Une expérience de consultation publique délibérative dans Charlevoix

2004 ◽  
Vol 45 (1) ◽  
pp. 77-104 ◽  
Author(s):  
Pierre-Gerlier Forest ◽  
François-Pierre Gauvin ◽  
Élisabeth Martin ◽  
Catherine Perreault ◽  
Julia Abelson ◽  
...  

Résumé Les méthodes de consultation publique qui favorisent la délibération et le dialogue entre citoyens et décideurs ont donné lieu à un grand nombre d’études dans les dernières années. L’expérience de participation analysée dans cet article s’inscrit dans ce courant. Des citoyens de la région de Charlevoix ont été invités à examiner et à débattre du financement des programmes locaux de santé et de services sociaux à l’occasion d’une série de « panels » organisés avec le concours des autorités régionales responsables de l’allocation des budgets dans ces domaines. La recherche visait à évaluer la qualité du processus et des résultats, en fonction de trois critères : la valeur épistémique de la délibération, sa valeur « transformatrice » et sa valeur légitimante. Les données de l’expérience de Charlevoix conduisent notamment à conclure qu’il est possible d’envisager dans l’avenir une réduction de l’écart entre les préférences exprimées par les citoyens et les orientations qui sont arrêtées par les autorités publiques, à condition de respecter un certain nombre de principes dans le choix de la technique participative et dans son utilisation.

2002 ◽  
Vol 15 (3) ◽  
pp. 209-219 ◽  
Author(s):  
D. BERTRAND

La spectroscopie proche infrarouge est très couramment utilisée dans un grand nombre d’industries et donne lieu à des applications analytiques très diverses. L’article présente, de manière synthétique, le principe de cette méthode analytique et ses applications dans les industries de l’alimentation animale. Les fondements théoriques de la spectroscopie vibrationnelle sont tout d’abord présentés simplement. Les principes de fonctionnement des spectromètres adaptés aux applications analytiques sont ensuite décrits. Les aspects statistiques de l’établissement d’un étalonnage sont également succinctement exposés. La dernière partie est consacrées aux applications analytiques : dosage des constituants majeurs des aliments, valeur de critères nutritionnels (digestibilité, énergie métabolisable) chez le monogastique et le ruminant.


1902 ◽  
Vol 33 (131) ◽  
pp. 132-143
Author(s):  
A. M.
Keyword(s):  

La VIIe Conférence internationale de la Croix-Rouge s'est réunie à Saint-Pétersbourg, du 29 mai au 4 juin 1902. La plupart des Comités centraux et un grand nombre de gouvernements y étaient représentés, ainsi que le Comité international et divers ordres de chevalerie. Le Comité central russe avait préparé cette conférence avec le plus grand soin, d'abord en présentant sur un grand nombre de questions actuelles des rapports très complets et très étudiés, qui ont servi de base à d'intéressantes discussions et ont donné lieu à des vœux ou à des résolutions importantes, puis en offrant aux délégués qui avaient répondu fort nombreux à son invitation, un si bon accueil, que les souvenirs qu'ils ont remportés chez eux de l'hospitalité russe demeureront ineffaçables.


2014 ◽  
Vol 29 (S3) ◽  
pp. 617-617
Author(s):  
P.L. Plancke

La période précédant la 2e guerre mondiale a vu le nombre de patients psychiatriques croître, du fait de l’augmentation des durées de séjour; après la période particulièrement dramatique de la guerre, s’est développé un fort mouvement de désinstitutionalisation, qui a donné lieu en France, en 1960, à l’invention du secteur de psychiatrie et à une approche communautaire fixant au centre médico-psychologique un rôle central, de primo-accueil, d’évaluation et d’orientation. La fermeture d’un grand nombre de lits à temps complet, le développement des alternatives à l’hospitalisation et le raccourcissement des durées de séjour, qui ont été divisées par 3,7 entre 1980 (106 journées) et 2011 (29 journées), marquent cette nouvelle période, où les réhospitalisations sont devenues plus nombreuses que les primo-hospitalisations.Nous avons utilisé les données du Recueil d’informations médicalisé en psychiatrie (RimP) pour étudier les séjours en hospitalisation psychiatrique complète des habitants du Nord – Pas-de-Calais en 2011 et 2012, apprécier la part des réhospitalisations durant la période et décrire leurs bénéficiaires. Sur 21 784 personnes ayant connu une hospitalisation psychiatrique complète en 2011, on enregistre des taux de réhospitalisation, à 3 mois de 22 %, à 6 mois de 33 % et à 12 mois de 43 %. Parmi ces personnes réhospitalisées dans l’année qui suit le premier séjour, 51 % le sont 1 fois, 22 % 2 fois, 11 % 3 fois, 6 % 4 fois et 11 % 5 fois et plus.À 12 mois, les taux sont plus élevés chez les hommes que chez les femmes, beaucoup plus élevés chez les personnes ayant connu au moins une hospitalisation contrainte et varient inversement à l’âge : de 54,8 % chez les moins de 10 ans à 37,2 % chez les 80 ans et plus. D’importantes variations sont également enregistrées selon les secteurs de psychiatrie (rapport 9e/1er décile = 1,39) et, plus encore, selon les établissements d’hospitalisation (rapport 9e/1er décile = 2,32). Moins de 40 % de réhospitalisation à 12 mois sont enregistrés chez les patients présentant un diagnostic en F4 et en F3; de 40 à 49 % pour les diagnostics F1, F5, et F6; de 50 à 60 % pour les diagnostics F2; de 70 % enfin pour les patients diagnostiqués F8.Une régression logistique (modèle de Cox) fait également apparaître le rôle important du secteur (service) d’hospitalisation : toutes choses étant égales par ailleurs, le risque de réhospitalisation est significativement inférieur – de 1,4 à 1,6 fois moins – dans 3 secteurs de psychiatrie adulte sur les 60 de la région Nord – Pas-de-Calais, alors que pour 11 autres, il est significativement supérieur – de 1,3 à 2,3 fois plus.Notre étude confirme la grande fréquence des réhospitalisations, mais aussi la variabilité de leurs taux, selon les variables étudiées. Elle ne permet pas cependant d’apprécier la valeur de ces nouveaux séjours hospitaliers : indispensables et prévisibles ou fâcheux et marqueurs d’une décompensation.


2006 ◽  
Vol 30 (2) ◽  
pp. 301-320 ◽  
Author(s):  
Myriam Dubé ◽  
Maryse Rinfret-Raynor ◽  
Christine Drouin

Résumé La violence conjugale, longtemps considérée comme un problème privé, est maintenant perçue comme un problème social répandu. Ses effets néfastes sur les femmes, les couples, les enfants et la société sont maintenant mieux connus des différents réseaux d’intervention qui sont dès lors appelés à travailler ensemble afin de développer des approches plus complémentaires basées sur une compréhension commune du problème. Une analyse des mécanismes de concertation intersectorielle mis en place au Québec a été entreprise auprès des intervenants et intervenantes offrant des services en violence conjugale dans différents secteurs du réseau de la santé et des services sociaux (Rondeau et al., 2000). La présente étude est la première qui, à partir d’une démarche qualitative du discours des femmes victimes de violence conjugale et des hommes ayant exercé des comportements violents envers leur conjointe, a permis d’explorer la perception des interventions reçues, de leur cohérence, de leur complémentarité et de leurs effets sur la cessation de la violence et sur le cheminement des individus. Les résultats démontrent, entre autres choses, que les répondants, mais surtout les répondantes, consultent un grand nombre d’intervenants-es qui proviennent d’un nombre aussi grand de ressources. Cependant, la lourdeur de leurs démarches ne vient pas tant du nombre d’organismes fréquentés ou de la trajectoire effectuée à travers ces institutions, mais plutôt d’un manque de coordination intra sectoriel et intersectoriel entre les professionnels-les de ces ressources.


Théologiques ◽  
2006 ◽  
Vol 13 (1) ◽  
pp. 15-41 ◽  
Author(s):  
Roberte N. Hamayon
Keyword(s):  

Résumé Un embarras certain entoure l’usage des termes croire et croyance dans les travaux des anthropologues. L’argument développé ici porte sur l’une des causes de cet embarras : le double sens qu’ont ces termes dans les langues occidentales sous l’influence du christianisme et qui semble caractéristique des religions universalistes. Ce double sens révèle un lien implicite entre objet de croyance et attitude de croyance, la primauté logique revenant à l’attitude et l’objet lui étant subordonné. Il peut en découler que l’objet acquière un statut de Vérité et que l’attitude devienne radicale et systématique, détachée de toute confrontation avec la réalité. L’exemple de la terminologie mongole illustre, par contraste, l’absence d’un tel lien — absence qui caractérise, semble-t-il, un grand nombre de cultures non-occidentales. En effet, les verbes mongols que l’on peut traduire par « croire » s’appliquent exclusivement à l’attitude de croyance, que les Mongols envisagent éventuellement dans son prolongement, c’est-à-dire l’action rituelle à laquelle elle donne lieu. L’absence de renvoi à des objets de croyance donnés apparaît comme une source de souplesse et d’innovation. Elle engendre une dynamique spéculative volontariste qui s’exprime surtout par les procédures divinatoires.


2015 ◽  
Vol 40 (2) ◽  
pp. 121-135 ◽  
Author(s):  
Alain Lesage

Cet essai, rédigé en deux articles compagnons (Partie I & II), est destiné mettre en valeur le service public de cinq psychiatres du Département de psychiatrie de l’Université de Montréal ayant oeuvré au niveau du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) pour les politiques de désinstitutionnalisation et l’organisation des services de psychiatrie communautaire pour les personnes avec des troubles mentaux graves. Il s’agit des Drs Camille Laurin, Denis Lazure, Arthur Amyot, Luc Blanchet et André Delorme. Dans cette première partie, l’essai proposera comme grille de lecture de la recherche sur les services, quatre références, soit les arguments pour des soins dans la communauté des psychiatres et chercheurs britannique et italien, Thornicroft et Tansella ; Les enjeux systémiques dans toute réforme de l’infirmière et chercheure canadienne Paula Goering ; la proposition de régulation du système de santé du chercheur québécois en administration de la santé le Professeur André-Pierre Contandriopoulos ; et enfin la tension structurelle entre le secteur médical et social signalée par le sociologue américain de la santé Leutz. L’essai enchaînera avec un narratif des phases connues de la désinstitutionnalisation, soit la phase asilaire (pré-1960), communautaire (1960-2000) et différentiée (depuis 2000). L’essai signalera la marche inexorable vers un hôpital sans mur, un travail interdisciplinaire, des tensions entre le curatif et la réadaptation et le financement décroissant qui avec une organisation et un leadership contesté ou essoufflé, donne lieu à des déficits que sont la transinstitutionnalisation dans l’itinérance et dans le système judiciaire.


2006 ◽  
Vol 14 (1) ◽  
pp. 191-198 ◽  
Author(s):  
Guillème Pérodeau

Résumé Au cours du prochain siècle, le troisième âge sera différent de ce qu'il est aujourd'hui sur plusieurs points. II comprendra une tranche de la population proportionnellement plus importante, un plus grand nombre de femmes assez autonomes, des personnes plus scolarisées et plus sensibilisées aux problèmes associés à la vieillesse. Ce constat, doublé du fait que l'Etat ne sera pas à même de gérer autant la vieillesse de demain (services sociaux et médicaux) que celle d'aujourd'hui, nous conduit à préconiser une nouvelle problématique de la vieillesse. Celle-ci ne viserait pas à l'ajustement de l'individu à la vieillesse, mais plutôt à la prise en main de son devenir en tant que personne âgée. Nous recommandons une approche théorique basée sur une perspective dynamique de la vieillesse qui saisirait le vécu de l'individu, non pas à un point donné de sa vie (passage à la vieillesse), mais à partir de son cheminement antérieur.


2013 ◽  
Vol 28 (S2) ◽  
pp. 83-83
Author(s):  
C. Alezrah ◽  
M. Fraigneau ◽  
Y. Verger ◽  
C. Palix ◽  
C. Girod

L’Équipe Mobile d’Argelès Psychiatrique (EMAP) a vu le jour le 1er septembre 2011. Elle a été financée dans un cadre expérimental, par l’Agence Régionale de Santé du Languedoc-Roussillon. Le projet s’inscrivait dans les travaux du Conseil Local de Santé Mentale (CLSM) d’Argelès-sur-Mer (66700). Il faisait suite à plusieurs constats. Pour de multiples raisons, et notamment du fait de l’augmentation considérable des soins ambulatoires, le nombre des visites à domicile a régulièrement diminué ces dernières années et s’est progressivement recentré sur le suivi de patients connus. D’autre part, il existe un nombre d’hospitalisation d’office historiquement bien plus élevé dans les Pyrénées Orientales que la moyenne nationale (88 hospitalisations d’office pour 100 000 habitants âgés de 20 ans et plus dans les PO contre 25 pour 100 000 habitants au niveau national en 2007. Ce nombre était de 83 pour notre secteur géographique). Les représentants des usagers et des familles étaient très en demande d’interventions rapides dans la communauté. Cette attente faisait écho à celle d’un grand nombre des partenaires du réseau sanitaire (médecins généralistes) mais également social ou médicosocial pour évaluer certaines situations orientées par défaut vers le service des urgences psychiatriques au centre hospitalier de Perpignan. Malgré les efforts de communication et d’information entrepris de longue date, il était noté, dans la pratique quotidienne, l’insuffisance des liens avec les services municipaux, la police, la gendarmerie, les pompiers et parfois les services sociaux pour prévenir les situations de crise. Enfin, l’existence d’une Équipe Mobile Psychiatrie Précarité rattachée au service depuis une quinzaine d’années permettait de s’appuyer sur une expérience déjà solide. Par opposition à notre EMPP qui est intersectorielle, l’EMAP s’est inscrite d’emblée dans une dimension sectorielle, rattachée à part entière à un CMP desservant un territoire de 40 000 habitants. Il s’agit d’une équipe rapidement mobilisable, à la demande des patients, des familles ou des différents partenaires du champ médical, social et judiciaire pour anticiper et évaluer les situations de crise de nature psychiatrique. Au-delà de l’évaluation, elle organise, si besoin, les soins de la manière la plus adaptée. Cette équipe spécialisée, pluridisciplinaire, va :– développer les relations de réseau entre des acteurs pouvant recevoir les mêmes publics mais se connaissant peu ;– intervenir sur signalement pour évaluer les situations de crise susceptibles de relever de réponses psychiatriques ou, ce qui est préférable, pouvant les anticiper.L’expérience des deux premières années de fonctionnement permet de retenir un bilan intéressant, notamment la diminution très sensible des hospitalisations en SDRE sur l’aire géographique desservie et une complémentarité naturelle avec l’activité de CMP classique. Ce bilan sera détaillé dans cette publication.


1983 ◽  
Vol 13 (2) ◽  
pp. 209-226
Author(s):  
François Lepage

La théorie des descriptions de Bertrand Russell est sans aucun doute l'une des thèses philosophiques qui, au vingtième siècle, ont donné lieu au plus grand nombre de commentaires, de critiques, voire de querelles. Portée aux nues par certains-Ramsey l'a qualifiée de ‘paradigme de philosophie’-elle sera violemment contestée par d'autres, en particulier par Strawson qui s'avisera, quelque quarantecinq ans plus tard, qu'elle comporte des ‘erreurs fondamentales.’


2005 ◽  
Vol 24 (2) ◽  
pp. 235-261 ◽  
Author(s):  
Gilles Dussault

En 1966, la Commission d'enquête sur la santé et le bien-être social commençait ses travaux. Ses recommandations allaient conduire à la création d'un régime universel d'assurance-maladie en 1970 et, à partir de l'année suivante, à une réorganisation en profondeur du système de distribution de soins et de services sociaux. Bien que le recul ne soit pas encore suffisant pour évaluer tous les effets de ces mesures, il est tout à fait approprié d'en commencer l'analyse. C'est à un tel exercice que s'est livré Frédéric LESEMANN dans Du pain et des services (1981). Le titre est volontairement provocateur et est à l'image de la thèse que l'auteur développe. L'ouvrage veut soulever un débat sur le sens et les enjeux de la réforme sanitaire au Québec. On s'explique mal d'ailleurs qu'on ait si peu écrit sur la question, compte tenu de l'importance des ressources humaines et financières investies dans cette réforme, aussi de ses dimensions politiques et de ses conséquences sur la vie quotidienne des citoyens. Il faut reconnaître que la sociologie de la santé et des institutions et occupations qui lui sont reliées est peu développée chez nous comparativement à la Grande-Bretagne et aux États-Unis, par exemple, où l'intérêt pour les aspects socio-économiques de la santé est considérable. Je doute toutefois que le livre de Lesemann — malgré l'intérêt et le caractère percutant de l'analyse qu'il propose — donne lieu à un débat qui déborde les cercles spécialisés. En effet, son analyse en termes de rapports de classe éloignera plus d'un lecteur par son langage et son approche plutôt hermétique. Le livre vaut quand même qu'on s'y attarde et qu'on examine sérieusement la thèse que son auteur défend. Essentiellement, Lesemann avance qu'au-delà des intentions généreuses des réformateurs, ce sont des enjeux de classe qui ont orienté les choix et décisions qui ont été à la base de la réorganisation des services socio-sanitaires au Québec. Pour lui, « du pain et des services », c'est bien le panem et circenses du pouvoir impérial romain déclinant; c'est l'État qui cherche à endormir la population sous le couvert de « répondre aux besoins de la clientèle », comme le disent les technocrates. Lesemann corrige et précise qu'il s'agit plutôt de «gérer les rapports sociaux » (p. 5)


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