scholarly journals Vieillir au Québec : d’une génération à l’autre

2006 ◽  
Vol 14 (1) ◽  
pp. 191-198 ◽  
Author(s):  
Guillème Pérodeau

Résumé Au cours du prochain siècle, le troisième âge sera différent de ce qu'il est aujourd'hui sur plusieurs points. II comprendra une tranche de la population proportionnellement plus importante, un plus grand nombre de femmes assez autonomes, des personnes plus scolarisées et plus sensibilisées aux problèmes associés à la vieillesse. Ce constat, doublé du fait que l'Etat ne sera pas à même de gérer autant la vieillesse de demain (services sociaux et médicaux) que celle d'aujourd'hui, nous conduit à préconiser une nouvelle problématique de la vieillesse. Celle-ci ne viserait pas à l'ajustement de l'individu à la vieillesse, mais plutôt à la prise en main de son devenir en tant que personne âgée. Nous recommandons une approche théorique basée sur une perspective dynamique de la vieillesse qui saisirait le vécu de l'individu, non pas à un point donné de sa vie (passage à la vieillesse), mais à partir de son cheminement antérieur.

Author(s):  
Sylvie Jutras ◽  
France Veilleux

RÉSUMÉDe nombreuses recherches concluent que les aidants naturels de personnes âgées en perte d'autonomie éprouvent un fardeau associé à leur situation. Les principaux facteurs influençant ce fardeau sont ici passés en revue et regroupés en quatre catégories: variables liées aux tâches effectuées par l'aidant, caractéristiques de la personne âgée, caractéristiques de l'aidant et variables interactionnelles caractérisant la relation entre l'aidant et l'aidé. L'article présente les résultats d'une recherche conduite auprès d'un échantillon représentatif des aidants québécois de personnes âgées en perte d'autonomie (n = 294). Selon cette analyse, le degré d'assistance fournie, l'aide pour les activités de la vie quotidienne et l'interaction avec les professionnels du réseau de soins formel sont associés au fardeau ressenti. De plus, le degré d'autonomie et l'état de santé de la personne aidée, de même que l'âge de l'aidant influencent le fardeau. Les variables interactionnelles influençant le fardeau sont: la proximité du lien de parenté entre l'aidant et l'aidé, le degré de responsabilité assumée par l'aidant, la cohabitation, ainsi que l'assistance fournie par les autres membres du réseau personnel. Ces résultats appuient plusieurs conclusions des travaux antérieurs, suggérant ainsi que les principaux facteurs associés au fardeau pourraient être similaires, peu importe le pattern ou le contexte de la situation aidant/aidé au plan de la culture (l'échantillon est québécois), du statut de l'aidant (principal ou secondaire) et du degré ou du type d'incapacité de l'aidé. Les résultats de cette recherche sont finalement discutés dans la perspective des tendances sociales à venir et des implications concrètes qu'ils soulèvent pour la planification des services sociaux et de santé.


2014 ◽  
Vol 29 (S3) ◽  
pp. 618-618
Author(s):  
B. Houbin ◽  
V. Fouilleron ◽  
M. Pichard ◽  
A. Rauzy

IntroductionL’équipe mobile de psychiatrie de la personne âgée (EMPPA Ouest 94), du groupe hospitalier Paul-Guiraud de Villejuif, intervient auprès des personnes de 60 ans et plus, résidant une des 15 communes de l’ouest du Val-de-Marne. Elle fonctionne de manière intersectorielle, mobilisant conjointement le psychiatre, l’infirmière de l’équipe et un infirmier du CMP du lieu de domiciliation, préalablement déterminé au sein de chacun des huit CMP du territoire.Matériel et méthodeCette étude descriptive s’étendant du 1er janvier 2012 au 31 décembre 2013, inclut 23 patients présentant un syndrome de Diogène selon les critères de Clark (comportement caractérisé par une négligence de l’hygiène corporelle et de l’habitat, associé à une accumulation d’objets divers et un isolement).RésultatsParmi les patients, 73,9 % sont des femmes. L’âge moyen est de 75,1 ans; 82,6 % vivent seuls à domicile; 73,9 % présentent une comorbidité somatique, seuls 21,7 % ont un médecin traitant; 82,6 % n’ont pas d’antécédents psychiatriques connus. Les signalements proviennent majoritairement des services sociaux et des centres locaux d’information et de coordination (CLIC) du territoire. Aucune pathologie n’est retrouvée dans 34,8 % des cas. Les diagnostics cliniques les plus fréquemment posés sont les troubles de l’humeur (26,1 %), les troubles démentiels (17,4 %) et les troubles psychotiques (13 %). Concernant les prises en charge proposées, 39,1 % des patients sont orientés vers un suivi psychiatrique ambulatoire, 13 % vers une consultation gériatrique. Une veille sanitaire a été instaurée dans 17,4 % des cas. Trois patients ont été hospitalisés (2 en psychiatrie, 1 en gériatrie). Une protection juridique a été indiquée dans 30,4 % des cas.ConclusionsLes résultats sont comparables aux données de la littérature. L’équipe mobile, au travers d’interventions à domicile, facilite l’évaluation et l’accès aux soins des patients présentant un syndrome de Diogène.


2006 ◽  
Vol 30 (2) ◽  
pp. 301-320 ◽  
Author(s):  
Myriam Dubé ◽  
Maryse Rinfret-Raynor ◽  
Christine Drouin

Résumé La violence conjugale, longtemps considérée comme un problème privé, est maintenant perçue comme un problème social répandu. Ses effets néfastes sur les femmes, les couples, les enfants et la société sont maintenant mieux connus des différents réseaux d’intervention qui sont dès lors appelés à travailler ensemble afin de développer des approches plus complémentaires basées sur une compréhension commune du problème. Une analyse des mécanismes de concertation intersectorielle mis en place au Québec a été entreprise auprès des intervenants et intervenantes offrant des services en violence conjugale dans différents secteurs du réseau de la santé et des services sociaux (Rondeau et al., 2000). La présente étude est la première qui, à partir d’une démarche qualitative du discours des femmes victimes de violence conjugale et des hommes ayant exercé des comportements violents envers leur conjointe, a permis d’explorer la perception des interventions reçues, de leur cohérence, de leur complémentarité et de leurs effets sur la cessation de la violence et sur le cheminement des individus. Les résultats démontrent, entre autres choses, que les répondants, mais surtout les répondantes, consultent un grand nombre d’intervenants-es qui proviennent d’un nombre aussi grand de ressources. Cependant, la lourdeur de leurs démarches ne vient pas tant du nombre d’organismes fréquentés ou de la trajectoire effectuée à travers ces institutions, mais plutôt d’un manque de coordination intra sectoriel et intersectoriel entre les professionnels-les de ces ressources.


2004 ◽  
Vol 45 (1) ◽  
pp. 77-104 ◽  
Author(s):  
Pierre-Gerlier Forest ◽  
François-Pierre Gauvin ◽  
Élisabeth Martin ◽  
Catherine Perreault ◽  
Julia Abelson ◽  
...  

Résumé Les méthodes de consultation publique qui favorisent la délibération et le dialogue entre citoyens et décideurs ont donné lieu à un grand nombre d’études dans les dernières années. L’expérience de participation analysée dans cet article s’inscrit dans ce courant. Des citoyens de la région de Charlevoix ont été invités à examiner et à débattre du financement des programmes locaux de santé et de services sociaux à l’occasion d’une série de « panels » organisés avec le concours des autorités régionales responsables de l’allocation des budgets dans ces domaines. La recherche visait à évaluer la qualité du processus et des résultats, en fonction de trois critères : la valeur épistémique de la délibération, sa valeur « transformatrice » et sa valeur légitimante. Les données de l’expérience de Charlevoix conduisent notamment à conclure qu’il est possible d’envisager dans l’avenir une réduction de l’écart entre les préférences exprimées par les citoyens et les orientations qui sont arrêtées par les autorités publiques, à condition de respecter un certain nombre de principes dans le choix de la technique participative et dans son utilisation.


2013 ◽  
Vol 28 (S2) ◽  
pp. 83-83
Author(s):  
C. Alezrah ◽  
M. Fraigneau ◽  
Y. Verger ◽  
C. Palix ◽  
C. Girod

L’Équipe Mobile d’Argelès Psychiatrique (EMAP) a vu le jour le 1er septembre 2011. Elle a été financée dans un cadre expérimental, par l’Agence Régionale de Santé du Languedoc-Roussillon. Le projet s’inscrivait dans les travaux du Conseil Local de Santé Mentale (CLSM) d’Argelès-sur-Mer (66700). Il faisait suite à plusieurs constats. Pour de multiples raisons, et notamment du fait de l’augmentation considérable des soins ambulatoires, le nombre des visites à domicile a régulièrement diminué ces dernières années et s’est progressivement recentré sur le suivi de patients connus. D’autre part, il existe un nombre d’hospitalisation d’office historiquement bien plus élevé dans les Pyrénées Orientales que la moyenne nationale (88 hospitalisations d’office pour 100 000 habitants âgés de 20 ans et plus dans les PO contre 25 pour 100 000 habitants au niveau national en 2007. Ce nombre était de 83 pour notre secteur géographique). Les représentants des usagers et des familles étaient très en demande d’interventions rapides dans la communauté. Cette attente faisait écho à celle d’un grand nombre des partenaires du réseau sanitaire (médecins généralistes) mais également social ou médicosocial pour évaluer certaines situations orientées par défaut vers le service des urgences psychiatriques au centre hospitalier de Perpignan. Malgré les efforts de communication et d’information entrepris de longue date, il était noté, dans la pratique quotidienne, l’insuffisance des liens avec les services municipaux, la police, la gendarmerie, les pompiers et parfois les services sociaux pour prévenir les situations de crise. Enfin, l’existence d’une Équipe Mobile Psychiatrie Précarité rattachée au service depuis une quinzaine d’années permettait de s’appuyer sur une expérience déjà solide. Par opposition à notre EMPP qui est intersectorielle, l’EMAP s’est inscrite d’emblée dans une dimension sectorielle, rattachée à part entière à un CMP desservant un territoire de 40 000 habitants. Il s’agit d’une équipe rapidement mobilisable, à la demande des patients, des familles ou des différents partenaires du champ médical, social et judiciaire pour anticiper et évaluer les situations de crise de nature psychiatrique. Au-delà de l’évaluation, elle organise, si besoin, les soins de la manière la plus adaptée. Cette équipe spécialisée, pluridisciplinaire, va :– développer les relations de réseau entre des acteurs pouvant recevoir les mêmes publics mais se connaissant peu ;– intervenir sur signalement pour évaluer les situations de crise susceptibles de relever de réponses psychiatriques ou, ce qui est préférable, pouvant les anticiper.L’expérience des deux premières années de fonctionnement permet de retenir un bilan intéressant, notamment la diminution très sensible des hospitalisations en SDRE sur l’aire géographique desservie et une complémentarité naturelle avec l’activité de CMP classique. Ce bilan sera détaillé dans cette publication.


1994 ◽  
Vol 61 (5) ◽  
pp. 260-268 ◽  
Author(s):  
Louise Demers ◽  
Rhoda Weiss-Lambrou ◽  
Bernadette Ska

En ergothérapie, les aides techniques sont prescrites afin d'augmenter l'indépendance fonctionnelle des personnes et d'améliorer leur qualité de vie. Jusqu'à présent, peu de recherches se sont attardées à décrire les aides techniques utilisées par les personnes âgées vivant à domicile. Dans ce contexte, une étude pilote a été réalisée auprès de 20 personnes âgées ayant des incapacités, dans le but d'évaluer leur utilisation des aides techniques. Les individus ont été interrogés à domicile à deux reprises, à trois mois d'intervalle, suite au congé d'une unité de réadaptation. Les résultats ont démontré qu'un grand nombre d'aides techniques étaient employées pour les transferts et que peu de sujets se servaient des aides techniques pour l'alimentation et les soins de l'apparence. Les résultats sont discutés en tenant compte des besoins de la personne âgée et de l'importance de développer un instrument de mesure concernant la satisfaction des utilisateurs des aides techniques.


2019 ◽  
Vol 38 (03) ◽  
pp. 407-418 ◽  
Author(s):  
Veronique M. Boscart ◽  
Susan McNeill ◽  
Doris Grinspun

RÉSUMÉAu Canada, la prévention et la prise en charge des démences ont atteint un point tournant. Bien que le taux de diagnostic des démences soit encore bas, le nombre de personnes qui en sont atteintes continue d’augmenter. Les politiques canadiennes en matière de soins de santé ont fait en sorte qu’un plus grand nombre de personnes avec démence vivent à la maison, où les soins sont principalement assurés par la famille, des amis ou des proches. Cette Note de politique présente un aperçu d’un document conjoint de l’Association canadienne des infirmières et infirmiers en gérontologie (AIIG) et de l’Association des infirmières et infirmiers autorisés de l’Ontario (AIIAO) devant le Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie. Le document expose le cadre contextuel et les recommandations pour les soins liés à la démence au Canada dans cinq domaines clés : les ressources du système de santé, la formation des prestataires de soins de santé, le logement, les partenaires de soins et l’intégration des soutiens offerts en services sociaux et de santé. Dans le cadre de ces cinq domaines clés, des interventions en matière de santé et de politiques sociales ont été examinées.


2010 ◽  
Vol 194 (4-5) ◽  
pp. 819-831
Author(s):  
Jean Doucet ◽  
Bernard Bauduceau ◽  
Patrice Queneau
Keyword(s):  

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