population pourrait en effet exercer des conséquences négatives sur le dynamisme de notre économie, et sur sa capacité à innover. En outre, d’un point de vue historique, il apparaît que les années de croissance soutenue à 2 % sont limitées à des sous-périodes précises, ce qui rend une extrapolation automatique vers 2030 hasardeuse. Selon nous, en poursuivant la stratégie actuelle, le risque est grand que les moyens budgétaires disponibles pour faire face aux différentes obligations de l’Etat soient insuffisants. Un stratégie plus crédible pour absorber le choc démographique imposera tôt ou tard aux décideurs politiques de choisir entre revoir l’âge de la retraite, baisser le niveau des pensions et augmenter les cotisations sociales – ou tout mélange de ces trois options. Il s’agit bien entendu d’un choix politique difficile. Il serait toutefois dangereux de se cacher derrière des évaluations budgétaires trop favorables ou des artifices comptables pour éviter d’effectuer les choix nécessaires.


1946 ◽  
Vol 1 (2) ◽  
pp. 143-153
Author(s):  
Abbé Lestocquoy ◽  
Georges Espinas
Keyword(s):  
Il Y A ◽  

Les études sur l'origine de la classe dirigeante des villes du moyen âge, ce curieux patriciat urbain, sont très peu avancées on France : le seul pays où l'on ait fait des recherches importantes sur ce sujet est l'Allemagne ; pour l'Italie, les documents, nombreux, n'ont pas donné lieu à des études de caractère général : les articles , parus dans cette revue, sur Venise et Gênes, si intéressants soient-ils, ne conslituent que des travaux d'approche.J'ai essayé de résoudre le problème pour Arras, où des documents littéraires donnent — comme à Florence — des lumières particulières. A leur étude, j'ai senti mes idées se transformer. J'avais été, comme beaucoup, enchanté par la simple et limpide clarté des synthèses de Pirenne, de ces livres si beaux qu'ils avaient éveillé en moi, il y a quinze ans, le désir d'apporter ma contribution à l'histoire sociale.


2005 ◽  
Vol 29 (1) ◽  
pp. 231-245
Author(s):  
Udo Mayer
Keyword(s):  
Il Y A ◽  

Dans la plupart des pays européens, on a, ces dernières années, assoupli la protection législative de l'emploi, de manière à faciliter à l'employeur le recrutement du personnel par divers procédés. Cette nouvelle législation n'offre qu'une protection de second ordre à ceux dont l'engagement n'est que pour une durée déterminée, aux employés à temps partiel, de même qu'aux personnes dont les services sont proposés par des entreprises de personnel temporaire. Le recours à de telles catégories de personnel offre, certes, de multiples avantages à l'employeur. Par exemple, il diminue ses indemnités de licenciement ; il n'a pas, non plus, à payer un personnel trop considérable dans des périodes de sous-emploi. Par contre, la libéralisation de l'emploi précaire suscite différents problèmes. Elle tend à créer deux classes d'employés. D'une part, il y a ceux qui jouissent de la sécurité d'emploi : leur travail est stable, bien rémunéré et donne lieu à des avantages sociaux significatifs ; d'autre part, il y a le travail de « seconde zone », mal payé, précaire et pratiquement dénué d'avantages sociaux. Tels sont les effets de la loi dite, non sans euphémisme, Loi en vue de promouvoir l'emploi, adoptée en 1985 en R.F.A. Les syndicats s'opposent à l'implantation de telles normes d'emploi inéquitables. Ils tendent, par voie de négociation collective, à assurer un traitement égal pour l'ensemble des travailleurs, en particulier, par la réduction du temps de travail. Mais cette politique syndicale pourrait bien se révéler impuissante à contrer le fractionnement du travail. Une politique gouvernementale favorisant activement l'emploi, y compris le retour à une protection véritable de l'emploi, doit la compléter.


Dialogue ◽  
1967 ◽  
Vol 6 (1) ◽  
pp. 103-113
Author(s):  
A. Shalom
Keyword(s):  
Il Y A ◽  

Depuis ses premiers écrits, qui datent de 1913, jusqu'à ses derniers écrits publiés, qui datent d'environ 1949, le principal souci de Wittgenstein a été le rapport entre signes, symboles, mots, propositions … d'un c⊚té, et, de l'autre, le réel, le monde, ce-quien- est … qui est exprimé par ces signes, symboles, mots, propositions. Cependant, durant cette longue période il y a eu une dichotomie, un clivage, dans la pensée de Wittgenstein, clivage tel que l'on a même parlé d'un « premier » Wittgenstein et d'un « second » Wittgenstein. En fait, il s'agit peut-être moins d'un clivage que de l'abandon, durant la seconde période, d'une présupposition métaphysique, abandon qui a donné lieu à une tentative, de la part de Wittgenstein, de reformuler sa pensée indépendamment de cette présupposition. Au centre du Tractatus se trouve la présupposition que « la logique remplit le monde », que la structure du monde est fondamentalement une question de logique, et que la nature essentielle de la pensée est également une question de logique: il nous est impossible, écrit Wittgenstein, de penser de manière illogique.


1999 ◽  
Vol 131 (2) ◽  
pp. 282-282

RésuméIl y a maintenant plus de 85 ans, la Légionnaire bertha s’est révélée un insecte très nuisible aux entreprises agricoles dans l’ouest canadien et, depuis ce temps, des invasions se produisent à intervalles réguliers. La première invasion a été enregistrée en 1944 en Saskatchewan dans la nouvelle culture, le colza. L’exploitation de plus en plus fréquente du colza comme plante potagère a donné lieu à une augmentation considérable des dommages économiques causés par la légionnaire et a suscité l’usage de plus en plus répandu d’insecticides dans une tentative de lutte contre cet insecte ravageur. La découverte d’une phéromone spécifique à l’espèce et la mise au point d’un système de détection des adultes à la fin des années ’70 et au début des années ’80 a donné lieu à la conception d’une méthode permettant aux producteurs de prévoir très tôt les risques de dommages aux récoltes. En même temps, des méthodes d’estimation des populations de larves ont été élaborées, mais ces méthodes ont besoin d’être raffinées de manière à les rendre aptes à fournir une indication plus juste des risques de ravage dans les cultures de colza. La lutte contre la Légionnaire bertha est pour le moment fondée en grande partie sur l’utilisation d’insecticides chimiques, d’où la nécessité de mettre au point des stratégies de lutte intégrée.[Traduit au bureau de la Rédaction]


Author(s):  
Outi Kalla ◽  
Jarl Wahlström ◽  
Jukka Aaltonen ◽  
Juha Holma ◽  
Pentti Tuimala ◽  
...  

Identifier avec précision les troubles schizophréniques a toujours été un problème complexe et controversé. Les caractéristiques psychologiques de la schizophrénie ont donné lieu à un volume considérable de travaux et de débats. Ces dernières années sont apparus un nombre croissant d'articles portant sur les différences et similitudes des manifestations de la psychose selon les cultures, partant de l'idée que les caractéristiques de personnalité nationales pourraient contribuer aux tableaux psychopathologiques. Le but premier de cette étude est de mieux comprendre les troubles psychotiques par l'investigation de la structure de personnalité et du fonctionnement de patients faisant un premier épisode psychotique. Le second objectif est de décrire les différences et similitudes observées dans les réponses au Rorschach de patients finlandais et espagnols afin de mettre en évidence des caractéristiques nationales et de contribuer ainsi à la recherche Rorschach interculturelle. Ont été inclus 41 protocoles de patients finlandais hospitalisés de manière consécutive pour premier épisode psychotique, et 32 en Espagne. Le travail a porté sur un certain nombre d'indicateurs de difficultés d'ajustement tirés du résumé formel du Rorschach en Système intégré ( Weiner & Exner, 1991 ). Tous les patients avaient été diagnostiqués comme schizophrènes ou souffrant d'autres troubles fonctionnels psychotiques non affectifs selon le DSM-IV. Les Rorschach ont été administrés en Système intégré aussitôt que possible après leur admission mais après la phase aiguë. La comparaison des groupes finlandais et espagnol, loin de montrer des différences significatives, étaient similaires sur beaucoup de points. Ces résultats confirment des données déjà bien établies sur les structures et mécanismes des patients psychotiques, mais ils en interrogent d'autres. Les patients obtiennent plus de styles ambiéquaux et moins d'introversifs que prévu. Beaucoup d'entre eux manquent de compétences sociales, d'intérêt pour les relations interpersonnelles et semblent avoir une vie sociale insatisfaisante. On observe des signes de difficultés dans le contrôle émotionnel et de modulation des affects, des traits dépressifs, une détresse émotionnelle, et peu de capacités de coping. Les résultats soulignent la notion que les problèmes affectifs et les traits dépressifs devraient être considérés comme un élément important dans un premier épisode psychotique, et ils confirment la présence de déficits cognitifs survenants tôt dans l'histoire d'un trouble psychotique. On a rencontré moins de dysfonctionnements idéationnels que prévu. Les deux groupes de patients se différenciaient sur certaines variables Rorschach, en particulier celles qui concernent la perception de soi. Les patients finlandais sont plus souvent centrés sur eux-mêmes de faç on excessive, plus préoccupés d'eux-mêmes et plus enclins M l'introspection. La majorité des patients espagnols manifestent un sentiment de valeur de soi négatif. Ils disposent de moins de ressources et ont plus souvent des déficits en capacité de coping. En admettant que ces résultats sont dus à des différences dans les caractéristiques de personnalité des patients psychotiques en Finlande et en Espagne, plutôt que des différences nationales dans la manifestation au Rorschach de structures de personnalité en fait identiques, alors ces données pourraient bien nous permettre de repérer des différences interculturelles de personnalité. Toutefois, l'impact des facteurs culturels est difficile M évaluer, surtout s'agissant d'une psychopathologie aussi sévère que la psychose, et la seule faç on d'avancer dans la compréhension de cette question serait de recueillir plus de données Rorschach interculturelles sur des patients psychotiques.


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