scholarly journals Étude exploratoire du point de vue des femmes et des hommes sur les services utilisés en matière de violence conjugale 1

2006 ◽  
Vol 30 (2) ◽  
pp. 301-320 ◽  
Author(s):  
Myriam Dubé ◽  
Maryse Rinfret-Raynor ◽  
Christine Drouin

Résumé La violence conjugale, longtemps considérée comme un problème privé, est maintenant perçue comme un problème social répandu. Ses effets néfastes sur les femmes, les couples, les enfants et la société sont maintenant mieux connus des différents réseaux d’intervention qui sont dès lors appelés à travailler ensemble afin de développer des approches plus complémentaires basées sur une compréhension commune du problème. Une analyse des mécanismes de concertation intersectorielle mis en place au Québec a été entreprise auprès des intervenants et intervenantes offrant des services en violence conjugale dans différents secteurs du réseau de la santé et des services sociaux (Rondeau et al., 2000). La présente étude est la première qui, à partir d’une démarche qualitative du discours des femmes victimes de violence conjugale et des hommes ayant exercé des comportements violents envers leur conjointe, a permis d’explorer la perception des interventions reçues, de leur cohérence, de leur complémentarité et de leurs effets sur la cessation de la violence et sur le cheminement des individus. Les résultats démontrent, entre autres choses, que les répondants, mais surtout les répondantes, consultent un grand nombre d’intervenants-es qui proviennent d’un nombre aussi grand de ressources. Cependant, la lourdeur de leurs démarches ne vient pas tant du nombre d’organismes fréquentés ou de la trajectoire effectuée à travers ces institutions, mais plutôt d’un manque de coordination intra sectoriel et intersectoriel entre les professionnels-les de ces ressources.

2004 ◽  
Vol 14 (1) ◽  
pp. 31-47 ◽  
Author(s):  
Gilles Rondeau ◽  
Guylaine Sirois ◽  
Solange Cantin ◽  
Valérie Roy

Résumé Des tables de concertation intersectorielle en violence conjugale sont en place au Québec depuis plus de quinze ans. La politique gouvernementale Prévenir, dépister, contrer la violence conjugale de 1995 a choisi la concertation intersectorielle comme instrument d’action privilégié en la matière. Le présent article présente le profil de ces tables dans les différentes régions du Québec. Ces tables sont composées à la fois d’organismes communautaires et d’établissements des réseaux concernés. L’analyse des données révèle le caractère répandu et hétérogène de la concertation entre les secteurs santé et services sociaux, sécurité publique, justice, éducation et autres.


2010 ◽  
Vol 22 (2) ◽  
pp. 159-175 ◽  
Author(s):  
Dominique Damant ◽  
Catherine Lebossé ◽  
Simon Lapierre ◽  
Sylvie Thibault ◽  
Geneviève Lessard ◽  
...  

Le présent article fait état des résultats d’une recherche qui visait à documenter les expériences de la maternité des femmes vivant dans un contexte de concomitance de violence conjugale et de mauvais traitements envers les enfants. Les résultats présentent le point de vue de ces femmes, notamment en ce qui a trait à l’intervention des services de santé et des services sociaux avec lesquels elles ont été en contact.


2004 ◽  
Vol 45 (1) ◽  
pp. 77-104 ◽  
Author(s):  
Pierre-Gerlier Forest ◽  
François-Pierre Gauvin ◽  
Élisabeth Martin ◽  
Catherine Perreault ◽  
Julia Abelson ◽  
...  

Résumé Les méthodes de consultation publique qui favorisent la délibération et le dialogue entre citoyens et décideurs ont donné lieu à un grand nombre d’études dans les dernières années. L’expérience de participation analysée dans cet article s’inscrit dans ce courant. Des citoyens de la région de Charlevoix ont été invités à examiner et à débattre du financement des programmes locaux de santé et de services sociaux à l’occasion d’une série de « panels » organisés avec le concours des autorités régionales responsables de l’allocation des budgets dans ces domaines. La recherche visait à évaluer la qualité du processus et des résultats, en fonction de trois critères : la valeur épistémique de la délibération, sa valeur « transformatrice » et sa valeur légitimante. Les données de l’expérience de Charlevoix conduisent notamment à conclure qu’il est possible d’envisager dans l’avenir une réduction de l’écart entre les préférences exprimées par les citoyens et les orientations qui sont arrêtées par les autorités publiques, à condition de respecter un certain nombre de principes dans le choix de la technique participative et dans son utilisation.


2006 ◽  
Vol 14 (1) ◽  
pp. 191-198 ◽  
Author(s):  
Guillème Pérodeau

Résumé Au cours du prochain siècle, le troisième âge sera différent de ce qu'il est aujourd'hui sur plusieurs points. II comprendra une tranche de la population proportionnellement plus importante, un plus grand nombre de femmes assez autonomes, des personnes plus scolarisées et plus sensibilisées aux problèmes associés à la vieillesse. Ce constat, doublé du fait que l'Etat ne sera pas à même de gérer autant la vieillesse de demain (services sociaux et médicaux) que celle d'aujourd'hui, nous conduit à préconiser une nouvelle problématique de la vieillesse. Celle-ci ne viserait pas à l'ajustement de l'individu à la vieillesse, mais plutôt à la prise en main de son devenir en tant que personne âgée. Nous recommandons une approche théorique basée sur une perspective dynamique de la vieillesse qui saisirait le vécu de l'individu, non pas à un point donné de sa vie (passage à la vieillesse), mais à partir de son cheminement antérieur.


2013 ◽  
Vol 28 (S2) ◽  
pp. 83-83
Author(s):  
C. Alezrah ◽  
M. Fraigneau ◽  
Y. Verger ◽  
C. Palix ◽  
C. Girod

L’Équipe Mobile d’Argelès Psychiatrique (EMAP) a vu le jour le 1er septembre 2011. Elle a été financée dans un cadre expérimental, par l’Agence Régionale de Santé du Languedoc-Roussillon. Le projet s’inscrivait dans les travaux du Conseil Local de Santé Mentale (CLSM) d’Argelès-sur-Mer (66700). Il faisait suite à plusieurs constats. Pour de multiples raisons, et notamment du fait de l’augmentation considérable des soins ambulatoires, le nombre des visites à domicile a régulièrement diminué ces dernières années et s’est progressivement recentré sur le suivi de patients connus. D’autre part, il existe un nombre d’hospitalisation d’office historiquement bien plus élevé dans les Pyrénées Orientales que la moyenne nationale (88 hospitalisations d’office pour 100 000 habitants âgés de 20 ans et plus dans les PO contre 25 pour 100 000 habitants au niveau national en 2007. Ce nombre était de 83 pour notre secteur géographique). Les représentants des usagers et des familles étaient très en demande d’interventions rapides dans la communauté. Cette attente faisait écho à celle d’un grand nombre des partenaires du réseau sanitaire (médecins généralistes) mais également social ou médicosocial pour évaluer certaines situations orientées par défaut vers le service des urgences psychiatriques au centre hospitalier de Perpignan. Malgré les efforts de communication et d’information entrepris de longue date, il était noté, dans la pratique quotidienne, l’insuffisance des liens avec les services municipaux, la police, la gendarmerie, les pompiers et parfois les services sociaux pour prévenir les situations de crise. Enfin, l’existence d’une Équipe Mobile Psychiatrie Précarité rattachée au service depuis une quinzaine d’années permettait de s’appuyer sur une expérience déjà solide. Par opposition à notre EMPP qui est intersectorielle, l’EMAP s’est inscrite d’emblée dans une dimension sectorielle, rattachée à part entière à un CMP desservant un territoire de 40 000 habitants. Il s’agit d’une équipe rapidement mobilisable, à la demande des patients, des familles ou des différents partenaires du champ médical, social et judiciaire pour anticiper et évaluer les situations de crise de nature psychiatrique. Au-delà de l’évaluation, elle organise, si besoin, les soins de la manière la plus adaptée. Cette équipe spécialisée, pluridisciplinaire, va :– développer les relations de réseau entre des acteurs pouvant recevoir les mêmes publics mais se connaissant peu ;– intervenir sur signalement pour évaluer les situations de crise susceptibles de relever de réponses psychiatriques ou, ce qui est préférable, pouvant les anticiper.L’expérience des deux premières années de fonctionnement permet de retenir un bilan intéressant, notamment la diminution très sensible des hospitalisations en SDRE sur l’aire géographique desservie et une complémentarité naturelle avec l’activité de CMP classique. Ce bilan sera détaillé dans cette publication.


2008 ◽  
Vol 20 (2) ◽  
pp. 124-141 ◽  
Author(s):  
Celia Rojas-Viger

Résumé Le Canada et le Québec, sociétés pluriethniques, possèdent des politiques et des programmes de promotion et de prévention pour contrer les violences faites aux femmes, mais reconnaissent que le défi est de taille dans le contexte migratoire. Les immigrantes, confrontées à la violence conjugale, ne disposent souvent pas d’accessibilité culturelle aux services sociaux et de santé ou n’obtiennent pas de réponse adéquate à leurs besoins. Toutefois, certains organismes ont des projets pour leur venir en aide mais ils ne sont pas systématiques. L’article présente les résultats d’une recherche exploratoire, avec approche ethnologique, qui documente la perception de 10 intervenants d’organismes communautaires et institutionnels concernant leurs activités dans le domaine et leur préoccupation pour la promotion et la prévention primaire, même si leurs pratiques concrètes sont surtout centrées sur la prévention secondaire. Maints empêchements les limitent, mais leurs perceptions des réponses promotionnelles et préventives mettent en lumière l’impact de la violence structurelle et de la violence conjugale et orientent les perspectives de renouvellement des pratiques d’intervention sociosanitaire en matière de violence conjugale.


2008 ◽  
Vol 51 (5) ◽  
pp. 599-609 ◽  
Author(s):  
Sarah Wendt ◽  
Jane Boylan

English This article draws on two empirical studies, one with women who had experienced domestic violence and the other with children and young people in public care. It presents reflections by two feminist social workers on how poststructuralism influenced their research practices in social work. French Cet article fait appel à deux études empiriques; la première auprès de femmes victimes de violence conjugale et la seconde auprès d'enfants et d'adolescents pris en charge par les services sociaux. Il présente les réflexions de deux travailleuses sociales féministes sur la façon dont le poststructuralisme a influencé leurs recherches en travail social. Spanish Este artículo llama la atención sobre dos estudios empíricos, uno con mujeres que tuvieron experiencias de violencia doméstica y el otro con niños y gente joven con cuidados públicos. Presenta reflexiones de dos trabajadoras sociales feministas, sobre cómo el post-estructuralismo ha influenciado sus prácticas de investigación en trabajo social.


2019 ◽  
Vol 38 (03) ◽  
pp. 407-418 ◽  
Author(s):  
Veronique M. Boscart ◽  
Susan McNeill ◽  
Doris Grinspun

RÉSUMÉAu Canada, la prévention et la prise en charge des démences ont atteint un point tournant. Bien que le taux de diagnostic des démences soit encore bas, le nombre de personnes qui en sont atteintes continue d’augmenter. Les politiques canadiennes en matière de soins de santé ont fait en sorte qu’un plus grand nombre de personnes avec démence vivent à la maison, où les soins sont principalement assurés par la famille, des amis ou des proches. Cette Note de politique présente un aperçu d’un document conjoint de l’Association canadienne des infirmières et infirmiers en gérontologie (AIIG) et de l’Association des infirmières et infirmiers autorisés de l’Ontario (AIIAO) devant le Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie. Le document expose le cadre contextuel et les recommandations pour les soins liés à la démence au Canada dans cinq domaines clés : les ressources du système de santé, la formation des prestataires de soins de santé, le logement, les partenaires de soins et l’intégration des soutiens offerts en services sociaux et de santé. Dans le cadre de ces cinq domaines clés, des interventions en matière de santé et de politiques sociales ont été examinées.


2017 ◽  
Vol 44 (2) ◽  
pp. 245-267 ◽  
Author(s):  
Chantal Lavergne ◽  
Sonia Hélie ◽  
Claire Malo

La présente étude porte sur le profil des enfants exposés à la violence conjugale signalés aux services de protection de la jeunesse du Québec ainsi que sur la réponse aux besoins d’aide des familles. Elle vise à apporter un éclairage nouveau en distinguant l’exposition à la violence conjugale physique et psychologique de même qu’en incluant des formes directes et indirectes de l’exposition à la violence conjugale physique. L’étude repose sur l’utilisation d’un échantillon représentatif des enfants de moins de 18 ans dont le signalement pour maltraitance ou troubles de comportement a été évalué par les intervenants de la DPJ dans les seize centres jeunesse du Québec. Les résultats font ressortir la lourdeur des situations; l’exposition à la violence conjugale se présente le plus souvent en cooccurrence avec d’autres formes de maltraitance de même qu’avec d’autres difficultés de fonctionnement chez les parents. Les enfants exposés sont également plus jeunes. La situation semble particulièrement complexe dans les cas d’exposition à la violence conjugale psychologique. Le fait que la majorité des familles où il y a violence conjugale ne soit pas référée à des services sociaux adaptés à cette problématique est préoccupant. L’intervention auprès de ces familles nécessite que soit pris en compte non seulement les besoins des enfants, mais également ceux reliés à la victimisation des mères et à la violence du conjoint.


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